Publié le 19 Août 2016

Voilà, the beast a finalement rejoint sa chambre … Il faut dire que le carbone 3k n’aime pas trop l’humidité. Alors en attendant d’autres projets plus ou moins débiles, orientons-nous vers des vacances un chouïa moins exigeantes. Et oui, dans l’imaginaire collectif, une rando avec les ânes, c’est tranquillité assurée. La bête porte ton matos, les gosses et monterait même la tente … Une affaire !

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Mais tout projet impliquant un certain DavidJ ne saurait être trivial. Des mots clés comme : autonomie totale, hauts plateaux du Vercors auraient dû nous mettre la puce à l’oreille. Sans faire du Samivel, ce fut épique … Déjà, l’âne est par nature assez peu enclin à faire tout ce qu’on lui demande, il est souvent permis de se demander qui emmène qui. Et puis la logistique … Putain, matin et soir, c’est deux bonnes heures entre le montage/démontage du camp, les enfants, les soins aux bêtes … On est tout le temps en train de turbiner. Autant dire qu’après ça, la semaine lubéronnaise all inclusive fut appréciée à sa juste valeur. Pour équilibrer le tableau, nous avons tout de même profité de bivouacs magnifiques sur ces hauts plateaux et les enfants en ont bien profité je crois.

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Allez ciao, Cahouète, Nestor et Frimousse, place à la semaine grimpe avec Gégène, Guillaume & Thierry ! Et direction les dolos ! Putain les dolos !!! Lundi, c’est donc parti pour une grosse journée de bagnole ; ça fait une sacrée trotte quand même. Nous suivons la boussole au volant du Partner et au bout de 8h de route, on atterrit à Lourdes. Merde alors ;)

Blague à part (même si je n’ai encore pas compris toute la subtilité du contournement de Toulouse), la météo capricieuse nous a encore éloignée de cette tant convoitée Cima Grande : Pfff… Dans les dolos tu prends l’eau épisode #3 … Pas fâchés pour autant, nous trouvons rapidement quelques beaux projets dans ce massif des Pyrénées. Ici tout reste à faire !

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

A commencer par ce grand pic d’Espade ; cime de second plan certes, mais au caillou de tous les superlatifs. Nous voilà donc à jouer à Pokémon Go dans « les malheurs de Pikachu ». C’est plus des spits que nous trouverons sur place … Et un paquet ;) En mal de sensations et de fermeture de bras, c’est bien agréable ! Surtout dans la fissure d’el cap 6, qui demande un investissement personnel appuyé. A côté de nous, les cousins se régalent aussi dans « noir tango » mais à vrai dire, ce qui nous a le plus marqué, c’est le cadre : une ambiance minérale et des lacs à profusion, bref un univers mercantouro-corse enchanteur.

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Une bonne pioche donc alors que faire à présent ?? Avec Gégène, nous allons tenter la face nord Vignemale tandis que les cousins et GM partirons du côté d’Ossau. Un monument des Pyrénées cette face nord ! La course d’alpinisme phare dans ce registre de difficulté (même si le taux d’utilisation des crampons est inférieur à 12%). On est motivé à bloc alors en avant Guingamp ! Fuck, ça commence bien, pas de place au refuge … Nous voilà chargés comme des ânes vers les Oulettes en mode montagne pas plaisir. Perdus au milieu d’un flot continu de touristes braillards, notre ermite national semble indisposé.

Soit, la montée en refuge est rectiligne, remontant un interminable vallon de type étançons et puis pan, on bute sur un ensemble aussi puissant qu’harmonieux : des à pics de 850 m taillés à la hache … Brrrr, c’est austère … Le bivy installé, nous tentons de déchiffrer l’itinéraire de gigantesque pilier calcaire : curiosité géologique car sous les Oulettes de Gaube, c’est bien du granit. Bon la science, ça nourrit pas son homme alors direction le refuge pour s’envoyer un superbe plat de lasagne. Il s’agirait de prendre des forces car demain, on va pas trier les lentilles !

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

4h : j’ai beau aller au Vignemale … J’ai mal. L’approche plutôt courte est rapidement avalée mais les deux cordées d’espagnols parties plus tôt pinaillent à la rimaye (sic !). Ceci nous vaut donc une bonne heure d’attente et il faut dire qu’elle ne fait pas rire cette rimaye. Les longueurs s’enchainent alors lentement mais surement, le genre de faux rythme ni assez lent pour te faire péter un câble mais qui te met quand même dans le flou. A chaque relai, mon esprit s’abandonne à des pensées négatives … « tiens une superbe plateforme pour bivouaquer, merde, j’ai pas pris le numéro du PG, putain sont-ils réellement dans le même espace spatio-temporel ? »

Car oui, nous tirons des longueurs dans cette course en 4+. D’une part, c’est vraiment pas évident de doubler et d’autre part, l’exposition de l’escalade et la qualité du caillou ne donne pas vraiment envie de filer à corde tendue. Gégène me remémore alors non sans ironie ma phrase lancée l’avant-veille ...

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Alléluias, un friend coincé et nous doublons, au bon moment, car l’ami espagnol ne tarde à contribuer de belle manière à l’érosion de la montagne. Stupeur et tremblement … Le cardio toujours dans le rouge, nous perdons encore un peu de temps vers la sortie et puis le terrain jusqu’alors fort raide se couche. Il est 17h30 : un ciel limpide est une vue à 360° sanctionnent la fin de cette belle grande course … Nous sommes bien contents de pouvoir relâcher la pression, cette petite garce qui te colle la boule au ventre mais maintient tes sens en éveil dans cet univers hostile. Et puis chacun à fait le job sans offloader de longueurs moisies à l’autre.

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Début d’une descente interminable ! Nous revoilà maintenant aux Oulettes au bout de 2h30, il va bientôt faire nuit. Gégène est déjà loin devant, encore un dernier regard vers le sommet pour moi tout seul et le vallon plonge tout doucement dans l’obscurité. Fin classique en mode radar/zombie/j’ai faim/j’ai mal aux pieds/j’arrête l’alpi. Punaise, ce retour te vieillit le cartilage d’une bonne dizaine d’années mais le bon plat de pâtes/chipos à l’arrivée efface tout ça comme par magie !

Vendredi est dédié à requinquer les machines ! Branlage de nouille et tentative d’organisation de fin de séjour. Finalement, après diverses tergiversations, nous irons visiter vers le Caroux avec les deux Guillaume. En nord, il y règne une presque fraicheur et cette Desmaison sans prétention est ma foi fort jolie. Une bonne journée philo/grimpe sans stress et conclue par une petite baignade dans les vasques : Frère Morelli se signe avant de sauter : engagement total ! Nous concluons de main de maître cette journée à la table d’un chef qui aurait fait 4ème aux championnats du monde de pâté croute. Plus tard dans le nuit, je constate qu’il est difficile de repasser de la hauteur du plafond du T4 à celle du partner, tel un guyanais randonnant dans un 6c, me voilà à souffler pour chercher de l’air … et une chute pour cette màj … Comme quoi, une grande voie moyenne, c’est bien aussi ;)

 

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Rédigé par Fabrice

Publié le 5 Juillet 2016

Mercredi, 16 heures et des brouettes, j’en finis avec les derniers hectomètres de l’Izoard. Le coup de pédale est douloureux, carré, à la manière d’un Indurain en fin de règne : lâché par sa forme, ses médecins, rattrapé par la gravité et obligé de trainer sa lourde carcasse sur le serpent d’asphalte impitoyable. L’Izoard donc, ce col aussi majeur qu’inutile me hurle que le vélo est un sport qui fait mal … Putain enfin le sommet … Sisyphe est tarté mais content. Le shoot d’endorphine associé à ce col d’exception nous donne le sourire. Et maintenant, voilà que cette même gravité nous pousse sur la casse déserte, un petit coup d’index de temps en temps pour calmer le jeu et surtout le plaisir d’enrouler ces virolos perchés au-dessus d’Arvieux ... Le vélo est un grand sport !

La Grande Traversée des Alpes !

Cette GTA, tous les printemps, c’est un leitmotiv qui revient sur la table depuis que la pédale 73 a investi dans le bike packing. Une douce rengaine qui invite, dès la fonte des neiges, à partir bosser le foncier dans le Granier ou le relai. Et cette année, si Benji est affuté comme une lame japonaise, de mon côté, on est plus sur le tranchant d’un couteau en plastique. Et oui, l’autre membre de la pédale, n’a pas fait le métier : rien à voir avec mon niveau de l’étape du tour. Là, Poupou n’est pas prêt d’inquiéter le vainqueur de l’échappée belle. Poupou va certes être second mais c’est bien parque qu’on n'est que deux ! L’objectif est donc « juste » de terminer proprement cette King Line. C’est un fait, la consultation des forums de cuisine ou de rénovation n’améliore en rien la VO2 max.

5 jours sont prévus pour rallier les eaux du lac Léman à la grande bleue. Au début, j’avais prévu quatre, bâclant une dernière étape Jausiers - Nice. Celle-là, même en grande forme aurait fait des dégâts je pense. En 5 jours, ça fait en gros deux ascensions par étape. C’est clairement moins challenge mais amplement suffisant pour chatouiller son fighting spirit. Point positif voir exceptionnel, la semaine est annoncée belle et au vue des quantités de flotte tombées depuis ce printemps, cela tient du miracle.

La Grande Traversée des Alpes !

Lundi 6h00, les mollets rasés de près et la gueule un peu enfarinée, nous prenons le café. Le billet de train composté et nous embarquons illico dans le TER en direction de Thonon. Pour l’occasion, Guillaume nous accompagnera sur cette première étape. D’emblée, Le 74 ne nous emballe pas : pas franchement sexy cette finition béton/pylônes ... En fait, tout commence en haut de la Colombière. Le paysage s’ouvre sur les combes, la Pointe Percée: le spectacle devient lumineux.

Nous voici donc tous les trois à la Clusaz sous un beau et franc soleil. Webmontagne rentre sur Annecy alors que nous prenons la route du col des Aravis à bon train. La Giet’ est à présent dans le viseur quand stupeur, une corvette manque de faucher le futur vainqueur de l’UTMB, le voilà qui pique une crise d’insulltes typique d'un syndrôme Gilles de la Tourette, seule une pinte de Leffe le calmera.

La Grande Traversée des Alpes !

Le lendemain, la chauffe est plutôt tranquille dans ce col des saisies. Au calme, à la fraiche c’est le panard. Mais au programme de l’après-midi, ça va pas être la même dans la madeleine. Un col interminable et surtout diablement casse-pattes. Passé Celliers, j’ai des douleurs qui apparaissent de partout, le doute s’installe et j’ai bien le temps de cogiter durant les 25 km de cette grimpette hors catégorie. Merde, est-ce que la mécanique va tenir ? Nous verrons bien ... Reste encore 30 bornes de route dégueu et nous stoppons à Saint Michel de Maurienne devant l’hôtel du Galibier, un hôtel tristifiant. La salle sent bon le formol : une corvette à néons, un portrait d’Elvis … Tout le charme désuet d’un rêve américain coincé entre la nationale et le chemin de fer. Sans oublier le kitchissime panneau « rue de la soif » qui trône fièrement au-dessus du bar. Putain, pas prêt de faire péter les 5 étoiles sur trip advisor ! Les autochtones ne nous ont pas non plus donné envie d’engager un débat géopolitique sur le Brexit … Pas de prolongations, deux prozac et au lit.

La Grande Traversée des Alpes !

Mercredi est sans conteste la journée phare de cette virée cyclopédique avec la trilogie Télégraphe, Galibier, Izoard. Soit 55 km de col absolument pas donné. Autant dire qu’après une mission pareille, le gîte se doit d’être à la hauteur. Et ce fût heureusement le cas ! Rien à ajouter sur ces cols connus et reconnus; l’étape était grandiose.

La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !

Jeudi, nous attaquons Vars sous un petit crachin qui a le don de te foutre le moral dans les chaussettes. Heureusement, le temps s’améliore mais j’ai toujours des douleurs variées qui m’empêchent de mettre les watts. L’arrivée suit un rituel immuable : Benjamin m’a mis une autoroute et prends quelques photos en sifflotant. Nous plongeons vers la prochaine vallée ... Elle est belle cette descente sur l’Ubaye, sauvage à souhait. Fuck, à Jausiers, la météo jusqu’alors aimable nous joue un vilain coup de Trafalgar; l’orage nous cueille et nous fait douter. Pourrons-nous basculer aujourd’hui ? Mais petit coup de pouce du destin, le temps se remet au beau pour deux bonnes heures, le temps de monter cette Bonette au sec. Cette montée est l’ultime rempart obligatoire vers la méditerranée. A partir de maintenant, nous suivons exactement le parcours en carriole vieux de trois ans avec Lucie, Anne, Julien et les enfants, de beaux souvenirs refont surface. 

La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !

Nous débarquons tôt à Saint Etienne de Tinée et c’est bien agréable. Au moins les affaires ont le temps de sécher pour le lendemain. Ambiance fin de trav’ à l’apéro ; demain c’est la quille ! Encore un effort, deux en fait : Saint Martin et Turini : deux cols à ne pas négliger. Après 640 kilomètres, 14 500 m de D+, 20 litres d’Orangina et 1560 putains, voilà Nice, voilà la mer, la fin … Sans transition, nous chargeons les vélos et direction Sisteron pour un plat de pieds paquets cher à Benjamin. Et oui, on n’a pas fait que du vélo, on s’est fait zizir aussi !

La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !

Quelle belle ligne, quelle belle semaine forcément intense ... Je retiens une variété incroyable de paysages mérités à la sueur du front et puis aussi il faut le dire, une furieuse envie de repartir …

La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !

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Rédigé par Fabrice

Publié le 4 Mai 2016

Alléluia ! Enfin, un truc sur MP, ceci après un silence radio quasi semestriel. Il est donc temps de résumer ce qui s’est passé … soit autant de trucs que dans la saison 5 de game of thrones, c’est-à-dire pas grand chose … Flashback sur le pourquoi du comment …

Ménage de printemps !!

L’hiver … L’hiveroutétai ! Putain, ça avait pourtant bien commencé. Décembre 2015, parking du Fournel … Certes l’ambiance était un chouïa bizarre. Ce truc blanc qui d’habitude sert à faire venir les parisiens à la montagne faisait grève. Remarque, on n’était pas trop emmerdé pour savoir si c’était raquettes ou skis ; une paire de tongs aurait largement fait le job. Un bon point. Le mauvais point, c’était le thermomètre qui avait vraiment du mal à passer dans le négatif. Et en cascade de glace c’est un problème important. Heureusement, y’a aussi le phénomène de stratification et le rayonnement vers la voûte céleste mais au pied de la cascade, le visuel n’était tout de même pas folichon. On avait un peu du mal à corréler la photo du topo avec la réalité de ce « monde des glaces » liposucé. M’enfin, on était allé voir. Et puis ça l’avait fait, avec en prime une belle colonne d’une trentaine de mètres négociée à la régulière, au plus raide. Le lendemain, on avait remis ça au grand Laus avec JB … Chauds pour le reste de la saison !

Et puis, c’était sans compter sur cet hiver bi-polaire qui soufflait le chaud et le froid. Avec ces gradients importants, les voyants sur ice-fall restaient désespérément au rouge … comme moi … Obligé de ressortir les skis et même une paire de baskets … El nino, los bastardos nous gratifiait de conditions particulièrement agréables pour jouer à la pétanque: les nomics avaient failli finir sur le bon coin !

Ménage de printemps !!

Failli car nous avions tenté un dernier va-tout dans le 05 avec Laurent et même Lucie ! Après un brassage antologico-punitif, nous nous échouions seuls sous la belle colonne de cristal salace. 350 m de D+ arrachés en 3 heures : de quoi faire péter un hi-score sur strava rubrique « arrête le sport ». Le cigare lui, avait été un joli combat de rue enlevé à la hussarde. Combat, où j’avais un peu trop donné de ma personne … Y a des jours comme ça : pan ! -20 points de confiance. Bref, Le lendemain nous tentions Cervières sur les bons conseils d’Hugues Jaillet alias guide05 sur C2C. Vue de loin, la base du tube nous apparut manquante. Nan en fait, y avait quand même une, certes mais aussi solide qu’un os de poulet. Autant dire que tu faisais pas le malin au pied. Quoiqu’il en fût, j’avais voulu le négocier en tête, il allait falloir faire péter le swing délicat, le swing petit chat pour ne pas trop titiller ce superbe glaçon. Après cette toute belle ligne, nous écumâmes le reste de ce spot lumineux jusqu’à l’ouverture de bras totale …

Ménage de printemps !!
Ménage de printemps !!

Printemps … Reprise de la grimpe ! Un petit réveil musculaire à Finale et nous voilà déjà en quête d’une destination pour la semaine GV. D’abord imaginée en Croatie, nous finirons en Ariège à Sinsat … Oui, l’Ariège c’est nettement moins loin pour une semaine. Donc le Quié. C’est vraiment une sacrée belle barre de calcaire mais une fenêtre de tir pas évidente, sauf pour les chasseurs qui semblent mieux lotis que les grimpeurs (ndlr ; faudra que la LPO m’explique 2/3 trucs là). Malgré cela, une destination qu’il me tardait de découvrir. Il est vrai que l’écumage assez intensif des 15 dernières années nous a fait découvrir pas mal de belles falaises, où l’on retourne toujours avec plaisir. Mais il est un plaisir encore meilleur, celui-ci de la découverte. Sur place, nous prenons la température (et surtout le vent) dans Lisa: bonne pioche c’est beau !

Le lendemain, David et Julie parcourront l’intégrale d’Anaïs tandis que Lucie, Gégène et votre serviteur jetterons notre dévolu sur la Pascal. Comme dirait Gégène, la Pascal pour les vacances de Pâques, ça claque. Voici une voie résolument vintage ! Et le vintage est à la mode, c’est un fait. Rien qu’à voir le nombre de sites de brocantes aux petits oignons, véritables pièges à bobos qui en ont ras le bol du catalogue Ikea. Au diable, le propret, ce qu’on veut, c’est de la patine, de belles veines sur le bois, des tâches, bref un truc avec une histoire remis au goût du jour. Pour la grimpe, c’est pareil, un petit lifting sur ces vieilles grands-mères (deux bon spits de 12 à chaque relai) et en avant Guingamp !!! Ouais en avant … au pied de la face, j'ai l'impression que Guingamp va faire mumuse avec le Real Madrid.

Ménage de printemps !!
Ménage de printemps !!

Le socle est pénible, accrobranche et dalles expos, et puis une longueur sale en 4+ pour salir les souliers. La suite est vraiment impressionnante. Au pied du mur, on se sent un peu écrasé par cette ligne évidente qui raye cette pelle en plein centre. Je tente le petit crachat pour nettoyer la gomme des katanas mais rien ne sort. Et me voilà sans transition dans du raide un peu expo : Un 6b pas trivial ! Sous le 6c, je suis donc un peu tendu et en plus Gégène ne fait pas attention, il met sa tête partout. Après avoir à moitié assommé l’animal avec un mawachiguéri sans même m’en rendre compte, je m’élève prudemment dans la mâchoire de pierre équipée de punaises douteuses. Avancer dans ce bousin demande du métier : lâcher ses munitions au bon moment, gérer les bras et surtout ne pas faire confiance à ces points cartonesques !

Donc une varappe exigeante où Il faut remettre en route l’Algo TA. Au début, on sort jamais la bonne taille et au bout de deux longueurs, on protège comme notre Gilbert national joue du piano ! C’est-à-dire qu’il reste encore des progrès à faire mais ça fonctionne. La suite se calme sur le papier mais invite à ne pas trop négliger son sujet quand même. Au bout de cinq heures et des brouettes, ma foi, on est content de relâcher la pression …

Ménage de printemps !!

Le lendemain est un day off négocié de main de maître. Les thermes et leurs eaux bienfaisantes nous permettent de détendre nos petits muscles meurtris avant un ultime corps à corps et surtout une ultime putain d’approche. Car avant de faire valoir son droit à grimper ces belles falaises, il faut s’envoyer une marche pas franchement discount. Voilà la dernière belle voie : les plaisirs de la pierre, ben voyons, c’est à la fin de la voie que je constaterai une tendance SM des ouvreurs. Faut dire qu’une paire de katanas pas trop faite a bien participé à cette impression sur cette dallouse de 300 mètres ...

Ménage de printemps !!

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 7 Décembre 2015

Début Novembre, un anticyclone est vaché sur les alpes depuis un mois, bien décidé à faire chanter du Joe Dassin à Evelyne Délia tous les jours. Le problème est qu’il est aussi bien décidé à plier les gaules la semaine prochaine … Dès lors, il serait navrant de louper ce créneau «grande course  mixte» ! L’automne étant clairement la saison pour ce type d’entreprises : approches pas trop galères, neige couic’ dans les faces mais revers de la médaille, des jours pas si longs et un éloignement plus marqué qu’à l’accoutumé. Cette année, c’est moins la folie mais quelques trucs sont plutôt bons, dont la Pschitt : une belle ligne perdue dans les cartons, tout au fond … Et pourquoi  ça ? Ben elle est aussi perdue tout au fond du glacier noir. Et dans ce massif des Ecrins, tout se mérite ; la carte bleue ne permet pas de se déplacer plus vite que Jornet. Il faut donc marcher longtemps, 5h en fait avant de s’envoyer 700 mètres de face (sans oublier une descente technique de 4h+3h). Bref, de la RTT qui compte double ! Et puis ici, pas de 4G, ni même une petite barre de réseau en cas de pépin …

Côté Pelvoux !!

L’occasion faisant le larron, DavidJ himself viendra compléter la cordée du Viso, c’est-à-dire JB et votre serviteur. D’un point de vue stratégie, nous optons pour une blitzkrieg light, c’est-à-dire avec nuit au Sélé, de peur de perdre complètement l’agrément montagne-plaisir. Alors en voiture Simone ! Un macdal plus tard et nous poussons la porte du refuge Cézanne pour une courte nuit. Vers 2h, le réveil nous tire de la couette où nous faisions un peu semblant de dormir. Il s’agirait de ne pas trop réfléchir à la suite qui s’annonce longue comme un jour sans pain … Et pourtant du pain, nous en avons sur la planche !

Rapidement, nous remontons la moraine ; dorsale abrupte conduisant aux balmes de François Blanc, là où une sente permet de prendre pied sur le glacier noir. Ambiance magique, il est cinq heures … Par ici, tout est noir, opaque, il n’y a pas de lune. Quelques volutes de neige bousculées par le vent donnent vie à ce décor figé : winter is coming … La nuit semble interminable tout comme cette putain d’approche … Enfin, c’est peut-être aussi parce que j’avance pas : fatigué, je me traine, l’impression de tirer une caravane. Pourtant à trois, le sac est quand même pas bien lourd et puis le seul truc qui me tire, c’est la corde ... Et dans le bon sens ! Délivrance, vers 7h, le petit jour coïncide avec notre arrivée au pied des hostilités, pour moi, alpiniste pantouflard, heu je veux dire chamoniard, le plus dur est fait. Nous nous octroyons alors une pause salvatrice à base de thé et diverses sucreries. La petite onglée réglementaire négociée, je règle les darts, range le rack de matos et attaque cette face nord de l’ailefroide …

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

… 10 ans ont passé depuis le groupe espoir ! Tous les jeunes padawan du caf Chambé ont pris leur envol (certains plus que d'autres). Bien avant que celui-ci ne sombre du côté obscur de la force en proposant notamment des sorties jeux de plateau ;) 10 piges donc, mais toujours un peu l’impression de repasser le permis avec David sur la corde ;) A vrai dire on est jamais à l’abri d’un bon gros fauchage du professeur. Mais revenons à nos moutons ; le début cruise grave, puis quelques passages réveillent gentiment un grimpeur dans le coltard : la petite chatière, ludique, un mur vertical en sucre (pas ludique) puis une longueur XXL franchement raide où j’épuise rapidement mon stock de vis. Belay ! Le représentant de l’ENSA jette un regard inquisiteur sur mon relai : un couplage monobroche/monik, du grand art… minimaliste. Trêve de considérations techniques, je repars et négocie le dernier passage tricky avant de faire monter le cardio dans les pentes de neige sommitales. Note, fidèle lecteur que cette goulotte est diablement belle et surtout variée ! Genre pas le rail monotone où tu enchaines machinalement les mêmes gestes.

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

Je prends mon temps pour grimper, protéger correctement et puis on a le temps bordel. A présent, la sortie est dans le viseur, défendue par une longueur déliquescente++. Se faire léger … Au bout de 50 mètres, je pose mon dernier relai sur du rocher bien chaud, le silence est absolu. Rapidement, le regard se perd dans le paysage … En face la barre des écrins défendue par son puissant pilier sud, à gauche en embuscade la Meije, toujours belle gosse, puis dans le désordre, Bans, Mont-blanc, Matterhorn, Agneaux et Viso. A chaque fois, c’est le même kiff, putain, on est à 3h de route de la maison et j’ai l’impression de regarder une autre planète. J’ai beau chercher, je vois pas ce qui arrive à la cheville d’un spectacle pareil. Rapidement mes deux acolytes me rejoignent, JB est aux anges, David me lâche un laconique :

T'as bien grimpé ... Mais on a perdu une heure !!!

Grand manitou es abalakov

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

Passés ces moments hors du temps, nous embrayons sur la descente qui sans être franchement pénible est un peu délicate : des rappels, de nombreux passages scabreux, des manips. Il faut rester efficace ! Et peu avant 18h, nous poussons la porte du Sélé, légèrement décalqués. Décalqués mais heureux. Nos maigres provisions sont alors rapidement dégommées et nous nous endormons comme des masses sous nos tas de couvertures. Samedi, la paisible descente sur Ailefroide est une formalité. Et à mesure que nous perdons de l’altitude, peu à peu, l’atmosphère se réchauffe, quel délice ! On croise même quelques personnes. Pourtant, le retour à la civilisation laisse un goût amer dans la bouche … La bière tant convoitée n'y changera rien …

Côté Pelvoux !!

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 30 Novembre 2015

Pfiou, quatre ans et demi sans remettre les pieds dans le jardin de Gaston. En gros, une éternité depuis cette mythique « au-delà de la verticale ». Une grimpette qui rendait hommage au plus grec des marseillais. Une grimpette qui allait sans vergogne se frotter au ventre de la concave, putain, une grimpette où on avait la caisse … Ah, nostalgie quand tu nous tiens … Soit ! Mais il ne faudrait pas trop s’appesantir sur ces bons vieux souvenirs … Alors nous voilà de retour, ici et maintenant ! J’avais tout oublié : l’odeur du thym, l’ambiance unique des lieux et puis cette petite boule au ventre au moment de retrouver sa voiture (un peu comme quand Lucie prend le partner en fait) ... Pour l’occasion, on décale un peu à gauche pour parcourir porque te vas. La voie est moins impressionnante mais l’obligation certaine alliée à un style technique en font quand même une ED, certes courte, mais intense. Intense et surtout majeure : voilà pourquoi on est revenu !

Deux temps ...

Le lendemain est maussade, nous en profitons pour faire un petit tour dans la cité phocéenne, là où une sardine aurait bouché le port. Au vu de l’évolution du quartier, je pense que ça sera plutôt les bobos qui vont saturer les lieux : épiceries bio, galeries avec dégustation de pinard, restos BCBG; la V2 des docks est full option ! Le baromètre remontant, nous retournons sur le caillou. Comme Lucie a fait sa voie un peu dure, à mon tour de choisir un truc : direction la Candelle pour un beau voyage. On attaque le socle par les hommes volants. Un apéro plutôt corsé où la première fissure est négociée sans vraiment avoir gras de marge. La pluie de la veille élève sacrément le niveau : un putain de 5.12c avé des points tous les 15 mètres. Ensuite, c’est une belle ballade hormis un pas de bloc infâme. On remet ensuite les baskets et nous voilà maintenant dans le vif du sujet: la centrale ! Une voie historique ouverte par une cordée non moins historique : Rébuffat & Livanos.

Deux temps ...
Deux temps ...

Deux idoles sépia et surtout deux grandes bouches largement capables de faire passer ces 150m de 6 pour un bigwall en 8b. Bon, ils ont quand même mis trois jours pour la sortir cette centrale. Et puis que du 6 mais il faut s’employer un minimum dans ces fissures pas suréquipées. Bref aucune tromperie sur la marchandise, c’est franchement superbe. Nous finissons cette petite paroi rouge seuls au sommet; forcément bien !

Deux temps ...

A présent, direction le Baou de Saint-Jannet. La bible du grimpeur calcaire (ndlr : le Mussato !) nous explique qu’un baou est en fait un tas de cailloux en provençal, donc à priori rien de bien folichon. Et c'est vrai qu’il n’a pas trop d’allure ce Baou. Si Picasso avait dessiné des montagnes, nul doute qu’elles auraient ressemblé à cette facette un peu biscornue avec une proue béante en forme de nez à l’envers à la place du front, des vires, des arbres : un joyeux bordel pourtant loin d’être facile ... Lorsqu’on quitte le chemin à la chapelle, le profil ne laisse aucun doute, les bras vont déguster. Pour couronner le tout, l’équipement est sportif, c’est pas du Rémy mais pas non plus du Fara. Du Béatrix en fait ; intelligent et obligatoire. Voilà pour les présentations. Pied de nez au Mussat', nous boudons la sélection du maître pour jardins secrets & histoire d'eau. Deux très belles voies ou plutôt deux superbes empilements de longueurs. Donc pas forcément le sentiment de parcourir une ligne mais avec ces lumières et cette vue sur la mer, on ne va pas faire les pénibles !

Deux temps ...

On termine ici cette petite semaine plus qu'agréable: fin de la partie grimpante. On range donc les baudards pour sortir le bob et la sacoche banane ... sans oublier Gaspard ! Direction l’Italie en mode pinpins pour une page de tourisme à la non originalité la plus totale ; le combo Cinque Terre, Florence, Sienne. Du classique efficace mais une transition pas toujours évidente à négocier.

Deux temps ...
Deux temps ...

11h00, piazza dei miracoli, Pise. Des bans de japonais se déplacent en suivant un poisson pilote flanqué d’un drapeau. Evitant au mieux les vendeurs de perches à Selfie, ils avancent vers leur but ultime, la photo devant la tour penché, un peu comme le saumon remontant sa rivière. Les prédateurs sont là, bien décidés à faire saigner les portes monnaies avec leurs attrapes touristes et autres chinoiseries. A signaler deux trois prix Nobel qui font la fameuse photo en trouvant le seul angle où la tour est droite ... Le reste de la ville est nettement plus intéressant avec des vrais gens dont l'occupation n'est pas exclusivement dédiée à extorquer le chaland. Florence sera quant à elle fidèle à sa réputation. On a pas eu le syndrome de Stendhal mais quand même, y a deux trois trucs qui claquent. Sienne nous a aussi beaucoup plu. La visite du Duomo ou une pause à la piazza del campo valent chacune leur pesant de cacahuètes. L'architecture, la complexité et le détail des monuments en général sont absolument sidérants. C'est vrai, l’Italie et la sobriété, ça fait deux voire trois, mais c’est beau, très beau en fait.

Deux temps ...

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #grimpe

Publié le 7 Octobre 2015

Si la Suisse est plutôt sympa avec les exilés fiscaux, en ce qui concerne les grimpeurs, c’est nettement moins clair. Alors oui, c’est superbe, oui y a des murs de ouf partout, oui le caillou est majeur, oui tout ça tout ça … Mais l’équipement est pour ainsi dire : sans pitié. Sans pitié car les spits sont posés comme si c’était des biffetons de 500 balles. (Ndlr pour nos amis helvètes à l’abri du besoin : putain on se fait peur chez vous !!) Donc lorsque l’on met le nez dans les topos, il est hautement dangereux de confondre niveau max et cot’ oblig’. En gros, on a deux choix : à ma gauche le Schweiz plaisir, ou la facilité de croiter en toute sérénité et à ma droite le Schweiz X-trem. Là, on a les yeux qui brillent mais le tiquet d’entrée est sacrément élevé : bref, on a un peu le cul entre deux chaises (dommage, j’aurais bien vu un truc intermédiaire). Enfin, le plus important est déjà de remplir le frigo, la grimpe, on verra plus tard. Les stocks de laitue et de Badoit faits, le T4 s’arrache de Chambé sous une pluie battante. D’emblée, il se joue de la côte d’Aix, peinard, à 120 km/h, un bon point car la Suisse propose des cols dantesques. Gégène m’explique alors qu’il a branché l’intercooler et nettoyé le débitmètre et puis le moteur émet 40 fois moins de particules qu’un moulin classique; juste incroyable !

 

A la chiquissime station de Meiringen, toujours sous la pluie, nous stoppons : basta la route et pasta, tranquilles à l’abri dans le T4 ;) Demain, c’est décidé, nous irons grimper à Ofen. Au réveil, le temps est encore incertain, nous nous rabattons donc vers une falaise plus proche : Cheselenfluh. Une très jolie grimpette parcoure avec de belles sensations, de quoi être ambitieux pour la suite des évènements. Le soir à l’apéro, on parle même du Wenden ! Oui je sais, ça rend un peu con l’apéro. A jeun, l’idée du séjour, c’est quand même plus de trouver le site avec le maximum d’étoiles et surtout de pitons. Quatre semble être le minimum requis pour passer une bonne nuit.

Obligatoire ...

Mercredi et sous un franc soleil, nous montons cette fois-ci à Ofen, bien en confiance. La falaise est une très belle falaise, perchée dans un alpage idyllique et la voie semble sur équipée. Ou pas ! Trois points à couiner et pan ! La grosse tatane dans ce 6csup intergalactique ! Plus que des nano prises et surtout un prochain spit à environ cinq années lumières : Abseil down et départ par la variante pas directe, l’attaque normale quoi. Et puis vu la gueule de ce 6b, ça suffit amplement. Pas de miracle, on les a pas beaucoup usés les katanas cette année ! Au final, je sors complétement rétamé de ce beau voyage avec l’impression d’avoir fait un big wall de … 200 m. Pas de miracle certes mais un petit coup de chance : une cordée montée en voiture nous redescend au Van, et pas n’importe qui dans l’équipe : Jean-Paul Rogue, un mec qui sait de quoi il parle lorsqu’il s’agit d’engager la viande. L’œil vif et le verbe passionné, il nous aura donné l’envie (s’il en était besoin) d’aller parcourir ce must calcaire qu’est le Wenden ...

Si tu dois faire une voie dans ta vie, c’est Caminando !

Jean-Paul Rogue

Tiens, Mick, si tu lis ces quelques lignes, n’y vois là aucun message subliminal ;) Il nous prépare aussi un plan d’attaque ambitieux pour la suite du séjour. Gégène lui, me prépare un plan d’attaque pour enlever cette saloperie de tique. Bien vu !

Obligatoire ...

En chemin, on décide de faire trois longueurs au-dessus de la route. Après une approche bien typée wingsuit, nous découvrons légèrement dépités, un équipement qui n’incite pas vraiment à la grimpe : ces machins enfoncés on ne sait trop comment, on ne sait pas trop comment ça tient et on n'a pas envie de tester à vrai dire ! Dommage, elles étaient belles ces tours … Donc c’est le but, la motivation est en chute libre et les ambitions déjà modestes sont encore à la baisse. A ce moment, je crois que si on avait eu le Peney sous la main, on y aurait fini nos vacances. Putain, non, non et NON !

Obligatoire ...

Direction, le Zervreilahorn ; vendu et survendu dans le topo. Le seul hic, c’est les kilomètres qui nous séparent de ce bijou, mais la photo racoleuse du grimpeur sur un granit de cinéma fini de nous convaincre. Une paille ces quatre heures de bagnole en fait ! Effectivement, pas déçus du voyage. Grimpe plaisir & sérénité maximum. Une voie qui pourrait aisément être rétrogradée dans le Schweiz plaisir ! Incroyable la différence de niveau entre chaque site. Ceci dit, il faut maintenant amorcer le retour vers la France car mine rien, on est méchamment à l’Est.

Obligatoire ...
Obligatoire ...
Obligatoire ...

Après mille heures de caisse et las de ne pas trouver d’endroits convenables où crécher, nous stoppons sur un parking et prenons nos aises. Mais à la fin du repas, nos amis de la police viennent nous faire un petit coucou parce qu’en Suisse, tout doit être nickel, alors deux roumains sur un parking, ça fait tâche, enfin bon, le Gégène est malin ...

Faut pas dormir là !!

un flic suisse

Obligatoire ...

Samedi ou notre dernier jour de grimpe ! Nous sommes au pied du Sanetsch et attaquons tranquillement l’approche, pendant ce temps, Benji réalise une incroyable performance. De notre côté, ça va être plus court qu’un ultra, mais chacun des 250 mètres de la voie va être enlevé au moral, le couteau entre les dents. Douce violence donc. A l'attaque, nous observons les spits posés avec parcimonie, à la polonaise. L’ambiance est pas forcément à la grosse déconnade: le pronostic est sans appel : carton sur vire au troisième point en cas de zipette. On va donc jouer ça au chifoumi !

Obligatoire ...

Gégène perd, essaye mais fait demi-tour : merde, à moi … Un exercice pleinement apprécié par quelqu’un qui s’est déjà pété les deux chevilles. Je pinaille longtemps et le mollet droit commence dangereusement à jouer la machine à coudre. Je décide alors de tenter par la gauche, ça semble moins aléatoire et de toute façon, on est plus à mètre près … Putain, faut le lâcher ce pas quand même ! Finalement, je le lâche avec un sentiment de sécurité limite d’environ 10.5/20. Je me demande toujours ce qui fait qu’on y va dans ces moments, tellement plus à perdre qu’à gagner ... Je me demande aussi pourquoi rééquiper une voie et laisser ce genre de coup de pute ! Sans parler du 6a+ oblig’ du topo tout bonnement scandaleux ! C'est bien connu, les Rémis ne sont pas réputés pour faire du BrunoF, qui équipe serré parce que les gens ne savent plus grimper y parait. N’en déplaise à ce dernier, les temps ont changé. Bref, me voilà devant la suite qui demande vraiment d’oublier cette foutue corde et d’avancer. Le genre de grimpe qui lessive le cerveau, cet équilibre subtil entre tension et relâchement, confiance et peur. Bon, si l’équipement est marquant, la grimpe n’est pas en reste : les longueurs du bouclier (L3 à L5) sont époustouflantes.

Obligatoire ...
Obligatoire ...

On finit rincé mais content. Quel plaisir de redescendre au bivouac : un petit coin de paradis où nous passerons une agréable soirée entre un bon plat de röstis et quelques parties de Yam. Et puis, on peut dormir en sachant que demain, on se mettra pas la guerre dans une voie comme ça. Et oui, l’obligation est certainement ce qui définit le mieux la grimpe en Suisse. A prendre avec humilité donc …

Obligatoire ...

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Rédigé par Fabrice

Publié le 20 Septembre 2015

Franchement, le VTT est le sport estival quasi parfait, ou le pendant du ski de rando l'hiver : voyage, effort, plaisir à la descente. Mais sans le coté vicelard de la neige et aussi sans les CR « skitour ». Purée tous les ans, c'est le même refrain. Dès que la neige recouvre la montagne de 3 cm, c’est une avalanche de 5 étoiles, de hold-up parfait, de « C’était dément aujourd’hui, mais demain, ce ne sera plus en conditions ». Sans oublier cette bonne bière partagée après ce meilleur plan des Alpes… Hum, on se régale !

#porntracks

Et puis, le VTT a cela de très rassurant qu’on choisit son engagement. Tu viens de te prendre une belle ratasse et cette marche de 5 cm te fait flipper ?? Pas de problème, passe à pieds et prétexte un problème technique. Et puis quand t’es chaud, Basto ne roule pas si vite finalement. Après le Mont Blanc, on pensait avoir touché du doigt ou plus exactement griffé du cougar ce qui se faisait de mieux en vtt … Tout avait été parfait : temps, équipe, trace et j'en passe. On était à deux doigts de revendre nos bécannes (pour en racheter des mieux en 27,5 pouces en fait ;)

Putain, c'est quand même bon de se planter ! Et oui, le Queyras n'allait pas faillir à sa réputation ... Cette savante alchimie de montagne et de sud, d’authenticité, de calme. D’accueil incomparable… et de chemins pas dégueus.

 

Cette année, c'est en petit comité que nous irons pédaler dans ce pays aux 50 nuances de gris. Côté orga, PierreL s'occupe de tout (sauf de roder ses plaquettes). Il nous a dégoté un superbe tracé avec que de la 4g sur tout l’itinéraire, le top pour suivre le cours de l'action du rouleau de PQ en live ;) Basto est là aussi. Sa mission principale; le tendage de perche à selfies; exercice nécessaire pour agrémenter de quelques images ces quelques lignes. PierreB sera aussi de la partie pour reformer cette bande qui se connaît depuis vingt piges. Autant dire que pour bibi qui termine le quatuor, je vais pouvoir me délecter de ces instants revival à venir, comme dans cette bonne vieille soirée grimpeurs où … tu n'es pas grimpeur.

#porntracks

Samedi, c'est la route. Après avoir croisé Ueli qui termine sa traversée des Alpes, nous commençons nos vacances. Nous voilà à Risoul, au pays des 300 jours de beau par an. Mouais, ben quand je regarde le programme sur Météociel, on est plus dans les 65 là : demain c'est cataclysme le matin et l'après midi et puis un peu tous les jours en fait; fait chier !

Effectivement Dimanche, le ciel nous tombe sur la tête une heure avant le gîte malgré une courte étape. Nous sommes à Saint-Véran, la patrie du couteau à cadran solaire. Mais ce qui nous intéresse en l'occurrence, c'est de prendre une bonne douche à 40°C, c’est quand même plus sympa. Mais je n'irai pas jusqu'à prétendre que ça sèche Monsieur Bernaud ;)

#porntracks

Nous retrouvons rapidement nos automatismes de sportifs de haut niveau. Étirements, Badoit et analyse strava autour d'un bon steak de tofu légumes vapeur. Non, nous ne boirons pas de bière, ni de vin d'ailleurs. Non, nous ne fumerons pas de clopes après avoir dégommé cet énième bout de saucisse ... Non, nous n'avons jamais eu de comptes en Suisse ...

 

Lundi matin, le temps est toujours maussade mais tient bon. Une franche grimpette plus tard et nous voilà à l’observatoire pour regarder ... les nuages d’un peu plus près. C'est aussi et surtout l’occasion de se faire payer un bon thé chaud par les gardiens ! A quasi 3000 ça fait du bien dans le gosier avant la grande descente sur Aiguilles. Celle-ci est technique, longue mais que c’est bon. Que c’est bon aussi de s'attabler devant un bon goûter. Un grand merci à Anne et Pascal pour ce moment et ces conseils avisés ! Et oui le lendemain, nous visitons un superbe vallon qui illustrerait à merveille la page Wikipedia de l'adjectif sauvage. Puis au lieu de finir sur Arvieux, nous cravachons encore 500 mètres de quasi poussage pour aller chercher le single parfait. Cerise sur le gâteau, il fait beau !

#porntracks
#porntracks
#porntracks

Mercredi, on s’envoie encore 1000 mètres en one shot pour rallier le col de Furfande. Gros pourcentages, gros effort mais quelle descente ! Le genre de descente où l’odeur sucrée du mélèze est souvent remplacée cette bonne vieille odeur de plaquette… signe incontestable que tu ne t’es pas trop arrêté sur le prix de l’immobilier dans la région. Et pourtant, tu devrais mon ami car ici, putain qu’est-ce que c’est bien ! Là, nous assistons impuissants au clash entre Les Escoyères et Bramousse.

#porntracks
#porntracks
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Toutes les bonnes choses ont une fin, nous quittons à regret le gîte. Nous remontons la bien nommée crête des Chambrettes avec nos copines les mouches, un truc de fou quand même ! Le paysage se fait alors plus alpin et il ne reste bientôt plus qu'une top descente clôturant en beauté cette semaine … Ou pas ! Puisque tout était trop parfait, Monsieur Basto nous déniche un ultime single pas franchement porn, le genre de saloperie avec des épingles à 180° qui déversent de trois mètres. Petite piqûre de rappel (et pas que !) sur les progrès qu'il reste à faire ...

#porntracks
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Voilà, comme le timing est aux petits oignons, l’orage éclate alors que nous partageons les dernières miettes de tabac après ce meilleur plan des Alpes ;) Et puis j’ai toujours rien trouvé de bien qui rimait avec ce Queyras. Ah ben si, une chose est sûre, on reviendra !

#porntracks

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Rédigé par Fabrice

Publié le 21 Juillet 2015

Pan, un article vélo ! Un article tout court diront les mauvaises langues. Il est vrai qu’il ne se passe plus grand choses ici, à l’instar de nombreux sites concurrents … Une tendance nouvelle au minimalisme ? La flemme de majer ? Une page qui se tourne ? Revenons donc à nos moutons et intéressons-nous de plus près à une activité complètement geek ; j’ai nommé le bike packing !

 

Quesaquo ce truc ?? Rien de transcendant en français ; « prendre des affaires en vélo ». (Et ouais tu te rappelles ? Ado, ça faisait le même effet quand tu traduisais en français tes tubes anglo-saxons préférés). Donc en gros, tout le monde fait du bike packing ! Certes, mais la pratique est large … La plus extrême ? Porter son/ses gamin(s) et tout le bordel dans les cols alpins … La plus light (enfin pour les coureurs) ?? Le tour de France, où des camions, un hélico, des voitures, des cars te portent les kinés, ta flotte, Gérard Holzt, tes pâtes (et toutes tes doses d’EPO) le soir à l’hôtel. Même pas besoin de s'emmerder avec la CB !! Entre les deux ; une pratique qui semble titiller la pédale 73, regroupement hiptser/bobo toujours au fait des derniers touchages technologiques …

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Alors alors, quid de NOTRE définition du bike packing ? A vrai dire, ce qu’on veut, c’est du light & de l’autonomie, c’est-à-dire une petite sacoche sur l’avion où notre petit bazar tiendra. Moins d’1,5 kg d’impédimentas le tout sur des parcours nerveux de quelques jours : voilà pour la sémantique. Et puis, on ouvre le guide Michelin et l’imagination fait le reste. Après avoir tracé de belles lignes à la journée et arrivant assez vite à des dénivelés envisageables uniquement après trois pintes de Leffe, une ligne sur plusieurs jours est devenue l’évidence !

 

Objectif majeur de l’année, La GTA !! Mais bon vu l’emploi du temps quasi-ministériel de l’autre membre de la pédale, un doute subsiste sur l’année en question ;) Cela étant dit, il y a peu, j’ai donc testé en solo ce mode de déplacement fluide, esthétique, rapide (ou pas !) mais diablement exigeant. Car oui, attention à l’enfonçage de porte ouverte, il faut enchainer ! Et ça ne se bouscule pas trop au portillon pour accompagner la pédale. Pour ce galop d’essai, Belledonne m’a bien inspiré : 250 km et pas loin de 6000 m positifs d’un parcours à l’esthétique implacable toujours au plus près des montagnes …

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Samedi, gare de Ponch’ et c’est tipar pour le grand Cucheron. RAS, la sacoche ne bouge pas trop, pas de gênes. Montée presque au frais et voilà rapidement la très belle descente sur la Maurienne qui ne peut pas en dire autant. De la nationale sans intérêt s’en suit et enfin le Glandon. Ah ce Glandon, des souvenirs, des flashs de l’EDT 2012 … Là je suis tout seul sur la route, moins affuté, sans pression mais toujours cette même putain de playlist et surtout ce même plaisir dès que le pourcentage augmente : tout l’ADN de la pédale est ici ! Voilà pour la madeleine de Proust, une madeleine au goût dégueu d’un gel citron. Aujourd’hui, ça monte sans se mettre dans le rouge sauf la fin toujours aussi ignoble, négociée debout sur les pédales. Un col qui se mérite comme dirait l'autre ... Ou pas !

 

Scène surréaliste du mec qui descend de sa bagnole en cycliste, sort sa monture du coffre et demande une tof devant le panneau ... Blague ? Absence totale de diginité ? C'est l'hallu totale ...

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger
Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

La bascule effectuée, je m’échoue au premier bar pour retaper le bonhomme. En bike packing, on est aussi là pour se faire plaisir : un Orangina par ici, un jambon beurre et une part de tarte par-là, ça flatte largement plus les papilles que l’hydrixir et autres gels infâmes ! A 15 heures, je repars et laisse Newton faire le job, pas trop quand même car cette descente est rapide. Me voilà rapidement au gîte pour une halte réparatrice.

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

En haut la théorie, et en bas la pratique, nettement plus sympa !!

le diététicien de la pédale

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Hydratation, étirements, repas gargantuesque, il s’agit de récupérer car demain est un autre jour … de vélo ! Et ce deuxième jour est encore plus difficile, mais superbe avec notamment la découverte du col du Luitel et son arrivée bucolique à souhait. Viens Chamrousse puis les magnifiques balcons de Belledonne, magnifiques mais diablement casse-pattes ... Et sous ce cagnard, cela demande un chouïa de fighting-spirit. La dernière difficulté franchie à savoir le col du Barrioz et je peux enfin laisser pisser vers le lac d’Allevard et Pontcharra. La boucle est bouclée, avec toujours cette délicieuse impression d’être parti un peu plus longtemps, un peu plus loin … 

Allez Benji, balance-moi ce putain de doodle !

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger
Harder, Better, (pas)Faster, Stronger
Harder, Better, (pas)Faster, Stronger
Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

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Rédigé par Fabrice

Publié le 15 Mars 2015

Ce weekend ; ciel bleu insolent sur l’alpe (bien !) … mais peu de retours de courses (pas bien !!). Une bouteille lancée à la mer sur une adresse aussi réactive que la hotline de la poste : gregoire.lestienne.at.gmail.com. Finalement une première touche puis un zeste d’obstination (genre pêche à la grenade), et voilà que le repos dominical s’oriente idéalement vers les entonnoirs glacés de Chamouni. Où quoi comment ?? Franchement, on n’en sait rien … Tiens, pourquoi pas la Ravanel-Frendo ? Nous voilà donc de bon matin sur le parking des Grands, pas très frais pas très pimpants, essuyant d’entrée de jeu un superbe but « vent ». Il est vrai qu’on ne s’attarde jamais assez sur cette putain de carte des vents : 100 km/h là-haut. Le lever à 5h n’aura servi à rien : fait chier !

 

Brocouilles, nous tentons notre chance à la benne après avoir finaudé en achetant le billet au Montenvers pour zapper les mille ans de queue (NDLR : ne jamais commencer sa négo par « Normalement »). Ici, c’est la fashion week avec du norrona, du haglöfs, du arc’teryx mais aussi du millet pour les plus modestes. Dans ce foutoir multicolore, on a croisé Dom, ce vieux guidos super sympa qui a encadré mes premiers coups de pioches au Caf d’Aix, il y a plus de dix ans. Marsigny nous a aussi broyé la main ; c’est complètement people la benne !

I’m lovin’it !

Un petit café 3G pour temporiser/organiser et nous voilà entrain de déniveler vers l’aiguille à une allure kilianesque. En y réfléchissant, je ne saurais dire si ce néologisme colle bien à la situation : la fusée catalane ayant eu quelques déboires dans cette face Nord ;) Après ces records de vitesse, place aux escargots de l’arête mais grâce à un truc magique appelé « crampons », nous sortons des embouteillages et mettons de suite nos spatules en direction des pointes Lachenal. Objectif : la goulotte chips & soda (attention énigme du père Fouras puissance 12). On s’équipe paisiblement car il fait plutôt bon au soleil. De la glace facile pour chauffer puis rapidement un passage qui mobilise toutes les ressources du Greg. Trois onglées plus tard, à mon tour : pan ! Un grand écart vandamesque et je m’extrais du passage avant d’aller tâter le crux: M5+ en vrai coincement de lame. Un truc nouveau en terrain non aseptisé : Dément !

I’m lovin’it !

A présent, nous descendons la vallée blanche et mettons le clignotant à droite vers Leschaux avec un plat monstre long avant le mythique refuge. Les grandes Jorasses sont là, omniprésentes et complètement indifférentes à notre progression. Quasi personne dans le coin, juste une tente sous la face qui donne la mesure des lieux. Ici, c’est pas les goulottes de Chamrousse mon gars ! Pas d’infos donc et le risque de but qui va avec mais du wilderness, du vrai. Nous visons l’évidente goulotte Nord-Ouest de la pointe de Frébouze. Aux jumelles, ça sent bon mis à part un petit verrou caillouteux. Atteindre le refuge est plutôt désagréable : échelles, pentes de glace en solo et neige expo. Encore un peu d’acrobaties pour atteindre la porte d’entrée. Ouf, la bière est plus que méritée !

I’m lovin’it !

Dès lors, il s’agit de recharger les batteries avec le rituel de la fonte de neige … ou pas ! Quelle tête n’ai-je pas faite lorsque Monsieur Lestienne me ramena mon réchaud, mon petit titane, décapité, gisant entre ses mains penaudes. Argh ! Du beau boulot mon garçon : nous voilà gros jean comme devant ! Il faut reconnaître que les ingénieurs MSR ont été légèrement optimistes niveau sections et on espère qu’ils ne s’amusent pas à dimensionner des avions le week-end. 

I’m lovin’it !

Allez champion, essaye donc de réparer tes conneries maintenant !!

Edgar Pasgropiron

Heureusement, deux acolytes sont également là et nous dépannent avantageusement. L’occasion de leurs refaire ici un petit big up et pas que pour ce coup de main. En effet, un des gars prévoit (et réussira) la FN des jojos demain en solo avec l’ambition d’ouvrir un truc. Cela nous laisse perplexe et/ou rêveur lorsque nous décollons à 6h du mat et que ce fou et/ou mutant dort comme un bienheureux.

I’m lovin’it !

De notre côté, on se concentre sur cette descente extrêmement désagréable avant de s’envoyer l’approche qui l’est tout autant, voire plus. Enfin la rimaye ! Putain, enfin … On s’équipe et c’est tipar pour de la bonne déroulante. Comme un vieux chacal, je laisse le guide tracer ce cône extrêmement chargé en prétextant à grands renforts de mauvaise foi, qu’il a plus la caisse. La suite ? Rien à signaler mais c’est beau, direct, classe, top.

I’m lovin’it !
I’m lovin’it !

Mais, ces 500 mètres nous paraissent foutrement plus long que ceux du débonnaire petit viking. Comme mon compagnon de bordée a un petit coup de mou, je plie la fin, car je me sens en plein forme. Il m’a juste fallu 5h pour me réveiller. 5h, c’est aussi le temps qu’il nous aura fallu pour partager cette belle varappe et poser nos fesses à califourchon sur cette arête baignée de soleil. Il manque plus que le café ! Les grandes Jorasses sont toujours là ; omnipotentes … Le calme est absolu, dieu que j’aime ces moments …

I’m lovin’it !

Il est temps de redescendre. Cette fois, pas la peine de gueuler le classique « corde !!!». Pas non plus d’imbroglios de nouilles au relais, on est vraiment plus que peinard. Les skis n’ont pas bougé et m’attendent pour le dernier crux de la journée : la descente ! Où j’ai encore pris le maxi tarif. Bien l’impression que sur les derniers mètres (et même les premiers après réflexion), Gaspard aurait mieux skié l’affaire. Bref, vers 19h, après deux heures à torturer mes quadris, nous voilà confortablement attablés, à déchirer un bon macdal ... après avoir croqué la vie à pleines dent !

I’m lovin’it !

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 19 Février 2015

La glace raide, une assuétude bien plus puissante que n’importe quelle autre activité verticale. Un peu comme mettre le nez dans Game of Thrones et se taper l’intégrale en un mois. Et pourquoi cela ? Primo : la structure, la raideur : envoûtantes. Secondo la période toujours trop courte, haletante. Le cocktail est bigrement addictif, tant et si bien qu’on devient rapidement insensible à des trucs comme se lever à 5h du mat ou se prendre des seaux de flotte à 0°C sur la courge. De vrais camés, hypnotisés par tous ces dards bien dodus ...

Et puis c’est pas le tout, mais tu t’es quand même tapé moultes séances ultra-chiantes de muscu/conti. Et même du dry à Saint-Sat bordel. Là pour le coup, c'est plus l’intégrale de plus belle la vie. Bref, tout ça pour dire qu’en février, le glaciériste, il est pas là pour acheter du terrain : money time oblige ! Alors JB, prends donc tes monics et fait chauffer le scénic: y a cascade là ! (Au fait, oublie pas le baudard et les crampons ;)

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Un énième lautaret plus tard et pan, direct dans Hiroshima. Un 5 de référence, un 5 qui a marqué l'histoire de la glace française. En plus cette année, pas vraiment en solde l'affaire, de quoi me faire regretter le pécher d'orgueil de la veille: "Pouah du 5, je peux bien reprendre un verre …". Ben tiens donc: structure fine et légère, brochages pas évidents, je décuve assez rapidement mais ne tarde pas à retrouver mes marques. A force de pratiquer, on commence à vraiment sentir la matière glace à travers nos pioches et nos crabes : la qualité d’un ancrage, l’évaluation de la solidité de cette broche à plus ou moins 75 grammes. Et puis on arrive aussi à mieux la lire, à deviner les crochetages, comme cette main qui vient chercher naturellement une prise. C’est tout un art mais c'est somme toute pas évident à expliquer.

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Le lendemain, nous jetons notre dévolu sur une autre belle classique: la directe de l'arc de cercle à Fressinières. Assurément une belle ligne mais victime du peu de condis générales dans l’Alpe, ça bouchonne grave dans le crux. Au bout d’une heure trente, je ne tiens plus en place. Quand soudain, ma motivation est légèrement refroidie par ce jeune pyrénéen prenant un magnifique tir. Le voir pendu sur la corde sans bouger m’a glacé le sang. Heureusement, plus de peur que de mal. Petit rappel aussi, ce sport est dangereux, il faut quand même engager la viande même si la marge est sensée nous garder loin de cette zone accidentogène. Et c’est bien là la différence fondamentale avec la varappe spitée. Allez, à mon tour de me frotter à ce 5 humide à souhait. Summit et encore une chouette ligne. Ces bonnes conditions ne tardent pas à attirer l'animal ... qui possède un temps libre capable de faire passer l’espace sigma du CEA pour celui de Foxcom.

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Donc maître Francois-Xavier, par l'odeur de la bugne alléché nous tint à peu près ce langage. "Si votre paire de bras se rapporte à votre superbe gore-tex alors au grade 6 des viollins nous irons grimper !" Il n’en fallait pas plus pour nous corrompre … Banco ! Au pied de la bête, l’hésitation et l’excitation sont plus que palpables. Y va Y va pas ??… Putain, c’est un 6 sur le topo, un grade 6 ! Une barre mythique, comme à la perche !! Une barre qui permet vraiment de parler de glace raide. Si le fiston les enfile comme des perles. De mon côté, on est plus sur une approche Jean-Claude Dussienne de la chose : sur un malentendu, ça pourrait peut-être éventuellement marcher. Dans le doute, je le laisse donc y aller. Le truc est randonné en dix minutes (pour les non avertis, c’est rapide) et voilà que le coach descend en rappel: verdict : up to me ! Régalade totale même si c’est les soldes : que c’est bon d’être pendu sur les pioches, de claquer des écarts, de fermer le bras dans ce petit pas en dévers plein gaz. Encore un bon petit rail là ... Après l'effort, on reprend nos petites habitudes chez Marie Blachère avec le dégommage de duich' qui va bien. Au soleil, on prend du bon temps avant de rebasculer une dernière fois dans l'ombre ...

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Aujourd'hui lorsque nous traversons sous la face, le pas se fait rapide. Exposition maximale sous la vieille et grande mâchoire de Gramusat prête à perdre ses dents. A l'attaque, encore des pyrénéens ! Scandaleux ! La journée promet d'être longue ... mais sympa. Gramusat donc, un temple de la glace synonyme d'inaccessible pour le glaciériste lambda mais comme on a une F1 sur la corde, on se fait zizir. La voie c’est Blind Faith, on imagine qu’à l’ouverture, ils ont du se mettre bien les gars. Et puis petit détail today, c'est vendredi 13, chance ou pas, Fix manque de peu la correctionnelle: le meteor est atomisé par une chute de glace: enjoy !...

Ice fall connexion
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... Après l’artif, nous parcourons un grand mur plein gaz. Tout va bien, c'est majeur. Et à la faveur d'une erreur d'itinéraire de Mister Wagner himself, on repasse devant. Niveau ambiance, en face sud, tout s'effondre, au pied aussi, ça tombe. Des craquements sourds et lugubres qui serrent le ventre. Putain faudrait y mettre un bon coup de polident ! Dans ces moments-là, dire des conneries pour détendre l’atmosphère semble important ... Mais revenons à nos moutons, nous voilà maintenant au pied du dernier cigare. Pendu dans le ciel, on fait le tour du proprio sur les 40 mètres de sa structure: juste incroyable. Malgré l’euphorie, faudrait pas oublier que tu ne grimpes pas sur des spits de 12 et que faire de la merde dans cet univers peut te coûter cher, à toi ou à une autre cordée. Attention à l’overdose donc …

Abseil down, au passage, on torche rapidement la longueur ratée et on plie les gaules. Il est à noter que cette descente damoclèsienne t’offre une séance de musculation des fessiers complètement gratuite. Un dernier sprint sous la face et nous voilà sur la route, plus rien ne peut nous arriver à part une indigestion de bugnes. Putain dément les gars, merci ! Et merci aussi à Marie-Christine et Natacha pour l’accueil haut-alpin.

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne