Publié le 16 Avril 2014

Cham, c’est la possibilité de faire de la haute montagne à la journée en squeezant la sempiternelle mais souvent bucolique montée en refuge.

 

Cham, it’s the possibility to walk up high mountain routes in one day by squeezing the sempiternellous but however bucolic refuge climb.

 

Revers de la médaille de ce shoot d’altitude accessible aux plus grosses feignasses (on va arrêter ici le touchage … ), il n’est pas rare de rencontrer dans les classiques, moult chacals prets à tout pour éviter le but … même en semaine. Sur les voies de difficulté modérée comme petit viking, le phénomène est encore plus vrai.  Autant dire que je me permets largement de douter des propos du confiant golden-boy suisse :

 

« Demain, jeudi ?? On devrait être tout seul ! »

Traffic jam !!

Top départ ! Observage en règle des potentiels « concurrents » dans les coursives des Grands Montets. Ensuite, le loonnnnng plat permet de confirmer les candidats à cette archi-classique du bassin d’argentière. A la rimaye de droite, ça ne sera pas le petit viking pour tous. Ambiance ouverture de la Poste : plein de monde ; des chômeurs, des étudiants, des vieux avec des caniches. Il ne se passe rien et ça fume des clopes à tout va : inertie totale ... Putain, mais c’est quoi ce bordel ! On part de suite tester le côté gauche même si une cordée sortie de nulle part tente de nous griller la prio genre « moi j’avance », ceci avec un manque d’élégance tout à fait insupportable.

Traffic jam !!

- Ouais, je vais passer, je suis plus rapide (et pas très sympa)
- Pas moyen, t'as vu la casquette !!!

Greg sera à ce moment décisif en embrayant de suite le mixte. A leur décharge, il faut dire que mon air carbonisé leur a peut-être fait craindre le pire. Nomics en mains, ils ont constaté que tout fonctionnait encore plutôt pas mal (ndlr, ils se prendront 1h dans les dents : pan, bim et re-pan !)

Traffic jam !!Traffic jam !!

Bref, on bourrine comme des ânes pour s’extraire des embouteillages. La rimaye et le cône franchi, je repars dans une belle longueur de glace XXL d’environ 150 m. Nous sommes à présent aux coudes à coudes avec une cordée de ricains au demeurant bien sympathiques. Tranquillement, on finit par doubler, mais poliment. Maintenant devant avec une avance confortable, nous nous autorisons enfin une petite pause pour recharger les batteries. Le Cardio revient dans le vert …

Traffic jam !!Traffic jam !!

… Pas pour bien longtemps, car la barre des 3500 m’assène un nouveau coup de latte. Se présente alors le mixte final assez sec et plutôt délicat. Il impose de tomber les gants mais comme la nature est somme toute bien faite, le soleil est là pour chauffer le granit. Il faut alors être précautionneux pour ne pas précipiter vers le bas ce tas de pus qui tient en équilibre par l’opération du Saint Esprit. 3h30 plus tard, quelques selfis plus ou moins réussis sanctionnent l’arrivée à la brèche : de belles fuyantes, des arêtes puissantes, cet air vivifiant … Ces perspectives lumineuses me manquaient terriblement …

Traffic jam !!Traffic jam !!

Abseil down et retour à Cham, les cuisses complètement atomisées par la descente à ski. Le sérieux d’edelweiss nous catapulte sur Mars direct. Le partner lui, ne catapulte personne nulle part mais me ramène à Chambéry, ce qui est déjà bien.

Traffic jam !!

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Rédigé par Fabrice

Publié le 13 Mars 2014

Greg et la cascade de glace, c’est un peu comme Copé et Le Point ou encore Sarkozy et Buisson, y a un truc qui va pas, un truc qui manifestement coince. Quand j’apprends qu’il sera sur la corde pour parcourir cette nuit blanche. Je me dis :

 

1. C’est chouette, on va dire des conneries.

2. Et merde, y a 97% de chances de buter.

 

L’approche discount de la belle convient tout à fait à ma patte folle et peinards, nous nous équipons au soleil après pas loin de 25 minutes de ski sur le plat : Pfiou, X-trem ! Un grand rappel verdonesque se charge de nous remettre les idées en place avec la petite boule au ventre de circonstance. En descendant, Fix inspecte méticuleusement la structure. Nous sommes en fin de saison si tant est qu’il y ait eu un début, mais l’affaire semble prenable. L’animal attaque donc sans attendre puis relaye. Soudain l’effet « Greg » ou le deus ex machina du but entre en scène sans crier gare : ça commence par une violente odeur d’outre-tombe qui ne laisse rien présager de bon ... Greg me demande alors si j’en suis l’auteur mais non, je lui réponds que je suis quelqu’un de bien élevé. Comme l’éclair avant l’orage nous n’allons pas tarder à savoir ce qui se trame ... Bientôt, un improbable rideau d’eau vomi de nulle part s’abat sur nos têtes dépitées. La cascade est rapidement déclarée ingrimpable malgré quelques timides essais. Réunion de crise, l’helvète fait jouer le réseau chez l’EDF pour démasquer le coupable de cet attentat à la RTT. Il faut dire qu’ayant croisé auparavant trois bobys projetant d’ouvrir une vanne, nous avons quand même notre petite idée …

T'es pas bien là ??!

… Au bout de trente minutes, le robinet se ferme un peu et nous nous résignons à passer à l’action. Car vu ce qu’on s’était pris avec le fiston malgré un secours titanesque quasi héroïque, là c’est minimum vidéo gag’ si le pg vient à ramasser trois couillons pendus à 60 mètres de leurs skis ! Donc on y va, il faut sortir. Haut le(s) cœur(s) !!! Dans cet univers aquatique, mes gants casto dits de « performance » en toile légère donnent leur pleine mesure. Au bout d’environ 2,5 s, c’est la cata et je me prends des onglées de malade, la bonne vieille onglée qui te rappelle que malgré ton âge, tu es encore tout à fait capable de chialer. Pour ceux qui se demandent ce qu’on fout dans ce bousin, je tient a signalé que c’est quand même bien dément, limite l’orgie ;)

T'es pas bien là ??!
T'es pas bien là ??!

Autant dire que la sortie au soleil et les boum boum du weekend Black Crows font plus que zizir. Par gravité (d’ailleurs ça fait un putain de mal aux cuisses la gravité), nous gagnons Cham et ses touristes tous plus fashions les uns que les autres. Nous tombons le sérieux mais rapidement, Fix fait valoir ses obligations conjugales et ordonne le départ. Parti sur de bonnes bases pour être à l’heure à Gre et ayant perdu son petit look taliban, il rate néanmoins le trophée du gentleman d’or sur une bête histoire d’eau de toilette avariée. La saison est terminée je crois, on va sortir la vizirette aussi ...

T'es pas bien là ??!

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Publié le 26 Février 2014

C’était annoncé : l’hiver 2013/2014 sera le plus froid depuis cent ans. Les anciens sont formels car l’épaisseur de la peau des oignons est un signe qui ne trompe pas ! C’est vrai ça, pourquoi s’emmerder avec des modèles numériques ultra compliqués quand y a qu’à regarder ce qui se passe dans le jardin ?? Donc cet hiver, vous allez bouffer de la coquillette Lustucru tous les jours pour payer le chauffage, vous mettrez les chaines pour aller au taf, y aura des tranchées de deux mètres de neige dans les rues … et pire que ça : vous allez ressortir vos vieux pulls moches à col roulés … La tuile !!

Chaud’time !!Chaud’time !!

… Pourtant cette mi-février, le thermomètre affiche un scandaleux 20°C … Dans le mille Émile ! Putain mais à force de passer leur temps devant Drucker, Derrick et autres conneries, les vieux, y disent vraiment nimportnawaq !

 

Corolaire de ces chaleurs implacables : une saison déplorable pour les glaciéristes. Avec seulement dix cascades au compteur, FIX confirme. Pour ces trois jours de glace (deux en fait, on m’annonce à l’oreillette un premier but « Que Calor »), la première étape, c’est déjà de trouver de la glace. Cogne semble être une valeur sûre. Après avoir reconnu l’approche de Lau Bij (absolutely useless, seule une boussole hors catégories pourrait se prendre ici-bas), nous errons dans la superbe bourgade à la recherche du gîte. Pas trop longtemps d’ailleurs car les épais et classieux paillassons La Sportiva ne laissent planer aucun doute. Nous prenons place dans nos luxueux appartements: lave-vaisselle, balcon, serviettes douillettes … : les nigritelles rentrent dans les critères montagne plaisir et décrochent la superbe note de trois couettes sur quatre possibles (petite fausse note sur la douche, un poil petite pour l’albatros). On sort de suite cocher la bière histoire de pas perdre la journée.

 

Rab’hillé de la tête au pied pour que dalle, JB me fait l’article de la gamme Rab tout en répondant aux 180 textos/minute d’une certaine Natacha. Superbe et ostentatoire, mais bien compliqué pour se préparer : que mettre ?? La soft Shell gtx 4000 ou la proshell 2.3 ?? Pour l’approche okay et pour la grimpe ?? Le marketing montagne semble tendre vers ce qui se fait de mieux en matière d’hyper-segmentation, j’ai nommé l’automobile : ou comment vendre 25 types de bagnoles quand 4 ou 5 devraient normalement suffire.

Chaud’time !!

- Chérie, je prends le crossover ou le monospace ??
- On s'en fout un peu pour aller acheter le pain non ??
- C'est pas faux. Putain, il me gratte le cou ce col roulé !

JB a même amené de la lecture avec notamment un montagne magazine « spécial mal des rimayes » sur les grandes tragédies des Alpes. Yes, je m’endors en lisant des histoires de chutes affreuses, de cordes coupées et d’avalanches géantes, de quoi pas trop bien dormir en fait ... Mais demain, c’est stella artice (Artiché avé l’accent). Monstre tôt sur le pont afin d’éviter les bouchons, je constate que personne ne me disputera la légitimité de prem’ser L1. Le cigare qui s’en suit, très travaillé, offre une varappe verticale grisante mais agréable. Le reste cruise. Abseil down, il est midi, on aurait bien le temps d’en refaire une voire deux mais j’ai encore besoin de mon pied bot pour la suite des évènements.

Chaud’time !!
Chaud’time !!

Le lendemain, nous remettons le couvert dans Lau bij, courte mais tonique. Définitivement, cette ligne est à l’escalade glaciaire ce que la fiesta de los biceps est à la grande voie : mouvements de dingue pour un «seulement » grade 5. Après ça, limite on se sentirait fort. Heureusement, un rappel en fil d’araignée sur mono-spit remet rapidement les pendules à l’heure. Nous laissons la place aux suivants et par n’importe qui : Monsieur Marsigny himself. Direction à présent les écrins en mode « all inclusive » pour luger et skier. Dieu que c’était bon !

Chaud’time !!
Chaud’time !!
Chaud’time !!

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Rédigé par Fabrice

Publié le 15 Février 2014

Fin octobre 2013, pour les dix ans en Savoie, le gâteau d'anniv a le gout dégueu du plâtre... Ras le bol de la 2CV en kit et autres conneries ?? Altayta te propose maintenant le grimpeur en kit. Mon dieu tu te dis, il a déjà perdu la raison au bout de cinq jours de convalescence. C'est pas faux car j'avoue avoir visionné malibu shark attack en vod: 2,99 € pour un tel film, c'est un véritable scandale, je tenais à le signaler. Bref ...

Tout avait bien commencé, une rtt, du presles, une belle voie, du soleil. Une superbe L1. L2, c'est la chute, une petite chute classique comme on en prend tant mais le pied tape et craque. Ce craquement sec et indolore, je le connais malheureusement trop bien. Quand tout s'arrête, je ne suis pas surpris de voir ma cheville droite complètement dézinguée: la rage et la tristesse se mélangent. Toutes les souffrances de la jambe gauche remonte à la surface et notamment cette fameuse descente de l'aigle avec la sensation à chaque pas d'avoir la cheville transpercée par des aiguilles (mode marseillais off).

Back on track !!

Et la descente de l'aigle, c'est un chouya plus long que celle du manoir pour aller chercher sa pizza chez Angelo. En attendant l'hélico, je me dis que c'était la dernière que je grimpais. Pourtant, depuis le quasi décès de ma cheville gauche, on ne pourra pas me reprocher de prendre des risques. Sacré coup au moral ...

 

Monsieur Pellissier met en pratique ses cours de sauvetage et me mouline au sol. L'EC145 arrive et se place, l'autre Guillaume parait insensible au rotofil géant calé à un mètre de lui. Le pilote lui est moins serein. Rapidement pris en charge, ça va un peu mieux jusqu'à rencontrer un premier docteur qui veut réduire la luxation à l'ancienne avec moi comme spectateur. Putain, tu veux pas non plus que je le fasse moi même ? Merde mais j'ai attérit dans rambo !! Finalement anesthésié, le chir replace l'os par la technique dite du "démonte pneu", ça ne s'invente pas. Quelques mois pour se reposer et se poser quelques questions métaphsysiques dont seuls les grimpeurs et montagneux peuvent aprécier toute la portée ...

Back on track !!
Back on track !!

... 4 mois plus tard, la patte semble un peu plus à même de supporter les activités assez peu calmes de son propriétaire. Comme elle s’était bien habituée à rien foutre et à regarder des films débiles, ben elle couine un peu quand il s’agit de mettre des coups de latte dans la glace ou de skier. Back on track donc. El Morelli, l’homme à la modestie et l’hospitalité sans limites propose d’étrenner la croupe de la poufiasse. Sachant que tout Grenoble lui est passé dessus, je suis assez serein sur la difficulté du 4+. Qui plus est, car en cascade, la chute est interdite, ce qui empêche donc l’appréhension de la chute ! CQFD. Un raisonnement de génie qui ne prend pas en compte les coulées de purge …

Back on track !!

Bref, les deux premières longueurs sont pliées avec les sens en éveil et des ancrages assez virils. Reste alors un zoli 50 mètres raide et taillé : une formalité, un bon point pour la suite de la saison même si cet hiver est scandaleusement chaud. Le lendemain, c’est ski à la Grave. Un endroit bizarre où les gens ont des skis bizarres. Ici on parle décimètre au patin et je peux te dire qu’en dessous de un, tu passes pour un skieur de fond. Tout ce petit monde est pendu aux lèvres d’un oracle qui dit des trucs bizarres ; «premier tronçon ouvert», «deuxième tronçon ouvert», «risque 4» etc…

… Autant dire qu’ici et plus qu’ailleurs, j’ai pris cher. Impossible de suivre le rythme, au bout de la première descente, c’est l’explosion totale. Je me sens comme Gégène dans le 6c ou webmontagne avec trois R et quatre T au scrabble. Mais rendons à César ce qui est à César, sur des skis, les deux loustics sont proprement imprenables. Un café plus tard, je reprends un tour. Le soleil est là, les cuisses un peu plus, on est tout de suite mieux, la banane revient.

Back on track !!Back on track !!

Allez, viens refaire un petit run ?!

Back on track !!

Mais quel plaisir de sentir la machine re-fonctionner et les projets re-germer … Back on track baby !!

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Rédigé par Fabrice

Publié le 25 Septembre 2013

Mai 2008, au pied de série limitée, je redécouvre le Verdon et le cœur de cette mythique paroi des ducs uniquement fréquentée par une élite bodybuildée ne craignant que la cryptonite. Alix, punk de Vergons doit tracer sa route quelque part dans ces ventres sombres striés de colonnettes ... Et ouais, ici c’est pas le pays de la pose de pied chiadée, on est pas au sapey mon gars ! En parcourant le Arnaud Petit, on passe donc rapidement sur ce chef d’œuvre en se disant, « trop dur, oublie ! ». Et puis les copains y vont, démystifient le truc et en bons grimpeurs plein d’originalité que nous sommes, on décide d’emboiter le pas avec Guillaume & Clara. Allez, sur un malentendu ...

Septembre 2013. Nous voilà au pied de la bête en short et sans casque pour profiter de l’effet demi-cotation en plus. Le début se passe moyennement pour ma pomme avec deux longueurs en colo qui resteront aussi mystérieuses que les équations de mon ancien thésard : sensation amère d’avoir tapé un poil trop haut. Heureusement, un 6c+ absolument majeur me remet dans le bain. Un autre tout bidon nous fait croire qu’on a gras de marge et cahin caha, nous relayons à présent au pied du dernier des deux 7b …

Alix, au pays des merveillesAlix, au pays des merveilles

En grand seigneur et surtout confiant de mon échec quasi certain, j’annonce le champagne en cas de coche ! Mais en bon Jean Claude Duss, je mouille la chemise en rallant à muerte sur chaque mouv’, à la manière d’une vielle carne qui refuse de rendre les armes ou tout simplement d’un Chris Sharma au charbon, c’est au choix ;) En transe, je viens alors m’échouer sur le superbe cade de R8, véritable havre d’horizontalité dans ce dévers de dingue. Les bras complètement dézingués par un surdosage en lactate, je suis maintenant redevable d’une putain de bouteille à bulles: propre !

Cependant, l’état des troupes laisse de plus en plus à désirer : les crampes arrivent sournoisement et frappent au hasard, un peu comme si t’avais un sport-élec en mode aléatoire sur les avants bras et les biceps. Les esprits aussi s’échauffent. Quelques noms d’oiseaux fusent. Bref une réalité un peu éloignée des majs à la Samivel aux sourires toujours bright. Oui c’est dur, oui, on rame et oui on se bat ma brave dame ! Keep cool and stay focused, il reste un ultime 7a verdonesque ultra technique et nos bras pourront enfin dire merde à la gravité. Fin de l’histoire vers 18h. Pas trop le temps d’en profiter car la nuit arrive vite à cette période : abseil down et retour sur le plancher des vaches. Pouah, voilà donc une voie sublime qui fait zizir à rayer de la to do list ! Bière clope, vite !

Alix, au pays des merveilles
Alix, au pays des merveillesAlix, au pays des merveilles

Le lendemain, le corps pétri de crampes et de douleurs diverses, nous cherchons une voie de repos. Pas facile de choisir … Suite à un imbroglio topalistique, on se retrouve dans belle fille sure avec un changement de style total : après avoir fait les mickeys dans du « dur new school », retour au Verdon classique (rive) centre droite : une Rémy en fissure millésime 1980. Que dans le 6 mais ... Clara semble hermétique à cet art subtil aussi délicat que les pires blagues de Gégène. Le soir au bivouac, un Aurélien en confiance, fraichement auréolé de sa réussite au nose, tacle un Fix à la jambe encore fragile : merci pour cette franche rigolade !

Alix, au pays des merveilles

La renfougne en short et torse nu, c’est vraiment débile ...

La boussole sans frontières et la boussole du 04 (fraichement promue)

Dernier jour : la limite des possibilités humaines. Mouais, pas fou ce truc. La dernière longueur sauve les meubles mais c’est surtout ce putain de Verdon qui sauve les meubles : il est vraiment trop beau ! Au fait, qu’est-ce que ça dit l’immobilier à la Palud ?...

Alix, au pays des merveilles

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Publié le 24 Août 2013

Traverser les Alpes à vélo, un vieux projet d'abord imaginé avec the beast et la carte bleue dans le slip: fast and light quoi. Depuis, la famille s'est agrandie et ce fait notoire invite à revoir légèrement la stratégie. L'acier a remisé le carbone à la cave. Organisation lourde donc avec préparation d'itinéraire, résa de gites et tout le tralala ... Début août, la brooks est enfin rodée. Sous la canicule, nous quittons Chambéry pour le premier test: le Granier ! Col étalon, ce sera une première avec 50 kg de lest. Terrible sensation lorsque deux gars te passent en courant à pied sans forcer, alors que toi, t'es pas loin d'être à bloc. Sans transition, on tombe le Cucheron debout sur les pédales plein cagnard. Cette première journée s'est bien passée mais force est de reconnaitre que c'est ultra physique et heureusement que c'est pas bibi qu'a fait le découpage des étapes car sinon ...

 

Bref, on a coupé la poire en deux pour passer la Chartreuse. Un café plus tard au col de porte et nous basculons dans la fournaise grenobloise rejoindre Anne, Julien et leurs deux marmots. Après un après midi plutôt sport, c'est le drame: une brochette avariée aura raison de ma nuit: j'ai bien peur que la traversée des Alpes ne se résume à une énième traversée de la chartreuse ... Rien n'y fait, je suis au fond du trou. Je joue le joker chimique et passe un coup de fil à Villy Voet, l'ancien médecin de l'équipe festina. A l'insu de mon plein gré, je prends donc deux poches de sang, trois cachets de cortisone et 40g de smecta dans l'espoir de rallier Gresse en Vercors ... Là, je me fais carrément doubler sur le plat par un mec qui fait son footing ! Une étape qui s'annonce au mental, le couteau entre les dents !

Chambé Nice !
Chambé Nice !Chambé Nice !

A Vif, nous rejoignons Pierre et Céline qui parcourront un bout de chemin avec nous dans le but de décider s'ils veulent des enfants, ou pas ;) Le directeur sportif décide alors de faire rouler les équipiers, c'est donc Pierre qui monte Gü dans ce terrible col de l'arzelier, avec la chaleur ambiante, c'est un supplice. Pourtant la forme revient doucement devant les superbes paysages des balcons du Vercors. Mais la journée est loin d'être terminée et propose sa dernière difficulté: le col des deux ! Un col quasi déversant qui oblige les sherpas à une ascension mixte ;) Au sommet, c'est une révélation pour Julien. Après avoir monté un projet à plusieurs centaines de k€ et fait plancher les meilleurs experts en décodage, l'illumination lui est venue après avoir revu la cité de la peur. Col des deux, 1222 m : CQFD ! GENIUS !

Chambé Nice !Chambé Nice !

Le vélo carriole est un sport extrême, au même titre que le base-jump, le ski de pleine pente et la coinche.

Un sage de la pédale 73

A présent, le Trièves nous tend les bras avec ses pentes surchauffées ... Vous l'aurez compris, nous souffrons de ce soleil aussi impitoyable que JR dans Dallas, impossible de compter sur le vent de vitesse ... car avec une carriole, il n'y a pas de vitesse. D'après Céline, le vélo de voyage, c'est contemplaintif, néologisme qui présente assez bien l'activité je trouve. Le destin, nous met sur la route de la location des Morellou pour une halte réparatrice et une soirée bien sympa avec les grimpeux. Un petit plouf dans le lac du Sautet, succulente friandise. Encore merci pour l'accueil !

Chambé Nice !Chambé Nice !Chambé Nice !Chambé Nice !Chambé Nice !Chambé Nice !

Le lendemain, nous sommes rapidement à Saint Etienne en Dévoluy pour une journée de repos bien méritée ... Le temps se gâte et Zeus nous gratifie d'un superbe orage. Pierre et Céline nous quittent pour aller chercher l'Izoard. De notre coté, nous attendons un temps plus clément pour basculer vers le champsaur. Bascule effectuée le surlendemain via le très esthétique col du noyer. Une étape facile qui nous mène à Ancelles. Ensuite, direction l'embrunais pour une superbe journée autour du lac de serre ponçon. Seul ombre au tableau: 20 km de nationale à se faire raser la moustache par les bagnoles ... Pause à Méolans, puis Jauziers, notre camp de base avancé.

Chambé Nice !Chambé Nice !Chambé Nice !

Au pied de la bête, une légère tension habite nos esprits, c'est LE crux du périple. 23 km et 1600 m de D+ chargé comme des mulets. Putain dans la montée, j'entends des encouragements, incroyable car avec 23 like de la pédale 73 sur facebook, j'ai à peu près autant de chances de rencontrer des fans que d'apprécier le dernier album de Denis Roussos ! Fix et Bruno sont venus grimper dans le coin. Sans coup férir, nous poursuivons la montée, tout se passe bien, c'est varié, limite pas chiant le truc. La cime de la Bonnette est enfin à portée de pédales. Même si ce vilain bout de route ne sert à rien d'autre qu'à prétendre être la plus haute route d'Europe (et encore ...), le pourcentage de son dernier kilomètre à deux chiffres nous magnétise, il va y avoir du sport ! Putain, j'ai l'impression de grimper le relai sur la plaque. Summit enfin, les jambons en ébullition, ce col nous a complètement tarté au final.

Chambé Nice !
Chambé Nice !Chambé Nice !
Chambé Nice !

Nous nous reposons alors deux jours à Bousieyas, le genre de patelin perdu qui fait le bonheur du JT de JP Pernaut ! Ça ne loupe pas, TF1 est dans la place ! Il est temps de repartir, dans la descente, c'est le drame: Julien qui roulait un peu trop près d'Anne ne peut éviter la collision à cause d'un freinage un peu appuyé. L'homme est à terre, complètement défait, nous craignons alors le pire. Mais nous sommes vites rassurés: le garçon, avec une mauvaise foi qui fait honneur à la famille se permet de remettre en cause les principes mêmes du code de la route, preuve en est que son discernement n'est pas altéré mais case pompier, quand même. Je lui administre un remontant maison, de quoi mettre une déculottée à Froome dans le Ventoux mais la greffe ne prend pas, retour chez le médecin et repos. De notre coté, nous continuons. Le col Saint Martin est avalé sous le cagnard en faisant la course avec l'orage. Au gîte, Gü voit ses premiers lamas.

 

Le soir, coup de fil au blessé, petit moral. Mais le lendemain, piqué au vif et craignant la perspective d'une fin honteuse par la nationale, Julien annonce tout simplement l'empilement des cols Saint Martin et Turini dans la même journée, une double étape titanesque de 2300 de D+ et plus de 100 bornes. Ce fait d'arme de très haute tenue le rachète à tout jamais de son misérable forfait à l'étape du tour 2012. C'est tout à fait exceptionnel pour un mec qui la veille souffrait d'un infarctus. Car de notre coté, ce col de Turini a déjà bien rempli notre journée. Il faut dire qu'on commence à être cramé de chez cramé. Pédaler, défaire les affaires, ranger les affaires, gérer les nains (plus dur que la bonnette). Du coup, on mange peu. Le signe qui fait peur, la quasi non influence du vent latéral sur nos corps d'athlètes. Et oui, le grand problème du vélo carriole tient dans l'inversion de phase totale avec les enfants. Pendant que tu défonces sur le vélo, lui recharge ses batteries à bloc pour t'offrir une soirée dantesque qui plus est lorsque tu te retrouves dans un gite non estampillé "enfant proof "! Les nerfs sont donc mis à rude épreuve ...

 

Chambé Nice !

Le vélo carriole m'a permis de me reconstruire.

Un ancien malade du coeur

Par des routes superbes, nous arrivons proprement dit dans le sud, les cigales font un boucan pas possible. Ce soir, nous dormirons dans des Hilton yourtes. L'équipe est à nouveau reformée et Julien et Anne en profitent pour battre le record du monde de mangé de pâtes au thon. Demain, c'est Nice, demain, c'est la plage mais demain, c'est fini... Un beau projet qui se termine mais n'y pensons pas, demain est un autre jour. Un dernier petit col et nous y voilà : la grande bleue nous tend enfin les bras. Nous atterrissons sur la promenade des anglais, but ultime de notre périple et constatons le chemin parcouru, bien plus important que la destination ... Séance photo et nous tombons les cyclistes pour les maillots de bain. Déception Gaspard n'aime pas les vagues. Quel ingrat ! ça fait deux semaines qu'on marne comme des forçats pour lui montrer cette putain de baie des anges !

Chambé Nice !Chambé Nice !Chambé Nice !Chambé Nice !

Nous profitons de la dernière soirée avant la journée combat du lendemain. Étrange sensation de rentrer à la maison en quelques heures et amer constat : le vélo carriole, ça avance pas !!! Mais c'est quand même trop bien ;) Une autre conclusion de ce trip est que si t'as deux semaines de vacances et que tu dois aller à la mer mais que tu t'emmerdes à la mer, vas-y en vélo !

Chambé Nice !Chambé Nice !

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Rédigé par Fabrice

Publié le 29 Juillet 2013

Six mois que l’animal n’avait pas renoué la corde avec son père et sa mère ... Hé oui, le grimpus fixus était en hibernation prolongée/forcée suite à une vilaine fracture de la patte. Condamné au repos forcé à Caen en testant les limites de « feu » hadopi, le voilà enfin de retour sur le caillou avec sa jambe de bois, me rejoignant momentanément au club pas très prisé des mecs qui seront jamais champion du monde de slackline.

En ces temps caniculaires, nous dirigeons naturellement nos organismes en ébullition vers une face nord, mais pas n’importe laquelle : celle du Granier, l’eigerwand local. Une paroi à la mauvaise réputation car la naissance de celle-ci en 1248 aurait fait passer de vie à trépas une sacrée flopée d’autochtones ...

… Depuis, quelques voies ont été tracées dans le ventre du monstre, mais les grimpeurs ne s’y sont jamais vraiment bousculé. Parmi toutes ces entreprises pour montagnards dépressifs, le pilier Nord-Ouest permet de goûter à l’ambiance des lieux en préservant notoirement son espérance de vie. Une voie qui depuis le rééquipement des relais pourrait presque être qualifiée d’escalade de bon père de famille. Enfin, le daron doit quand même être à l’aise avec un rocher chartreuse premier prix et la pose de protections semi-précaires … Le ton est donné, cette voie ne fait pas rire les mouettes !

Varappe cartusienne à la fraiche !
Varappe cartusienne à la fraiche !Varappe cartusienne à la fraiche !

L’approche raide et pénible nous force à traverser une grande pente bien typée terrain à chamois. Avec le fiston, on est a peu près autant à l’aise qu’un dahu qu’a pas compris pourquoi il avait une guibolle plus courte que l’autre. Nous nous équipons enfin sous l’évident dièdre d’accès en III : ça ne peut être que là ! Après un peu de « marche », un bon 5 nous amène dans les entrailles de la bête. On découvre le gaz d’un coup, un peu comme dans le Verdon mais la comparaison s’arrête là car on grimpe sur des œufs. Rajoutez à cela l’ambiance énorme au-dessus de ce surplomb et vous obtenez une cordée un chouïa crispée … La suite repart dans du vertical et le rocher s’améliore. R6, je reprends les deux racks de camalots au fiston qui essaye discrètement de continuer devant … Il a pas perdu les bonnes habitudes le bougre ;) Restent au programme deux belles fissouilles à sécuriser et une dernière longueur moins intéressante mais qui aboutit à la croix : superbe ! Bizarre d’ailleurs que cet édifice sommital n’ait pas été détruit lors de la tentative déséquipement, car il nuit à l’engagement de la face je trouve. Relai sur la croix donc, Sylvain est là avec la petite roulée qui va bien, nous prenons le temps …

Varappe cartusienne à la fraiche !Varappe cartusienne à la fraiche !

Dredi, rebelote sur le calcaire chartreux mais les spits de 12 ont remplacé les coins de bois en carton et le bon rocher a remplacé le rocher … en carton. « Une seconde, la vie » : une voie du maître qu’il fallait aller chercher car cette facette Sud-Ouest de la dent de Crolles n’est pas vraiment sujette aux directissimes. Une putain de belle voie au final : rocher neuf, varié à souhait, équipement parfait. Superbe boulot Monsieur Mussato !

Varappe cartusienne à la fraiche !Varappe cartusienne à la fraiche !
Varappe cartusienne à la fraiche !

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Rédigé par Fabrice

Publié le 20 Juillet 2013

Une envie de dolomite, vite recadrée par une météo peu engageante. C’est donc sans plans ni grandes ambitions que le berling’ s’arrache de la chaleur chambérienne vers la Suisse et ses alpages bien mieux tondus que le jardin du manoir. Pit stop rösti / saucisses et nous filons illico grimper en face nord des gast’ pour une voie estampillée Rémy. J’espère que ça sera pas comme au foot ! Déjà qu’ils nous mettent la pipile à l’extérieur alors à domicile … GiedRé, notre supportrice aurait chanté :

 

« Rémy, Rémy, on t’en … !! »

 

Deux rééquipements dans le topo semblent calmer le jeu. Mais un rééquipement des Rémy’s Brothers, ça peut être subtil … L1 tout va bien, L2, ça commence à s’aérer (l’entrainement psychologique d’alcooltest est ici appréciable). Puis sous L4, c’est la claque : rien qu’à voir la tête du Gégène, je sais qu’il va falloir s’employer … Equipement à l’ancienne, fort loin mais une double fissure d’anthologie qui se termine sur un pilier plein gaz. Enjoy !!

Schweiz Extrem’
Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’

La voie du lendemain laisse un goût mitigé : peu d’ambiance, équipement aseptisé mais une envolée finale qui sauve les meubles. Après cette balade, direction l’envers du massif pour varapper dans l’aéroplane blindé. Je suis impressionné par ce court mur. Si les trois premiers points me semblent correctement espacés, une chute sous le quatrième et c’est presque le retour au sol (un petit peu de pression pour les suivants). Bref ça me rappelle trilio : obligatoire, dur et un chouïa expo, et de plus à la chauffe (Tu la sens la pression Guillaume ?)

Mais la magie opère : rocher de rêve et grimpe fabuleuse, je me mets dedans rapidement et grimpe à 100% (voir plus). Oubliée la peur du vol, la pression de la coche ou de l’échec, seul le mouvement compte, l’escalade m’absorbe alors totalement. Cette sensation est vraiment grisante. Rarement ressentie à un tel niveau, c’est l’opium du grimpeur : lorsqu’il devient animal, instinctif et sans émotion …

Désolé lecteur pour ce couplet qui t’aura rappelé à coup sûr certains touchages philosophico-lyriques de Sieur Dumarest ! Donc pas très long au final ce truc : cinq longueurs mais trois 7a, un 6c+ et un 6b sup. Bref une sorte de Zauberberg suisse avec un petit goût de wenden light. A visiter absolument donc.

Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’
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Fin de la partie calcaire, direction la Suisse et le granit fauve du clocher du portalet. Cette Dibona Suisse est dans les cartons depuis quelques années. En plus, elle permet de scorer 63 points dans le Rébuff’ pour une journée fluide et parfaite. De retour à la voiture, une bonne bière à jeun et c’est le drame : les bières s’enchainent et on est rapidement rond comme des queues de pelle ;)

On amorce alors le retour vers Cham’. Une météo bien mais potentiellement électrique nous chasse vers les aiguilles rouges et le belvédère. Mais l’approche nous sera fatale car voulant optimiser sans faire le grand tour, nous errons à la recherche du fameux couloir dans des pentes herbeuses/foireuses à 60°, mon terrain de prédilection. Le but est déclaré, nous partons pour la tour des crochues, proche mais moche. Putain je crois que c’est pire que le Peney … la vue en plus !

Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’
Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’
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Dernière soirée, sous l’orage, les tournedos sont avalés de justesse. GiedRé et son sens de la poésie, son optimisme, la pluie et c’est la triste attitude. La dynamique est cassée. Ce dernier jour de grimpe, nous le passerons au Brévent pour une voie qui est censée grimper un peu.

Nous aurons même l’honneur de parcourir la fin de Babylone avec Serge Casteran, un grimpeur pyrénéen peu connu mais diablement efficace. Affuté et affublé d’une casquette par pierre, Il se déplace sur le rocher avec une facilité déconcertante. Quand on connait quelques-unes de ses réalisations en solo on comprend mieux. Et ouais, pas besoin de lunettes blanches ou de goretex à 400 balles, même avec une polaire décath’ du rayon chasse, ils ont la classe ces guidos. Mais revenons à nos moutons : faut quand même avouer que c’est scandaleusement surcoté ce truc mais c’est joli. Du coup, on force pas trop et comme le cumulus au-dessus de nos têtes à tendance à noircir à vitesse grand v, on est content de sortir rapidement. Une semaine, ça passe vite, même s’il parait que c’est un peu long …

Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’

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Rédigé par Fabrice

Publié le 19 Juillet 2013

Après Vercors Retors, le rassemblement annuel des accros de la pédale boueuse se dirige vers la Chartreuse profonde. Le programme est petit mais costaud : 2 jours de vélo, 90 km et un petit 4000 de D+ reliant les capitales Savoyarde et Iséroise : simple, logique et efficace !

 

Samedi, direction Saint Cassin et le Corbelet. Après une bonne première rampe soutenue qui annonce la couleur et la découverte du VTT de Patoche (putain !), on se prend deux kilomètres complètement dégueulasses. Les pneus, à la manière d’une paire de peaux de phoque mouillées dans la poudre, essaient d’accumuler le maximum de boue : Chartreuse vicieuse … Heureusement, ce sera bien le seul et unique passage vraiment pénible. La traversée continue sous le mont Outheran puis via le col du Grapillon, point de départ d’une grosse descente comportant quelques petits traquenards, notamment une bien peu visible clôture en fil de fer …

Chartreuse plurielle

Pierre, devant, signale l’obstacle avec une discrétion qui en dit long sur ses ambitions professionnelles. Ça ne loupe pas et Olivier arrivant pleine balle, nous gratifie d’un superbe soleil annoncé par Météo « crash » France. Chartreuse piégeuse ! L’attentat passé, nous dévalons les vertes et grasses prairies en direction du col de Cluse. Il fait beau et comme la nature est bien faite, un troquet nous tend les bras : panaché, bière, Orangina et coca fraise (le coca fraise, y parait que c’est vachement bon) réhydratent la machine. Pourtant la journée n’est pas encore terminée : la Ruchère est en vue mais défendue par une méchante remontée …

 

Cette dernière grimpette termine et rétame proprement le bonhomme. Un enduro c’est bien en descente par contre en montée, c’est une vraie plaie. Je lutte pour tenir les 6/7 km/h, de quoi être radié à vie de la pédale 73. (Ndlr : je suis co-président alors je fais ce que je veux !). Enfin, dans un virage, la divine apparition dénommée « étape cartusienne » annonce la fin des hostilités. Dans la foulée, nous tombons quelques bières puis sans transition, un bon diot / polenta. Après plusieurs messages subliminaux et plutôt subtils pour des gens aussi lucides qu’un Gérard Depardieu au réveil, on nous paye le dijo ! Chartreuse liquoreuse !

Chartreuse plurielle
Chartreuse plurielleChartreuse plurielle

Dimanche, temps maussade et petit crachin breton : Chartreuse brumeuse … Les vieux démons du Vercors nous rattrapent mais le temps tient, bon an mal an et dans une belle ambiance. Un dernier portage nous pose au col d’Arpizon. On baisse la selle, on ressert les chaussures et on essaye de suivre Basto « MacAskill » : le vélo accélère prodigieusement et puis tout d’un coup, tout s’arrête … la tête dans un caillou mouillé : Putain de Chartreuse !!! Descente sur le couvent dans la brume. Un lieu résolument impressionnant qui ne saurait se résumer à l’excellente picole éponyme : Chartreuse mystérieuse ... Là, nous délaissons la grande Sure et ses pentes nuageuses pour la version classique par Saint Pierre de Chartreuse. La dernière grosse montée est bien ici, sous les pentes du roc d’Arguille, il faut serrer les dents et tenir bon. Plus loin, le soleil fait enfin une timide apparition au chalet d’Emeindras. Une petite sieste et Newton nous conduit au col de Vence avant d’aller chercher la superbe et technique descente du mont Rachais : Baasee !! On a la banane ... That’s all folks ! See you next year !!

Chartreuse plurielle

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Rédigé par Fabrice

Publié le 21 Mai 2013

Reprise : un moment attendu et redouté par les grimpeurs. Attendu car le printemps se fait gentiment désirer et redouté car après six mois d’abstinence, la reprise risque de mettre une bonne fessée à nos égos, mais nous y voilà, enfin ... Dans les derniers relents alcoolisés d’une folle nuit, la 206 prend la direction de la Jonte pour la révision générale du début de saison. C’est sauvage, classieux, béton mais pas suréquipé le pays. On embraye donc difficilement mais nous passons au final trois belles journées de grimpe avec un peu de canoë et de marche, le tout dans la plus pure tradition montagne plaisir. Je retiendrais de ce coin le fabuleux secteur des vases : cirque aux formes improbables gardé par les vautours …

Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …

Back home, back office. L’occasion de retrouver le maintenant très rodé discourt d’Evelyne Dhéliat : pluie, pluie, froid : Fait chier ! Pourtant, le viaduc du 8 mai semble offrir une superbe opportunité de varapper au sec mais toujours dans le Sud pour d’autres gorges plus profondes, plus belles, plus grandes : celles du Verdon ! Organisé par la BBT©, sorte de multinationale de l’évènementiel basée essentiellement en Suisse, le weekend démarra le 8 au soir parce qu’en Suisse, on bosse le 8.

Mais l’occasion faisant le larron : Aurélien me propose ni plus ni moins que la première répétition intégrale de son bébé au Peney, véritable temple de la grimpe chambérienne. Pourtant y a pas de gorges au Peney. Et c’est pas le couple de corbeaux labélisé natura 2000 qui rivalisera une seule seconde avec les majestueux B52 de la Jonte. Pour la bonne caillasse, faudra également repasser. D’ailleurs, le rocher préparerait plutôt bien aux courses de l’Oisans sauvage ;) Mais en fin limier, Aurélien a su trouver une jolie ligne ma foi fort soutenue et bien équipée : du beau boulot ! L’occasion de rendre ici, un hommage appuyé au travail des ouvreurs, souvent acharné et passionné qui permet à la communauté de se régaler sans trop se fatiguer. (A noter que si tu lis cet hommage et que tu as ouvert la voie saix toy aux tours d’areu, cet hommage ne te concerne pas). Cela dit, ce n’est pas une raison pour mettre trois étoiles à poney club Monsieur Grange ;)

Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …

Le soir même, un suisse en forme nous cueille à Chambéry. Caressant des perspectives lumineuses faites de refuges bondées de suédoises prêtes à tout pour summiter l’aiguille du tour, notre ami est là pour préparer les prochaines échéances ! Après avoir masterisé le ski, il repart sur la grimpe afin de faire mentir à tout jamais son surnom peu vendeur de « sac de hissage ». Armés d’une solide liste pas trop dure mais pas trop facile non plus, la mythique cordée du half dome déroule trois superbes journées sur du caillou de rêve en parallèle de Lucie & Aurélien. A noter un gros coup de cœur pour « ça passe ou sarcasme ». Seule ombre au tableau, le défilé incessant de goldwing assez dégueux. Pour les non avertis, ce sont des motos grosses comme des Twingo avançant aussi vite que des vélos et qui font autant de bruits qu’un A380. Un petit désagrément qui ne changera pas ce constat: le Verdon, c’est la Mecque de la grimpe. Amen !

Putain la bécanne, notez le porte gobelets: superbe !

Putain la bécanne, notez le porte gobelets: superbe !

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