Publié le 18 Juillet 2017

Plutôt vtt ?... Lundi 16h ; après avoir passé trois barrières et cherché pendant un quart d’heure ce maigre single de cinquante mètres pour retomber sur une énième putain de route, l’agacement nous gagne. Cette trace vendue par VTOPO serait-elle une vaste blague ? Avons-nous confondu VTC et enduro ? Rémaye va-t-il survivre à ces deux piqures d’abeilles ?... Vous le saurez en lisant la prochaine màj …

… En gros maintenant ;) Enfin, nous voilà sur le départ de cette fameuse traversée de l’Ardèche ; destination du sacro-saint rassemblement « (off) road » annuel. Ça bouge un peu au mercato cette année : Yann & Pierre Lecardo sur le banc de touche et puis Landry qui a officiellement annoncé sa retraite ! Mais du sang neuf aussi : première sélection pour Rémi et Patrice devenu titulaire. Et puis les tauliers qu’on ne présente plus : Olivier, Basto, Yannick, Piero et votre serviteur. La première journée est dédiée à la logistique pour transférer cette fine équipe de Valence jusqu’au Puy-en-Velay et même si on s’est pas trop tapé dedans, nous revendiquons notre droit à l’apéro, faut pas non plus pousser mémé dans les orties ! Nous remarquons que notre ami suisse semble bien occupé sur son smartphone … Il nous explique alors ce qu’est un opener sur tinder :

Plutôt vacances à la mer ou la montagne ? Plutôt van aménagé ou hôtel de luxe ?...

Plutôt route ou vtt ??

Apparemment c’est ce qui marche le mieux en ce moment. Bon, on prend tous un coup de vieux mais on est pas là pour disserter sur l’évolution des techniques de drague via la 4G. Une dernière séance de duolingo pour Patrice et au lit, demain on roule ! Dimanche et malgré un lever plus que matinal le soleil tape déjà passablement, pas de temps à perdre, en selle. C’est champêtre le truc et le parcours démarre vraiment pépère, ce qui n’augure pas de la monotrace de ouf descendant des montagnes de 1000 mètres. Donc pépère, on enquille de la départementale quand soudain, pan, le single ultra technique sorti de nul part, ou comment passer du T0 au T4 en deux coups de pédale, si je m’empale dans un barbelé, Pierre se paye un bel OTB dans un champ de pavasses … Parfait pour la pas confiance !

Plutôt route ou vtt ??
Plutôt route ou vtt ??

Une première journée bien usante sous ce cagnard, en conséquence, nous sommes heureux de stopper au gîte, complètement tartés. Autour d’un bon gueuleton, nous écoutons les patrons parler de leur vie ici, Patrice assurant l’essentiel des relances. Après avoir gouté la poire, il écoute toujours médusé les anecdotes plus ou moins racontables de nos hôtes d’un soir. C’est un fait, si on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui, on peut parler de tout avec Patrice Schneuwly ! Soirée à classer incontestablement au rang de mémorable.

Bon, ben le lendemain, la journée à oublier : 35 bornes de bitume et 10 de chemins pas bien folichons. Bref une journée où on n’aura pas trop chatouillé les butées de nos amortos … Heureusement, cet excès de bitume ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir.

Plutôt route ou vtt ??
Plutôt route ou vtt ??

Car la troisième étape sauvera largement les meubles et que dire de ce petit single sur Privas ? Voilà un petit bijou ludique conclu par une descente d’escalier digne de la DH de Valparaiso. Dernière friandise de la journée, un petit 400 de D+ sur une route en cours de liquéfaction : petite punition qui en valait largement la peine : le gîte, c’est la grande grande classe … D’ailleurs, c’est franchement plus un château qu’un gîte !

Plutôt route ou vtt ??
Plutôt route ou vtt ??
Plutôt route ou vtt ??

Viennent encore deux belles journées avec du très bon et du moins bien. Vous l’aurez compris, le terrain n’est pas très homogène. C’est sûr, on aura pas pris la même claque dans les yeux que lors du tour du Mont-Blanc, mais on aura quand même moins porté que dans les Cerces. Et puis il est une chose qui ne varie pas, c’est l’ambiance de ce petit groupe : toujours idéale ! Clap de fin sur cette semaine VTT.

Plutôt route ou vtt ??

… Plutôt route alors ?... Initialement, ça devait se passer dans les Pyrénées mais étant donné les plannings ultra tendus des protagonistes, un tour de Savoie fera ma foi parfaitement l’affaire ! Pas une semaine au rabais non plus car avec 13500 mètres de D+ et 615 bornes en 5 jours, on aura bien de quoi suer !

Cette année, j’ai fait le job ; que du pourcentage dur en plus ! Du Granier par Chapa’ en passant par le Marocaz Sud et puis quatre fois le relais entre autres : une préparation que je qualifierais somme toute d’honnête, mais merde, rien à faire, la vitesse ne revient pas et les chronos restent médiocres. Je n’ai même pas pris le soin de changer la pile de mon compteur tombé en rade, pas franchement impatient de voir s’afficher en live ces vitesses d’escargots. Pourtant cette année, une certaine effervescence cyclopédique règne sur le bassin chambérien, emmenée par un Gégène de plus en plus rapide (et de plus en plus insuivable) sur son Time. Benjamin, quant à lui reste invariablement affuté, il faut dire qu’on ne prépare pas l’UTMB en allant ramasser les pissenlits. Une seule chose m’intrigue : son nouveau régime alimentaire …

Plutôt route ou vtt ??

Allez en route, il est 7h30, un semblant de fraiche nous pousse vers le grand départ. Rien de très sexy pour chauffer les cannes : Pontcharra, Détrier et enfin le grand Cucheron. Puis vient la remontée de la Maurienne, qui ne sera sans doute jamais classée au patrimoine mondiale de l’Unesco. On respire un grand coup, on ferme les yeux et c’est parti pour 40 bornes de nat’. Midi et déjà 100 km dans les pattes, c’est la pause casse-croute avant de rentrer indéniablement dans le dur ! Putain, à la reprise si le Télégraphe pique déjà pas mal, le Galibier sera titanesque. Un col enlevé au mental, à la tchétchène : jamais autant pris le tarif sur le vélo … Mention spéciale quand tu vois le mec devant toi qui pioche à mort, complètement à l’arrêt, quand tu te dis qu’il avance vraiment pas mais que ça fait quand même une heure que t’essayes de le doubler. J’avoue dans un moment d’extrême égarement avoir pensé à lever le pouce pour abréger mes souffrances … Non, je déconne ;) La bascule dans le 05 est toujours aussi belle, un an après, la Meije est toujours là, le soleil des Hautes Alpes aussi !

Le lendemain, bis repetita dans le Mont-Cenis, un col interminable de 25 bornes. Encore une montée où j’ai pas trop senti l’effet gyroscopique des roues … Le soir, nous atterrissons à Bonneval-sur-Arc au pied des rampes de l’Iseran. Bonneval, c’est beau et typique ! C’est la capitale de la lauze, ce genre de tuile d’environ 400 kg qui doit aisément résister à 10 mètres de neige.

Le lendemain au petit déj’, je regarde l’autre éminent membre de la pédale s’engloutir moult plaquettes de beurre, parts de fromages et autres grasseries hypra caloriques. Le tout sans pain, parce que le pain, c’est mal. L’estomac bien rempli nous attaquons l’Iseran, point culminant de ce périple avec ses 2764 mètres. Bonne surprise, l’ascension est presque facile ! Il faut dire qu’on le prend pas vraiment d’en bas ;) Cette grimpette matinale se fait donc au calme quand soudain, dans la dernière rampe, je vois débouler pleine balle en face de moi un mec qui se prend manifestement pour Valentino Rossi. Ce « connard de merde » comme on dit souvent à la pédale vient me frôler à plus de 100 km/h parce qu’un pilote, ça prend son virage à l’intérieur. Petit coup de gueule contre ces espèces de débiles qui prennent la route pour un circuit !! Et j’invite d’ailleurs nos amis des forces de l’ordre à venir patrouiller sur ces zones de non-droit des fois qu’ils aient du mal à faire leur chiffre.

Plutôt route ou vtt ??

Soit, revenons au vélo avec le Cormet de Roselend au programme de l’aprèm. Toujours aussi beau, un peu dans les nuages certes mais on évite les gouttes de justesse. Nous stoppons à Faverges et signons la fin de la « haute montagne » ce qui ne veut pas dire la fin du dur ! Le Semnoz et surtout le mur du grand Colombier par Anglefort, sans oublier un dernier baroud d’honneur dans les rampes du relai côté Yenne. Voilà, nous terminons ainsi cette jolie boucle maison-maison …

Alors plutôt route ou vtt ? J’ai envie de dire les deux mon capitaine ;)

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 31 Janvier 2017

… l’été est feu, ici y a jamais de saison pour être mieux … J’ai pas choisi de vivre ici, entre la peur, la soumission ou l’abandon … Allez Jean-Jacques, envole-toi, tu nous saoules un peu là. On n'y comprend pas grand-chose à ta chanson et puis tu nous fais un peu mal aux oreilles aussi …

Putain, on capte pas grand-chose dans cette foutue vallée quand même … Et on se fait un peu chier JB, non ??
- Oui …
- Mets Inter, y a affaire sensible avec Fabrice Drouelle
- Super ! Mon émission préférée !
- !? …
- Non, je déconne
- On remettrait pas un coup le moteur ? ça caille
- Correct …

J’arrête; tu ne dois surement rien comprendre fidèle lecteur … Et c’est bien légitime …

Revenons donc quelques semaines plus tôt afin de planter le décor… Voilà, nous y sommes. Il fait un froid de canard et les balises nivôse font la gueule; des conditions idéales pour les glaciéristes ou encore les vendeurs de canons à neige. Et après une délicieuse remise en jambe au vallon du diable, il était ma foi grand temps d’aller taper un peu du raide …

L’hiver est glace …

La frête bis ! Histoire de terminer le job. Et surtout la flemme devant les quelques 600 mètres de Revernotte il faut l’avouer. Bref … Il y a déjà quatre ans, j’avais renoncé au pied du dernier cigare avec un vilain crochet à gauche. En effet, ce dernier m’avait semblé un peu trop aéré pour offrir une grimpe sûre, condition sine qua non pour ma pomme en glace. Cette fois-ci, le bougre est bien compact mais aussi bigrement raide voire légèrement déversant sur les premiers mètres. Qui plus est la glace est dure et le machin n’est pas tracé. Autant dire que le 4+ du topo passe aujourd’hui à un bon gros 5 des familles ! Au sommet, mes deux acolytes me rejoignent avec la banane: d’abord Marco qui signe son retour en terrain montagne après un exil belge et ensuite l’indéfectible JB toujours au taquet du glaçon. La suite ?

L’hiver est glace …

Au Fournel pardi ! Toujours de belles conditions dans cette vallée haut-alpine et surtout haut perchée. Direction le palais des glaces pour Delicados, un 5+ qui appartient à une liste que Fix m’avait griffonnée il y a quelques années. Liste qui recensait les 5/5+ pas trop vicieux pour réussir son entrée dans le monde de la glace raide sans forcément passer par la case hôpital.

L’hiver est glace …
L’hiver est glace …

Tiens, en chemin, nous constatons que le géant est connecté mais semble très raide vu d’ici. Peut-être pas forcément pour cette année, nous verrons bien. Concentrons-nous sur l’objectif du jour. Délicados donc : une toute belle ligne soutenue de 200 mètres conclue par un cigare fort joli. Avec ces bonnes conditions, je crois qu’on s’est vraiment tous régalé ! Le lendemain nous partons dans la Smorfia afin d’assurer un retour tôt à la maison. Bonne pioche; une cascade courte mais classe avec une glace finement sculptée, raide mais pas physique.

L’hiver est glace …
L’hiver est glace …
L’hiver est glace …
L’hiver est glace …

Quelques jours plus tard lors d’une veille conditions sur ice-fall, je constate que l’illustre Hugues Jaillet a trainé ses crabes au géant ! Et cerise sur le gâteau, un léger dièdre sur le flanc droit de la bête autoriserait même quelques écarts vandammesques de repos ! Une affaire ?!

Ni une ni deux, il n’en fallait pas plus pour nous motiver à retaper un Lautaret toujours en compagnie de GM et de Fix cette fois-ci. Ah ce géant des tempêtes … Vendu pour sa dernière longueur à «l’esthétisme exceptionnelle», cette King Line nous avait tapé dans l’œil depuis longtemps avec JB. Tôt sur le pont, nous voilà rapidement au pied de la bête avec une longueur d’approche qui grimpe un peu quand même.

L’hiver est glace …
L’hiver est glace …

Here we are ... Punaise, gorgeous ! La nature a fait les choses à merveille: ce colosse est idéalement assis au milieu d’une grande baume déversante. La glace a ceci de fabuleux qu’elle décuple formidablement les sensations, de telle sorte qu’une ligne de 30 mètres peut se suffire à elle-même et remplir le cœur d’un homme, bien plus qu’en rocher, je trouve. Le côté éphémère doit surement y être pour beaucoup …

Action ! Et première frappe dans le cône, un sombre craquement nous tire de cette torpeur contemplative ; ce colosse serait-il un colosse aux pieds d’argiles ? Soit, il chausse quand même du 54, donc ça devrait faire. Rapidement, le raide arrive … A gauche c’est légèrement cassant tandis qu’à droite, ça coule pas mal, (toute allusion politique serait totalement fortuite).

Etant un peu malade et un peu tout mou, ce long passage vertical me donne quand même du fil à retordre, surtout avec ce satané côté droit humide à souhait. Arrive enfin le petit bombé et ça va se coucher, la glace est excellente, une broche et pan ! Le réta. Me voilà sorti d’affaire. Superbe ! JB s’élance et plie à son tour la belle colonne: au top !

L’hiver est glace …

Tiens, niveaux perceptions, voici trois points de vue différents sur cette ascension :

1. La cascade vue par le lecteur: a) Cône qui ski b) Coup de cul de 5 m en 3+ c) Tous des mythos ces glaciéristes !                                                                                                          

2. La cascade vue par le mec lambda en tête: a) Cône qui bouge/craque b) Passage raide surlong de 40 m qui flingue les bras c) Relai - Putain, c’était extrême !!

3. La cascade vue par le fiston: a) Cf 1.a) – brochage inutile b) Cf 1.b) – brochage inutile c) Ok, next ?

Notre journée est donc finie … ou pas … Avec JB, nous constatons qu’il n’est pas forcément opportun de laisser GM s’encorder avec Fix tant leur programme pourrait coller à la perfection à un ancien slogan d’SFR :

On a fait Caligula ...
- Et c’est pas fini !
On a fait le monde des glaces
- Et c’est pas fini !
On a fait le géant des tempêtes …

Donc quelle agréable après-midi nous passerons dans l’octavia - se référer à l’introduction - Bref, on ne s'étendra pas plus sur la prestation boulimiquo-grimpante de nos camarades. Le running gag/fauchage étant clos jusqu’à la prochaine bière. Merde les gars, on s’est quand même fait du mouron ! Allez sans rancune, un petit Davidoff pour occuper le dernier jour et retour à la casa. Deux blitzkriegs et un dernier petit coup d’adrénaline avec Monsieur Pellissier du côté de Manigod …

 … L’hiver est glace ! Et y a aucune saison pour être mieux ;)

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 16 Décembre 2016

Montagne de couches, montagne de travaux, montagne de réunions de chantier. Il était ma foi grand temps de renouer avec une activité en perte de vitesse, revenir à l’essence même de ce blog ; dire des conneries : LA MONTAGNE !

On ne parlera donc pas géopolitique car si cet automne aura imposé pas mal d’heures sup aux chroniqueurs, il semble pourtant difficile de trouver un truc qui donne un peu le smile … Putain, j’aurais franchement pas aimé faire le taf de Bernard Guetta … Après nous avoir vendu la fin de la guerre en Syrie et une Europe en pleine forme pendant trois ans, le voilà qui coup sur coup, se prend en pleine tronche le Brexit et l’élection de l’autre buse outre-Atlantique. Maintenant à 8h18 sur Inter, c’est no futur et soupe à la grimace pour tout le monde ! Merde Bernard, prends donc un peu des vacances, refais-toi l’intégrale des bisounours et re-balance nous tes envolées lyrico-optimistes !

Bon, pour revenir à l’autre énergumène, on pourra dire ce qu’on voudra sur ce Trump, le mec est pas tant mauvais en marketing. Véridique, sur son site dans la rubrique «goodies» (bien bien dégueux), il est capable de vendre ça:

Montagne plaisir !!

et puis après ça ... No comment !

Montagne plaisir !!

Et j’allais presque oublier la Russie qui vient de nous sortir son tout nouveau joujou : le Satan 2, un gentil missile nucléaire capable de raser un pays grand comme la France instantanément. Tu nous en avais pas parlé Bernard de celui-là ! Bref, il semblait donc important d’aller se changer les idées …

Tiens tiens, un bel anticyclone de décembre a calé ses valises sur l’Alpe depuis deux semaines. De plus, le guyanais exerce une pression continue sur mon espace sigma il est vrai, grassement doté. Toutes les conditions sont alors réunies pour la coche. Toute sauf une, et pas des moindres : la caisse …

Mayday mayday, on est en plein décrochage de level sur ce site … Limite, j’ai failli revendre tout mon matériel ;) Qu’à cela ne tienne, l’appel de la montagne est plus fort que tout !

Nous commençons donc par une petite virée à Presles. Ce qui est toujours un peu compliqué, c’est de rependre avec un niveau de misère, et je cite de mémoire l’ami Coupé : "après avoir chassé le lion, le lapin c’est fade". Sans oser se comparer à cette fine gâchette de l’alpinisme, il est évidemment rude de reforcer dans du 6a mais, bon y a pire dans la vie ! Ché pas moi, trouver une voie au Destel avec le topo C2C ? Allez, ne boudons pas notre plaisir, un petit tour au jardin, c’est forcément bien …

… D’abord une atmosphère et un charme difficiles à coucher sur le papier. Ce calme lumineux, champêtre, troublé de temps à autres par quelques bruits de tronçonneuses. Et puis la qualité des voies. Qualité qui vaut souvent plus que les deux étoiles non ?! Qu’on se le dise, Presles est un site majeur et invariablement, on y revient tant les possibilités sont vastes. Seul un certain MickS ou encore un Fiston auraient frôlé l’indigestion avec cette impressionnante corne d’abondance. Néanmoins, petit bémol avec ce spot ; même si on peut généralement reprendre du rab de frites, c’est toujours un peu les mêmes frites … Mais des bonnes frites !

Aujourd’hui, nous jetons notre dévolu sur Satori ; une belle voie avec du gaz et de l’homogénéité dans un registre à la ricaine. Et puis ce lundi, il faut avouer qu’on est pas vraiment emmerdé par le monde ! Seules quelques ouvertures de parachutes troublent la quiétude de Presles beach … En bas, à cette saison, Choranche reste invariablement dans l’ombre. Par contre, sur le caillou tout va bien ; pas un pet de vent et un franc soleil : top journée quoi !

Montagne plaisir !!

… Et rebelote une semaine plus tard, contraste, nous voilà à chercher le froid, la glace et la neige pour faire prendre un peu d’altitude à nos vieilles carcasses. On part gentiment s’entasser dans le Taillefer en direction du rocher Culasson avec Guillaume et Mr Morell, l’illustre guide/garde barrière annécien. Nous voilà donc tous les trois dans cette goulotte débonnaire mais pas vilaine du tout. Autant la classique du col ne croule pas sous les compliments, autant cette variante Kempf propose de l’homogénéité, une raideur acceptable et surtout personne au-dessus de la tête. Car malgré un réveil à 5h00 qui plus est un mardi, malgré le fait que la loi travail soit passée, ben il y a déjà foule.

Montagne plaisir !!
Montagne plaisir !!
Montagne plaisir !!
Montagne plaisir !!

No stress, le rythme est pépère, pas sûr que DavidJ aurait supporté ce manque d’efficacité dans les manips de cordes ;) Et ça fait du bien ce genre de journée, pas la même saveur qu’une grande course mais plein d’autres choses ! Vers midi, après avoir plié la pente sommitale et deux papillotes, nous stoppons. Il est temps de savourer une petite clope au soleil …

Montagne plaisir !!

Nico suit fébrilement les signes de vie de son téléphone même s’il n’a toujours pas trouvé de prénom. 13h, GM bat le rappel des troupes : fin de la récré ! Encore un dernier regard sur le Mont blanc, Belledonne et nous entamons la descente au pas de course.

Voilà de la vraie montagne … plaisir !

Montagne plaisir !!

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 10 Septembre 2016

Après avoir gentiment taclé les sites collaboratifs et leurs dérives nombrilisto-narcissiques à base de « ma sortie est quand même mieux que la tienne », je me devais (bonne foi inside) de pondérer mon propos afin de rétablir une autre réalité tout aussi vrai !

… Car rien n’aura jamais été aussi hypothétique que cette virée dans les Cerces, à part sans doute la réélection de François Hollande. Initialement votée dans les Pyrénées, recadrée en Ardèche, l’organisation essuie finalement un superbe but « gîtes complets ». Bref à deux semaines du départ, on est complètement en slip avec zéro idée … Mais trois clics sur Google plus tard et pan, nous voilà en possession d’une trace évaluée à 9,3 sur 10 : l’alti’cerces ! Et oui, en un rien de temps - dépendant plus de votre capacité à double cliquer que de la bande passante de votre connexion - vous voilà avec une king line, travaillée, peaufinée et surtout partagée par un grand connaisseur du massif, pas moyen de looser ! Fini, l’étape obligée du défrichage, étape qui renvoie à la jeunesse et surtout à l’absence d’infos. On bartassait souvent dans des chemins de débardage ou des sentiers pris au pif, en quête de la perle rare. C’était valorisant mais diablement chronophage et souvent punitif. Seul bémol à signaler ; se faire téléguider par iPHiGéNie casse un peu le côté « aventure » mais bon, un petit single expo 4 ou une descente ultra technique laissent quand même une belle marge d’incertitude … Donc point de couplet nostalgico-réac, c’est clairement mieux maintenant ! Car en plus de bonnes traces, on a aussi de bonnes bécanes ! Oublié ces bonnes vieilles antiquités :

Et tu pousses …

1. Géométrie idéale … sur route

2. Pneus interdisant toute prise d’angle

3. Cale-pieds histoire de faire corps avec la machine pour le meilleur et surtout pour le pire

4. Fourche pas télescopique

5. Freins seulement garantis pour une humidité relative inférieure à 30%

6. Cornes de bœuf pour t’éventrer en cas de chute

Côté parcours, la trace fait une sorte de H en tricotant au Sud du Thabor et propose environ 100 bornes et un peu plus de 5000 m de D+. Rien de bien méchant sur le papier en quatre jours, on pense même que ça fera un peu juste … ou pas … Cela dit, il me tardait de découvrir ce massif à vélo, un massif secondaire mais intimiste et surtout très sauvage. Alors en selle !

In arrachis donc, l’équipe est presque au grand complet ce matin à Monêtier. Manque juste Basto qui sera remplacé par Patrice. On troque donc de solides compétences en mécanique pour une animation très JM Bigard. Et quoi de mieux qu’une lapalissade pour rendre hommage à notre Patrice national, certes à la bonne humeur inoxydable mais au talon d’Achille comment dire …  légèrement en dessous de la ceinture ;)

Et tu pousses …

Les autres banditos ont tous répondu présent à ce classico annuel du VTT. Rien n’a changé ou presque ! PierreL est toujours en retard et semble concentrer l’ensemble des problèmes mécaniques de la troupe. Yannick ne montre toujours pas de signe de fatigue même après un portage de 1000 m. Olivier perpétue toujours la tradition dite « dispensable » de la blague de trop. A noter cette année le surclassement de Landry, oublié le vieux décat ! Le garçon est aux commandes d’un superbe reign armé pour affronter la caillasse haut-alpine. Rien de neuf du côté de Yann, PierreB et votre serviteur, enfin si ! Toute cette joyeuse troupe possède maintenant un livret de famille. (L’occasion ici de faire un petit Big Up aux mamans.)

Et tu pousses …

Le premier est jour est classique : vélo pas prêts, papotages à n’en plus finir, cafés … Bref, on attend que le cagnard soit maximal pour grimper ce col de la Buffère, difficulté constituant notre porte d’entrée en territoire inconnu. Ce n’est que vers le vallon de la Moullette qu’une bonne brise thermique rafraîchit l’atmosphère. Alléluia, vers 15h, la pente s’inverse, ce qui constitue une parfaite excuse pour poser les machines. On est tous rétamé car putain, elle tape cette montée. Et la descente n’est pas en reste : exigeante ! Adjectif qui sonnera comme le leitmotiv incontestable de cette virée. Aucun mètre de donné dans le D+ comme le D-. D’où une fatigue au gite absolument pas corrélée avec les stats du GPS. Qu’à cela ne tienne, on retrouve avec bonheur les temps forts post pédalage : bière - douche - popotte - dodo : du simple bien huilé ; efficace !

Et tu pousses …

Le lendemain après un presque air petit dèj, nous quittons Névache en ayant bien compris qu’il fallait revenir faire la forestière. Direction le col des Acles, par une montée … exigeante ! Doux euphémisme … Le casse-croute avalé, le parcours garde de la hauteur, nous évoluons sur un chemin en balcon dominé par des monolithes à la stabilité douteuse et perché au-dessus de Bardonecchia. Chemin certes superbe mais qui n’autorisait pas un mauvais coup de guidon ! C’est donc tout en équilibre et en serrant un peu les fesses que nous atterrissons au col d’échelle. L’après-midi est passablement entamée, qui plus est la descente a bien fait chauffer les bras et les neurones. Il est pourtant l’heure de s’envoyer un portage de 500 m : enjoy ! Y a des moments comme ça où tu te demandes si t’as pas pris un truc en trop … genre ton vélo … Mais comme toujours un top single conclut l’affaire, la bonne suée est déjà loin derrière : du vrai vélo de montagne en somme. On arrive donc tardivement au refuge. Un refuge italien avec un numéro de téléphone italien … mais en France. On a pas tout compris, un peu comme l’italien de Patrice ;)

Et tu pousses …
Et tu pousses …
Et tu pousses …

La journée de dimanche commence par un peu de vélo et beaucoup de portage … Putain, on aura pas trop usé les chaines quand même ! C’est long mais la montée est pimentée par un TP sur le calcul du moment d’inertie d’un hauban poinçonné : Olivier s’est occupé avec brio de la partie expérimentale tandis que Yannick assure le volet théorique. Plus loin vers le sommet, un lama perdu ajoute une petite touche dépaysante à ce décor XXL. Summit ; 5600 m à l’alti et un panorama nous rappelant que ça sert à rien de monter dans un avion* pour en prendre plein les mirettes … Un rééquilibrage de pressions nous tire de cet instant hors du temps. On baisse les selles et c’est tipar ! On ne s’étendra pas sur la qualité de la longue descente sur Névache. Un peu de route et de piste plus tard et nous voilà au refuge. Le gardien nous propose pour la dernière étape une variante plus roulante. Nous décidons de faire confiance à ses chaussettes « Fox » pour cette petite entorse à la trace. Mais n’allons pas trop vite en besogne ; celui-ci, nous propose déjà une bonne bière !

* l’organisation se réserve tout de même le droit de proposer le Canada un de ces quatre.

Et tu pousses …
Et tu pousses …

Le lendemain, nous constatons que le taulier des Drayères avait tout bon avec son parcours en balcon côté Galibier. Nous retrouvons ensuite l’itinéraire au-dessus des arêtes de la Bruyère. Un bout de descente un peu plus scabreuse et nous récupérons les superbes chemins du Roy.

Et tu pousses …
Et tu pousses …
Et tu pousses …
Et tu pousses …

Ultime run à fond les ballons et les disques ne pourront refroidir qu’après avoir croisé la route du Lautaret. Snif, c’est déjà fini. Un dernier monaco et la voiture nous plonge dans une douce torpeur, allez on se réveille, rendez-vous l’année prochaine les lascarinos !

Et tu pousses …

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 19 Août 2016

Voilà, the beast a finalement rejoint sa chambre … Il faut dire que le carbone 3k n’aime pas trop l’humidité. Alors en attendant d’autres projets plus ou moins débiles, orientons-nous vers des vacances un chouïa moins exigeantes. Et oui, dans l’imaginaire collectif, une rando avec les ânes, c’est tranquillité assurée. La bête porte ton matos, les gosses et monterait même la tente … Une affaire !

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Mais tout projet impliquant un certain DavidJ ne saurait être trivial. Des mots clés comme : autonomie totale, hauts plateaux du Vercors auraient dû nous mettre la puce à l’oreille. Sans faire du Samivel, ce fut épique … Déjà, l’âne est par nature assez peu enclin à faire tout ce qu’on lui demande, il est souvent permis de se demander qui emmène qui. Et puis la logistique … Putain, matin et soir, c’est deux bonnes heures entre le montage/démontage du camp, les enfants, les soins aux bêtes … On est tout le temps en train de turbiner. Autant dire qu’après ça, la semaine lubéronnaise all inclusive fut appréciée à sa juste valeur. Pour équilibrer le tableau, nous avons tout de même profité de bivouacs magnifiques sur ces hauts plateaux et les enfants en ont bien profité je crois.

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Allez ciao, Cahouète, Nestor et Frimousse, place à la semaine grimpe avec Gégène, Guillaume & Thierry ! Et direction les dolos ! Putain les dolos !!! Lundi, c’est donc parti pour une grosse journée de bagnole ; ça fait une sacrée trotte quand même. Nous suivons la boussole au volant du Partner et au bout de 8h de route, on atterrit à Lourdes. Merde alors ;)

Blague à part (même si je n’ai encore pas compris toute la subtilité du contournement de Toulouse), la météo capricieuse nous a encore éloignée de cette tant convoitée Cima Grande : Pfff… Dans les dolos tu prends l’eau épisode #3 … Pas fâchés pour autant, nous trouvons rapidement quelques beaux projets dans ce massif des Pyrénées. Ici tout reste à faire !

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

A commencer par ce grand pic d’Espade ; cime de second plan certes, mais au caillou de tous les superlatifs. Nous voilà donc à jouer à Pokémon Go dans « les malheurs de Pikachu ». C’est plus des spits que nous trouverons sur place … Et un paquet ;) En mal de sensations et de fermeture de bras, c’est bien agréable ! Surtout dans la fissure d’el cap 6, qui demande un investissement personnel appuyé. A côté de nous, les cousins se régalent aussi dans « noir tango » mais à vrai dire, ce qui nous a le plus marqué, c’est le cadre : une ambiance minérale et des lacs à profusion, bref un univers mercantouro-corse enchanteur.

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Une bonne pioche donc alors que faire à présent ?? Avec Gégène, nous allons tenter la face nord du Vignemale tandis que les cousins et GM partirons du côté d’Ossau. Un monument des Pyrénées cette face nord ! La course d’alpinisme phare dans ce registre de difficulté (même si le taux d’utilisation des crampons est inférieur à 12%). On est motivé à bloc alors en avant Guingamp ! Fuck, ça commence bien, pas de place au refuge … Nous voilà chargés comme des ânes vers les Oulettes en mode montagne pas plaisir. Perdus au milieu d’un flot continu de touristes braillards, notre ermite national semble indisposé.

Soit, la montée en refuge est rectiligne, remontant un interminable vallon de type étançons et puis pan, on bute sur un ensemble aussi puissant qu’harmonieux : des à pics de 850 m taillés à la hache … Brrrr, c’est austère … Le bivy installé, nous tentons de déchiffrer l’itinéraire de gigantesque pilier calcaire : curiosité géologique car sous les Oulettes de Gaube, c’est bien du granit. Bon la science, ça nourrit pas son homme alors direction le refuge pour s’envoyer un superbe plat de lasagne. Il s’agirait de prendre des forces car demain, on va pas trier les lentilles !

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

4h : j’ai beau aller au Vignemale … J’ai mal. L’approche plutôt courte est rapidement avalée mais les deux cordées d’espagnols parties plus tôt pinaillent à la rimaye (sic !). Ceci nous vaut donc une bonne heure d’attente et il faut dire qu’elle ne fait pas rire cette rimaye. Les longueurs s’enchainent alors lentement mais surement, le genre de faux rythme ni assez lent pour te faire péter un câble mais qui te met quand même dans le flou. A chaque relai, mon esprit s’abandonne à des pensées négatives … « tiens une superbe plateforme pour bivouaquer, merde, j’ai pas pris le numéro du PG, putain sont-ils réellement dans le même espace spatio-temporel ? »

Car oui, nous tirons des longueurs dans cette course en 4+. D’une part, c’est vraiment pas évident de doubler et d’autre part, l’exposition de l’escalade et la qualité du caillou ne donne pas vraiment envie de filer à corde tendue. Gégène me remémore alors non sans ironie ma phrase lancée l’avant-veille ...

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Alléluias, un friend coincé et nous doublons, au bon moment, car l’ami espagnol ne tarde à contribuer de belle manière à l’érosion de la montagne. Stupeur et tremblement … Le cardio toujours dans le rouge, nous perdons encore un peu de temps vers la sortie et puis le terrain jusqu’alors fort raide se couche. Il est 17h30 : un ciel limpide est une vue à 360° sanctionnent la fin de cette belle grande course … Nous sommes bien contents de pouvoir relâcher la pression, cette petite garce qui te colle la boule au ventre mais maintient tes sens en éveil dans cet univers hostile. Et puis chacun à fait le job sans offloader de longueurs moisies à l’autre.

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Début d’une descente interminable ! Nous revoilà maintenant aux Oulettes au bout de 2h30, il va bientôt faire nuit. Gégène est déjà loin devant, encore un dernier regard vers le sommet pour moi tout seul et le vallon plonge tout doucement dans l’obscurité. Fin classique en mode radar/zombie/j’ai faim/j’ai mal aux pieds/j’arrête l’alpi. Punaise, ce retour te vieillit le cartilage d’une bonne dizaine d’années mais le bon plat de pâtes/chipos à l’arrivée efface tout ça comme par magie !

Vendredi est dédié à requinquer les machines ! Branlage de nouille et tentative d’organisation de fin de séjour. Finalement, après diverses tergiversations, nous irons visiter vers le Caroux avec les deux Guillaume. En nord, il y règne une presque fraicheur et cette Desmaison sans prétention est ma foi fort jolie. Une bonne journée philo/grimpe sans stress et conclue par une petite baignade dans les vasques : Frère Morelli se signe avant de sauter : engagement total ! Nous concluons de main de maître cette journée à la table d’un chef qui aurait fait 4ème aux championnats du monde de pâté croute. Plus tard dans le nuit, je constate qu’il est difficile de repasser de la hauteur du plafond du T4 à celle du partner, tel un guyanais randonnant dans un 6c, me voilà à souffler pour chercher de l’air … et une chute pour cette màj … Comme quoi, une grande voie moyenne, c’est bien aussi ;)

 

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 5 Juillet 2016

Mercredi, 16 heures et des brouettes, j’en finis avec les derniers hectomètres de l’Izoard. Le coup de pédale est douloureux, carré, à la manière d’un Indurain en fin de règne : lâché par sa forme, ses médecins, rattrapé par la gravité et obligé de trainer sa lourde carcasse sur le serpent d’asphalte impitoyable. L’Izoard donc, ce col aussi majeur qu’inutile me hurle que le vélo est un sport qui fait mal … Putain enfin le sommet … Sisyphe est tarté mais content. Le shoot d’endorphine associé à ce col d’exception nous donne le sourire. Et maintenant, voilà que cette même gravité nous pousse sur la casse déserte, un petit coup d’index de temps en temps pour calmer le jeu et surtout le plaisir d’enrouler ces virolos perchés au-dessus d’Arvieux ... Le vélo est un grand sport !

La Grande Traversée des Alpes !

Cette GTA, tous les printemps, c’est un leitmotiv qui revient sur la table depuis que la pédale 73 a investi dans le bike packing. Une douce rengaine qui invite, dès la fonte des neiges, à partir bosser le foncier dans le Granier ou le relai. Et cette année, si Benji est affuté comme une lame japonaise, de mon côté, on est plus sur le tranchant d’un couteau en plastique. Et oui, l’autre membre de la pédale, n’a pas fait le métier : rien à voir avec mon niveau de l’étape du tour. Là, Poupou n’est pas prêt d’inquiéter le vainqueur de l’échappée belle. Poupou va certes être second mais c’est bien parque qu’on n'est que deux ! L’objectif est donc « juste » de terminer proprement cette King Line. C’est un fait, la consultation des forums de cuisine ou de rénovation n’améliore en rien la VO2 max.

5 jours sont prévus pour rallier les eaux du lac Léman à la grande bleue. Au début, j’avais prévu quatre, bâclant une dernière étape Jausiers - Nice. Celle-là, même en grande forme aurait fait des dégâts je pense. En 5 jours, ça fait en gros deux ascensions par étape. C’est clairement moins challenge mais amplement suffisant pour chatouiller son fighting spirit. Point positif voir exceptionnel, la semaine est annoncée belle et au vue des quantités de flotte tombées depuis ce printemps, cela tient du miracle.

La Grande Traversée des Alpes !

Lundi 6h00, les mollets rasés de près et la gueule un peu enfarinée, nous prenons le café. Le billet de train composté et nous embarquons illico dans le TER en direction de Thonon. Pour l’occasion, Guillaume nous accompagnera sur cette première étape. D’emblée, Le 74 ne nous emballe pas : pas franchement sexy cette finition béton/pylônes ... En fait, tout commence en haut de la Colombière. Le paysage s’ouvre sur les combes, la Pointe Percée: le spectacle devient lumineux.

Nous voici donc tous les trois à la Clusaz sous un beau et franc soleil. Webmontagne rentre sur Annecy alors que nous prenons la route du col des Aravis à bon train. La Giet’ est à présent dans le viseur quand stupeur, une corvette manque de faucher le futur vainqueur de l’UTMB, le voilà qui pique une crise d’insulltes typique d'un syndrôme Gilles de la Tourette, seule une pinte de Leffe le calmera.

La Grande Traversée des Alpes !

Le lendemain, la chauffe est plutôt tranquille dans ce col des saisies. Au calme, à la fraiche c’est le panard. Mais au programme de l’après-midi, ça va pas être la même dans la madeleine. Un col interminable et surtout diablement casse-pattes. Passé Celliers, j’ai des douleurs qui apparaissent de partout, le doute s’installe et j’ai bien le temps de cogiter durant les 25 km de cette grimpette hors catégorie. Merde, est-ce que la mécanique va tenir ? Nous verrons bien ... Reste encore 30 bornes de route dégueu et nous stoppons à Saint Michel de Maurienne devant l’hôtel du Galibier, un hôtel tristifiant. La salle sent bon le formol : une corvette à néons, un portrait d’Elvis … Tout le charme désuet d’un rêve américain coincé entre la nationale et le chemin de fer. Sans oublier le kitchissime panneau « rue de la soif » qui trône fièrement au-dessus du bar. Putain, pas prêt de faire péter les 5 étoiles sur trip advisor ! Les autochtones ne nous ont pas non plus donné envie d’engager un débat géopolitique sur le Brexit … Pas de prolongations, deux prozac et au lit.

La Grande Traversée des Alpes !

Mercredi est sans conteste la journée phare de cette virée cyclopédique avec la trilogie Télégraphe, Galibier, Izoard. Soit 55 km de col absolument pas donné. Autant dire qu’après une mission pareille, le gîte se doit d’être à la hauteur. Et ce fût heureusement le cas ! Rien à ajouter sur ces cols connus et reconnus; l’étape était grandiose.

La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !

Jeudi, nous attaquons Vars sous un petit crachin qui a le don de te foutre le moral dans les chaussettes. Heureusement, le temps s’améliore mais j’ai toujours des douleurs variées qui m’empêchent de mettre les watts. L’arrivée suit un rituel immuable : Benjamin m’a mis une autoroute et prends quelques photos en sifflotant. Nous plongeons vers la prochaine vallée ... Elle est belle cette descente sur l’Ubaye, sauvage à souhait. Fuck, à Jausiers, la météo jusqu’alors aimable nous joue un vilain coup de Trafalgar; l’orage nous cueille et nous fait douter. Pourrons-nous basculer aujourd’hui ? Mais petit coup de pouce du destin, le temps se remet au beau pour deux bonnes heures, le temps de monter cette Bonette au sec. Cette montée est l’ultime rempart obligatoire vers la méditerranée. A partir de maintenant, nous suivons exactement le parcours en carriole vieux de trois ans avec Lucie, Anne, Julien et les enfants, de beaux souvenirs refont surface. 

La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !

Nous débarquons tôt à Saint Etienne de Tinée et c’est bien agréable. Au moins les affaires ont le temps de sécher pour le lendemain. Ambiance fin de trav’ à l’apéro ; demain c’est la quille ! Encore un effort, deux en fait : Saint Martin et Turini : deux cols à ne pas négliger. Après 640 kilomètres, 14 500 m de D+, 20 litres d’Orangina et 1560 putains, voilà Nice, voilà la mer, la fin … Sans transition, nous chargeons les vélos et direction Sisteron pour un plat de pieds paquets cher à Benjamin. Et oui, on n’a pas fait que du vélo, on s’est fait zizir aussi !

La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !

Quelle belle ligne, quelle belle semaine forcément intense ... Je retiens une variété incroyable de paysages mérités à la sueur du front et puis aussi il faut le dire, une furieuse envie de repartir …

La Grande Traversée des Alpes !
La Grande Traversée des Alpes !

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 4 Mai 2016

Alléluia ! Enfin, un truc sur MP, ceci après un silence radio quasi semestriel. Il est donc temps de résumer ce qui s’est passé … soit autant de trucs que dans la saison 5 de game of thrones, c’est-à-dire pas grand chose … Flashback sur le pourquoi du comment …

Ménage de printemps !!

L’hiver … L’hiveroutétai ! Putain, ça avait pourtant bien commencé. Décembre 2015, parking du Fournel … Certes l’ambiance était un chouïa bizarre. Ce truc blanc qui d’habitude sert à faire venir les parisiens à la montagne faisait grève. Remarque, on n’était pas trop emmerdé pour savoir si c’était raquettes ou skis ; une paire de tongs aurait largement fait le job. Un bon point. Le mauvais point, c’était le thermomètre qui avait vraiment du mal à passer dans le négatif. Et en cascade de glace c’est un problème important. Heureusement, y’a aussi le phénomène de stratification et le rayonnement vers la voûte céleste mais au pied de la cascade, le visuel n’était tout de même pas folichon. On avait un peu du mal à corréler la photo du topo avec la réalité de ce « monde des glaces » liposucé. M’enfin, on était allé voir. Et puis ça l’avait fait, avec en prime une belle colonne d’une trentaine de mètres négociée à la régulière, au plus raide. Le lendemain, on avait remis ça au grand Laus avec JB … Chauds pour le reste de la saison !

Et puis, c’était sans compter sur cet hiver bi-polaire qui soufflait le chaud et le froid. Avec ces gradients importants, les voyants sur ice-fall restaient désespérément au rouge … comme moi … Obligé de ressortir les skis et même une paire de baskets … El nino, los bastardos nous gratifiait de conditions particulièrement agréables pour jouer à la pétanque: les nomics avaient failli finir sur le bon coin !

Ménage de printemps !!

Failli car nous avions tenté un dernier va-tout dans le 05 avec Laurent et même Lucie ! Après un brassage antologico-punitif, nous nous échouions seuls sous la belle colonne de cristal salace. 350 m de D+ arrachés en 3 heures : de quoi faire péter un hi-score sur strava rubrique « arrête le sport ». Le cigare lui, avait été un joli combat de rue enlevé à la hussarde. Combat, où j’avais un peu trop donné de ma personne … Y a des jours comme ça : pan ! -20 points de confiance. Bref, Le lendemain nous tentions Cervières sur les bons conseils d’Hugues Jaillet alias guide05 sur C2C. Vue de loin, la base du tube nous apparut manquante. Nan en fait, y avait quand même une, certes mais aussi solide qu’un os de poulet. Autant dire que tu faisais pas le malin au pied. Quoiqu’il en fût, j’avais voulu le négocier en tête, il allait falloir faire péter le swing délicat, le swing petit chat pour ne pas trop titiller ce superbe glaçon. Après cette toute belle ligne, nous écumâmes le reste de ce spot lumineux jusqu’à l’ouverture de bras totale …

Ménage de printemps !!
Ménage de printemps !!

Printemps … Reprise de la grimpe ! Un petit réveil musculaire à Finale et nous voilà déjà en quête d’une destination pour la semaine GV. D’abord imaginée en Croatie, nous finirons en Ariège à Sinsat … Oui, l’Ariège c’est nettement moins loin pour une semaine. Donc le Quié. C’est vraiment une sacrée belle barre de calcaire mais une fenêtre de tir pas évidente, sauf pour les chasseurs qui semblent mieux lotis que les grimpeurs (ndlr ; faudra que la LPO m’explique 2/3 trucs là). Malgré cela, une destination qu’il me tardait de découvrir. Il est vrai que l’écumage assez intensif des 15 dernières années nous a fait découvrir pas mal de belles falaises, où l’on retourne toujours avec plaisir. Mais il est un plaisir encore meilleur, celui-ci de la découverte. Sur place, nous prenons la température (et surtout le vent) dans Lisa: bonne pioche c’est beau !

Le lendemain, David et Julie parcourront l’intégrale d’Anaïs tandis que Lucie, Gégène et votre serviteur jetterons notre dévolu sur la Pascal. Comme dirait Gégène, la Pascal pour les vacances de Pâques, ça claque. Voici une voie résolument vintage ! Et le vintage est à la mode, c’est un fait. Rien qu’à voir le nombre de sites de brocantes aux petits oignons, véritables pièges à bobos qui en ont ras le bol du catalogue Ikea. Au diable, le propret, ce qu’on veut, c’est de la patine, de belles veines sur le bois, des tâches, bref un truc avec une histoire remis au goût du jour. Pour la grimpe, c’est pareil, un petit lifting sur ces vieilles grands-mères (deux bon spits de 12 à chaque relai) et en avant Guingamp !!! Ouais en avant … au pied de la face, j'ai l'impression que Guingamp va faire mumuse avec le Real Madrid.

Ménage de printemps !!
Ménage de printemps !!

Le socle est pénible, accrobranche et dalles expos, et puis une longueur sale en 4+ pour salir les souliers. La suite est vraiment impressionnante. Au pied du mur, on se sent un peu écrasé par cette ligne évidente qui raye cette pelle en plein centre. Je tente le petit crachat pour nettoyer la gomme des katanas mais rien ne sort. Et me voilà sans transition dans du raide un peu expo : Un 6b pas trivial ! Sous le 6c, je suis donc un peu tendu et en plus Gégène ne fait pas attention, il met sa tête partout. Après avoir à moitié assommé l’animal avec un mawachiguéri sans même m’en rendre compte, je m’élève prudemment dans la mâchoire de pierre équipée de punaises douteuses. Avancer dans ce bousin demande du métier : lâcher ses munitions au bon moment, gérer les bras et surtout ne pas faire confiance à ces points cartonesques !

Donc une varappe exigeante où Il faut remettre en route l’Algo TA. Au début, on sort jamais la bonne taille et au bout de deux longueurs, on protège comme notre Gilbert national joue du piano ! C’est-à-dire qu’il reste encore des progrès à faire mais ça fonctionne. La suite se calme sur le papier mais invite à ne pas trop négliger son sujet quand même. Au bout de cinq heures et des brouettes, ma foi, on est content de relâcher la pression …

Ménage de printemps !!

Le lendemain est un day off négocié de main de maître. Les thermes et leurs eaux bienfaisantes nous permettent de détendre nos petits muscles meurtris avant un ultime corps à corps et surtout une ultime putain d’approche. Car avant de faire valoir son droit à grimper ces belles falaises, il faut s’envoyer une marche pas franchement discount. Voilà la dernière belle voie : les plaisirs de la pierre, ben voyons, c’est à la fin de la voie que je constaterai une tendance SM des ouvreurs. Faut dire qu’une paire de katanas pas trop faite a bien participé à cette impression sur cette dallouse de 300 mètres ...

Ménage de printemps !!

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 7 Décembre 2015

Début Novembre, un anticyclone est vaché sur les alpes depuis un mois, bien décidé à faire chanter du Joe Dassin à Evelyne Délia tous les jours. Le problème est qu’il est aussi bien décidé à plier les gaules la semaine prochaine … Dès lors, il serait navrant de louper ce créneau «grande course  mixte» ! L’automne étant clairement la saison pour ce type d’entreprises : approches pas trop galères, neige couic’ dans les faces mais revers de la médaille, des jours pas si longs et un éloignement plus marqué qu’à l’accoutumé. Cette année, c’est moins la folie mais quelques trucs sont plutôt bons, dont la Pschitt : une belle ligne perdue dans les cartons, tout au fond … Et pourquoi  ça ? Ben elle est aussi perdue tout au fond du glacier noir. Et dans ce massif des Ecrins, tout se mérite ; la carte bleue ne permet pas de se déplacer plus vite que Jornet. Il faut donc marcher longtemps, 5h en fait avant de s’envoyer 700 mètres de face (sans oublier une descente technique de 4h+3h). Bref, de la RTT qui compte double ! Et puis ici, pas de 4G, ni même une petite barre de réseau en cas de pépin …

Côté Pelvoux !!

L’occasion faisant le larron, DavidJ himself viendra compléter la cordée du Viso, c’est-à-dire JB et votre serviteur. D’un point de vue stratégie, nous optons pour une blitzkrieg light, c’est-à-dire avec nuit au Sélé, de peur de perdre complètement l’agrément montagne-plaisir. Alors en voiture Simone ! Un macdal plus tard et nous poussons la porte du refuge Cézanne pour une courte nuit. Vers 2h, le réveil nous tire de la couette où nous faisions un peu semblant de dormir. Il s’agirait de ne pas trop réfléchir à la suite qui s’annonce longue comme un jour sans pain … Et pourtant du pain, nous en avons sur la planche !

Rapidement, nous remontons la moraine ; dorsale abrupte conduisant aux balmes de François Blanc, là où une sente permet de prendre pied sur le glacier noir. Ambiance magique, il est cinq heures … Par ici, tout est noir, opaque, il n’y a pas de lune. Quelques volutes de neige bousculées par le vent donnent vie à ce décor figé : winter is coming … La nuit semble interminable tout comme cette putain d’approche … Enfin, c’est peut-être aussi parce que j’avance pas : fatigué, je me traine, l’impression de tirer une caravane. Pourtant à trois, le sac est quand même pas bien lourd et puis le seul truc qui me tire, c’est la corde ... Et dans le bon sens ! Délivrance, vers 7h, le petit jour coïncide avec notre arrivée au pied des hostilités, pour moi, alpiniste pantouflard, heu je veux dire chamoniard, le plus dur est fait. Nous nous octroyons alors une pause salvatrice à base de thé et diverses sucreries. La petite onglée réglementaire négociée, je règle les darts, range le rack de matos et attaque cette face nord de l’ailefroide …

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

… 10 ans ont passé depuis le groupe espoir ! Tous les jeunes padawan du caf Chambé ont pris leur envol (certains plus que d'autres). Bien avant que celui-ci ne sombre du côté obscur de la force en proposant notamment des sorties jeux de plateau ;) 10 piges donc, mais toujours un peu l’impression de repasser le permis avec David sur la corde ;) A vrai dire on est jamais à l’abri d’un bon gros fauchage du professeur. Mais revenons à nos moutons ; le début cruise grave, puis quelques passages réveillent gentiment un grimpeur dans le coltard : la petite chatière, ludique, un mur vertical en sucre (pas ludique) puis une longueur XXL franchement raide où j’épuise rapidement mon stock de vis. Belay ! Le représentant de l’ENSA jette un regard inquisiteur sur mon relai : un couplage monobroche/monik, du grand art… minimaliste. Trêve de considérations techniques, je repars et négocie le dernier passage tricky avant de faire monter le cardio dans les pentes de neige sommitales. Note, fidèle lecteur que cette goulotte est diablement belle et surtout variée ! Genre pas le rail monotone où tu enchaines machinalement les mêmes gestes.

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

Je prends mon temps pour grimper, protéger correctement et puis on a le temps bordel. A présent, la sortie est dans le viseur, défendue par une longueur déliquescente++. Se faire léger … Au bout de 50 mètres, je pose mon dernier relai sur du rocher bien chaud, le silence est absolu. Rapidement, le regard se perd dans le paysage … En face la barre des écrins défendue par son puissant pilier sud, à gauche en embuscade la Meije, toujours belle gosse, puis dans le désordre, Bans, Mont-blanc, Matterhorn, Agneaux et Viso. A chaque fois, c’est le même kiff, putain, on est à 3h de route de la maison et j’ai l’impression de regarder une autre planète. J’ai beau chercher, je vois pas ce qui arrive à la cheville d’un spectacle pareil. Rapidement mes deux acolytes me rejoignent, JB est aux anges, David me lâche un laconique :

T'as bien grimpé ... Mais on a perdu une heure !!!

Grand manitou es abalakov

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

Passés ces moments hors du temps, nous embrayons sur la descente qui sans être franchement pénible est un peu délicate : des rappels, de nombreux passages scabreux, des manips. Il faut rester efficace ! Et peu avant 18h, nous poussons la porte du Sélé, légèrement décalqués. Décalqués mais heureux. Nos maigres provisions sont alors rapidement dégommées et nous nous endormons comme des masses sous nos tas de couvertures. Samedi, la paisible descente sur Ailefroide est une formalité. Et à mesure que nous perdons de l’altitude, peu à peu, l’atmosphère se réchauffe, quel délice ! On croise même quelques personnes. Pourtant, le retour à la civilisation laisse un goût amer dans la bouche … La bière tant convoitée n'y changera rien …

Côté Pelvoux !!

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 30 Novembre 2015

Pfiou, quatre ans et demi sans remettre les pieds dans le jardin de Gaston. En gros, une éternité depuis cette mythique « au-delà de la verticale ». Une grimpette qui rendait hommage au plus grec des marseillais. Une grimpette qui allait sans vergogne se frotter au ventre de la concave, putain, une grimpette où on avait la caisse … Ah, nostalgie quand tu nous tiens … Soit ! Mais il ne faudrait pas trop s’appesantir sur ces bons vieux souvenirs … Alors nous voilà de retour, ici et maintenant ! J’avais tout oublié : l’odeur du thym, l’ambiance unique des lieux et puis cette petite boule au ventre au moment de retrouver sa voiture (un peu comme quand Lucie prend le partner en fait) ... Pour l’occasion, on décale un peu à gauche pour parcourir porque te vas. La voie est moins impressionnante mais l’obligation certaine alliée à un style technique en font quand même une ED, certes courte, mais intense. Intense et surtout majeure : voilà pourquoi on est revenu !

Deux temps ...

Le lendemain est maussade, nous en profitons pour faire un petit tour dans la cité phocéenne, là où une sardine aurait bouché le port. Au vu de l’évolution du quartier, je pense que ça sera plutôt les bobos qui vont saturer les lieux : épiceries bio, galeries avec dégustation de pinard, restos BCBG; la V2 des docks est full option ! Le baromètre remontant, nous retournons sur le caillou. Comme Lucie a fait sa voie un peu dure, à mon tour de choisir un truc : direction la Candelle pour un beau voyage. On attaque le socle par les hommes volants. Un apéro plutôt corsé où la première fissure est négociée sans vraiment avoir gras de marge. La pluie de la veille élève sacrément le niveau : un putain de 5.12c avé des points tous les 15 mètres. Ensuite, c’est une belle ballade hormis un pas de bloc infâme. On remet ensuite les baskets et nous voilà maintenant dans le vif du sujet: la centrale ! Une voie historique ouverte par une cordée non moins historique : Rébuffat & Livanos.

Deux temps ...
Deux temps ...

Deux idoles sépia et surtout deux grandes bouches largement capables de faire passer ces 150m de 6 pour un bigwall en 8b. Bon, ils ont quand même mis trois jours pour la sortir cette centrale. Et puis que du 6 mais il faut s’employer un minimum dans ces fissures pas suréquipées. Bref aucune tromperie sur la marchandise, c’est franchement superbe. Nous finissons cette petite paroi rouge seuls au sommet; forcément bien !

Deux temps ...

A présent, direction le Baou de Saint-Jannet. La bible du grimpeur calcaire (ndlr : le Mussato !) nous explique qu’un baou est en fait un tas de cailloux en provençal, donc à priori rien de bien folichon. Et c'est vrai qu’il n’a pas trop d’allure ce Baou. Si Picasso avait dessiné des montagnes, nul doute qu’elles auraient ressemblé à cette facette un peu biscornue avec une proue béante en forme de nez à l’envers à la place du front, des vires, des arbres : un joyeux bordel pourtant loin d’être facile ... Lorsqu’on quitte le chemin à la chapelle, le profil ne laisse aucun doute, les bras vont déguster. Pour couronner le tout, l’équipement est sportif, c’est pas du Rémy mais pas non plus du Fara. Du Béatrix en fait ; intelligent et obligatoire. Voilà pour les présentations. Pied de nez au Mussat', nous boudons la sélection du maître pour jardins secrets & histoire d'eau. Deux très belles voies ou plutôt deux superbes empilements de longueurs. Donc pas forcément le sentiment de parcourir une ligne mais avec ces lumières et cette vue sur la mer, on ne va pas faire les pénibles !

Deux temps ...

On termine ici cette petite semaine plus qu'agréable: fin de la partie grimpante. On range donc les baudards pour sortir le bob et la sacoche banane ... sans oublier Gaspard ! Direction l’Italie en mode pinpins pour une page de tourisme à la non originalité la plus totale ; le combo Cinque Terre, Florence, Sienne. Du classique efficace mais une transition pas toujours évidente à négocier.

Deux temps ...
Deux temps ...

11h00, piazza dei miracoli, Pise. Des bans de japonais se déplacent en suivant un poisson pilote flanqué d’un drapeau. Evitant au mieux les vendeurs de perches à Selfie, ils avancent vers leur but ultime, la photo devant la tour penché, un peu comme le saumon remontant sa rivière. Les prédateurs sont là, bien décidés à faire saigner les portes monnaies avec leurs attrapes touristes et autres chinoiseries. A signaler deux trois prix Nobel qui font la fameuse photo en trouvant le seul angle où la tour est droite ... Le reste de la ville est nettement plus intéressant avec des vrais gens dont l'occupation n'est pas exclusivement dédiée à extorquer le chaland. Florence sera quant à elle fidèle à sa réputation. On a pas eu le syndrome de Stendhal mais quand même, y a deux trois trucs qui claquent. Sienne nous a aussi beaucoup plu. La visite du Duomo ou une pause à la piazza del campo valent chacune leur pesant de cacahuètes. L'architecture, la complexité et le détail des monuments en général sont absolument sidérants. C'est vrai, l’Italie et la sobriété, ça fait deux voire trois, mais c’est beau, très beau en fait.

Deux temps ...

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 7 Octobre 2015

Si la Suisse est plutôt sympa avec les exilés fiscaux, en ce qui concerne les grimpeurs, c’est nettement moins clair. Alors oui, c’est superbe, oui y a des murs de ouf partout, oui le caillou est majeur, oui tout ça tout ça … Mais l’équipement est pour ainsi dire : sans pitié. Sans pitié car les spits sont posés comme si c’était des biffetons de 500 balles. (Ndlr pour nos amis helvètes à l’abri du besoin : putain on se fait peur chez vous !!) Donc lorsque l’on met le nez dans les topos, il est hautement dangereux de confondre niveau max et cot’ oblig’. En gros, on a deux choix : à ma gauche le Schweiz plaisir, ou la facilité de croiter en toute sérénité et à ma droite le Schweiz X-trem. Là, on a les yeux qui brillent mais le tiquet d’entrée est sacrément élevé : bref, on a un peu le cul entre deux chaises (dommage, j’aurais bien vu un truc intermédiaire). Enfin, le plus important est déjà de remplir le frigo, la grimpe, on verra plus tard. Les stocks de laitue et de Badoit faits, le T4 s’arrache de Chambé sous une pluie battante. D’emblée, il se joue de la côte d’Aix, peinard, à 120 km/h, un bon point car la Suisse propose des cols dantesques. Gégène m’explique alors qu’il a branché l’intercooler et nettoyé le débitmètre et puis le moteur émet 40 fois moins de particules qu’un moulin classique; juste incroyable !

 

A la chiquissime station de Meiringen, toujours sous la pluie, nous stoppons : basta la route et pasta, tranquilles à l’abri dans le T4 ;) Demain, c’est décidé, nous irons grimper à Ofen. Au réveil, le temps est encore incertain, nous nous rabattons donc vers une falaise plus proche : Cheselenfluh. Une très jolie grimpette parcoure avec de belles sensations, de quoi être ambitieux pour la suite des évènements. Le soir à l’apéro, on parle même du Wenden ! Oui je sais, ça rend un peu con l’apéro. A jeun, l’idée du séjour, c’est quand même plus de trouver le site avec le maximum d’étoiles et surtout de pitons. Quatre semble être le minimum requis pour passer une bonne nuit.

Obligatoire ...

Mercredi et sous un franc soleil, nous montons cette fois-ci à Ofen, bien en confiance. La falaise est une très belle falaise, perchée dans un alpage idyllique et la voie semble sur équipée. Ou pas ! Trois points à couiner et pan ! La grosse tatane dans ce 6csup intergalactique ! Plus que des nano prises et surtout un prochain spit à environ cinq années lumières : Abseil down et départ par la variante pas directe, l’attaque normale quoi. Et puis vu la gueule de ce 6b, ça suffit amplement. Pas de miracle, on les a pas beaucoup usés les katanas cette année ! Au final, je sors complétement rétamé de ce beau voyage avec l’impression d’avoir fait un big wall de … 200 m. Pas de miracle certes mais un petit coup de chance : une cordée montée en voiture nous redescend au Van, et pas n’importe qui dans l’équipe : Jean-Paul Rogue, un mec qui sait de quoi il parle lorsqu’il s’agit d’engager la viande. L’œil vif et le verbe passionné, il nous aura donné l’envie (s’il en était besoin) d’aller parcourir ce must calcaire qu’est le Wenden ...

Si tu dois faire une voie dans ta vie, c’est Caminando !

Jean-Paul Rogue

Tiens, Mick, si tu lis ces quelques lignes, n’y vois là aucun message subliminal ;) Il nous prépare aussi un plan d’attaque ambitieux pour la suite du séjour. Gégène lui, me prépare un plan d’attaque pour enlever cette saloperie de tique. Bien vu !

Obligatoire ...

En chemin, on décide de faire trois longueurs au-dessus de la route. Après une approche bien typée wingsuit, nous découvrons légèrement dépités, un équipement qui n’incite pas vraiment à la grimpe : ces machins enfoncés on ne sait trop comment, on ne sait pas trop comment ça tient et on n'a pas envie de tester à vrai dire ! Dommage, elles étaient belles ces tours … Donc c’est le but, la motivation est en chute libre et les ambitions déjà modestes sont encore à la baisse. A ce moment, je crois que si on avait eu le Peney sous la main, on y aurait fini nos vacances. Putain, non, non et NON !

Obligatoire ...

Direction, le Zervreilahorn ; vendu et survendu dans le topo. Le seul hic, c’est les kilomètres qui nous séparent de ce bijou, mais la photo racoleuse du grimpeur sur un granit de cinéma fini de nous convaincre. Une paille ces quatre heures de bagnole en fait ! Effectivement, pas déçus du voyage. Grimpe plaisir & sérénité maximum. Une voie qui pourrait aisément être rétrogradée dans le Schweiz plaisir ! Incroyable la différence de niveau entre chaque site. Ceci dit, il faut maintenant amorcer le retour vers la France car mine rien, on est méchamment à l’Est.

Obligatoire ...
Obligatoire ...
Obligatoire ...

Après mille heures de caisse et las de ne pas trouver d’endroits convenables où crécher, nous stoppons sur un parking et prenons nos aises. Mais à la fin du repas, nos amis de la police viennent nous faire un petit coucou parce qu’en Suisse, tout doit être nickel, alors deux roumains sur un parking, ça fait tâche, enfin bon, le Gégène est malin ...

Faut pas dormir là !!

un flic suisse

Obligatoire ...

Samedi ou notre dernier jour de grimpe ! Nous sommes au pied du Sanetsch et attaquons tranquillement l’approche, pendant ce temps, Benji réalise une incroyable performance. De notre côté, ça va être plus court qu’un ultra, mais chacun des 250 mètres de la voie va être enlevé au moral, le couteau entre les dents. Douce violence donc. A l'attaque, nous observons les spits posés avec parcimonie, à la polonaise. L’ambiance est pas forcément à la grosse déconnade: le pronostic est sans appel : carton sur vire au troisième point en cas de zipette. On va donc jouer ça au chifoumi !

Obligatoire ...

Gégène perd, essaye mais fait demi-tour : merde, à moi … Un exercice pleinement apprécié par quelqu’un qui s’est déjà pété les deux chevilles. Je pinaille longtemps et le mollet droit commence dangereusement à jouer la machine à coudre. Je décide alors de tenter par la gauche, ça semble moins aléatoire et de toute façon, on est plus à mètre près … Putain, faut le lâcher ce pas quand même ! Finalement, je le lâche avec un sentiment de sécurité limite d’environ 10.5/20. Je me demande toujours ce qui fait qu’on y va dans ces moments, tellement plus à perdre qu’à gagner ... Je me demande aussi pourquoi rééquiper une voie et laisser ce genre de coup de pute ! Sans parler du 6a+ oblig’ du topo tout bonnement scandaleux ! C'est bien connu, les Rémis ne sont pas réputés pour faire du BrunoF, qui équipe serré parce que les gens ne savent plus grimper y parait. N’en déplaise à ce dernier, les temps ont changé. Bref, me voilà devant la suite qui demande vraiment d’oublier cette foutue corde et d’avancer. Le genre de grimpe qui lessive le cerveau, cet équilibre subtil entre tension et relâchement, confiance et peur. Bon, si l’équipement est marquant, la grimpe n’est pas en reste : les longueurs du bouclier (L3 à L5) sont époustouflantes.

Obligatoire ...
Obligatoire ...

On finit rincé mais content. Quel plaisir de redescendre au bivouac : un petit coin de paradis où nous passerons une agréable soirée entre un bon plat de röstis et quelques parties de Yam. Et puis, on peut dormir en sachant que demain, on se mettra pas la guerre dans une voie comme ça. Et oui, l’obligation est certainement ce qui définit le mieux la grimpe en Suisse. A prendre avec humilité donc …

Obligatoire ...

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Rédigé par Fabrice

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