Publié le 21 Juillet 2015

Pan, un article vélo ! Un article tout court diront les mauvaises langues. Il est vrai qu’il ne se passe plus grand choses ici, à l’instar de nombreux sites concurrents … Une tendance nouvelle au minimalisme ? La flemme de majer ? Une page qui se tourne ? Revenons donc à nos moutons et intéressons-nous de plus près à une activité complètement geek ; j’ai nommé le bike packing !

 

Quesaquo ce truc ?? Rien de transcendant en français ; « prendre des affaires en vélo ». (Et ouais tu te rappelles ? Ado, ça faisait le même effet quand tu traduisais en français tes tubes anglo-saxons préférés). Donc en gros, tout le monde fait du bike packing ! Certes, mais la pratique est large … La plus extrême ? Porter son/ses gamin(s) et tout le bordel dans les cols alpins … La plus light (enfin pour les coureurs) ?? Le tour de France, où des camions, un hélico, des voitures, des cars te portent les kinés, ta flotte, Gérard Holzt, tes pâtes (et toutes tes doses d’EPO) le soir à l’hôtel. Même pas besoin de s'emmerder avec la CB !! Entre les deux ; une pratique qui semble titiller la pédale 73, regroupement hiptser/bobo toujours au fait des derniers touchages technologiques …

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Alors alors, quid de NOTRE définition du bike packing ? A vrai dire, ce qu’on veut, c’est du light & de l’autonomie, c’est-à-dire une petite sacoche sur l’avion où notre petit bazar tiendra. Moins d’1,5 kg d’impédimentas le tout sur des parcours nerveux de quelques jours : voilà pour la sémantique. Et puis, on ouvre le guide Michelin et l’imagination fait le reste. Après avoir tracé de belles lignes à la journée et arrivant assez vite à des dénivelés envisageables uniquement après trois pintes de Leffe, une ligne sur plusieurs jours est devenue l’évidence !

 

Objectif majeur de l’année, La GTA !! Mais bon vu l’emploi du temps quasi-ministériel de l’autre membre de la pédale, un doute subsiste sur l’année en question ;) Cela étant dit, il y a peu, j’ai donc testé en solo ce mode de déplacement fluide, esthétique, rapide (ou pas !) mais diablement exigeant. Car oui, attention à l’enfonçage de porte ouverte, il faut enchainer ! Et ça ne se bouscule pas trop au portillon pour accompagner la pédale. Pour ce galop d’essai, Belledonne m’a bien inspiré : 250 km et pas loin de 6000 m positifs d’un parcours à l’esthétique implacable toujours au plus près des montagnes …

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Samedi, gare de Ponch’ et c’est tipar pour le grand Cucheron. RAS, la sacoche ne bouge pas trop, pas de gênes. Montée presque au frais et voilà rapidement la très belle descente sur la Maurienne qui ne peut pas en dire autant. De la nationale sans intérêt s’en suit et enfin le Glandon. Ah ce Glandon, des souvenirs, des flashs de l’EDT 2012 … Là je suis tout seul sur la route, moins affuté, sans pression mais toujours cette même putain de playlist et surtout ce même plaisir dès que le pourcentage augmente : tout l’ADN de la pédale est ici ! Voilà pour la madeleine de Proust, une madeleine au goût dégueu d’un gel citron. Aujourd’hui, ça monte sans se mettre dans le rouge sauf la fin toujours aussi ignoble, négociée debout sur les pédales. Un col qui se mérite comme dirait l'autre ... Ou pas !

 

Scène surréaliste du mec qui descend de sa bagnole en cycliste, sort sa monture du coffre et demande une tof devant le panneau ... Blague ? Absence totale de diginité ? C'est l'hallu totale ...

Harder, Better, (pas)Faster, StrongerHarder, Better, (pas)Faster, Stronger

La bascule effectuée, je m’échoue au premier bar pour retaper le bonhomme. En bike packing, on est aussi là pour se faire plaisir : un Orangina par ici, un jambon beurre et une part de tarte par-là, ça flatte largement plus les papilles que l’hydrixir et autres gels infâmes ! A 15 heures, je repars et laisse Newton faire le job, pas trop quand même car cette descente est rapide. Me voilà rapidement au gîte pour une halte réparatrice.

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

En haut la théorie, et en bas la pratique, nettement plus sympa !!

le diététicien de la pédale

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Hydratation, étirements, repas gargantuesque, il s’agit de récupérer car demain est un autre jour … de vélo ! Et ce deuxième jour est encore plus difficile, mais superbe avec notamment la découverte du col du Luitel et son arrivée bucolique à souhait. Viens Chamrousse puis les magnifiques balcons de Belledonne, magnifiques mais diablement casse-pattes ... Et sous ce cagnard, cela demande un chouïa de fighting-spirit. La dernière difficulté franchie à savoir le col du Barrioz et je peux enfin laisser pisser vers le lac d’Allevard et Pontcharra. La boucle est bouclée, avec toujours cette délicieuse impression d’être parti un peu plus longtemps, un peu plus loin … 

Allez Benji, balance-moi ce putain de doodle !

Harder, Better, (pas)Faster, StrongerHarder, Better, (pas)Faster, StrongerHarder, Better, (pas)Faster, Stronger
Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

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Rédigé par Fabrice

Publié le 15 Mars 2015

Ce weekend ; ciel bleu insolent sur l’alpe (bien !) … mais peu de retours de courses (pas bien !!). Une bouteille lancée à la mer sur une adresse aussi réactive que la hotline de la poste : gregoire.lestienne.at.gmail.com. Finalement une première touche puis un zeste d’obstination (genre pêche à la grenade), et voilà que le repos dominical s’oriente idéalement vers les entonnoirs glacés de Chamouni. Où quoi comment ?? Franchement, on n’en sait rien … Tiens, pourquoi pas la Ravanel-Frendo ? Nous voilà donc de bon matin sur le parking des Grands, pas très frais pas très pimpants, essuyant d’entrée de jeu un superbe but « vent ». Il est vrai qu’on ne s’attarde jamais assez sur cette putain de carte des vents : 100 km/h là-haut. Le lever à 5h n’aura servi à rien : fait chier !

 

Brocouilles, nous tentons notre chance à la benne après avoir finaudé en achetant le billet au Montenvers pour zapper les mille ans de queue (NDLR : ne jamais commencer sa négo par « Normalement »). Ici, c’est la fashion week avec du norrona, du haglöfs, du arc’teryx mais aussi du millet pour les plus modestes. Dans ce foutoir multicolore, on a croisé Dom, ce vieux guidos super sympa qui a encadré mes premiers coups de pioches au Caf d’Aix, il y a plus de dix ans. Marsigny nous a aussi broyé la main ; c’est complètement people la benne !

I’m lovin’it !

Un petit café 3G pour temporiser/organiser et nous voilà entrain de déniveler vers l’aiguille à une allure kilianesque. En y réfléchissant, je ne saurais dire si ce néologisme colle bien à la situation : la fusée catalane ayant eu quelques déboires dans cette face Nord ;) Après ces records de vitesse, place aux escargots de l’arête mais grâce à un truc magique appelé « crampons », nous sortons des embouteillages et mettons de suite nos spatules en direction des pointes Lachenal. Objectif : la goulotte chips & soda (attention énigme du père Fouras puissance 12). On s’équipe paisiblement car il fait plutôt bon au soleil. De la glace facile pour chauffer puis rapidement un passage qui mobilise toutes les ressources du Greg. Trois onglées plus tard, à mon tour : pan ! Un grand écart vandamesque et je m’extrais du passage avant d’aller tâter le crux: M5+ en vrai coincement de lame. Un truc nouveau en terrain non aseptisé : Dément !

I’m lovin’it !

A présent, nous descendons la vallée blanche et mettons le clignotant à droite vers Leschaux avec un plat monstre long avant le mythique refuge. Les grandes Jorasses sont là, omniprésentes et complètement indifférentes à notre progression. Quasi personne dans le coin, juste une tente sous la face qui donne la mesure des lieux. Ici, c’est pas les goulottes de Chamrousse mon gars ! Pas d’infos donc et le risque de but qui va avec mais du wilderness, du vrai. Nous visons l’évidente goulotte Nord-Ouest de la pointe de Frébouze. Aux jumelles, ça sent bon mis à part un petit verrou caillouteux. Atteindre le refuge est plutôt désagréable : échelles, pentes de glace en solo et neige expo. Encore un peu d’acrobaties pour atteindre la porte d’entrée. Ouf, la bière est plus que méritée !

I’m lovin’it !

Dès lors, il s’agit de recharger les batteries avec le rituel de la fonte de neige … ou pas ! Quelle tête n’ai-je pas faite lorsque Monsieur Lestienne me ramena mon réchaud, mon petit titane, décapité, gisant entre ses mains penaudes. Argh ! Du beau boulot mon garçon : nous voilà gros jean comme devant ! Il faut reconnaître que les ingénieurs MSR ont été légèrement optimistes niveau sections et on espère qu’ils ne s’amusent pas à dimensionner des avions le week-end. 

I’m lovin’it !

Allez champion, essaye donc de réparer tes conneries maintenant !!

Edgar Pasgropiron

Heureusement, deux acolytes sont également là et nous dépannent avantageusement. L’occasion de leurs refaire ici un petit big up et pas que pour ce coup de main. En effet, un des gars prévoit (et réussira) la FN des jojos demain en solo avec l’ambition d’ouvrir un truc. Cela nous laisse perplexe et/ou rêveur lorsque nous décollons à 6h du mat et que ce fou et/ou mutant dort comme un bienheureux.

I’m lovin’it !

De notre côté, on se concentre sur cette descente extrêmement désagréable avant de s’envoyer l’approche qui l’est tout autant, voire plus. Enfin la rimaye ! Putain, enfin … On s’équipe et c’est tipar pour de la bonne déroulante. Comme un vieux chacal, je laisse le guide tracer ce cône extrêmement chargé en prétextant à grands renforts de mauvaise foi, qu’il a plus la caisse. La suite ? Rien à signaler mais c’est beau, direct, classe, top.

I’m lovin’it !I’m lovin’it !

Mais, ces 500 mètres nous paraissent foutrement plus long que ceux du débonnaire petit viking. Comme mon compagnon de bordée a un petit coup de mou, je plie la fin, car je me sens en plein forme. Il m’a juste fallu 5h pour me réveiller. 5h, c’est aussi le temps qu’il nous aura fallu pour partager cette belle varappe et poser nos fesses à califourchon sur cette arête baignée de soleil. Il manque plus que le café ! Les grandes Jorasses sont toujours là ; omnipotentes … Le calme est absolu, dieu que j’aime ces moments …

I’m lovin’it !

Il est temps de redescendre. Cette fois, pas la peine de gueuler le classique « corde !!!». Pas non plus d’imbroglios de nouilles au relais, on est vraiment plus que peinard. Les skis n’ont pas bougé et m’attendent pour le dernier crux de la journée : la descente ! Où j’ai encore pris le maxi tarif. Bien l’impression que sur les derniers mètres (et même les premiers après réflexion), Gaspard aurait mieux skié l’affaire. Bref, vers 19h, après deux heures à torturer mes quadris, nous voilà confortablement attablés, à déchirer un bon macdal ... après avoir croqué la vie à pleines dent !

I’m lovin’it !

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 19 Février 2015

La glace raide, une assuétude bien plus puissante que n’importe quelle autre activité verticale. Un peu comme mettre le nez dans Game of Thrones et se taper l’intégrale en un mois. Et pourquoi cela ? Primo : la structure, la raideur : envoûtantes. Secondo la période toujours trop courte, haletante. Le cocktail est bigrement addictif, tant et si bien qu’on devient rapidement insensible à des trucs comme se lever à 5h du mat ou se prendre des seaux de flotte à 0°C sur la courge. De vrais camés, hypnotisés par tous ces dards bien dodus ...

Et puis c’est pas le tout, mais tu t’es quand même tapé moultes séances ultra-chiantes de muscu/conti. Et même du dry à Saint-Sat bordel. Là pour le coup, c'est plus l’intégrale de plus belle la vie. Bref, tout ça pour dire qu’en février, le glaciériste, il est pas là pour acheter du terrain : money time oblige ! Alors JB, prends donc tes monics et fait chauffer le scénic: y a cascade là ! (Au fait, oublie pas le baudard et les crampons ;)

Ice fall connexion

Un énième lautaret plus tard et pan, direct dans Hiroshima. Un 5 de référence, un 5 qui a marqué l'histoire de la glace française. En plus cette année, pas vraiment en solde l'affaire, de quoi me faire regretter le pécher d'orgueil de la veille: "Pouah du 5, je peux bien reprendre un verre …". Ben tiens donc: structure fine et légère, brochages pas évidents, je décuve assez rapidement mais ne tarde pas à retrouver mes marques. A force de pratiquer, on commence à vraiment sentir la matière glace à travers nos pioches et nos crabes : la qualité d’un ancrage, l’évaluation de la solidité de cette broche à plus ou moins 75 grammes. Et puis on arrive aussi à mieux la lire, à deviner les crochetages, comme cette main qui vient chercher naturellement une prise. C’est tout un art mais c'est somme toute pas évident à expliquer.

Ice fall connexion
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Le lendemain, nous jetons notre dévolu sur une autre belle classique: la directe de l'arc de cercle à Fressinières. Assurément une belle ligne mais victime du peu de condis générales dans l’Alpe, ça bouchonne grave dans le crux. Au bout d’une heure trente, je ne tiens plus en place. Quand soudain, ma motivation est légèrement refroidie par ce jeune pyrénéen prenant un magnifique tir. Le voir pendu sur la corde sans bouger m’a glacé le sang. Heureusement, plus de peur que de mal. Petit rappel aussi, ce sport est dangereux, il faut quand même engager la viande même si la marge est sensée nous garder loin de cette zone accidentogène. Et c’est bien là la différence fondamentale avec la varappe spitée. Allez, à mon tour de me frotter à ce 5 humide à souhait. Summit et encore une chouette ligne. Ces bonnes conditions ne tardent pas à attirer l'animal ... qui possède un temps libre capable de faire passer l’espace sigma du CEA pour celui de Foxcom.

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Donc maître Francois-Xavier, par l'odeur de la bugne alléché nous tint à peu près ce langage. "Si votre paire de bras se rapporte à votre superbe gore-tex alors au grade 6 des viollins nous irons grimper !" Il n’en fallait pas plus pour nous corrompre … Banco ! Au pied de la bête, l’hésitation et l’excitation sont plus que palpables. Y va Y va pas ??… Putain, c’est un 6 sur le topo, un grade 6 ! Une barre mythique, comme à la perche !! Une barre qui permet vraiment de parler de glace raide. Si le fiston les enfile comme des perles. De mon côté, on est plus sur une approche Jean-Claude Dussienne de la chose : sur un malentendu, ça pourrait peut-être éventuellement marcher. Dans le doute, je le laisse donc y aller. Le truc est randonné en dix minutes (pour les non avertis, c’est rapide) et voilà que le coach descend en rappel: verdict : up to me ! Régalade totale même si c’est les soldes : que c’est bon d’être pendu sur les pioches, de claquer des écarts, de fermer le bras dans ce petit pas en dévers plein gaz. Encore un bon petit rail là ... Après l'effort, on reprend nos petites habitudes chez Marie Blachère avec le dégommage de duich' qui va bien. Au soleil, on prend du bon temps avant de rebasculer une dernière fois dans l'ombre ...

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Aujourd'hui lorsque nous traversons sous la face, le pas se fait rapide. Exposition maximale sous la vieille et grande mâchoire de Gramusat prête à perdre ses dents. A l'attaque, encore des pyrénéens ! Scandaleux ! La journée promet d'être longue ... mais sympa. Gramusat donc, un temple de la glace synonyme d'inaccessible pour le glaciériste lambda mais comme on a une F1 sur la corde, on se fait zizir. La voie c’est Blind Faith, on imagine qu’à l’ouverture, ils ont du se mettre bien les gars. Et puis petit détail today, c'est vendredi 13, chance ou pas, Fix manque de peu la correctionnelle: le meteor est atomisé par une chute de glace: enjoy !...

Ice fall connexion
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... Après l’artif, nous parcourons un grand mur plein gaz. Tout va bien, c'est majeur. Et à la faveur d'une erreur d'itinéraire de Mister Wagner himself, on repasse devant. Niveau ambiance, en face sud, tout s'effondre, au pied aussi, ça tombe. Des craquements sourds et lugubres qui serrent le ventre. Putain faudrait y mettre un bon coup de polident ! Dans ces moments-là, dire des conneries pour détendre l’atmosphère semble important ... Mais revenons à nos moutons, nous voilà maintenant au pied du dernier cigare. Pendu dans le ciel, on fait le tour du proprio sur les 40 mètres de sa structure: juste incroyable. Malgré l’euphorie, faudrait pas oublier que tu ne grimpes pas sur des spits de 12 et que faire de la merde dans cet univers peut te coûter cher, à toi ou à une autre cordée. Attention à l’overdose donc …

Abseil down, au passage, on torche rapidement la longueur ratée et on plie les gaules. Il est à noter que cette descente damoclèsienne t’offre une séance de musculation des fessiers complètement gratuite. Un dernier sprint sous la face et nous voilà sur la route, plus rien ne peut nous arriver à part une indigestion de bugnes. Putain dément les gars, merci ! Et merci aussi à Marie-Christine et Natacha pour l’accueil haut-alpin.

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 9 Janvier 2015

Noël ça se passe souvent comme ça : TF1 qui ressort du grenier ses sempiternels marronniers sur le foie gras ou encore les cadeaux achetés à la dernière minute. Sans oublier le reportage exclusif sur ce bon vieux fabricant de jouets en bois made in Jura. En moins bisounours, tu as aussi la crevure qui vide les rayons en septembre, stocke les cadeaux pour les revendre plus chers juste avant le 24 (genre au mec qui achète ses cadeaux à la dernière minute).

 

Putain, va l’expliquer ça, à ton gamin, qu’y a un enfoiré de père noël capitalisto-opportuniste qui veut t’escroquer parce que tu t’y prends toujours à l’arrache ! Bon courage ! Bref …

 

… Chauffé à blanc par toute cette magie pavlovienne, c’est un marathon calorique et alcoolisé qui t’attend … Puis las d’avoir fêté dix-sept fois l’arrivée du petit Jésus dans une avalanche de décibels, tu vas enfin pouvoir t’écrouler dans le canapé pour un énième visionnage du père noël est une ordure : tu l’as bien mérité. Facile, tu enchaines sur nouvel an en échappant avec un peu de chance à la traditionnelle queue leu-leu. Et voilà, tu boucles la boucle avec le dernier marronnier des vacances mais le meilleur – et de loin : les résolutions de la nouvelle année !

Finalement, je préfère les marronniers ...

Cette année je vais à la salle de sport et j’arrête de fumer !!

Benjamin David

Ou pas. L’abonnement finira donc sur eBay à partir de la mi-janvier ou plus classiquement au fond d’un tiroir. Ce scénario à la mécanique implacable semble se répéter à l’infini, encore et toujours. Mais bon, on va arrêter cinq minutes de faire du Houellebecq et voir le bon côté des choses : Noël, c’est aussi l’occasion de passer du temps en famille, avec les amis, de recharger les batteries et puis c’est dans les écrins que ça se passe cette année : the place to be !

… Ah les écrins … Un massif loin du tumulte quotidien. Des montagnes aux larges vallées ouvertes et souriantes comme les gens du pays. Un endroit où tu te sens bien juste avec un café, à dorer au soleil devant un paysage de cinéma … Revers de la médaille, sans carte vermeille, pas facile de trouver ici quelconque revenu.

Finalement, je préfère les marronniers ...

Donc un réveillon par ici, une petite cascade par-là, des descentes en luge, Gaspard sur des skis, un igloo … Putain, Michel, vient habiter ici, tu feras moins la gueule ! 2014 se termine donc tranquillement et surtout délicieusement. Vient alors le nouvel an au gite du Rocher: ou le traquenard ! Pensant festoyer de façon pantouflarde, nous voilà embrigadés par la bande des stéphanois dans une soirée à enchaîner les shooters de génépi, fumant clopes sur clopes en T-shirt par moins dix. Le genre de soirées que tu payes classiquement le lendemain par un combo grimpe/mal au crâne/extinction de voix/bouche pâteuse …

 

… Pouah, que dalle ! C’est frais comme un gardon que je repars le surlendemain (faut pas déconner), vers le Lautaret. Au programme une goulotte surprise pour l’anniversaire de Monsieur Berton. Voilà bientôt deux ans que n’avions pas varappé all together, un sacré bail tout de même.

Finalement, je préfère les marronniers ...

Le diot/crozets sera dégommé et notre pendulette réveil bientôt réglée en mode CAF : avec Jéjé, on fait pas la grasse mat ! L'approche est rapide, on s'encorde. Le chifoumi mort subite gagné et me voilà à tracer gentillement en direction du premier crux. Le genre de crux incotable typique  Belledonne: un petit combat de rue qui doit faire cinq mètres à tout péter mais bigrement raide ! Difficile à protéger, des pieds en cartons au départ et un placage incertain, loin. Entre les deux, rien de bien consistant à se mettre sous le dart. Une fermeture de bras plus tard et pan, me voilà sortie d’affaire. Jéjé continue à corde tendue, quelques petits pas finauds pimentent la grimpe, ça cruise. Nous voilà bientôt sous le dernier ressaut: 40 mètres de glace, en mode béton++. C’est à dire que toute frappe non bucheronesque se voit repoussée un peu comme si t’essayais de casser un mur au cure dents. Au final ça commence à user le bonhomme d’autant plus qu’il reste encore facile 200 mètres à chaler dans cette neige. 3h30 plus tard, l’affaire est pliée avec un chrono quasi fixien: good game comme disent les Djeun’s !

Finalement, je préfère les marronniers ...

Dimanche, il faut bien se faire une raison et quitter le pays, à reculons. Le Lautaret passé, un dernier regard vers la reine Meije et nous nous engouffrons dans la sombre et lugubre romanche : transition pas évidente à gérer : genre Calogero après Vivaldi. Blague à part, je me suis toujours demandé comment les gens faisait pour habiter dans cet endroit. L’habitude sans doute … Ou peut-être une allergie à la vitamine D, de graves problèmes de vue ?? En effet, comment supporter un seul instant ces pierres noires et gluantes de ne pas voir le soleil ? Et ces arbres éternellement chauves ?

Finalement, je préfère les marronniers ...

« Chéri cette année c’est décidé, on déménage de Livet et on va habiter à Briançon …

… Et puis fait chier ! »

Finalement, je préfère les marronniers ...

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Rédigé par Fabrice

Publié le 17 Décembre 2014

Cette année, rien de cassé, on prend presque les mêmes et on recommence. Cette année donc, on retente le coup avec Sophie & Yoann : Sawadi(cap) la Thaïlande !! … Toujours quelques points flippants avec un enfant : un contexte géopolitique pas foufou, un palu assez méchant et nouveau en Asie. Et puis Daech qui voudrait faire mumuse avec des lance-roquettes sur les avions de ligne. Avec ton gamin, ce genre de risques à la marge ne reste pas tant que ça à la marge en fait. Inch Allah …

Effet Kiss Cool

Un paquet de temps aussi que l’on avait pas fait un grand voyage comme ça. Trois ans pour être précis. La Thaïlande donc; une destination clé en main de l’ancien testament que l'on pourrait aisément qualifier de voyage de branleur ! Point de big wall d’ampleur, de voies aventureuses nécessitant le double racks de c4. Un sac à pof, douze paires et en avant Guingamp. Ah, on me signale à l’oreillette qu’y a aussi Gaspard. Le voyage de branleur se transforme gentiment en simili expé dans la face nord du Jannu. A commencer par la logistique. Lors des transferts, c’est environ 40 kg de bordel qui meurtrissent mes petites épaules. Parmi cette montagne d'affaires, deux incontournables: tablette et tente deux secondes. La tablette te transforme un hyper actif en autiste sourd et muet, c'est somme toute agréable à l'apéro. La tente de son côté évite que ta progéniture ne se fasse dévorer par les moustiques.

Effet Kiss Cool

Et oui, jamais de temps mort, toujours un truc à faire. Mais surtout essayer de faire coïncider le pic de fuego avec la sieste de la crapule et/ou l’orage qui rafraîchit l’atmosphère. A ce jeu-là, on s’en tire plutôt bien avec une palanquée de 7a/7a+. Rien de transcendant mais des perfs honnêtes souvent premier essai, mis à part trophy hunter, ce piégeux 7a qui m’a demandé quelques TSAAA !!! Plus à l’aise en face nord, j’avoue avoir un vrai problème avec la chaleur : ça me pompe tout mon jus, tout comme ces enfoirés de moustiques ! C’est quand même beau de faire tout ça en famille mais soyons clairs, nous rentrerons complètement rétamés.

Effet Kiss Cool

Soyons honnête aussi (mais pas trop), ma première impression de Tonsaï fut plus que mitigée … Coin assez dégueulasse, vacarme incessant des long tail boats, voies patinées (Michel vient ici, y a du taf !) ... Et puis avec le temps, on finit par se concentrer sur les bons côtés. Tout ça pour dire qu’au bout de deux semaines, on sera un peu triste de partir. On aura vécu de bons moments sur cette plage, rencontré une tripotée de gens. Pour la bouffe, c’est l’effet inverse. Si les premiers plats étaient un régal, assez rapidement, la simple évocation de curry ou noodle te ferait presque regretter la saveur d'un bon macdal.

Effet Kiss Cool

Un autre aspect du voyage qui m’a stupéfié, c’est le comportement du pinpin à la mer, plus occupé à se filmer/photographier qu'à profiter de l’instant présent. Mais le summum du nombrilisme, c'est le mec à la gopro montée sur une perche qui marche sur la plage et qui dit à la gopro: "là, je marche sur la plage": Tristifiant ... Le soir au resto, c'est soirée facebook ... C'est le ponpon ... Putain, pauvres diables esclaves de leur avatar numérique ... Et nous dans tout ça ?? On reste des touristes aussi, avec un sac à pof certes mais des touristes quand même. Pourtant, on n'est clairement pas venu chercher le même truc... de l'authenticité, un peu plus de contact avec les locaux. Et ça, seul le temps le permet. Les thaïlandais sont très accueillants, souriants, particulièrement avec les enfants. Mais bon, tu tomberas toujours sur un mec qui essayera de t’entuber en faisant semblant de ne rien comprendre, c’est le jeu ma pauvre Lucette quand tu viens d’un pays où le PIB est quasi dix fois plus élevé.

Effet Kiss Cool

Au bout de dix jours sur place, nous avons bien écumé les sites baby friendly et il ne faudrait pas oublier le multipitch project : Heart of darkness. Dixit Arnaud Petit : « on ne va pas en Thaïlande pour faire de la grande voie ». Ben ça serait quand même bien dommage de rater celle-là ! Parait aussi que si tu trouves pas quelqu’un pour faire le rappel de Humanality, t’es un blaireau … En parlant de ça, s’agirait de trouver un grimpeux et même deux pour la faire notre petite GV !

Effet Kiss CoolEffet Kiss Cool

Raphaël me pose un lapin car il a mal au bras. Les canadiens n’aiment pas le vide mais Théodore me dit qu’Antonio serait motivé. Je pars donc à dum’s kitchen, Martin me dit qu’Antonio nage de l’autre côté. L’autre côté c’est … Railay, Y a trois plages et 2000 bobys et je sais juste qu’Antonio a un chapeau. Sachant qu’il nage, ça me fait une putain de belle jambe !

Mais bon, l’œil affûté de la sentinelle fait mouche ! Pan, l’animal est appréhendé et rendez-vous est fixé au surlendemain. Ce grimpeur sur affûté me fait un peu peur lorsque après avoir bricolé pendant une demi au relais, le bougre se vache et se décorde, tout simplement. Complètement fluent et surtout complètement halluciné, je lui demande:

 

« What are you doing ???! »

Il me répond: « It’s my climbing teacher, Guillaume Pellissier who learned me the art of belay !»

 

Le lendemain, je suis terrassé par une gatro qui abattrait au minimum un cheval. Moment de solitude lorsque sans lentilles, de nuit, tu essayes de réparer cette chasse d'eau et que tout t’explose à la gueulle, que ça coule de partout et qu'il te reste trente secondes avant de tomber dans les pommes. Il est temps de passer à autres choses.

Effet Kiss Cool

La fin du séjour sera consacrée à la plongée. Ko phi phi n’est pas surfréquentée et le routard vente ses fonds marins. Pour nous, ce sera une totale découverte car nous sommes complètement néophyte dans l’activité. Élevé aux épisodes de la calypso et du seul bonnet rouge digne d’intérêt, j’ai nommé le génial commandant Cousteau (au passage inventeur du détendeur moderne), j’attendais avec impatience l’occasion de plonger à 200 m avec de l’hélium ou de nager avec des requins. On s'enflamme pas !

 

Un peu d’appréhension avant de se jeter à l'eau avec les quelques 20 kg de matos sur le dos. Briefing, exercices de sécu et c’est parti pour rejoindre le monde du silence. Une activité d’une zénitude totale … contemplative. La grande visibilité, la flotte à 30°C et surtout l’absence notoire de bestioles capables de te dézinguer font que tu nages assez détendu. Quelle sensation ! le balai multicolore de magnifiques poissons, les coraux et les requins ! Ouais okay, c'était des bébés requins en fait. Bref, un émerveillement qui m’a rappelé ma première intrusion en haute montagne.

Effet Kiss Cool
Effet Kiss Cool

Les vacances se terminent donc sur cette note salée et lumineuse. L’A380 met les gaz, Gaspard est aux anges. Nous amorçons un retour on ne peut plus long vers les brumeuses et froides contrées savoyardes … A noter que pour une fois, le crédit photo 100% bibi … Amazing !!!

… Bon ok faut aimer les bateaux ;)

Effet Kiss Cool

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 22 Octobre 2014

En 2013, si la sortie annuelle avec Monsieur Bernaud avait été annulée pour cause de cheville en mousse, aux dernières nouvelles, Monsieur Morell ne m’aurait toujours pas donné d’excuses valables pour 2011 et 13. Ben ouais, ces dernières piges, plus de chance de chopper Ebola que de grimper avec le garde-barrière annécien : tout simplement inacceptable !

 

Mais 2014, octobre en fait, est à marquer d’une pierre blanche : alignement parfait de Mercure, Saturne et Jupiter ; Oh my God, c’est complètement amazing ! Bref, Pierre sera sur-encadré pour cette sortie: un vrai guide et … un faux guide, polonais ou tchécoslovaque, on ne sait pas trop. D’après les kandiratons, il boiterait dans Cham’ de bars en bars, soûlant tout le monde avec un enchaînement de quatre 5.2 quasi-mythique … Quasi-mythique !!

Sur un rail …

Mais revenons à nos moutons. Rappel du concept ; une belle arête automnale faisant bonne presse sur C2C. Et je dois dire que cette saison lumineuse rend ce genre de classiques particulièrement savoureuses. D’habitude sur-fréquentée, Il faudra juste accepter une attaque matinale et s’accommoder du début d’onglée qui va avec. Le reste n’est que luxe, calme et volupté … Ah oui, j’oubliais, direction la Suisse et les écandies !

 

Malins, nous effectuons la route la veille car si l’iso est fichtrement haut pour un 18 octobre, le dérèglement climatique n’a toujours aucun impact sur la durée des jours. Annecy nord, nous retrouvons un homme fatigué assailli de questions existentielles : ambiance France culture dans la 206 et … dans la tente. Nico s’allonge sur son divan Thermarest et continue à philosopher. Pierre est quant à lui aux prises avec des rêves bizarres à base d’attaques de chèvres. Une fois n’est pas coutume, je dors comme un loir. Un seul cauchemar vers 5h45 où je crois entendre un réveil. A ben non, merde, faut se bouger et sans regret, nous quittons ce squat labellisé Blair Witch. La marche d’approche est avalée au pas de course. Nous voilà à pied d’œuvre, sous la fissure d’attaque, plutôt frisquette : l’onglée est elle aussi validée. A partir de maintenant, si c’est pas l’orgie, je fais un putain de scandale ! Patience …

Sur un rail …
Sur un rail …

… Entre ombre et lumière, entre glacier et mélèzes, nous déambulons avec une nonchalance pleine d’à-propos. Un petit gendarme escaladé par ici, un topo mal lu et un pinacle snobé par là. De temps à autres, une petite claque dans une fissure ... Mouais, une bonne grosse torgnole en fait ! Puisqu’on veut faire les beaux gosses, on a gardé les grosses. Et le 5+ en grosses à Chamonix, attention lieu commun : c’est pas évident, tout comme jouer du violon avec des gants de boxe pour reprendre Coluche. Autre difficulté à signaler : le saut de l’ange. Il sera réalisé en beau style, sans trembler : pas dur, c’est sûr, mais sûr que si tu te plantes, ça tapera dur…

Sur un rail …Sur un rail …

Rapidement nous voilà au sommet Sud. Les conditions quasi estivales invitent à une pause saucisson/tabac/bronzette : triptyque parfait. Il n’est que deux heures trente lorsque nous atteignons la brèche médiane marquant la fin de la première partie. La suite, certes moins sexy, nous tend les bras et comme on aime le travail bien fait, on s’y colle sans renâcler. Cela dit, une longueur terreuse au rocher chipseux me fait presque regretter ce choix : téléportation immédiate dans les pires contrées de l’Oisans sauvage. De retour sur le fil, encore quelques petits pas et nous voilà à contourner largement les gendarmes. Fin de la traversée sous la fenêtre d’arpette.

Sur un rail …
Sur un rail …
Sur un rail …

Cette intégrale représente déjà une belle entreprise, ludique mais surtout complète : toute la boite à outils de l’alpiniste est passée en revue : rasoir, fissures, renfougne, verrou, assurage à l’épaule, en mouvement et j’en passe ! Et pour terminer sur une allégorie digne du mec le plus aware qui soit: même si on est sur un rail, c’est vraiment varié : des hauts, des bas, des choix à faire, toujours, plusieurs variantes possibles … Putain, tu en veux encore ?? Allez va, c’est cadeau …

Sur un rail …

Le monde est composé de flèches et de molécules, et d’électricité, comme le Big Bang tu vois, et tout ça, ça forme, l’univers.

Jean Claude Van Damme

… Pouah, il est sidérant le garçon, pas facile d’enchainer sur les propos de ce cerveau d’exception. Mais voilà, c’est fini, coché, plié. On a fait le tour du cadran mais pas forcément celui de la question. Rendez-vous donc dans un an ou quatre ans ? Ça fera pas quinze ans c’est sûr, mais la valeur n’attend pas le nombre des années parait-il.

Sur un rail …

En alpinisme tout est affaire de montagnes quand elles sont belles, et de compagnons quand ils sont bons. Des deux éléments réunis naissent des moments de vie intenses entre l'art et l'ordinaire, entre le luxe et la variété.

Dominique Radigue

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 7 Octobre 2014

Aux dernières nouvelles, la gardienne de Leschaux flamberait dans Chamonix au volant d’un superbe Porsche Cayenne full options … Et oui ces derniers temps, réserver une couette au refuge est aussi simple que d’aller voir U2 en backstage. En temps normal, c’est nettement plus calme, on est plus sur du Patrick Juvet voire François Feldman en cas d’avis de tempête. Car en temps normal, cette montagne fait PEUR et rares sont les prétendants à la prestigieuse face nord. Mais à la faveur de conditions exceptionnelles, c'est l'hystérie là haut avec une centaine de personnes par jour les week-end ! Chacun y va de sa contribution : un speed climbing et une descente sous voile par ici, des torchages quasi presliens de la face par là ...

 

A force de voir passer des CR de jeunes effrontés qui ne respectent même pas cette vieille dame, tu aurais presque envie d’y aller dans cette face nord. Enfin bon, les grandes Jorasses, c’est pas pour tout de suite … C’est peut-être même pour jamais d’ailleurs … Ceci étant, Montagne Plaisir te propose de revenir dans la vraie vie, dans un monde où tu laisses passer les retraités à la poste, où tu marches pas en dehors des clous. Du bon vieux classique où tu te fais pipi dessus au pied des difficultés, où tu craches tes poumons à chaque coup de pioche. Bienvenue dans le monde merveilleux du normal climbing ©.

Chacun son Everest …

Pour l’occasion, nous ressortons des cartons un vieux projet pas trop long / pas trop dur : le macho direct au Tacul. Honorablement placé à la 63 ème place dans le Batoux et surtout à une toute petite heure de la benne, celui-ci est donné en 5 heures : au poil ! Enfin, les horaires de Batoux en mixte, faut s’en méfier largement autant que ceux de Rébuffat en rocher. Et puis en glanant des infos par ci par , deux longueurs semblent vraiment sortir du lot ... Cependant, Greg a des news rassurantes alors c’est tipar pour une blitzkrieg là-bas. Fix et JB iront quant à eux, trainer leurs pioches dans le cirque du Maudit.

Chacun son Everest …
Chacun son Everest …

L’approche en descente est menée au pas de course et nous voilà rapidement au pied des hostilités. Nous dénivelons alors un bon 400 mètres avant d’arriver à l’embranchement du direct. Au programme, un solide (pas tant en fait) grade 5, 4000 mètres au-dessus de Saint Malo. Avec mon acclimatation proche du japonais summitant l’aiguille du midi ça va pas être de la tarte …

Chacun son Everest …

Dans la colonne, le mauvais feeling se précise : ce mélange de neige/glace foireux demande un swing délicat et les broches posées semblent aussi peu fiables que le SAV d’alltriks … Tous les voyants passent gentiment à l’orange foncé, Bon dieu j’aime pas ça … Pour ne rien arranger, la mer de nuage nous enveloppe et l’ambiance devient glauque à souhait : Enjoy !

Néanmoins j’avance, certes lentement, mais j’avance. Il faut assurer chaque ancrage, rester calme, gérer le niveau de lactate dans les avants bras et brocher intelligent. Cerise sur le gâteau, un insidieux spindrift m’oblige à de nombreuses pauses : en gros c’est Bagdad ici, je me régale. Une bonne demi-heure de combat plus tard, je teste le dernier réta léger dévers et constate que les ancrages sont cette fois-ci bétons : Alléluia !

 

Chacun son Everest …

Blotti sous le surplomb, j’attends l’accalmie et ne tarde pas m’extraire de ce chantier : Re-Alléluia ! Après avoir bricolé un relai broches/nomics un tout petit peu moins Alléluia, la pression peut retomber. Le futur guide me rejoint et enquille la suite. Putain c’est long 800m ! Mortellement long … Oui mais la sortie se précise, enfin. Evoluant à côté d’une meringue glacée aux formes voluptueuses, nous atteignons l’arête faitière non sans une émotion particulière, celle des « belles courses ». Autour de nous, les nuages donnent une perspective incroyable au tableau et avec ces lumières automnales, y a pas à mégoter, c’est magique.

Chacun son Everest …
Chacun son Everest …

Comme la nature est bien faite, la VN du Tacul nous pose rapidement au bivi. WTF ?? Un bivi à deux pas d’un refuge où c’est la teuf ?? Faut dire que ça remonte quand même facile 30 mètres pour aller crécher aux Cosmiques. Et puis c’est sympa de temps en temps un bon bivouac, ça permet d’apprécier la couette, l’eau chaude et tous ces petits riens auxquels on a tendance à s’habituer un peu trop vite. Le repas dégommé, nous ne tardons pas à voir rappliquer les deux zozos après une possible first ascent au maudit. L’alti de JB annone un petit -8°C : buonanotte !

Le lendemain, au soleil, nous plions tranquillement les affaires avant la remontée la plus pénible de l’univers. Descente du Cham et pan : un bon bélouga supplément steak frites. Encore un truc qui contraste bien après le pâté William Saurin de la veille … Vraiment classe ce macho direct, vraiment classe … C’est pas les grandes vorasses mais bon ... A chacun son Everest !

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 16 Septembre 2014

Vercors retord, Chartreuse plurielle ... Quoi de neuf en 2014 ? Rien de moins que le tour du mont blanc mon ami !! Un superbe programme autour d’un massif qui l’est tout autant : glaciers encore ventripotents, flèches de protogines fièrement dressées vers le ciel ... Y a pas à dire, ça a vraiment de la gueule dans le coin. Seul bémol à noter, une pluviométrie assez généreuse qui peut rapidement faire passer Koh Lanta pour un confortable séjour à Center Park. D’où la légère impression de jouer au millionnaire en remplissant le Doodle. Mais une fois n’est pas coutume, chemins secs et feu vert de Joël Collado pour la semaine, putain, on a les trois télés ! Showtime les loulous !

 

La fine équipe est au grand complet ce matin sur le parking d’Argentière. A commencer par Basto, véritable couteau suisse aussi aiguisé sur le bricolage que le pilotage. Vient Landry, notre sherpa officiel (avec un sac inversement proportionnel à celui d’OF), il obtiendra également le maillot de la combativité vu la tête de son biclou. Yannick, pour l’infirmerie et le reboostage de groupe. Une vraie pile ce mec, le lapin Duracell à coté, c’est limite un cgtiste ! Puis, Olivier, abonné aux revues de presses et à l’animation, souvent aux dépends d’un certain PierreL qui boit toujours du coca-fraise et tente de financer sa nouvelle monture via des covoiturages surfacturés. Puis Yann, qui après avoir vidé les stocks de bière de sa région se sent fin prêt. Enfin, PierreB et votre serviteur, aux manettes de l’organisation. Tout ce petit monde forme un écosystème qui fonctionne plutôt pas mal.

(U)TMBAVTT

La première journée, toujours un peu poussive se doit d’être courte. C’est donc sans grand remord que nous plaçons machines et bonhommes sur le télésiège du col de Balme pour cette unique entorse à l’éthique. S’en suit une sieste absolument pas méritée et Newton nous pose rapidement à Trient par de superbes singles. Une descente qui reste tout de même sportive et technique. Je me permets d’ailleurs de proposer un nouvel axiome (1) à cette loi universelle de la gravitation:

 

Newton + racines + épingles = OTB (1)

 

Nous voici donc arrivés à bon port : l’hôtel la grande ourse, mais nous allons vite déchanter : accueil type borne de péage «Bonjour, veuillez introduire votre carte», repas weight watchers force 12 … Dans la chambre, c’est pas l’opulence non plus avec une maigre couverture épaisse comme du papier à rouler. Le U du béton étant ce qu’il est, la nuit risque d’être frisquette. Et gare aux petits resquilleurs qui en voudraient une deuxième … A l’amende ! Cerise sur le gâteau, le wifi marche mal dans les chiottes d’après PierreL … Nan mais changez de boulot les gars !

(U)TMBAVTT

Le lendemain, nous quittons donc sans regret cette usine. Par un petit crochet, notre trace vient lécher le glacier du Trient sous l’aiguille du Tour, puis un superbe sentier en balcon nous amène rapidement à la Forclaz. Au menu, un poussage plutôt viril pour ce coup-ci mériter la belle descente en direction du lac idyllique de Champex où le gramme de café doit avoisiner celui de la cocaïne. Après 9h de selle et quasi 2000 de D+, nous faisons enfin valoir notre droit à l’apéro. Voilà une journée où tu tapes un peu dedans mais le gîte de la Léchère est un merveilleux endroit pour recharger les batteries. Nous voilà réconciliés avec les helvètes, quoi que. Les vététistes ne laissent pas indifférents, certains piétons sont carrément hostiles à ce mode de transport.

(U)TMBAVTT

Jeudi, un peu fourbus, nous rejoignons le grand col Ferret dans un brouillard et un vent glacial. Mais à la faveur d’une trouée, la vue se dégage : les grandes Jorasses dévoilent leur sauvage et puissante face Est. Au fond, l’inquiétante dentelle de Peuterey guide le regard jusqu’au Mont Blanc, nettement plus austère de ce côté. Encore plus loin, le refuge Elisabetta nous rappelle qu’on a encore du pain sur la planche. On file donc sans tarder sur Elena pour une descente piégeuse et déjà, les estomacs ordonnent la pause casse-croute. Il reste à présent la fastidieuse remontée du val Veny avant de venir s’échouer sur la terrasse du refuge complètement rétamés. Encore une étape costaude. Nous retrouvons le groupe de marcheurs flanqué d’un joyeux drille qui te ferait passer JC Duss pour quelqu’un de pas pénible en fait.

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Vendredi, dans un froid de canard nous basculons via le col de Sagne sur la France pour atteindre les Contamines. Magnifique étape, variée, longue et conclue par un superbe diots/crozets. Autour d’un verre de génépi et d’un gardien, qui lui ne s’est pas trompé de métier, nous validons le tracé de l’étape finale. Mais ce soir, le breuvage a un petit goût de nostalgie je trouve … Au réveil, le café a du mal à faire son boulot et les organismes se mettent difficilement en mouvement vers les chalets de Miage. Nous délaissons la montée au tricot et filons directement vers le col de Voza : c’est bionnassay long comme ça ! Un ultime gueuleton au soleil, un peu de route, un peu de chemin et puis voilà, c’est fini … 200 bornes, un bon 7500 de D+ : chapeau les gars.

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De solides chiffres qui ne sauraient résumer ce voyage, hors du temps. On se quitte donc là, un peu rapidement, PierreL devant gérer un go-fast de kalachnikovs sur Marseille.

Heureux de rentrer au bercail mais la tête dans le vague, encore perchée là-haut … Vercors retord, Chartreuse plurielle et Mont Blanc quoi alors ? Mont blanc … dément ?? Oui, assurément.

(U)TMBAVTT

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Rédigé par Fabrice

Publié le 19 Août 2014

C’est malheureusement le leitmotiv de la désormais classique semaine grimpante avec le Gégène. Mais bon, cet été, y a pas que dans les dolos où tu prends l’eau. Ça mouille un peu partout dans l’Alpe et tout le temps aussi : fait chier ! Les organismes sont donc en carence de vitamines D et de GV, déprime totale … De quoi tergiverser ferme : on part, on part pas ??

 

Pour ce deuxième opus, les radars météo semblent tout de même indiquer une fenêtre correcte loin au Sud dans le Mercantour, véritable arche de Noé des grimpeurs cet été. Première étape Verdonesque où nous retrouvons les Pellispitz en mode « pas Souveton ». Autrement dit, ça coche pas des masses ;) Mais bon, difficile de faire trois voies par jour quand ça grimpe à partir de 16h. On attaque donc par une belle voie typée années 80 : un poil patin, obligatoire avec des cot’ tassées. Ma, quel plaisir de retrouver ces immenses ventres bleus à gouttes d’eau !

 

Reprise de la vie au grand air également, l’occasion de revoir les automatismes : café (tacles du gégène) - remplissage de la douche (pan, tacle) - grimpe (ah tiens, on l’entend moins le garçon) - tatage de la douche bien chaude (gégène est content, mais tacle, quand même) - douche - repas (tacles appuyés) - dodo.

 

D’ailleurs, pour revenir à la douche, je pense qu’effectivement Jérémy, tu as raison. Et ça me fait un peu mal de le reconnaitre (mauvaise foi inside). Elle chauffe mieux dedans même par beau temps sans vent. En effet, derrière le vitrage à 45°, on perd quasi rien en rayonnement, par contre niveau convection, y pas match entre un habitacle à 50°C et un air extérieur à 35°C dans le meilleur des cas …

 

Ceci dit, le mercure est bien trop haut ici. Allons donc user nos Vibram sur le gneiss du Mercantour. Rien de majeurissime certes, mais un massif minéral attachant qui sent bon le sud. En voiture Simone ! Dans la playlist tout à fait éclectique du berling’ (qui va de Beethoven en passant par les cowboys fringants), nous tombons sur une interview du grand Jacques tout à fait exceptionnelle : une interview à l’ancienne où ça clope/picole dur, où ça parle de tout et de rien. Genre pas un truc à la Delahousse où le mec fait les questions et les réponses : insupportable ! Donc Brel qui parle de tout et de rien, c’est vraiment quelque chose : impossible d’en faire un quelconque résumé ici mais je vous invite fortement à l’écouter. Après ce moment de bonheur et aussi une dizaine d’albums, (putain mais qu’est-ce que c’est loin !), nous stoppons à Isola 2000, le bunker y est plutôt confort. Demain, nous visons «Le sommeil ou le rêve», assez bien vendue sur c2c.

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

A l’approche, gros plantage de col. Mea culpa ! S’en suit une longue marche afin de rejoindre le lac de Tavels puis l’attaque. Le temps est maussade, quelques gouttes qui n’empêchent nullement notre webmontagne national de faire trempette. Ah tiens, tu te dis, je vais enfin voir le petit Gummi … Allez va, c’est cadeau !!

Dans les dolos, tu prends l’eau !

… Et non ;) Par contre, Guillaume, tu n’échapperas pas au fauchage sur le futal de grimpe … Impossible de décrire cette couleur, ce bleu enfin si, c’est proche de ça :

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Pour revenir à la grimpe, pas trop d’ambiance mais deux très belles longueurs qui valent le détour (mais pas forcément celui qu’on a fait). L’affaire pliée, le prochain objectif n’est autre que le sommet phare du coin : la cougourde ! Guillaume & Clara convoitent la grande classique de cette belle montagne: l’éperon Demenge, tout comme deux cordées d’espagnols d’ailleurs. Et ceux-ci n’ont pas l’air d’avoir un poster du Steck dans leur chambre … De quoi potentiellement t’occuper une grosse journée, voire plus.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

Nous, c’est la voie des surplombs : quand tu regardes le truc de profil, tu te dis, je suis bien dans le Sud, ils ont réussi à trouver des surplombs là-dedans cette bande de marseillais. L’affaire est pourtant loin d’être triviale … Avec un tracé sommaire et un topo aussi laconique qu’inexact, je suis un peu dubitatif quant à la réussite de l’entreprise. Mais demain est un autre jour, passons à table : au menu, un sauté de veau remarquable. Ça fait vraiment plaisir de prendre la DP ici, les tenanciers du Soreiller feraient bien d’en prendre de la graine ! Eux qui proposent souvent des quantités proportionnelles à la marche d’approche pour la madier.

 

Au pied la face, un vent glacial nous cueille et déclenche un mal des rimayes. Mais comme y a pas de rimayes on s’y colle, enfin moi, car gégène, lui, a trouvé sa rimaye. Beaucoup, beaucoup de recherche d’itinéraire, on ne sait jamais vraiment où on est même si les vieux spits de Christina bornent notre progression sur la droite de la face. Des relais à construire ; pas toujours simples, des longueurs pas si faciles à négocier parfois proches du solo. On pousse un ouf de soulagement quand nous trouvons le passage clef balisé de vieux spits & pitons. Le soleil daigne enfin faire son boulot et la fin apparait facile et rapide.

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Le lendemain, sur les traces du mercan’tour 2007, nous rejoignons le petit cayre de la madone et son dièdre des parisiens. Sans doute chassés par le mauvais sur Cham, ils sont venus ici ouvrir cette belle petite ligne. Malgré un début très chartreuse et une fin kairneuse, les trois longueurs du dièdre sont superbes.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

Nos chemins se séparent sous la bonnette, de notre côté, direction le val Maira en Italie: gégène a dégotté deux voies qui sortent des sentiers battus. Pour commencer, Super Figari sur la Punta figari : une très belle escalade assez proche de mi piacce l’albicocca au grand bec d’étache avec une sortie sous les applaudissements SVP !

Dans les dolos, tu prends l’eau !Dans les dolos, tu prends l’eau !Dans les dolos, tu prends l’eau !

Après, ça vend moins du rêve : suite à un bisou un peu violent avec le trottoir, le berling’ déplore la perte d’un pneu. Case garage. Lors de l’ouverture du coffre, la bouteille de pinard en équilibre instable tombe et se brise au sol. Toi, tu voudrais nettoyer le truc mais le garagiste te dit de toucher à rien, car il a l’impression que t’es bien parti pour faire pire ! S’en suit un jeu de piste pour trouver le decat’ et le topo, raté. On reprend la route brocouille pour atterrir dans un squat humide et venteux tard dans la soirée. Et puis on se réveille tôt pour éviter l’orage, c’est rude là. Malgré un petit cafouillage doublé d’un léger fourvoyage, le Rocca del Campanili clôtura en beauté ce trip. Une belle semaine au final, on a bien fait de se motiver, de tenter le truc.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

« Y a plein de gens, ils disent, dans cinq ans, je vais écrire un livre. Le temps passe, et ils ne le font pas …

… Tu sais pourquoi ???

Parce qu’ils font autre chose … »

 

Putain, sacré Jacques !

Dans les dolos, tu prends l’eau !

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 8 Juillet 2014

Quatre jours avec le suisse et un cahier des charges plutôt pas facile à gérer : une cheville en carton du côté de Chambé, un bras en mousse vers Annemasse et des ambitions alpestres malmenées par une météo à la con. Qu’est-ce qu’on fout alors, une belote ?? Nan, les deux chefs de projets en ont vu d’autres ! Réunion de crise : réactivité, synergie, bière et hop, en route vers le diois !

La matinale de France Inter est chargée de me tenir éveillé pendant que l’helvète roupille. Le flan médiatique autour de L’interview de Sarko m’horripile assez rapidement. Je constate alors qu’il me reste encore pas mal de chemin avant de devenir ceinture noir 4ème dan en mauvaise foi ...

Old school climbing !!
Old school climbing !!

Mais revenons à nos moutons : la paroi rouge d’Archiane, monument notoire de la grimpe old school. Tentée il y a déjà cinq ans, je restais sur un goût d’inachevé et même de pas commencé. En effet, suivant au pied de la lettre les indications du topo, je m’étais assez rapidement trouvé au pied de L0 par gravité, ratant le premier spit censé être invisible. L’occasion de signaler que le Duhaut est tout juste bon à démarrer un feu de cheminée … Et encore, il est tellement peu précis qu’il risquerait de foutre le feu à votre baraque ! Bref, le pierrier avalé, nous attaquons la vire où je passe un sale quart d’heure. Enfin la fissouille, j’attaque, petite fessée : le diesel met toujours un peu de temps à chauffer. La suite est démente et on se régale. Quel gaz, quel cadre, archiane est un must absolu. Summit, X-trem check, sieste …

Old school climbing !!
Old school climbing !!Old school climbing !!

Une petite douche sur le parking et nous voilà bientôt confortablement attablés à un restaurant. Un contraste qui aurait surement plu au garde-barrière d’Argonay. Mais le lendemain, impossible de grimper pour ma pomme, trop mal au pied. J’assure donc le Suisse à Orpierre, terre de villégiature du Rolex climbing group. Bon, comme il fait moche celui-ci ne m’en tient pas trop rigueur. L’occasion aussi de flâner sur les départementales drômoises. Toujours Inter en fond sonore. Cohen se fait malmener par un gars. Un tueur, le genre de mec qui de décoche une première balle à 240 à l’heure, morceaux choisis :

 

« Soit je ne pas été clair soit vous ne m’avez pas écouté »

« Vous n’avez rien compris »

« J’aurais volontiers donné une réponse s’il y avait eu une question ! »

 

Jeu set et match. Cohen est complètement à la ramasse, on l’a connu plus affuté ! Mais qu’est ce t’as fait hier soir Patrick ? T’avais bu ??

On débarque à Sainte Baume (où ça ?!) à 17h58 dans le bar PMU du coin, un sérieux de 16 à la main, on est fin prêt pour le match. Début besogneux de l’équipe de France et rapidement un but allemand. Un but à la Dugarry. Le mec, on lui tire dessus, il regarde pas les cages mais te mets quand même une transversale rentrante : un vrai scandale ! Malgré de belles occases, l’équipe de France termine son mondial ce soir et ça, ça nous met le Greg de mauvaise humeur !!

Old school climbing !!

Sainte Baume donc. Et oui, le pic Bertagne justifie à lui seul ce petit crochet de 300 km, un truc qui sort complètement de nulle part, un peu comme si tu te disais, tiens j’irais bien chercher les croissants à Grenoble ce matin. Enfin, c’était sur la to-do list et j’avoue aimer découvrir de nouvelles parois. L1 met dans le bain, les pitonnages et dépitonnages ont un peu transformé le caillou comme dans serenity crack: un 6b qui masse à froid et qui demande un peu d’énervement car malcommode au possible. Le reste de la voie est austère mais classe avec de beaux passages à protéger. Chapeau aux ouvreurs pour un truc qui doit dater des années 40 !

Old school climbing !!
Old school climbing !!

Après cette parenthèse sudiste, retour dans le 38 et calage sous le Gerbier pour varapper Coran Alternatif. On croyait à une voie un peu plus reposante, ben c’est raté ! Tiens ça paye pas de mine sur le papier, mais une voie rugueuse qui envoie bien et sur des spits de 8 plus tous jeunes. Au retour, nous échangons avec un ancien :

 

"ça doit avancer tout seul des jambes comme ça ? qu'il me dit.
- non pas vraiment ...
- on échange ??
- pas sûr que vous y gagniez !"

Old school climbing !!

La grimpe à l’ancienne, c’est les avantages de l’alpi sans se lever à point d’heure. Cogiter dans les longueurs, gérer la sécurité … ou son absence. Bref, arriver au relai et se dire qu’il est des quarts d’heure plus intenses que d’autres !

Old school climbing !!Old school climbing !!Old school climbing !!

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #grimpe