Publié le 7 Octobre 2014

Aux dernières nouvelles, la gardienne de Leschaux flamberait dans Chamonix au volant d’un superbe Porsche Cayenne full options … Et oui ces derniers temps, réserver une couette au refuge est aussi simple que d’aller voir U2 en backstage. En temps normal, c’est nettement plus calme, on est plus sur du Patrick Juvet voire François Feldman en cas d’avis de tempête. Car en temps normal, cette montagne fait PEUR et rares sont les prétendants à la prestigieuse face nord. Mais à la faveur de conditions exceptionnelles, c'est l'hystérie là haut avec une centaine de personnes par jour les week-end ! Chacun y va de sa contribution : un speed climbing et une descente sous voile par ici, des torchages quasi presliens de la face par là ...

 

A force de voir passer des CR de jeunes effrontés qui ne respectent même pas cette vieille dame, tu aurais presque envie d’y aller dans cette face nord. Enfin bon, les grandes Jorasses, c’est pas pour tout de suite … C’est peut-être même pour jamais d’ailleurs … Ceci étant, Montagne Plaisir te propose de revenir dans la vraie vie, dans un monde où tu laisses passer les retraités à la poste, où tu marches pas en dehors des clous. Du bon vieux classique où tu te fais pipi dessus au pied des difficultés, où tu craches tes poumons à chaque coup de pioche. Bienvenue dans le monde merveilleux du normal climbing ©.

Chacun son Everest …

Pour l’occasion, nous ressortons des cartons un vieux projet pas trop long / pas trop dur : le macho direct au Tacul. Honorablement placé à la 63 ème place dans le Batoux et surtout à une toute petite heure de la benne, celui-ci est donné en 5 heures : au poil ! Enfin, les horaires de Batoux en mixte, faut s’en méfier largement autant que ceux de Rébuffat en rocher. Et puis en glanant des infos par ci par , deux longueurs semblent vraiment sortir du lot ... Cependant, Greg a des news rassurantes alors c’est tipar pour une blitzkrieg là-bas. Fix et JB iront quant à eux, trainer leurs pioches dans le cirque du Maudit.

Chacun son Everest …
Chacun son Everest …

L’approche en descente est menée au pas de course et nous voilà rapidement au pied des hostilités. Nous dénivelons alors un bon 400 mètres avant d’arriver à l’embranchement du direct. Au programme, un solide (pas tant en fait) grade 5, 4000 mètres au-dessus de Saint Malo. Avec mon acclimatation proche du japonais summitant l’aiguille du midi ça va pas être de la tarte …

Chacun son Everest …

Dans la colonne, le mauvais feeling se précise : ce mélange de neige/glace foireux demande un swing délicat et les broches posées semblent aussi peu fiables que le SAV d’alltriks … Tous les voyants passent gentiment à l’orange foncé, Bon dieu j’aime pas ça … Pour ne rien arranger, la mer de nuage nous enveloppe et l’ambiance devient glauque à souhait : Enjoy !

Néanmoins j’avance, certes lentement, mais j’avance. Il faut assurer chaque ancrage, rester calme, gérer le niveau de lactate dans les avants bras et brocher intelligent. Cerise sur le gâteau, un insidieux spindrift m’oblige à de nombreuses pauses : en gros c’est Bagdad ici, je me régale. Une bonne demi-heure de combat plus tard, je teste le dernier réta léger dévers et constate que les ancrages sont cette fois-ci bétons : Alléluia !

 

Chacun son Everest …

Blotti sous le surplomb, j’attends l’accalmie et ne tarde pas m’extraire de ce chantier : Re-Alléluia ! Après avoir bricolé un relai broches/nomics un tout petit peu moins Alléluia, la pression peut retomber. Le futur guide me rejoint et enquille la suite. Putain c’est long 800m ! Mortellement long … Oui mais la sortie se précise, enfin. Evoluant à côté d’une meringue glacée aux formes voluptueuses, nous atteignons l’arête faitière non sans une émotion particulière, celle des « belles courses ». Autour de nous, les nuages donnent une perspective incroyable au tableau et avec ces lumières automnales, y a pas à mégoter, c’est magique.

Chacun son Everest …
Chacun son Everest …

Comme la nature est bien faite, la VN du Tacul nous pose rapidement au bivi. WTF ?? Un bivi à deux pas d’un refuge où c’est la teuf ?? Faut dire que ça remonte quand même facile 30 mètres pour aller crécher aux Cosmiques. Et puis c’est sympa de temps en temps un bon bivouac, ça permet d’apprécier la couette, l’eau chaude et tous ces petits riens auxquels on a tendance à s’habituer un peu trop vite. Le repas dégommé, nous ne tardons pas à voir rappliquer les deux zozos après une possible first ascent au maudit. L’alti de JB annone un petit -8°C : buonanotte !

Le lendemain, au soleil, nous plions tranquillement les affaires avant la remontée la plus pénible de l’univers. Descente du Cham et pan : un bon bélouga supplément steak frites. Encore un truc qui contraste bien après le pâté William Saurin de la veille … Vraiment classe ce macho direct, vraiment classe … C’est pas les grandes vorasses mais bon ... A chacun son Everest !

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Publié le 16 Septembre 2014

Vercors retord, Chartreuse plurielle ... Quoi de neuf en 2014 ? Rien de moins que le tour du mont blanc mon ami !! Un superbe programme autour d’un massif qui l’est tout autant : glaciers encore ventripotents, flèches de protogines fièrement dressées vers le ciel ... Y a pas à dire, ça a vraiment de la gueule dans le coin. Seul bémol à noter, une pluviométrie assez généreuse qui peut rapidement faire passer Koh Lanta pour un confortable séjour à Center Park. D’où la légère impression de jouer au millionnaire en remplissant le Doodle. Mais une fois n’est pas coutume, chemins secs et feu vert de Joël Collado pour la semaine, putain, on a les trois télés ! Showtime les loulous !

 

La fine équipe est au grand complet ce matin sur le parking d’Argentière. A commencer par Basto, véritable couteau suisse aussi aiguisé sur le bricolage que le pilotage. Vient Landry, notre sherpa officiel (avec un sac inversement proportionnel à celui d’OF), il obtiendra également le maillot de la combativité vu la tête de son biclou. Yannick, pour l’infirmerie et le reboostage de groupe. Une vraie pile ce mec, le lapin Duracell à coté, c’est limite un cgtiste ! Puis, Olivier, abonné aux revues de presses et à l’animation, souvent aux dépends d’un certain PierreL qui boit toujours du coca-fraise et tente de financer sa nouvelle monture via des covoiturages surfacturés. Puis Yann, qui après avoir vidé les stocks de bière de sa région se sent fin prêt. Enfin, PierreB et votre serviteur, aux manettes de l’organisation. Tout ce petit monde forme un écosystème qui fonctionne plutôt pas mal.

(U)TMBAVTT

La première journée, toujours un peu poussive se doit d’être courte. C’est donc sans grand remord que nous plaçons machines et bonhommes sur le télésiège du col de Balme pour cette unique entorse à l’éthique. S’en suit une sieste absolument pas méritée et Newton nous pose rapidement à Trient par de superbes singles. Une descente qui reste tout de même sportive et technique. Je me permets d’ailleurs de proposer un nouvel axiome (1) à cette loi universelle de la gravitation:

 

Newton + racines + épingles = OTB (1)

 

Nous voici donc arrivés à bon port : l’hôtel la grande ourse, mais nous allons vite déchanter : accueil type borne de péage «Bonjour, veuillez introduire votre carte», repas weight watchers force 12 … Dans la chambre, c’est pas l’opulence non plus avec une maigre couverture épaisse comme du papier à rouler. Le U du béton étant ce qu’il est, la nuit risque d’être frisquette. Et gare aux petits resquilleurs qui en voudraient une deuxième … A l’amende ! Cerise sur le gâteau, le wifi marche mal dans les chiottes d’après PierreL … Nan mais changez de boulot les gars !

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Le lendemain, nous quittons donc sans regret cette usine. Par un petit crochet, notre trace vient lécher le glacier du Trient sous l’aiguille du Tour, puis un superbe sentier en balcon nous amène rapidement à la Forclaz. Au menu, un poussage plutôt viril pour ce coup-ci mériter la belle descente en direction du lac idyllique de Champex où le gramme de café doit avoisiner celui de la cocaïne. Après 9h de selle et quasi 2000 de D+, nous faisons enfin valoir notre droit à l’apéro. Voilà une journée où tu tapes un peu dedans mais le gîte de la Léchère est un merveilleux endroit pour recharger les batteries. Nous voilà réconciliés avec les helvètes, quoi que. Les vététistes ne laissent pas indifférents, certains piétons sont carrément hostiles à ce mode de transport.

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Jeudi, un peu fourbus, nous rejoignons le grand col Ferret dans un brouillard et un vent glacial. Mais à la faveur d’une trouée, la vue se dégage : les grandes Jorasses dévoilent leur sauvage et puissante face Est. Au fond, l’inquiétante dentelle de Peuterey guide le regard jusqu’au Mont Blanc, nettement plus austère de ce côté. Encore plus loin, le refuge Elisabetta nous rappelle qu’on a encore du pain sur la planche. On file donc sans tarder sur Elena pour une descente piégeuse et déjà, les estomacs ordonnent la pause casse-croute. Il reste à présent la fastidieuse remontée du val Veny avant de venir s’échouer sur la terrasse du refuge complètement rétamés. Encore une étape costaude. Nous retrouvons le groupe de marcheurs flanqué d’un joyeux drille qui te ferait passer JC Duss pour quelqu’un de pas pénible en fait.

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Vendredi, dans un froid de canard nous basculons via le col de Sagne sur la France pour atteindre les Contamines. Magnifique étape, variée, longue et conclue par un superbe diots/crozets. Autour d’un verre de génépi et d’un gardien, qui lui ne s’est pas trompé de métier, nous validons le tracé de l’étape finale. Mais ce soir, le breuvage a un petit goût de nostalgie je trouve … Au réveil, le café a du mal à faire son boulot et les organismes se mettent difficilement en mouvement vers les chalets de Miage. Nous délaissons la montée au tricot et filons directement vers le col de Voza : c’est bionnassay long comme ça ! Un ultime gueuleton au soleil, un peu de route, un peu de chemin et puis voilà, c’est fini … 200 bornes, un bon 7500 de D+ : chapeau les gars.

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De solides chiffres qui ne sauraient résumer ce voyage, hors du temps. On se quitte donc là, un peu rapidement, PierreL devant gérer un go-fast de kalachnikovs sur Marseille.

Heureux de rentrer au bercail mais la tête dans le vague, encore perchée là-haut … Vercors retord, Chartreuse plurielle et Mont Blanc quoi alors ? Mont blanc … dément ?? Oui, assurément.

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Rédigé par Fabrice

Publié le 19 Août 2014

C’est malheureusement le leitmotiv de la désormais classique semaine grimpante avec le Gégène. Mais bon, cet été, y a pas que dans les dolos où tu prends l’eau. Ça mouille un peu partout dans l’Alpe et tout le temps aussi : fait chier ! Les organismes sont donc en carence de vitamines D et de GV, déprime totale … De quoi tergiverser ferme : on part, on part pas ??

 

Pour ce deuxième opus, les radars météo semblent tout de même indiquer une fenêtre correcte loin au Sud dans le Mercantour, véritable arche de Noé des grimpeurs cet été. Première étape Verdonesque où nous retrouvons les Pellispitz en mode « pas Souveton ». Autrement dit, ça coche pas des masses ;) Mais bon, difficile de faire trois voies par jour quand ça grimpe à partir de 16h. On attaque donc par une belle voie typée années 80 : un poil patin, obligatoire avec des cot’ tassées. Ma, quel plaisir de retrouver ces immenses ventres bleus à gouttes d’eau !

 

Reprise de la vie au grand air également, l’occasion de revoir les automatismes : café (tacles du gégène) - remplissage de la douche (pan, tacle) - grimpe (ah tiens, on l’entend moins le garçon) - tatage de la douche bien chaude (gégène est content, mais tacle, quand même) - douche - repas (tacles appuyés) - dodo.

 

D’ailleurs, pour revenir à la douche, je pense qu’effectivement Jérémy, tu as raison. Et ça me fait un peu mal de le reconnaitre (mauvaise foi inside). Elle chauffe mieux dedans même par beau temps sans vent. En effet, derrière le vitrage à 45°, on perd quasi rien en rayonnement, par contre niveau convection, y pas match entre un habitacle à 50°C et un air extérieur à 35°C dans le meilleur des cas …

 

Ceci dit, le mercure est bien trop haut ici. Allons donc user nos Vibram sur le gneiss du Mercantour. Rien de majeurissime certes, mais un massif minéral attachant qui sent bon le sud. En voiture Simone ! Dans la playlist tout à fait éclectique du berling’ (qui va de Beethoven en passant par les cowboys fringants), nous tombons sur une interview du grand Jacques tout à fait exceptionnelle : une interview à l’ancienne où ça clope/picole dur, où ça parle de tout et de rien. Genre pas un truc à la Delahousse où le mec fait les questions et les réponses : insupportable ! Donc Brel qui parle de tout et de rien, c’est vraiment quelque chose : impossible d’en faire un quelconque résumé ici mais je vous invite fortement à l’écouter. Après ce moment de bonheur et aussi une dizaine d’albums, (putain mais qu’est-ce que c’est loin !), nous stoppons à Isola 2000, le bunker y est plutôt confort. Demain, nous visons «Le sommeil ou le rêve», assez bien vendue sur c2c.

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

A l’approche, gros plantage de col. Mea culpa ! S’en suit une longue marche afin de rejoindre le lac de Tavels puis l’attaque. Le temps est maussade, quelques gouttes qui n’empêchent nullement notre webmontagne national de faire trempette. Ah tiens, tu te dis, je vais enfin voir le petit Gummi … Allez va, c’est cadeau !!

Dans les dolos, tu prends l’eau !

… Et non ;) Par contre, Guillaume, tu n’échapperas pas au fauchage sur le futal de grimpe … Impossible de décrire cette couleur, ce bleu enfin si, c’est proche de ça :

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Pour revenir à la grimpe, pas trop d’ambiance mais deux très belles longueurs qui valent le détour (mais pas forcément celui qu’on a fait). L’affaire pliée, le prochain objectif n’est autre que le sommet phare du coin : la cougourde ! Guillaume & Clara convoitent la grande classique de cette belle montagne: l’éperon Demenge, tout comme deux cordées d’espagnols d’ailleurs. Et ceux-ci n’ont pas l’air d’avoir un poster du Steck dans leur chambre … De quoi potentiellement t’occuper une grosse journée, voire plus.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

Nous, c’est la voie des surplombs : quand tu regardes le truc de profil, tu te dis, je suis bien dans le Sud, ils ont réussi à trouver des surplombs là-dedans cette bande de marseillais. L’affaire est pourtant loin d’être triviale … Avec un tracé sommaire et un topo aussi laconique qu’inexact, je suis un peu dubitatif quant à la réussite de l’entreprise. Mais demain est un autre jour, passons à table : au menu, un sauté de veau remarquable. Ça fait vraiment plaisir de prendre la DP ici, les tenanciers du Soreiller feraient bien d’en prendre de la graine ! Eux qui proposent souvent des quantités proportionnelles à la marche d’approche pour la madier.

 

Au pied la face, un vent glacial nous cueille et déclenche un mal des rimayes. Mais comme y a pas de rimayes on s’y colle, enfin moi, car gégène, lui, a trouvé sa rimaye. Beaucoup, beaucoup de recherche d’itinéraire, on ne sait jamais vraiment où on est même si les vieux spits de Christina bornent notre progression sur la droite de la face. Des relais à construire ; pas toujours simples, des longueurs pas si faciles à négocier parfois proches du solo. On pousse un ouf de soulagement quand nous trouvons le passage clef balisé de vieux spits & pitons. Le soleil daigne enfin faire son boulot et la fin apparait facile et rapide.

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Le lendemain, sur les traces du mercan’tour 2007, nous rejoignons le petit cayre de la madone et son dièdre des parisiens. Sans doute chassés par le mauvais sur Cham, ils sont venus ici ouvrir cette belle petite ligne. Malgré un début très chartreuse et une fin kairneuse, les trois longueurs du dièdre sont superbes.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

Nos chemins se séparent sous la bonnette, de notre côté, direction le val Maira en Italie: gégène a dégotté deux voies qui sortent des sentiers battus. Pour commencer, Super Figari sur la Punta figari : une très belle escalade assez proche de mi piacce l’albicocca au grand bec d’étache avec une sortie sous les applaudissements SVP !

Dans les dolos, tu prends l’eau !Dans les dolos, tu prends l’eau !Dans les dolos, tu prends l’eau !

Après, ça vend moins du rêve : suite à un bisou un peu violent avec le trottoir, le berling’ déplore la perte d’un pneu. Case garage. Lors de l’ouverture du coffre, la bouteille de pinard en équilibre instable tombe et se brise au sol. Toi, tu voudrais nettoyer le truc mais le garagiste te dit de toucher à rien, car il a l’impression que t’es bien parti pour faire pire ! S’en suit un jeu de piste pour trouver le decat’ et le topo, raté. On reprend la route brocouille pour atterrir dans un squat humide et venteux tard dans la soirée. Et puis on se réveille tôt pour éviter l’orage, c’est rude là. Malgré un petit cafouillage doublé d’un léger fourvoyage, le Rocca del Campanili clôtura en beauté ce trip. Une belle semaine au final, on a bien fait de se motiver, de tenter le truc.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

« Y a plein de gens, ils disent, dans cinq ans, je vais écrire un livre. Le temps passe, et ils ne le font pas …

… Tu sais pourquoi ???

Parce qu’ils font autre chose … »

 

Putain, sacré Jacques !

Dans les dolos, tu prends l’eau !

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Publié le 8 Juillet 2014

Quatre jours avec le suisse et un cahier des charges plutôt pas facile à gérer : une cheville en carton du côté de Chambé, un bras en mousse vers Annemasse et des ambitions alpestres malmenées par une météo à la con. Qu’est-ce qu’on fout alors, une belote ?? Nan, les deux chefs de projets en ont vu d’autres ! Réunion de crise : réactivité, synergie, bière et hop, en route vers le diois !

La matinale de France Inter est chargée de me tenir éveillé pendant que l’helvète roupille. Le flan médiatique autour de L’interview de Sarko m’horripile assez rapidement. Je constate alors qu’il me reste encore pas mal de chemin avant de devenir ceinture noir 4ème dan en mauvaise foi ...

Old school climbing !!
Old school climbing !!

Mais revenons à nos moutons : la paroi rouge d’Archiane, monument notoire de la grimpe old school. Tentée il y a déjà cinq ans, je restais sur un goût d’inachevé et même de pas commencé. En effet, suivant au pied de la lettre les indications du topo, je m’étais assez rapidement trouvé au pied de L0 par gravité, ratant le premier spit censé être invisible. L’occasion de signaler que le Duhaut est tout juste bon à démarrer un feu de cheminée … Et encore, il est tellement peu précis qu’il risquerait de foutre le feu à votre baraque ! Bref, le pierrier avalé, nous attaquons la vire où je passe un sale quart d’heure. Enfin la fissouille, j’attaque, petite fessée : le diesel met toujours un peu de temps à chauffer. La suite est démente et on se régale. Quel gaz, quel cadre, archiane est un must absolu. Summit, X-trem check, sieste …

Old school climbing !!
Old school climbing !!Old school climbing !!

Une petite douche sur le parking et nous voilà bientôt confortablement attablés à un restaurant. Un contraste qui aurait surement plu au garde-barrière d’Argonay. Mais le lendemain, impossible de grimper pour ma pomme, trop mal au pied. J’assure donc le Suisse à Orpierre, terre de villégiature du Rolex climbing group. Bon, comme il fait moche celui-ci ne m’en tient pas trop rigueur. L’occasion aussi de flâner sur les départementales drômoises. Toujours Inter en fond sonore. Cohen se fait malmener par un gars. Un tueur, le genre de mec qui de décoche une première balle à 240 à l’heure, morceaux choisis :

 

« Soit je ne pas été clair soit vous ne m’avez pas écouté »

« Vous n’avez rien compris »

« J’aurais volontiers donné une réponse s’il y avait eu une question ! »

 

Jeu set et match. Cohen est complètement à la ramasse, on l’a connu plus affuté ! Mais qu’est ce t’as fait hier soir Patrick ? T’avais bu ??

On débarque à Sainte Baume (où ça ?!) à 17h58 dans le bar PMU du coin, un sérieux de 16 à la main, on est fin prêt pour le match. Début besogneux de l’équipe de France et rapidement un but allemand. Un but à la Dugarry. Le mec, on lui tire dessus, il regarde pas les cages mais te mets quand même une transversale rentrante : un vrai scandale ! Malgré de belles occases, l’équipe de France termine son mondial ce soir et ça, ça nous met le Greg de mauvaise humeur !!

Old school climbing !!

Sainte Baume donc. Et oui, le pic Bertagne justifie à lui seul ce petit crochet de 300 km, un truc qui sort complètement de nulle part, un peu comme si tu te disais, tiens j’irais bien chercher les croissants à Grenoble ce matin. Enfin, c’était sur la to-do list et j’avoue aimer découvrir de nouvelles parois. L1 met dans le bain, les pitonnages et dépitonnages ont un peu transformé le caillou comme dans serenity crack: un 6b qui masse à froid et qui demande un peu d’énervement car malcommode au possible. Le reste de la voie est austère mais classe avec de beaux passages à protéger. Chapeau aux ouvreurs pour un truc qui doit dater des années 40 !

Old school climbing !!
Old school climbing !!

Après cette parenthèse sudiste, retour dans le 38 et calage sous le Gerbier pour varapper Coran Alternatif. On croyait à une voie un peu plus reposante, ben c’est raté ! Tiens ça paye pas de mine sur le papier, mais une voie rugueuse qui envoie bien et sur des spits de 8 plus tous jeunes. Au retour, nous échangons avec un ancien :

 

"ça doit avancer tout seul des jambes comme ça ? qu'il me dit.
- non pas vraiment ...
- on échange ??
- pas sûr que vous y gagniez !"

Old school climbing !!

La grimpe à l’ancienne, c’est les avantages de l’alpi sans se lever à point d’heure. Cogiter dans les longueurs, gérer la sécurité … ou son absence. Bref, arriver au relai et se dire qu’il est des quarts d’heure plus intenses que d’autres !

Old school climbing !!Old school climbing !!Old school climbing !!

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Publié le 24 Juin 2014

L’écume des jours et la voie de la rampe ; deux voies de 400 mètres qui sur le papier semblent de difficulté similaire. TD+ et ED-, c’est blanc bonnet et bonnet blanc ! Quid de la plus technique alors ?? Une ED- spittée ou une TD+ sur pitons ?? Et oui, le débat sur les cot’ ne cesse de faire couler de l'encre … Mais il faut le reconnaître, c’est un débat aussi useless qu’un frisbee convertible en gamelle pour chien car celui-çi ne fait pas vraiment avancer le schmilblick !

Grand écart

L’écume des jours. Une première visite à l’époque sur le spigolo des tenailles avec « l’infini péril de la volupté » avait défrayé la chronique chambérienne au rayon éthique du tracé. Effectivement, ça paraissait un peu bizarre de proposer une telle combinaison suite à un fourvoyage. Mais ne jetons pas la pierre au maître (surtout que la team Chambéry comporte quelques belles boussoles ;) Celui-ci concédait bien volontiers s’être planté et être allé simplement au plus beau, pour se faire zizir. Alors pourquoi pas au final ??? Dans le Verdon, ceci est chose commune et certaines combinaisons deviennent même des classiques. Pour revenir sur cette voie un peu batarde, avec un cadre idyllique, un rocher de fou et une ambiance de malade, on était sur un solide diamant.

Grand écartGrand écart
Grand écart

Deux ans plus tard, Gaspard n’est toujours pas dans le 6c. Lucie et moi retournons donc seuls un chouïa à droite vers le grand doigt. Les fleurs tapissent encore la petite clairière au pied des tenailles, le pierrier est toujours aussi pénible mais a-t-on déjà vu un pierrier agréable ? Et Même si l’ambiance est moins prenante et les cotations un peu plus modestes, l’ensemble est presque aussi classieux et grimpant, à faire donc ! En plus avec le 4*4 de beau papa sur les chemins, c'est un vrai boulevard. Les gens y croient que t’es pompier ou sauveteur et s’excusent en te laissant passer. Il est vrai que tu n’es pas là pour y passer la nuit, tu dois sauver le monde bordel !

Grand écart

Ouais, poussez-vous de la piste, je suis le boss !! Encore un putain de chat coincé sur un toit à sauver !!

La voie de la rampe. Un vieux projet, sans cesse retardé car on a toujours un peu la flemme de se lancer dans des voies comme ça. Yannick Seigneur y signa là un itinéraire à la logique implacable, comme souvent dans ce genre de voies. Avec une douzaine de clous au baudard, il fallait une belle dose d’audace pour forcer un passage dans ces murs délités bardés de surplombs. Assurément une superbe ouverture pour l’époque et qui reste aujourd’hui un joli morceau de varappe non aseptisée. Brevet Chartreuse fortement recommandé pour évoluer dans cet univers sans risquer la crise cardiaque !!

Grand écart

Une météo injustement alarmiste ordonne un réveil douloureux. Dans le vague, je laisse la boussole suisse armée de son non-smartphone ignorer les indications on ne peut plus limpides du topo. Au bout 1h30, on finit quand même par buter au pied du chantier. Hum, un bon passage dans des couloirs à 45 en défend l’accès : quel plaisir de sentir l’adhérence de la speed cross en fin de vie ! Enfin, Nous voilà au pied de cette fameuse rampe. Monsieur Lestienne attaque. Anesthésié par le cagnard, je me laisse guider avec nonchalance. Pourtant, les nombreuses traversées et le rocher délicat devraient inviter à plus de concentration. A quelque chose comme R7 ou R8, je reprends les rennes de l’ascension. Hum, des pieds cartonesques, des pitons qui bougent, un 6c grimpant : me voilà réveillé … Le 7b suivant restera non libéré : petite tension avant d’artifer le toit, pendu à un piton la tête en bas. Pas vraiment envie de faire de l’agressive testing là !

Grand écart
Grand écart

Hum après, y a la longueur qui fait un peu peur. Ça commence par un superbe éperon … herbeux à 60°. Ensuite, une dalle en 5 surexposée sur 15 mètres. Puis comme t’es malin, à l’attaque de la fissure, tu coinces ton 3 pour te protéger … Plus haut tu le regrettes, car tu l’aurais bien remis ce putain de 3 à la place de ces coins de bois que tu retires à la main ! Il commence à être loin ce dernier piton, non ??

Grand écart

Pas de panique ! Au lieu de regarder bêtement ce point qui s’éloigne, il suffit simplement de grimper et un nouveau piton se rapproche ! CQFD ! (Ndlr : l’auteur décline toutes responsabilités quant à l’application systématique de la démarche.) R15, relai sur le pain sommital idéalement placé, il a dû en voir passer le bougre des cordées heureuses de retrouver la douceur de ce plateau.

Grand écart

Blanc bonnet et bonnet blanc ! Non pas du tout, on m’aurait manti ?? (Désolé, je devais la placer celle-là.)

Grand écart

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Publié le 13 Juin 2014

Et voilà, encore un pont qui vient clôturer ce mois de mai quasi off et pour le moins éclectique. Ce viaduc, nous le passerons à bicyclettes sur les routes du Ventoux avec Anne & Benjamin. Et oui, le géant de Provence occupe une place toute particulière dans le cœur des cyclistes. C’est une montagne mythique et les derniers kilomètres lunaires y sont pour beaucoup. C’est aussi et surtout le tour qui a forgé ce mythe … Les meilleurs coureurs s’y sont distingués comme récemment Froome en 2013. Mais ses pentes surchauffées, où comme le veut la légende l’oxygène est rare, ont aussi fait des ravages dans le peloton (ndlr : je veux bien croire qu’on manque d’air quand on tombe l’affaire en moins d’une heure). En 67, la disparition du malheureux Tom Simpson dont le cœur n’a pas supporté le surdosage en nitroglycérine a définitivement installé cette montagne au Panthéon du cyclisme. Bref, on est sur de l’incontournable, de l’esthétique, du dantesque !

Nous rejoignons donc jeudi vers midi, les très en forme tenanciers de passelegrandplateau ; plaque tournante grenobloise du matériel cycliste porn-vintage. Le trader David annonce un rapide 30 km pour cet après-midi, plus occupé à suivre le cours de l’action du frein à tambour de 175 sur eBay. Rapide casse-croute et on pose enfin les fesses sur les brooks. De chouettes paysages défilent puis les gorges de la Nesque nous amènent tranquillement à Sault mais au bout de tout de même 50 km et 900 m de D+.

Passe le Ventoux !

Putain, je viens de mettre la main sur le KG 381 Team de JaJa !

Passe le Ventoux !

De suite on tombe une petite bière. A la table d’à côté, contraste saisissant avec deux cyclistes sur-affutés ayant un taux de graisse inférieur à celui d’un poulet malgache. Café Badoit pour les uns, alors qu’on reprendrait bien un autre sérieux. Le leur, nous rappellent qu’on est pas venu ici pour jouer au ping-pong. On reste donc raisonnable mais on prend quand même notre bouteille de rouge pour le repas, faut pas pousser mémère dans les orties non plus.

Nous passons à l’installation du campement pour la soirée : Gaspard est aux anges (malgré une vulgaire T3 ultralight), les parents appréhendaient un peu, les voilà rassurés ! Benjamin, quant à lui, mont(r)e ostensiblement sa nouvelle tente : un bijou de haute couture homologué pour dormir sur la lune et signé Paco Rabanne. Ou pas. Il constate avec amertume qu’une couture de la belle MSR ne tombe pas comme il faudrait. Moche, dramatique même, il en fera des cauchemars toute la nuit. 

Passe le Ventoux !

D-day : petit-déj, démontage de la tente sous le regard dépité du fiston et nous voilà à pied d’œuvre. Les pourcentages modérés alliés à la fraicheur matinale font de ce début d’ascension une véritable promenade de santé. La cyclo en parallèle et des supporters survoltés rajoutent à la ferveur ambiante une atmosphère de fête. Dans ce chantier, avec une carriole, faut garder un peu de souffle pour répondre aux questions. Alors voici le top 3 des questions / remarques :

  1. Pouah, c’est bien lui (Gaspard) le plus heureux
  2. Ça doit être dur, non ?
  3. Beau gosse PouPou !
Passe le Ventoux !

Nous stoppons peu avant le chalet Reynard afin de recharger les batteries et prendre un petit café. Ça y est, il va y avoir du sport ! La forêt s’éclaircit, et le relai apparait … Cette perspective imprimée dans le subconscient de tout pédaleux qui se respecte me donne des frissons : ces 6 derniers km seront donc réalisés à bloc parce qu’à la pédale, on ne roule pas à l’économie. Le visage se ferme et le regard lui est braqué sur l’objectif final. Bizarrement, ça rigole un peu moins dans les pelotons, certains commencent à marcher à coté de leur monture : scénario absolument inenvisageable de mon côté. Tout le monde est dans le dur.

Passe le Ventoux !Passe le Ventoux !Passe le Ventoux !
Passe le Ventoux !

Pan ! Un dernier virage sur la droite à 27% avec une roue avant maîtrisée de justesse et nous voilà au sommet. Je rejoins Benji le paparazzi (les plus affutés auront reconnu la patte de l’artiste : -15 en désat et + 37 en clarté). Anne fait trois, Lucie quatre. S’en suit une descente vers le Chamonix du vélo : Malaucène ! 2683 âmes au compteur et quasiment autant de boutiques vélo.

Passe le Ventoux !
Passe le Ventoux !Passe le Ventoux !

Pour la suite, le profil se calme et la promenade se fait plus contemplative : Vaison-la-Romaine, ses galeries d’art, son centre haut-perché puis Séguret … Nous abordons alors des vignobles célèbres à l’origine de nombreux mal de crânes : Gigondas, puis par un chemin à travers les dentelles de Montmirail, Baumes de Venise : Magnifique journée. Le lendemain, retour rapide à Venasque pour clôturer ce we de très haute qualité. Shahshahani décrétait que le ski de rando était le meilleur moyen pour arpenter la montagne l’hiver, c’est pas faux. Ben pour se balader, visiter une région, le vélo c’est pas mal du tout !  

Passe le Ventoux !
Passe le Ventoux !

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Rédigé par Fabrice

Publié le 5 Juin 2014

Couenne & moulinette … Un cocktail qui distille autant de saveurs qu’un steak de tofu aux brocolis … Pas très sexy, mais rien de mieux à se mettre sous la dent ce printemps, la faute à cette saloperie d’algodystrophie ... Le temps est pourtant venu de prendre de la hauteur, de ressortir la quincaillerie alors direction l’Espagne et en avant Guingamp ! D’emblée, nous prenons un but dans Carmina burana. Un beau but parking car Saint Guilhem le désert un jour férié, ça porte fichtrement mal son nom. Saperlipopette, nous nous enfilons donc les 500 derniers kilomètres pour rallier la majeurissime falaise de Montrebei, livre ouvert de 400 m sur les vastes prairies catalanes. Demain, Laure, Lucie, Sylvain et l’éclopé de service partirons pour une belle TD, le dièdre gris. Un bon gros Levy ou consorts en quelques sortes, rien de très compliqué sur le papier mais faut néanmoins tenir le rythme pour en voir le bout.

A peine la tente montée, Sylvain, aussi à l’aise avec une bière vide qu’avec une carte routière décrète le début de l’apéro qui coïncide également avec celui des moustiques … Plat de pasta et au dodo : overdose d’asphalte.

Reanudación

Requinqués par une bonne nuit, le sentier des gorges nous pose au pied de la paroi : bigrement raide et impressionnante. Par contre, une cordée d’Espagnols semble faire du sur place à R2 … ça m’hérisse le poil d’entrée de jeu. A mon approche, une fois n’est pas coutume, le leader, facile, passe le turbo et s’envole littéralement: un truc de fou. Sa seconde, dont c’est la première grande voie (sic!) douille un peu plus mais garde le moral. Elle me dit qu’elle fait plutôt du bloc. Moi, je lui réponds que Montrebei, c’est un peu plus haut que du bloc ! Francesca (nom d’emprunt) rie aux éclats avant de lâcher à son premier de cordée:

« Tira à muerta sur cette puta de corda !! »

ReanudaciónReanudación

Esthétiquement parlant, le tracé de cette ligne frôle la perfection. Seule la traversée initiale au demeurant fort astucieuse vient briser l’élan de ce dièdre, qui sur 400 mètres et des brouettes permet de revisiter toutes les techniques et variations autour de la fissure dans du gros gros gaz. Chose rare mais pas vraiment un Levy pour le coup, quelque chose de plus rugueux : un bon pavé de Bergson sur la métaphysique tient. Nous sortons donc heureux, tout le monde a l’air en forme, j’avoue être rétamé. Une petite trempette dans la rivière vient chasser la fatigue et le sel sur la peau. Apéro !

Reanudación

Pour le dernier jour dans le coin, voie courte de repos pour les uns et repos tout court pour bibi: bouquinage et siestage au pied de la falaise avant de partir pour les Terradets. Pan, encore une grosse face de 500 m. Vendu pour du ED, c’est une blague, un scandale, une arnaque, une … péninsule ! Non, juste une très belle TD+. Rien à signaler jusqu’à arriver au niveau d’un tas de plume défendu par un B52 somme toute impressionnant. Même si nous arrivons à contourner l’oisillon qui fait déjà sa taille, la longueur est réalisée en serrant les fesses mais en beau style. La suite de la journée n’est pas de tout repos, difficile de suivre le rythme imposé à savoir une longueur = une bière.

Reanudación

Ouais ben viens aux Terradets, pis t'auras plus trop peur des canaris !!!

Reanudación
Reanudación

Encore un lever aux aurores, encore un beau voyage assez sérieux dans cette Roca Regina et une ambiance géniale dans le haut ! Direction à présent Vilanova pour une face qui fait vraiment envie mais but weather conditions. Retour en France via Saint Guilhem et retentage de cette carmina plutôt sévèrement burnée. Ce pilier est esthétique, c’est indéniable. La grimpe est atypique c’est indéniable mais quel putain de vent ! Content d’en finir. Le lendemain un sombre complot transforme une séance de couenne en visite de cave vers le pic Saint-Loup. Retour en douceur et découverte des tannins locaux. Hasta luego !

Reanudación

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Publié le 16 Avril 2014

Cham, c’est la possibilité de faire de la haute montagne à la journée en squeezant la sempiternelle mais souvent bucolique montée en refuge.

 

Cham, it’s the possibility to walk up high mountain routes in one day by squeezing the sempiternellous but however bucolic refuge climb.

 

Revers de la médaille de ce shoot d’altitude accessible aux plus grosses feignasses (on va arrêter ici le touchage … ), il n’est pas rare de rencontrer dans les classiques, moult chacals prets à tout pour éviter le but … même en semaine. Sur les voies de difficulté modérée comme petit viking, le phénomène est encore plus vrai.  Autant dire que je me permets largement de douter des propos du confiant golden-boy suisse :

 

« Demain, jeudi ?? On devrait être tout seul ! »

Traffic jam !!

Top départ ! Observage en règle des potentiels « concurrents » dans les coursives des Grands Montets. Ensuite, le loonnnnng plat permet de confirmer les candidats à cette archi-classique du bassin d’argentière. A la rimaye de droite, ça ne sera pas le petit viking pour tous. Ambiance ouverture de la Poste : plein de monde ; des chômeurs, des étudiants, des vieux avec des caniches. Il ne se passe rien et ça fume des clopes à tout va : inertie totale ... Putain, mais c’est quoi ce bordel ! On part de suite tester le côté gauche même si une cordée sortie de nulle part tente de nous griller la prio genre « moi j’avance », ceci avec un manque d’élégance tout à fait insupportable.

Traffic jam !!

- Ouais, je vais passer, je suis plus rapide (et pas très sympa)
- Pas moyen, t'as vu la casquette !!!

Greg sera à ce moment décisif en embrayant de suite le mixte. A leur décharge, il faut dire que mon air carbonisé leur a peut-être fait craindre le pire. Nomics en mains, ils ont constaté que tout fonctionnait encore plutôt pas mal (ndlr, ils se prendront 1h dans les dents : pan, bim et re-pan !)

Traffic jam !!Traffic jam !!

Bref, on bourrine comme des ânes pour s’extraire des embouteillages. La rimaye et le cône franchi, je repars dans une belle longueur de glace XXL d’environ 150 m. Nous sommes à présent aux coudes à coudes avec une cordée de ricains au demeurant bien sympathiques. Tranquillement, on finit par doubler, mais poliment. Maintenant devant avec une avance confortable, nous nous autorisons enfin une petite pause pour recharger les batteries. Le Cardio revient dans le vert …

Traffic jam !!Traffic jam !!

… Pas pour bien longtemps, car la barre des 3500 m’assène un nouveau coup de latte. Se présente alors le mixte final assez sec et plutôt délicat. Il impose de tomber les gants mais comme la nature est somme toute bien faite, le soleil est là pour chauffer le granit. Il faut alors être précautionneux pour ne pas précipiter vers le bas ce tas de pus qui tient en équilibre par l’opération du Saint Esprit. 3h30 plus tard, quelques selfis plus ou moins réussis sanctionnent l’arrivée à la brèche : de belles fuyantes, des arêtes puissantes, cet air vivifiant … Ces perspectives lumineuses me manquaient terriblement …

Traffic jam !!Traffic jam !!

Abseil down et retour à Cham, les cuisses complètement atomisées par la descente à ski. Le sérieux d’edelweiss nous catapulte sur Mars direct. Le partner lui, ne catapulte personne nulle part mais me ramène à Chambéry, ce qui est déjà bien.

Traffic jam !!

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Rédigé par Fabrice

Publié le 13 Mars 2014

Greg et la cascade de glace, c’est un peu comme Copé et Le Point ou encore Sarkozy et Buisson, y a un truc qui va pas, un truc qui manifestement coince. Quand j’apprends qu’il sera sur la corde pour parcourir cette nuit blanche. Je me dis :

 

1. C’est chouette, on va dire des conneries.

2. Et merde, y a 97% de chances de buter.

 

L’approche discount de la belle convient tout à fait à ma patte folle et peinards, nous nous équipons au soleil après pas loin de 25 minutes de ski sur le plat : Pfiou, X-trem ! Un grand rappel verdonesque se charge de nous remettre les idées en place avec la petite boule au ventre de circonstance. En descendant, Fix inspecte méticuleusement la structure. Nous sommes en fin de saison si tant est qu’il y ait eu un début, mais l’affaire semble prenable. L’animal attaque donc sans attendre puis relaye. Soudain l’effet « Greg » ou le deus ex machina du but entre en scène sans crier gare : ça commence par une violente odeur d’outre-tombe qui ne laisse rien présager de bon ... Greg me demande alors si j’en suis l’auteur mais non, je lui réponds que je suis quelqu’un de bien élevé. Comme l’éclair avant l’orage nous n’allons pas tarder à savoir ce qui se trame ... Bientôt, un improbable rideau d’eau vomi de nulle part s’abat sur nos têtes dépitées. La cascade est rapidement déclarée ingrimpable malgré quelques timides essais. Réunion de crise, l’helvète fait jouer le réseau chez l’EDF pour démasquer le coupable de cet attentat à la RTT. Il faut dire qu’ayant croisé auparavant trois bobys projetant d’ouvrir une vanne, nous avons quand même notre petite idée …

T'es pas bien là ??!

… Au bout de trente minutes, le robinet se ferme un peu et nous nous résignons à passer à l’action. Car vu ce qu’on s’était pris avec le fiston malgré un secours titanesque quasi héroïque, là c’est minimum vidéo gag’ si le pg vient à ramasser trois couillons pendus à 60 mètres de leurs skis ! Donc on y va, il faut sortir. Haut le(s) cœur(s) !!! Dans cet univers aquatique, mes gants casto dits de « performance » en toile légère donnent leur pleine mesure. Au bout d’environ 2,5 s, c’est la cata et je me prends des onglées de malade, la bonne vieille onglée qui te rappelle que malgré ton âge, tu es encore tout à fait capable de chialer. Pour ceux qui se demandent ce qu’on fout dans ce bousin, je tient a signalé que c’est quand même bien dément, limite l’orgie ;)

T'es pas bien là ??!
T'es pas bien là ??!

Autant dire que la sortie au soleil et les boum boum du weekend Black Crows font plus que zizir. Par gravité (d’ailleurs ça fait un putain de mal aux cuisses la gravité), nous gagnons Cham et ses touristes tous plus fashions les uns que les autres. Nous tombons le sérieux mais rapidement, Fix fait valoir ses obligations conjugales et ordonne le départ. Parti sur de bonnes bases pour être à l’heure à Gre et ayant perdu son petit look taliban, il rate néanmoins le trophée du gentleman d’or sur une bête histoire d’eau de toilette avariée. La saison est terminée je crois, on va sortir la vizirette aussi ...

T'es pas bien là ??!

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Publié le 26 Février 2014

C’était annoncé : l’hiver 2013/2014 sera le plus froid depuis cent ans. Les anciens sont formels car l’épaisseur de la peau des oignons est un signe qui ne trompe pas ! C’est vrai ça, pourquoi s’emmerder avec des modèles numériques ultra compliqués quand y a qu’à regarder ce qui se passe dans le jardin ?? Donc cet hiver, vous allez bouffer de la coquillette Lustucru tous les jours pour payer le chauffage, vous mettrez les chaines pour aller au taf, y aura des tranchées de deux mètres de neige dans les rues … et pire que ça : vous allez ressortir vos vieux pulls moches à col roulés … La tuile !!

Chaud’time !!Chaud’time !!

… Pourtant cette mi-février, le thermomètre affiche un scandaleux 20°C … Dans le mille Émile ! Putain mais à force de passer leur temps devant Drucker, Derrick et autres conneries, les vieux, y disent vraiment nimportnawaq !

 

Corolaire de ces chaleurs implacables : une saison déplorable pour les glaciéristes. Avec seulement dix cascades au compteur, FIX confirme. Pour ces trois jours de glace (deux en fait, on m’annonce à l’oreillette un premier but « Que Calor »), la première étape, c’est déjà de trouver de la glace. Cogne semble être une valeur sûre. Après avoir reconnu l’approche de Lau Bij (absolutely useless, seule une boussole hors catégories pourrait se prendre ici-bas), nous errons dans la superbe bourgade à la recherche du gîte. Pas trop longtemps d’ailleurs car les épais et classieux paillassons La Sportiva ne laissent planer aucun doute. Nous prenons place dans nos luxueux appartements: lave-vaisselle, balcon, serviettes douillettes … : les nigritelles rentrent dans les critères montagne plaisir et décrochent la superbe note de trois couettes sur quatre possibles (petite fausse note sur la douche, un poil petite pour l’albatros). On sort de suite cocher la bière histoire de pas perdre la journée.

 

Rab’hillé de la tête au pied pour que dalle, JB me fait l’article de la gamme Rab tout en répondant aux 180 textos/minute d’une certaine Natacha. Superbe et ostentatoire, mais bien compliqué pour se préparer : que mettre ?? La soft Shell gtx 4000 ou la proshell 2.3 ?? Pour l’approche okay et pour la grimpe ?? Le marketing montagne semble tendre vers ce qui se fait de mieux en matière d’hyper-segmentation, j’ai nommé l’automobile : ou comment vendre 25 types de bagnoles quand 4 ou 5 devraient normalement suffire.

Chaud’time !!

- Chérie, je prends le crossover ou le monospace ??
- On s'en fout un peu pour aller acheter le pain non ??
- C'est pas faux. Putain, il me gratte le cou ce col roulé !

JB a même amené de la lecture avec notamment un montagne magazine « spécial mal des rimayes » sur les grandes tragédies des Alpes. Yes, je m’endors en lisant des histoires de chutes affreuses, de cordes coupées et d’avalanches géantes, de quoi pas trop bien dormir en fait ... Mais demain, c’est stella artice (Artiché avé l’accent). Monstre tôt sur le pont afin d’éviter les bouchons, je constate que personne ne me disputera la légitimité de prem’ser L1. Le cigare qui s’en suit, très travaillé, offre une varappe verticale grisante mais agréable. Le reste cruise. Abseil down, il est midi, on aurait bien le temps d’en refaire une voire deux mais j’ai encore besoin de mon pied bot pour la suite des évènements.

Chaud’time !!
Chaud’time !!

Le lendemain, nous remettons le couvert dans Lau bij, courte mais tonique. Définitivement, cette ligne est à l’escalade glaciaire ce que la fiesta de los biceps est à la grande voie : mouvements de dingue pour un «seulement » grade 5. Après ça, limite on se sentirait fort. Heureusement, un rappel en fil d’araignée sur mono-spit remet rapidement les pendules à l’heure. Nous laissons la place aux suivants et par n’importe qui : Monsieur Marsigny himself. Direction à présent les écrins en mode « all inclusive » pour luger et skier. Dieu que c’était bon !

Chaud’time !!
Chaud’time !!
Chaud’time !!

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Rédigé par Fabrice