Publié le 7 Décembre 2015

Début Novembre, un anticyclone est vaché sur les alpes depuis un mois, bien décidé à faire chanter du Joe Dassin à Evelyne Délia tous les jours. Le problème est qu’il est aussi bien décidé à plier les gaules la semaine prochaine … Dès lors, il serait navrant de louper ce créneau «grande course  mixte» ! L’automne étant clairement la saison pour ce type d’entreprises : approches pas trop galères, neige couic’ dans les faces mais revers de la médaille, des jours pas si longs et un éloignement plus marqué qu’à l’accoutumé. Cette année, c’est moins la folie mais quelques trucs sont plutôt bons, dont la Pschitt : une belle ligne perdue dans les cartons, tout au fond … Et pourquoi  ça ? Ben elle est aussi perdue tout au fond du glacier noir. Et dans ce massif des Ecrins, tout se mérite ; la carte bleue ne permet pas de se déplacer plus vite que Jornet. Il faut donc marcher longtemps, 5h en fait avant de s’envoyer 700 mètres de face (sans oublier une descente technique de 4h+3h). Bref, de la RTT qui compte double ! Et puis ici, pas de 4G, ni même une petite barre de réseau en cas de pépin …

Côté Pelvoux !!

L’occasion faisant le larron, DavidJ himself viendra compléter la cordée du Viso, c’est-à-dire JB et votre serviteur. D’un point de vue stratégie, nous optons pour une blitzkrieg light, c’est-à-dire avec nuit au Sélé, de peur de perdre complètement l’agrément montagne-plaisir. Alors en voiture Simone ! Un macdal plus tard et nous poussons la porte du refuge Cézanne pour une courte nuit. Vers 2h, le réveil nous tire de la couette où nous faisions un peu semblant de dormir. Il s’agirait de ne pas trop réfléchir à la suite qui s’annonce longue comme un jour sans pain … Et pourtant du pain, nous en avons sur la planche !

Rapidement, nous remontons la moraine ; dorsale abrupte conduisant aux balmes de François Blanc, là où une sente permet de prendre pied sur le glacier noir. Ambiance magique, il est cinq heures … Par ici, tout est noir, opaque, il n’y a pas de lune. Quelques volutes de neige bousculées par le vent donnent vie à ce décor figé : winter is coming … La nuit semble interminable tout comme cette putain d’approche … Enfin, c’est peut-être aussi parce que j’avance pas : fatigué, je me traine, l’impression de tirer une caravane. Pourtant à trois, le sac est quand même pas bien lourd et puis le seul truc qui me tire, c’est la corde ... Et dans le bon sens ! Délivrance, vers 7h, le petit jour coïncide avec notre arrivée au pied des hostilités, pour moi, alpiniste pantouflard, heu je veux dire chamoniard, le plus dur est fait. Nous nous octroyons alors une pause salvatrice à base de thé et diverses sucreries. La petite onglée réglementaire négociée, je règle les darts, range le rack de matos et attaque cette face nord de l’ailefroide …

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

… 10 ans ont passé depuis le groupe espoir ! Tous les jeunes padawan du caf Chambé ont pris leur envol (certains plus que d'autres). Bien avant que celui-ci ne sombre du côté obscur de la force en proposant notamment des sorties jeux de plateau ;) 10 piges donc, mais toujours un peu l’impression de repasser le permis avec David sur la corde ;) A vrai dire on est jamais à l’abri d’un bon gros fauchage du professeur. Mais revenons à nos moutons ; le début cruise grave, puis quelques passages réveillent gentiment un grimpeur dans le coltard : la petite chatière, ludique, un mur vertical en sucre (pas ludique) puis une longueur XXL franchement raide où j’épuise rapidement mon stock de vis. Belay ! Le représentant de l’ENSA jette un regard inquisiteur sur mon relai : un couplage monobroche/monik, du grand art… minimaliste. Trêve de considérations techniques, je repars et négocie le dernier passage tricky avant de faire monter le cardio dans les pentes de neige sommitales. Note, fidèle lecteur que cette goulotte est diablement belle et surtout variée ! Genre pas le rail monotone où tu enchaines machinalement les mêmes gestes.

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

Je prends mon temps pour grimper, protéger correctement et puis on a le temps bordel. A présent, la sortie est dans le viseur, défendue par une longueur déliquescente++. Se faire léger … Au bout de 50 mètres, je pose mon dernier relai sur du rocher bien chaud, le silence est absolu. Rapidement, le regard se perd dans le paysage … En face la barre des écrins défendue par son puissant pilier sud, à gauche en embuscade la Meije, toujours belle gosse, puis dans le désordre, Bans, Mont-blanc, Matterhorn, Agneaux et Viso. A chaque fois, c’est le même kiff, putain, on est à 3h de route de la maison et j’ai l’impression de regarder une autre planète. J’ai beau chercher, je vois pas ce qui arrive à la cheville d’un spectacle pareil. Rapidement mes deux acolytes me rejoignent, JB est aux anges, David me lâche un laconique :

T'as bien grimpé ... Mais on a perdu une heure !!!

Grand manitou es abalakov

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

Passés ces moments hors du temps, nous embrayons sur la descente qui sans être franchement pénible est un peu délicate : des rappels, de nombreux passages scabreux, des manips. Il faut rester efficace ! Et peu avant 18h, nous poussons la porte du Sélé, légèrement décalqués. Décalqués mais heureux. Nos maigres provisions sont alors rapidement dégommées et nous nous endormons comme des masses sous nos tas de couvertures. Samedi, la paisible descente sur Ailefroide est une formalité. Et à mesure que nous perdons de l’altitude, peu à peu, l’atmosphère se réchauffe, quel délice ! On croise même quelques personnes. Pourtant, le retour à la civilisation laisse un goût amer dans la bouche … La bière tant convoitée n'y changera rien …

Côté Pelvoux !!

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 30 Novembre 2015

Pfiou, quatre ans et demi sans remettre les pieds dans le jardin de Gaston. En gros, une éternité depuis cette mythique « au-delà de la verticale ». Une grimpette qui rendait hommage au plus grec des marseillais. Une grimpette qui allait sans vergogne se frotter au ventre de la concave, putain, une grimpette où on avait la caisse … Ah, nostalgie quand tu nous tiens … Soit ! Mais il ne faudrait pas trop s’appesantir sur ces bons vieux souvenirs … Alors nous voilà de retour, ici et maintenant ! J’avais tout oublié : l’odeur du thym, l’ambiance unique des lieux et puis cette petite boule au ventre au moment de retrouver sa voiture (un peu comme quand Lucie prend le partner en fait) ... Pour l’occasion, on décale un peu à gauche pour parcourir porque te vas. La voie est moins impressionnante mais l’obligation certaine alliée à un style technique en font quand même une ED, certes courte, mais intense. Intense et surtout majeure : voilà pourquoi on est revenu !

Deux temps ...

Le lendemain est maussade, nous en profitons pour faire un petit tour dans la cité phocéenne, là où une sardine aurait bouché le port. Au vu de l’évolution du quartier, je pense que ça sera plutôt les bobos qui vont saturer les lieux : épiceries bio, galeries avec dégustation de pinard, restos BCBG; la V2 des docks est full option ! Le baromètre remontant, nous retournons sur le caillou. Comme Lucie a fait sa voie un peu dure, à mon tour de choisir un truc : direction la Candelle pour un beau voyage. On attaque le socle par les hommes volants. Un apéro plutôt corsé où la première fissure est négociée sans vraiment avoir gras de marge. La pluie de la veille élève sacrément le niveau : un putain de 5.12c avé des points tous les 15 mètres. Ensuite, c’est une belle ballade hormis un pas de bloc infâme. On remet ensuite les baskets et nous voilà maintenant dans le vif du sujet: la centrale ! Une voie historique ouverte par une cordée non moins historique : Rébuffat & Livanos.

Deux temps ...
Deux temps ...

Deux idoles sépia et surtout deux grandes bouches largement capables de faire passer ces 150m de 6 pour un bigwall en 8b. Bon, ils ont quand même mis trois jours pour la sortir cette centrale. Et puis que du 6 mais il faut s’employer un minimum dans ces fissures pas suréquipées. Bref aucune tromperie sur la marchandise, c’est franchement superbe. Nous finissons cette petite paroi rouge seuls au sommet; forcément bien !

Deux temps ...

A présent, direction le Baou de Saint-Jannet. La bible du grimpeur calcaire (ndlr : le Mussato !) nous explique qu’un baou est en fait un tas de cailloux en provençal, donc à priori rien de bien folichon. Et c'est vrai qu’il n’a pas trop d’allure ce Baou. Si Picasso avait dessiné des montagnes, nul doute qu’elles auraient ressemblé à cette facette un peu biscornue avec une proue béante en forme de nez à l’envers à la place du front, des vires, des arbres : un joyeux bordel pourtant loin d’être facile ... Lorsqu’on quitte le chemin à la chapelle, le profil ne laisse aucun doute, les bras vont déguster. Pour couronner le tout, l’équipement est sportif, c’est pas du Rémy mais pas non plus du Fara. Du Béatrix en fait ; intelligent et obligatoire. Voilà pour les présentations. Pied de nez au Mussat', nous boudons la sélection du maître pour jardins secrets & histoire d'eau. Deux très belles voies ou plutôt deux superbes empilements de longueurs. Donc pas forcément le sentiment de parcourir une ligne mais avec ces lumières et cette vue sur la mer, on ne va pas faire les pénibles !

Deux temps ...

On termine ici cette petite semaine plus qu'agréable: fin de la partie grimpante. On range donc les baudards pour sortir le bob et la sacoche banane ... sans oublier Gaspard ! Direction l’Italie en mode pinpins pour une page de tourisme à la non originalité la plus totale ; le combo Cinque Terre, Florence, Sienne. Du classique efficace mais une transition pas toujours évidente à négocier.

Deux temps ...
Deux temps ...

11h00, piazza dei miracoli, Pise. Des bans de japonais se déplacent en suivant un poisson pilote flanqué d’un drapeau. Evitant au mieux les vendeurs de perches à Selfie, ils avancent vers leur but ultime, la photo devant la tour penché, un peu comme le saumon remontant sa rivière. Les prédateurs sont là, bien décidés à faire saigner les portes monnaies avec leurs attrapes touristes et autres chinoiseries. A signaler deux trois prix Nobel qui font la fameuse photo en trouvant le seul angle où la tour est droite ... Le reste de la ville est nettement plus intéressant avec des vrais gens dont l'occupation n'est pas exclusivement dédiée à extorquer le chaland. Florence sera quant à elle fidèle à sa réputation. On a pas eu le syndrome de Stendhal mais quand même, y a deux trois trucs qui claquent. Sienne nous a aussi beaucoup plu. La visite du Duomo ou une pause à la piazza del campo valent chacune leur pesant de cacahuètes. L'architecture, la complexité et le détail des monuments en général sont absolument sidérants. C'est vrai, l’Italie et la sobriété, ça fait deux voire trois, mais c’est beau, très beau en fait.

Deux temps ...

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #grimpe

Publié le 7 Octobre 2015

Si la Suisse est plutôt sympa avec les exilés fiscaux, en ce qui concerne les grimpeurs, c’est nettement moins clair. Alors oui, c’est superbe, oui y a des murs de ouf partout, oui le caillou est majeur, oui tout ça tout ça … Mais l’équipement est pour ainsi dire : sans pitié. Sans pitié car les spits sont posés comme si c’était des biffetons de 500 balles. (Ndlr pour nos amis helvètes à l’abri du besoin : putain on se fait peur chez vous !!) Donc lorsque l’on met le nez dans les topos, il est hautement dangereux de confondre niveau max et cot’ oblig’. En gros, on a deux choix : à ma gauche le Schweiz plaisir, ou la facilité de croiter en toute sérénité et à ma droite le Schweiz X-trem. Là, on a les yeux qui brillent mais le tiquet d’entrée est sacrément élevé : bref, on a un peu le cul entre deux chaises (dommage, j’aurais bien vu un truc intermédiaire). Enfin, le plus important est déjà de remplir le frigo, la grimpe, on verra plus tard. Les stocks de laitue et de Badoit faits, le T4 s’arrache de Chambé sous une pluie battante. D’emblée, il se joue de la côte d’Aix, peinard, à 120 km/h, un bon point car la Suisse propose des cols dantesques. Gégène m’explique alors qu’il a branché l’intercooler et nettoyé le débitmètre et puis le moteur émet 40 fois moins de particules qu’un moulin classique; juste incroyable !

 

A la chiquissime station de Meiringen, toujours sous la pluie, nous stoppons : basta la route et pasta, tranquilles à l’abri dans le T4 ;) Demain, c’est décidé, nous irons grimper à Ofen. Au réveil, le temps est encore incertain, nous nous rabattons donc vers une falaise plus proche : Cheselenfluh. Une très jolie grimpette parcoure avec de belles sensations, de quoi être ambitieux pour la suite des évènements. Le soir à l’apéro, on parle même du Wenden ! Oui je sais, ça rend un peu con l’apéro. A jeun, l’idée du séjour, c’est quand même plus de trouver le site avec le maximum d’étoiles et surtout de pitons. Quatre semble être le minimum requis pour passer une bonne nuit.

Obligatoire ...

Mercredi et sous un franc soleil, nous montons cette fois-ci à Ofen, bien en confiance. La falaise est une très belle falaise, perchée dans un alpage idyllique et la voie semble sur équipée. Ou pas ! Trois points à couiner et pan ! La grosse tatane dans ce 6csup intergalactique ! Plus que des nano prises et surtout un prochain spit à environ cinq années lumières : Abseil down et départ par la variante pas directe, l’attaque normale quoi. Et puis vu la gueule de ce 6b, ça suffit amplement. Pas de miracle, on les a pas beaucoup usés les katanas cette année ! Au final, je sors complétement rétamé de ce beau voyage avec l’impression d’avoir fait un big wall de … 200 m. Pas de miracle certes mais un petit coup de chance : une cordée montée en voiture nous redescend au Van, et pas n’importe qui dans l’équipe : Jean-Paul Rogue, un mec qui sait de quoi il parle lorsqu’il s’agit d’engager la viande. L’œil vif et le verbe passionné, il nous aura donné l’envie (s’il en était besoin) d’aller parcourir ce must calcaire qu’est le Wenden ...

Si tu dois faire une voie dans ta vie, c’est Caminando !

Jean-Paul Rogue

Tiens, Mick, si tu lis ces quelques lignes, n’y vois là aucun message subliminal ;) Il nous prépare aussi un plan d’attaque ambitieux pour la suite du séjour. Gégène lui, me prépare un plan d’attaque pour enlever cette saloperie de tique. Bien vu !

Obligatoire ...

En chemin, on décide de faire trois longueurs au-dessus de la route. Après une approche bien typée wingsuit, nous découvrons légèrement dépités, un équipement qui n’incite pas vraiment à la grimpe : ces machins enfoncés on ne sait trop comment, on ne sait pas trop comment ça tient et on n'a pas envie de tester à vrai dire ! Dommage, elles étaient belles ces tours … Donc c’est le but, la motivation est en chute libre et les ambitions déjà modestes sont encore à la baisse. A ce moment, je crois que si on avait eu le Peney sous la main, on y aurait fini nos vacances. Putain, non, non et NON !

Obligatoire ...

Direction, le Zervreilahorn ; vendu et survendu dans le topo. Le seul hic, c’est les kilomètres qui nous séparent de ce bijou, mais la photo racoleuse du grimpeur sur un granit de cinéma fini de nous convaincre. Une paille ces quatre heures de bagnole en fait ! Effectivement, pas déçus du voyage. Grimpe plaisir & sérénité maximum. Une voie qui pourrait aisément être rétrogradée dans le Schweiz plaisir ! Incroyable la différence de niveau entre chaque site. Ceci dit, il faut maintenant amorcer le retour vers la France car mine rien, on est méchamment à l’Est.

Obligatoire ...
Obligatoire ...
Obligatoire ...

Après mille heures de caisse et las de ne pas trouver d’endroits convenables où crécher, nous stoppons sur un parking et prenons nos aises. Mais à la fin du repas, nos amis de la police viennent nous faire un petit coucou parce qu’en Suisse, tout doit être nickel, alors deux roumains sur un parking, ça fait tâche, enfin bon, le Gégène est malin ...

Faut pas dormir là !!

un flic suisse

Obligatoire ...

Samedi ou notre dernier jour de grimpe ! Nous sommes au pied du Sanetsch et attaquons tranquillement l’approche, pendant ce temps, Benji réalise une incroyable performance. De notre côté, ça va être plus court qu’un ultra, mais chacun des 250 mètres de la voie va être enlevé au moral, le couteau entre les dents. Douce violence donc. A l'attaque, nous observons les spits posés avec parcimonie, à la polonaise. L’ambiance est pas forcément à la grosse déconnade: le pronostic est sans appel : carton sur vire au troisième point en cas de zipette. On va donc jouer ça au chifoumi !

Obligatoire ...

Gégène perd, essaye mais fait demi-tour : merde, à moi … Un exercice pleinement apprécié par quelqu’un qui s’est déjà pété les deux chevilles. Je pinaille longtemps et le mollet droit commence dangereusement à jouer la machine à coudre. Je décide alors de tenter par la gauche, ça semble moins aléatoire et de toute façon, on est plus à mètre près … Putain, faut le lâcher ce pas quand même ! Finalement, je le lâche avec un sentiment de sécurité limite d’environ 10.5/20. Je me demande toujours ce qui fait qu’on y va dans ces moments, tellement plus à perdre qu’à gagner ... Je me demande aussi pourquoi rééquiper une voie et laisser ce genre de coup de pute ! Sans parler du 6a+ oblig’ du topo tout bonnement scandaleux ! C'est bien connu, les Rémis ne sont pas réputés pour faire du BrunoF, qui équipe serré parce que les gens ne savent plus grimper y parait. N’en déplaise à ce dernier, les temps ont changé. Bref, me voilà devant la suite qui demande vraiment d’oublier cette foutue corde et d’avancer. Le genre de grimpe qui lessive le cerveau, cet équilibre subtil entre tension et relâchement, confiance et peur. Bon, si l’équipement est marquant, la grimpe n’est pas en reste : les longueurs du bouclier (L3 à L5) sont époustouflantes.

Obligatoire ...
Obligatoire ...

On finit rincé mais content. Quel plaisir de redescendre au bivouac : un petit coin de paradis où nous passerons une agréable soirée entre un bon plat de röstis et quelques parties de Yam. Et puis, on peut dormir en sachant que demain, on se mettra pas la guerre dans une voie comme ça. Et oui, l’obligation est certainement ce qui définit le mieux la grimpe en Suisse. A prendre avec humilité donc …

Obligatoire ...

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié le 20 Septembre 2015

Franchement, le VTT est le sport estival quasi parfait, ou le pendant du ski de rando l'hiver : voyage, effort, plaisir à la descente. Mais sans le coté vicelard de la neige et aussi sans les CR « skitour ». Purée tous les ans, c'est le même refrain. Dès que la neige recouvre la montagne de 3 cm, c’est une avalanche de 5 étoiles, de hold-up parfait, de « C’était dément aujourd’hui, mais demain, ce ne sera plus en conditions ». Sans oublier cette bonne bière partagée après ce meilleur plan des Alpes… Hum, on se régale !

#porntracks

Et puis, le VTT a cela de très rassurant qu’on choisit son engagement. Tu viens de te prendre une belle ratasse et cette marche de 5 cm te fait flipper ?? Pas de problème, passe à pieds et prétexte un problème technique. Et puis quand t’es chaud, Basto ne roule pas si vite finalement. Après le Mont Blanc, on pensait avoir touché du doigt ou plus exactement griffé du cougar ce qui se faisait de mieux en vtt … Tout avait été parfait : temps, équipe, trace et j'en passe. On était à deux doigts de revendre nos bécannes (pour en racheter des mieux en 27,5 pouces en fait ;)

Putain, c'est quand même bon de se planter ! Et oui, le Queyras n'allait pas faillir à sa réputation ... Cette savante alchimie de montagne et de sud, d’authenticité, de calme. D’accueil incomparable… et de chemins pas dégueus.

 

Cette année, c'est en petit comité que nous irons pédaler dans ce pays aux 50 nuances de gris. Côté orga, PierreL s'occupe de tout (sauf de roder ses plaquettes). Il nous a dégoté un superbe tracé avec que de la 4g sur tout l’itinéraire, le top pour suivre le cours de l'action du rouleau de PQ en live ;) Basto est là aussi. Sa mission principale; le tendage de perche à selfies; exercice nécessaire pour agrémenter de quelques images ces quelques lignes. PierreB sera aussi de la partie pour reformer cette bande qui se connaît depuis vingt piges. Autant dire que pour bibi qui termine le quatuor, je vais pouvoir me délecter de ces instants revival à venir, comme dans cette bonne vieille soirée grimpeurs où … tu n'es pas grimpeur.

#porntracks

Samedi, c'est la route. Après avoir croisé Ueli qui termine sa traversée des Alpes, nous commençons nos vacances. Nous voilà à Risoul, au pays des 300 jours de beau par an. Mouais, ben quand je regarde le programme sur Météociel, on est plus dans les 65 là : demain c'est cataclysme le matin et l'après midi et puis un peu tous les jours en fait; fait chier !

Effectivement Dimanche, le ciel nous tombe sur la tête une heure avant le gîte malgré une courte étape. Nous sommes à Saint-Véran, la patrie du couteau à cadran solaire. Mais ce qui nous intéresse en l'occurrence, c'est de prendre une bonne douche à 40°C, c’est quand même plus sympa. Mais je n'irai pas jusqu'à prétendre que ça sèche Monsieur Bernaud ;)

#porntracks

Nous retrouvons rapidement nos automatismes de sportifs de haut niveau. Étirements, Badoit et analyse strava autour d'un bon steak de tofu légumes vapeur. Non, nous ne boirons pas de bière, ni de vin d'ailleurs. Non, nous ne fumerons pas de clopes après avoir dégommé cet énième bout de saucisse ... Non, nous n'avons jamais eu de comptes en Suisse ...

 

Lundi matin, le temps est toujours maussade mais tient bon. Une franche grimpette plus tard et nous voilà à l’observatoire pour regarder ... les nuages d’un peu plus près. C'est aussi et surtout l’occasion de se faire payer un bon thé chaud par les gardiens ! A quasi 3000 ça fait du bien dans le gosier avant la grande descente sur Aiguilles. Celle-ci est technique, longue mais que c’est bon. Que c’est bon aussi de s'attabler devant un bon goûter. Un grand merci à Anne et Pascal pour ce moment et ces conseils avisés ! Et oui le lendemain, nous visitons un superbe vallon qui illustrerait à merveille la page Wikipedia de l'adjectif sauvage. Puis au lieu de finir sur Arvieux, nous cravachons encore 500 mètres de quasi poussage pour aller chercher le single parfait. Cerise sur le gâteau, il fait beau !

#porntracks
#porntracks
#porntracks

Mercredi, on s’envoie encore 1000 mètres en one shot pour rallier le col de Furfande. Gros pourcentages, gros effort mais quelle descente ! Le genre de descente où l’odeur sucrée du mélèze est souvent remplacée cette bonne vieille odeur de plaquette… signe incontestable que tu ne t’es pas trop arrêté sur le prix de l’immobilier dans la région. Et pourtant, tu devrais mon ami car ici, putain qu’est-ce que c’est bien ! Là, nous assistons impuissants au clash entre Les Escoyères et Bramousse.

#porntracks
#porntracks
#porntracks

Toutes les bonnes choses ont une fin, nous quittons à regret le gîte. Nous remontons la bien nommée crête des Chambrettes avec nos copines les mouches, un truc de fou quand même ! Le paysage se fait alors plus alpin et il ne reste bientôt plus qu'une top descente clôturant en beauté cette semaine … Ou pas ! Puisque tout était trop parfait, Monsieur Basto nous déniche un ultime single pas franchement porn, le genre de saloperie avec des épingles à 180° qui déversent de trois mètres. Petite piqûre de rappel (et pas que !) sur les progrès qu'il reste à faire ...

#porntracks
#porntracks

Voilà, comme le timing est aux petits oignons, l’orage éclate alors que nous partageons les dernières miettes de tabac après ce meilleur plan des Alpes ;) Et puis j’ai toujours rien trouvé de bien qui rimait avec ce Queyras. Ah ben si, une chose est sûre, on reviendra !

#porntracks

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié le 21 Juillet 2015

Pan, un article vélo ! Un article tout court diront les mauvaises langues. Il est vrai qu’il ne se passe plus grand choses ici, à l’instar de nombreux sites concurrents … Une tendance nouvelle au minimalisme ? La flemme de majer ? Une page qui se tourne ? Revenons donc à nos moutons et intéressons-nous de plus près à une activité complètement geek ; j’ai nommé le bike packing !

 

Quesaquo ce truc ?? Rien de transcendant en français ; « prendre des affaires en vélo ». (Et ouais tu te rappelles ? Ado, ça faisait le même effet quand tu traduisais en français tes tubes anglo-saxons préférés). Donc en gros, tout le monde fait du bike packing ! Certes, mais la pratique est large … La plus extrême ? Porter son/ses gamin(s) et tout le bordel dans les cols alpins … La plus light (enfin pour les coureurs) ?? Le tour de France, où des camions, un hélico, des voitures, des cars te portent les kinés, ta flotte, Gérard Holzt, tes pâtes (et toutes tes doses d’EPO) le soir à l’hôtel. Même pas besoin de s'emmerder avec la CB !! Entre les deux ; une pratique qui semble titiller la pédale 73, regroupement hiptser/bobo toujours au fait des derniers touchages technologiques …

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Alors alors, quid de NOTRE définition du bike packing ? A vrai dire, ce qu’on veut, c’est du light & de l’autonomie, c’est-à-dire une petite sacoche sur l’avion où notre petit bazar tiendra. Moins d’1,5 kg d’impédimentas le tout sur des parcours nerveux de quelques jours : voilà pour la sémantique. Et puis, on ouvre le guide Michelin et l’imagination fait le reste. Après avoir tracé de belles lignes à la journée et arrivant assez vite à des dénivelés envisageables uniquement après trois pintes de Leffe, une ligne sur plusieurs jours est devenue l’évidence !

 

Objectif majeur de l’année, La GTA !! Mais bon vu l’emploi du temps quasi-ministériel de l’autre membre de la pédale, un doute subsiste sur l’année en question ;) Cela étant dit, il y a peu, j’ai donc testé en solo ce mode de déplacement fluide, esthétique, rapide (ou pas !) mais diablement exigeant. Car oui, attention à l’enfonçage de porte ouverte, il faut enchainer ! Et ça ne se bouscule pas trop au portillon pour accompagner la pédale. Pour ce galop d’essai, Belledonne m’a bien inspiré : 250 km et pas loin de 6000 m positifs d’un parcours à l’esthétique implacable toujours au plus près des montagnes …

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Samedi, gare de Ponch’ et c’est tipar pour le grand Cucheron. RAS, la sacoche ne bouge pas trop, pas de gênes. Montée presque au frais et voilà rapidement la très belle descente sur la Maurienne qui ne peut pas en dire autant. De la nationale sans intérêt s’en suit et enfin le Glandon. Ah ce Glandon, des souvenirs, des flashs de l’EDT 2012 … Là je suis tout seul sur la route, moins affuté, sans pression mais toujours cette même putain de playlist et surtout ce même plaisir dès que le pourcentage augmente : tout l’ADN de la pédale est ici ! Voilà pour la madeleine de Proust, une madeleine au goût dégueu d’un gel citron. Aujourd’hui, ça monte sans se mettre dans le rouge sauf la fin toujours aussi ignoble, négociée debout sur les pédales. Un col qui se mérite comme dirait l'autre ... Ou pas !

 

Scène surréaliste du mec qui descend de sa bagnole en cycliste, sort sa monture du coffre et demande une tof devant le panneau ... Blague ? Absence totale de diginité ? C'est l'hallu totale ...

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger
Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

La bascule effectuée, je m’échoue au premier bar pour retaper le bonhomme. En bike packing, on est aussi là pour se faire plaisir : un Orangina par ici, un jambon beurre et une part de tarte par-là, ça flatte largement plus les papilles que l’hydrixir et autres gels infâmes ! A 15 heures, je repars et laisse Newton faire le job, pas trop quand même car cette descente est rapide. Me voilà rapidement au gîte pour une halte réparatrice.

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

En haut la théorie, et en bas la pratique, nettement plus sympa !!

le diététicien de la pédale

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Hydratation, étirements, repas gargantuesque, il s’agit de récupérer car demain est un autre jour … de vélo ! Et ce deuxième jour est encore plus difficile, mais superbe avec notamment la découverte du col du Luitel et son arrivée bucolique à souhait. Viens Chamrousse puis les magnifiques balcons de Belledonne, magnifiques mais diablement casse-pattes ... Et sous ce cagnard, cela demande un chouïa de fighting-spirit. La dernière difficulté franchie à savoir le col du Barrioz et je peux enfin laisser pisser vers le lac d’Allevard et Pontcharra. La boucle est bouclée, avec toujours cette délicieuse impression d’être parti un peu plus longtemps, un peu plus loin … 

Allez Benji, balance-moi ce putain de doodle !

Harder, Better, (pas)Faster, Stronger
Harder, Better, (pas)Faster, Stronger
Harder, Better, (pas)Faster, Stronger
Harder, Better, (pas)Faster, Stronger

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié le 15 Mars 2015

Ce weekend ; ciel bleu insolent sur l’alpe (bien !) … mais peu de retours de courses (pas bien !!). Une bouteille lancée à la mer sur une adresse aussi réactive que la hotline de la poste : gregoire.lestienne.at.gmail.com. Finalement une première touche puis un zeste d’obstination (genre pêche à la grenade), et voilà que le repos dominical s’oriente idéalement vers les entonnoirs glacés de Chamouni. Où quoi comment ?? Franchement, on n’en sait rien … Tiens, pourquoi pas la Ravanel-Frendo ? Nous voilà donc de bon matin sur le parking des Grands, pas très frais pas très pimpants, essuyant d’entrée de jeu un superbe but « vent ». Il est vrai qu’on ne s’attarde jamais assez sur cette putain de carte des vents : 100 km/h là-haut. Le lever à 5h n’aura servi à rien : fait chier !

 

Brocouilles, nous tentons notre chance à la benne après avoir finaudé en achetant le billet au Montenvers pour zapper les mille ans de queue (NDLR : ne jamais commencer sa négo par « Normalement »). Ici, c’est la fashion week avec du norrona, du haglöfs, du arc’teryx mais aussi du millet pour les plus modestes. Dans ce foutoir multicolore, on a croisé Dom, ce vieux guidos super sympa qui a encadré mes premiers coups de pioches au Caf d’Aix, il y a plus de dix ans. Marsigny nous a aussi broyé la main ; c’est complètement people la benne !

I’m lovin’it !

Un petit café 3G pour temporiser/organiser et nous voilà entrain de déniveler vers l’aiguille à une allure kilianesque. En y réfléchissant, je ne saurais dire si ce néologisme colle bien à la situation : la fusée catalane ayant eu quelques déboires dans cette face Nord ;) Après ces records de vitesse, place aux escargots de l’arête mais grâce à un truc magique appelé « crampons », nous sortons des embouteillages et mettons de suite nos spatules en direction des pointes Lachenal. Objectif : la goulotte chips & soda (attention énigme du père Fouras puissance 12). On s’équipe paisiblement car il fait plutôt bon au soleil. De la glace facile pour chauffer puis rapidement un passage qui mobilise toutes les ressources du Greg. Trois onglées plus tard, à mon tour : pan ! Un grand écart vandamesque et je m’extrais du passage avant d’aller tâter le crux: M5+ en vrai coincement de lame. Un truc nouveau en terrain non aseptisé : Dément !

I’m lovin’it !

A présent, nous descendons la vallée blanche et mettons le clignotant à droite vers Leschaux avec un plat monstre long avant le mythique refuge. Les grandes Jorasses sont là, omniprésentes et complètement indifférentes à notre progression. Quasi personne dans le coin, juste une tente sous la face qui donne la mesure des lieux. Ici, c’est pas les goulottes de Chamrousse mon gars ! Pas d’infos donc et le risque de but qui va avec mais du wilderness, du vrai. Nous visons l’évidente goulotte Nord-Ouest de la pointe de Frébouze. Aux jumelles, ça sent bon mis à part un petit verrou caillouteux. Atteindre le refuge est plutôt désagréable : échelles, pentes de glace en solo et neige expo. Encore un peu d’acrobaties pour atteindre la porte d’entrée. Ouf, la bière est plus que méritée !

I’m lovin’it !

Dès lors, il s’agit de recharger les batteries avec le rituel de la fonte de neige … ou pas ! Quelle tête n’ai-je pas faite lorsque Monsieur Lestienne me ramena mon réchaud, mon petit titane, décapité, gisant entre ses mains penaudes. Argh ! Du beau boulot mon garçon : nous voilà gros jean comme devant ! Il faut reconnaître que les ingénieurs MSR ont été légèrement optimistes niveau sections et on espère qu’ils ne s’amusent pas à dimensionner des avions le week-end. 

I’m lovin’it !

Allez champion, essaye donc de réparer tes conneries maintenant !!

Edgar Pasgropiron

Heureusement, deux acolytes sont également là et nous dépannent avantageusement. L’occasion de leurs refaire ici un petit big up et pas que pour ce coup de main. En effet, un des gars prévoit (et réussira) la FN des jojos demain en solo avec l’ambition d’ouvrir un truc. Cela nous laisse perplexe et/ou rêveur lorsque nous décollons à 6h du mat et que ce fou et/ou mutant dort comme un bienheureux.

I’m lovin’it !

De notre côté, on se concentre sur cette descente extrêmement désagréable avant de s’envoyer l’approche qui l’est tout autant, voire plus. Enfin la rimaye ! Putain, enfin … On s’équipe et c’est tipar pour de la bonne déroulante. Comme un vieux chacal, je laisse le guide tracer ce cône extrêmement chargé en prétextant à grands renforts de mauvaise foi, qu’il a plus la caisse. La suite ? Rien à signaler mais c’est beau, direct, classe, top.

I’m lovin’it !
I’m lovin’it !

Mais, ces 500 mètres nous paraissent foutrement plus long que ceux du débonnaire petit viking. Comme mon compagnon de bordée a un petit coup de mou, je plie la fin, car je me sens en plein forme. Il m’a juste fallu 5h pour me réveiller. 5h, c’est aussi le temps qu’il nous aura fallu pour partager cette belle varappe et poser nos fesses à califourchon sur cette arête baignée de soleil. Il manque plus que le café ! Les grandes Jorasses sont toujours là ; omnipotentes … Le calme est absolu, dieu que j’aime ces moments …

I’m lovin’it !

Il est temps de redescendre. Cette fois, pas la peine de gueuler le classique « corde !!!». Pas non plus d’imbroglios de nouilles au relais, on est vraiment plus que peinard. Les skis n’ont pas bougé et m’attendent pour le dernier crux de la journée : la descente ! Où j’ai encore pris le maxi tarif. Bien l’impression que sur les derniers mètres (et même les premiers après réflexion), Gaspard aurait mieux skié l’affaire. Bref, vers 19h, après deux heures à torturer mes quadris, nous voilà confortablement attablés, à déchirer un bon macdal ... après avoir croqué la vie à pleines dent !

I’m lovin’it !

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 19 Février 2015

La glace raide, une assuétude bien plus puissante que n’importe quelle autre activité verticale. Un peu comme mettre le nez dans Game of Thrones et se taper l’intégrale en un mois. Et pourquoi cela ? Primo : la structure, la raideur : envoûtantes. Secondo la période toujours trop courte, haletante. Le cocktail est bigrement addictif, tant et si bien qu’on devient rapidement insensible à des trucs comme se lever à 5h du mat ou se prendre des seaux de flotte à 0°C sur la courge. De vrais camés, hypnotisés par tous ces dards bien dodus ...

Et puis c’est pas le tout, mais tu t’es quand même tapé moultes séances ultra-chiantes de muscu/conti. Et même du dry à Saint-Sat bordel. Là pour le coup, c'est plus l’intégrale de plus belle la vie. Bref, tout ça pour dire qu’en février, le glaciériste, il est pas là pour acheter du terrain : money time oblige ! Alors JB, prends donc tes monics et fait chauffer le scénic: y a cascade là ! (Au fait, oublie pas le baudard et les crampons ;)

Ice fall connexion

Un énième lautaret plus tard et pan, direct dans Hiroshima. Un 5 de référence, un 5 qui a marqué l'histoire de la glace française. En plus cette année, pas vraiment en solde l'affaire, de quoi me faire regretter le pécher d'orgueil de la veille: "Pouah du 5, je peux bien reprendre un verre …". Ben tiens donc: structure fine et légère, brochages pas évidents, je décuve assez rapidement mais ne tarde pas à retrouver mes marques. A force de pratiquer, on commence à vraiment sentir la matière glace à travers nos pioches et nos crabes : la qualité d’un ancrage, l’évaluation de la solidité de cette broche à plus ou moins 75 grammes. Et puis on arrive aussi à mieux la lire, à deviner les crochetages, comme cette main qui vient chercher naturellement une prise. C’est tout un art mais c'est somme toute pas évident à expliquer.

Ice fall connexion
Ice fall connexion

Le lendemain, nous jetons notre dévolu sur une autre belle classique: la directe de l'arc de cercle à Fressinières. Assurément une belle ligne mais victime du peu de condis générales dans l’Alpe, ça bouchonne grave dans le crux. Au bout d’une heure trente, je ne tiens plus en place. Quand soudain, ma motivation est légèrement refroidie par ce jeune pyrénéen prenant un magnifique tir. Le voir pendu sur la corde sans bouger m’a glacé le sang. Heureusement, plus de peur que de mal. Petit rappel aussi, ce sport est dangereux, il faut quand même engager la viande même si la marge est sensée nous garder loin de cette zone accidentogène. Et c’est bien là la différence fondamentale avec la varappe spitée. Allez, à mon tour de me frotter à ce 5 humide à souhait. Summit et encore une chouette ligne. Ces bonnes conditions ne tardent pas à attirer l'animal ... qui possède un temps libre capable de faire passer l’espace sigma du CEA pour celui de Foxcom.

Ice fall connexion

Donc maître Francois-Xavier, par l'odeur de la bugne alléché nous tint à peu près ce langage. "Si votre paire de bras se rapporte à votre superbe gore-tex alors au grade 6 des viollins nous irons grimper !" Il n’en fallait pas plus pour nous corrompre … Banco ! Au pied de la bête, l’hésitation et l’excitation sont plus que palpables. Y va Y va pas ??… Putain, c’est un 6 sur le topo, un grade 6 ! Une barre mythique, comme à la perche !! Une barre qui permet vraiment de parler de glace raide. Si le fiston les enfile comme des perles. De mon côté, on est plus sur une approche Jean-Claude Dussienne de la chose : sur un malentendu, ça pourrait peut-être éventuellement marcher. Dans le doute, je le laisse donc y aller. Le truc est randonné en dix minutes (pour les non avertis, c’est rapide) et voilà que le coach descend en rappel: verdict : up to me ! Régalade totale même si c’est les soldes : que c’est bon d’être pendu sur les pioches, de claquer des écarts, de fermer le bras dans ce petit pas en dévers plein gaz. Encore un bon petit rail là ... Après l'effort, on reprend nos petites habitudes chez Marie Blachère avec le dégommage de duich' qui va bien. Au soleil, on prend du bon temps avant de rebasculer une dernière fois dans l'ombre ...

Ice fall connexion

Aujourd'hui lorsque nous traversons sous la face, le pas se fait rapide. Exposition maximale sous la vieille et grande mâchoire de Gramusat prête à perdre ses dents. A l'attaque, encore des pyrénéens ! Scandaleux ! La journée promet d'être longue ... mais sympa. Gramusat donc, un temple de la glace synonyme d'inaccessible pour le glaciériste lambda mais comme on a une F1 sur la corde, on se fait zizir. La voie c’est Blind Faith, on imagine qu’à l’ouverture, ils ont du se mettre bien les gars. Et puis petit détail today, c'est vendredi 13, chance ou pas, Fix manque de peu la correctionnelle: le meteor est atomisé par une chute de glace: enjoy !...

Ice fall connexion
Ice fall connexion

... Après l’artif, nous parcourons un grand mur plein gaz. Tout va bien, c'est majeur. Et à la faveur d'une erreur d'itinéraire de Mister Wagner himself, on repasse devant. Niveau ambiance, en face sud, tout s'effondre, au pied aussi, ça tombe. Des craquements sourds et lugubres qui serrent le ventre. Putain faudrait y mettre un bon coup de polident ! Dans ces moments-là, dire des conneries pour détendre l’atmosphère semble important ... Mais revenons à nos moutons, nous voilà maintenant au pied du dernier cigare. Pendu dans le ciel, on fait le tour du proprio sur les 40 mètres de sa structure: juste incroyable. Malgré l’euphorie, faudrait pas oublier que tu ne grimpes pas sur des spits de 12 et que faire de la merde dans cet univers peut te coûter cher, à toi ou à une autre cordée. Attention à l’overdose donc …

Abseil down, au passage, on torche rapidement la longueur ratée et on plie les gaules. Il est à noter que cette descente damoclèsienne t’offre une séance de musculation des fessiers complètement gratuite. Un dernier sprint sous la face et nous voilà sur la route, plus rien ne peut nous arriver à part une indigestion de bugnes. Putain dément les gars, merci ! Et merci aussi à Marie-Christine et Natacha pour l’accueil haut-alpin.

Ice fall connexion

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Publié le 9 Janvier 2015

Noël ça se passe souvent comme ça : TF1 qui ressort du grenier ses sempiternels marronniers sur le foie gras ou encore les cadeaux achetés à la dernière minute. Sans oublier le reportage exclusif sur ce bon vieux fabricant de jouets en bois made in Jura. En moins bisounours, tu as aussi la crevure qui vide les rayons en septembre, stocke les cadeaux pour les revendre plus chers juste avant le 24 (genre au mec qui achète ses cadeaux à la dernière minute).

 

Putain, va l’expliquer ça, à ton gamin, qu’y a un enfoiré de père noël capitalisto-opportuniste qui veut t’escroquer parce que tu t’y prends toujours à l’arrache ! Bon courage ! Bref …

 

… Chauffé à blanc par toute cette magie pavlovienne, c’est un marathon calorique et alcoolisé qui t’attend … Puis las d’avoir fêté dix-sept fois l’arrivée du petit Jésus dans une avalanche de décibels, tu vas enfin pouvoir t’écrouler dans le canapé pour un énième visionnage du père noël est une ordure : tu l’as bien mérité. Facile, tu enchaines sur nouvel an en échappant avec un peu de chance à la traditionnelle queue leu-leu. Et voilà, tu boucles la boucle avec le dernier marronnier des vacances mais le meilleur – et de loin : les résolutions de la nouvelle année !

Finalement, je préfère les marronniers ...

Cette année je vais à la salle de sport et j’arrête de fumer !!

Benjamin David

Ou pas. L’abonnement finira donc sur eBay à partir de la mi-janvier ou plus classiquement au fond d’un tiroir. Ce scénario à la mécanique implacable semble se répéter à l’infini, encore et toujours. Mais bon, on va arrêter cinq minutes de faire du Houellebecq et voir le bon côté des choses : Noël, c’est aussi l’occasion de passer du temps en famille, avec les amis, de recharger les batteries et puis c’est dans les écrins que ça se passe cette année : the place to be !

… Ah les écrins … Un massif loin du tumulte quotidien. Des montagnes aux larges vallées ouvertes et souriantes comme les gens du pays. Un endroit où tu te sens bien juste avec un café, à dorer au soleil devant un paysage de cinéma … Revers de la médaille, sans carte vermeille, pas facile de trouver ici quelconque revenu.

Finalement, je préfère les marronniers ...

Donc un réveillon par ici, une petite cascade par-là, des descentes en luge, Gaspard sur des skis, un igloo … Putain, Michel, vient habiter ici, tu feras moins la gueule ! 2014 se termine donc tranquillement et surtout délicieusement. Vient alors le nouvel an au gite du Rocher: ou le traquenard ! Pensant festoyer de façon pantouflarde, nous voilà embrigadés par la bande des stéphanois dans une soirée à enchaîner les shooters de génépi, fumant clopes sur clopes en T-shirt par moins dix. Le genre de soirées que tu payes classiquement le lendemain par un combo grimpe/mal au crâne/extinction de voix/bouche pâteuse …

 

… Pouah, que dalle ! C’est frais comme un gardon que je repars le surlendemain (faut pas déconner), vers le Lautaret. Au programme une goulotte surprise pour l’anniversaire de Monsieur Berton. Voilà bientôt deux ans que n’avions pas varappé all together, un sacré bail tout de même.

Finalement, je préfère les marronniers ...

Le diot/crozets sera dégommé et notre pendulette réveil bientôt réglée en mode CAF : avec Jéjé, on fait pas la grasse mat ! L'approche est rapide, on s'encorde. Le chifoumi mort subite gagné et me voilà à tracer gentillement en direction du premier crux. Le genre de crux incotable typique  Belledonne: un petit combat de rue qui doit faire cinq mètres à tout péter mais bigrement raide ! Difficile à protéger, des pieds en cartons au départ et un placage incertain, loin. Entre les deux, rien de bien consistant à se mettre sous le dart. Une fermeture de bras plus tard et pan, me voilà sortie d’affaire. Jéjé continue à corde tendue, quelques petits pas finauds pimentent la grimpe, ça cruise. Nous voilà bientôt sous le dernier ressaut: 40 mètres de glace, en mode béton++. C’est à dire que toute frappe non bucheronesque se voit repoussée un peu comme si t’essayais de casser un mur au cure dents. Au final ça commence à user le bonhomme d’autant plus qu’il reste encore facile 200 mètres à chaler dans cette neige. 3h30 plus tard, l’affaire est pliée avec un chrono quasi fixien: good game comme disent les Djeun’s !

Finalement, je préfère les marronniers ...

Dimanche, il faut bien se faire une raison et quitter le pays, à reculons. Le Lautaret passé, un dernier regard vers la reine Meije et nous nous engouffrons dans la sombre et lugubre romanche : transition pas évidente à gérer : genre Calogero après Vivaldi. Blague à part, je me suis toujours demandé comment les gens faisait pour habiter dans cet endroit. L’habitude sans doute … Ou peut-être une allergie à la vitamine D, de graves problèmes de vue ?? En effet, comment supporter un seul instant ces pierres noires et gluantes de ne pas voir le soleil ? Et ces arbres éternellement chauves ?

Finalement, je préfère les marronniers ...

« Chéri cette année c’est décidé, on déménage de Livet et on va habiter à Briançon …

… Et puis fait chier ! »

Finalement, je préfère les marronniers ...

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié le 17 Décembre 2014

Cette année, rien de cassé, on prend presque les mêmes et on recommence. Cette année donc, on retente le coup avec Sophie & Yoann : Sawadi(cap) la Thaïlande !! … Toujours quelques points flippants avec un enfant : un contexte géopolitique pas foufou, un palu assez méchant et nouveau en Asie. Et puis Daech qui voudrait faire mumuse avec des lance-roquettes sur les avions de ligne. Avec ton gamin, ce genre de risques à la marge ne reste pas tant que ça à la marge en fait. Inch Allah …

Effet Kiss Cool

Un paquet de temps aussi que l’on avait pas fait un grand voyage comme ça. Trois ans pour être précis. La Thaïlande donc; une destination clé en main de l’ancien testament que l'on pourrait aisément qualifier de voyage de branleur ! Point de big wall d’ampleur, de voies aventureuses nécessitant le double racks de c4. Un sac à pof, douze paires et en avant Guingamp. Ah, on me signale à l’oreillette qu’y a aussi Gaspard. Le voyage de branleur se transforme gentiment en simili expé dans la face nord du Jannu. A commencer par la logistique. Lors des transferts, c’est environ 40 kg de bordel qui meurtrissent mes petites épaules. Parmi cette montagne d'affaires, deux incontournables: tablette et tente deux secondes. La tablette te transforme un hyper actif en autiste sourd et muet, c'est somme toute agréable à l'apéro. La tente de son côté évite que ta progéniture ne se fasse dévorer par les moustiques.

Effet Kiss Cool

Et oui, jamais de temps mort, toujours un truc à faire. Mais surtout essayer de faire coïncider le pic de fuego avec la sieste de la crapule et/ou l’orage qui rafraîchit l’atmosphère. A ce jeu-là, on s’en tire plutôt bien avec une palanquée de 7a/7a+. Rien de transcendant mais des perfs honnêtes souvent premier essai, mis à part trophy hunter, ce piégeux 7a qui m’a demandé quelques TSAAA !!! Plus à l’aise en face nord, j’avoue avoir un vrai problème avec la chaleur : ça me pompe tout mon jus, tout comme ces enfoirés de moustiques ! C’est quand même beau de faire tout ça en famille mais soyons clairs, nous rentrerons complètement rétamés.

Effet Kiss Cool

Soyons honnête aussi (mais pas trop), ma première impression de Tonsaï fut plus que mitigée … Coin assez dégueulasse, vacarme incessant des long tail boats, voies patinées (Michel vient ici, y a du taf !) ... Et puis avec le temps, on finit par se concentrer sur les bons côtés. Tout ça pour dire qu’au bout de deux semaines, on sera un peu triste de partir. On aura vécu de bons moments sur cette plage, rencontré une tripotée de gens. Pour la bouffe, c’est l’effet inverse. Si les premiers plats étaient un régal, assez rapidement, la simple évocation de curry ou noodle te ferait presque regretter la saveur d'un bon macdal.

Effet Kiss Cool

Un autre aspect du voyage qui m’a stupéfié, c’est le comportement du pinpin à la mer, plus occupé à se filmer/photographier qu'à profiter de l’instant présent. Mais le summum du nombrilisme, c'est le mec à la gopro montée sur une perche qui marche sur la plage et qui dit à la gopro: "là, je marche sur la plage": Tristifiant ... Le soir au resto, c'est soirée facebook ... C'est le ponpon ... Putain, pauvres diables esclaves de leur avatar numérique ... Et nous dans tout ça ?? On reste des touristes aussi, avec un sac à pof certes mais des touristes quand même. Pourtant, on n'est clairement pas venu chercher le même truc... de l'authenticité, un peu plus de contact avec les locaux. Et ça, seul le temps le permet. Les thaïlandais sont très accueillants, souriants, particulièrement avec les enfants. Mais bon, tu tomberas toujours sur un mec qui essayera de t’entuber en faisant semblant de ne rien comprendre, c’est le jeu ma pauvre Lucette quand tu viens d’un pays où le PIB est quasi dix fois plus élevé.

Effet Kiss Cool

Au bout de dix jours sur place, nous avons bien écumé les sites baby friendly et il ne faudrait pas oublier le multipitch project : Heart of darkness. Dixit Arnaud Petit : « on ne va pas en Thaïlande pour faire de la grande voie ». Ben ça serait quand même bien dommage de rater celle-là ! Parait aussi que si tu trouves pas quelqu’un pour faire le rappel de Humanality, t’es un blaireau … En parlant de ça, s’agirait de trouver un grimpeux et même deux pour la faire notre petite GV !

Effet Kiss Cool
Effet Kiss Cool

Raphaël me pose un lapin car il a mal au bras. Les canadiens n’aiment pas le vide mais Théodore me dit qu’Antonio serait motivé. Je pars donc à dum’s kitchen, Martin me dit qu’Antonio nage de l’autre côté. L’autre côté c’est … Railay, Y a trois plages et 2000 bobys et je sais juste qu’Antonio a un chapeau. Sachant qu’il nage, ça me fait une putain de belle jambe !

Mais bon, l’œil affûté de la sentinelle fait mouche ! Pan, l’animal est appréhendé et rendez-vous est fixé au surlendemain. Ce grimpeur sur affûté me fait un peu peur lorsque après avoir bricolé pendant une demi au relais, le bougre se vache et se décorde, tout simplement. Complètement fluent et surtout complètement halluciné, je lui demande:

 

« What are you doing ???! »

Il me répond: « It’s my climbing teacher, Guillaume Pellissier who learned me the art of belay !»

 

Le lendemain, je suis terrassé par une gatro qui abattrait au minimum un cheval. Moment de solitude lorsque sans lentilles, de nuit, tu essayes de réparer cette chasse d'eau et que tout t’explose à la gueulle, que ça coule de partout et qu'il te reste trente secondes avant de tomber dans les pommes. Il est temps de passer à autres choses.

Effet Kiss Cool

La fin du séjour sera consacrée à la plongée. Ko phi phi n’est pas surfréquentée et le routard vente ses fonds marins. Pour nous, ce sera une totale découverte car nous sommes complètement néophyte dans l’activité. Élevé aux épisodes de la calypso et du seul bonnet rouge digne d’intérêt, j’ai nommé le génial commandant Cousteau (au passage inventeur du détendeur moderne), j’attendais avec impatience l’occasion de plonger à 200 m avec de l’hélium ou de nager avec des requins. On s'enflamme pas !

 

Un peu d’appréhension avant de se jeter à l'eau avec les quelques 20 kg de matos sur le dos. Briefing, exercices de sécu et c’est parti pour rejoindre le monde du silence. Une activité d’une zénitude totale … contemplative. La grande visibilité, la flotte à 30°C et surtout l’absence notoire de bestioles capables de te dézinguer font que tu nages assez détendu. Quelle sensation ! le balai multicolore de magnifiques poissons, les coraux et les requins ! Ouais okay, c'était des bébés requins en fait. Bref, un émerveillement qui m’a rappelé ma première intrusion en haute montagne.

Effet Kiss Cool
Effet Kiss Cool

Les vacances se terminent donc sur cette note salée et lumineuse. L’A380 met les gaz, Gaspard est aux anges. Nous amorçons un retour on ne peut plus long vers les brumeuses et froides contrées savoyardes … A noter que pour une fois, le crédit photo 100% bibi … Amazing !!!

… Bon ok faut aimer les bateaux ;)

Effet Kiss Cool

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #grimpe

Publié le 22 Octobre 2014

En 2013, si la sortie annuelle avec Monsieur Bernaud avait été annulée pour cause de cheville en mousse, aux dernières nouvelles, Monsieur Morell ne m’aurait toujours pas donné d’excuses valables pour 2011 et 13. Ben ouais, ces dernières piges, plus de chance de chopper Ebola que de grimper avec le garde-barrière annécien : tout simplement inacceptable !

 

Mais 2014, octobre en fait, est à marquer d’une pierre blanche : alignement parfait de Mercure, Saturne et Jupiter ; Oh my God, c’est complètement amazing ! Bref, Pierre sera sur-encadré pour cette sortie: un vrai guide et … un faux guide, polonais ou tchécoslovaque, on ne sait pas trop. D’après les kandiratons, il boiterait dans Cham’ de bars en bars, soûlant tout le monde avec un enchaînement de quatre 5.2 quasi-mythique … Quasi-mythique !!

Sur un rail …

Mais revenons à nos moutons. Rappel du concept ; une belle arête automnale faisant bonne presse sur C2C. Et je dois dire que cette saison lumineuse rend ce genre de classiques particulièrement savoureuses. D’habitude sur-fréquentée, Il faudra juste accepter une attaque matinale et s’accommoder du début d’onglée qui va avec. Le reste n’est que luxe, calme et volupté … Ah oui, j’oubliais, direction la Suisse et les écandies !

 

Malins, nous effectuons la route la veille car si l’iso est fichtrement haut pour un 18 octobre, le dérèglement climatique n’a toujours aucun impact sur la durée des jours. Annecy nord, nous retrouvons un homme fatigué assailli de questions existentielles : ambiance France culture dans la 206 et … dans la tente. Nico s’allonge sur son divan Thermarest et continue à philosopher. Pierre est quant à lui aux prises avec des rêves bizarres à base d’attaques de chèvres. Une fois n’est pas coutume, je dors comme un loir. Un seul cauchemar vers 5h45 où je crois entendre un réveil. A ben non, merde, faut se bouger et sans regret, nous quittons ce squat labellisé Blair Witch. La marche d’approche est avalée au pas de course. Nous voilà à pied d’œuvre, sous la fissure d’attaque, plutôt frisquette : l’onglée est elle aussi validée. A partir de maintenant, si c’est pas l’orgie, je fais un putain de scandale ! Patience …

Sur un rail …
Sur un rail …

… Entre ombre et lumière, entre glacier et mélèzes, nous déambulons avec une nonchalance pleine d’à-propos. Un petit gendarme escaladé par ici, un topo mal lu et un pinacle snobé par là. De temps à autres, une petite claque dans une fissure ... Mouais, une bonne grosse torgnole en fait ! Puisqu’on veut faire les beaux gosses, on a gardé les grosses. Et le 5+ en grosses à Chamonix, attention lieu commun : c’est pas évident, tout comme jouer du violon avec des gants de boxe pour reprendre Coluche. Autre difficulté à signaler : le saut de l’ange. Il sera réalisé en beau style, sans trembler : pas dur, c’est sûr, mais sûr que si tu te plantes, ça tapera dur…

Sur un rail …
Sur un rail …

Rapidement nous voilà au sommet Sud. Les conditions quasi estivales invitent à une pause saucisson/tabac/bronzette : triptyque parfait. Il n’est que deux heures trente lorsque nous atteignons la brèche médiane marquant la fin de la première partie. La suite, certes moins sexy, nous tend les bras et comme on aime le travail bien fait, on s’y colle sans renâcler. Cela dit, une longueur terreuse au rocher chipseux me fait presque regretter ce choix : téléportation immédiate dans les pires contrées de l’Oisans sauvage. De retour sur le fil, encore quelques petits pas et nous voilà à contourner largement les gendarmes. Fin de la traversée sous la fenêtre d’arpette.

Sur un rail …
Sur un rail …
Sur un rail …

Cette intégrale représente déjà une belle entreprise, ludique mais surtout complète : toute la boite à outils de l’alpiniste est passée en revue : rasoir, fissures, renfougne, verrou, assurage à l’épaule, en mouvement et j’en passe ! Et pour terminer sur une allégorie digne du mec le plus aware qui soit: même si on est sur un rail, c’est vraiment varié : des hauts, des bas, des choix à faire, toujours, plusieurs variantes possibles … Putain, tu en veux encore ?? Allez va, c’est cadeau …

Sur un rail …

Le monde est composé de flèches et de molécules, et d’électricité, comme le Big Bang tu vois, et tout ça, ça forme, l’univers.

Jean Claude Van Damme

… Pouah, il est sidérant le garçon, pas facile d’enchainer sur les propos de ce cerveau d’exception. Mais voilà, c’est fini, coché, plié. On a fait le tour du cadran mais pas forcément celui de la question. Rendez-vous donc dans un an ou quatre ans ? Ça fera pas quinze ans c’est sûr, mais la valeur n’attend pas le nombre des années parait-il.

Sur un rail …

En alpinisme tout est affaire de montagnes quand elles sont belles, et de compagnons quand ils sont bons. Des deux éléments réunis naissent des moments de vie intenses entre l'art et l'ordinaire, entre le luxe et la variété.

Dominique Radigue

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne