Force est de constater une bien longue période d’inactivité depuis les courtes. RAS, pétole … Hé oui, Gaspard est arrivé depuis bientôt deux mois pour notre plus grand bonheur ! Mais las d’enchainer des cols du Granier à Mach 12 sans compétition aucune, il est temps de remettre les chaussons …
… Vie de famille et escalade : deux concepts qui vont pas vraiment ensemble. Allez, on va quand même tenter de marier les deux sans l’appui logistique des parents/beaux parents le temps d’un we haut alpin pour un double enjeu :
Comme c'est mignon ... Le calme avant la tempête !!
Nous (re)visiterons pour l’occasion le Ponteil et le Pouit : deux beaux sites qui permettent de remettre le pied à l’étrier. Si les Spitz / Pellissier sont partis sur de bonnes bases pour faire du 7c cet automne, on ne peut pas en dire autant des Lardy / Claudon dont le style est nettement plus poussif. Les fans de la grande époque n’oublieront pourtant pas les réalisations de haute tenue et les quelques buts mis au plus affuté des grimpeurs de la team Chambéry ;)
Un rocher étonnamment bon pour les écrins !
On note également une tendance bizarre : dès que ça dépasse le 6c, la corde vient du haut. Une Gégènite ?? Maladie bien connue des spécialistes qui consiste à utiliser la moulinette comme seul et unique moyen de progression moyennant au passage la préhension de toutes les prises disponibles, fussent-elles métalliques ;)
Décontracté, notez la tongue à 2,51 cm de l'abîme ...
... du coup, on ne sait plus vraiment qui assure qui ;)
Les journées de grimpe sont entrecoupées de pétanques / baby (foot) / bières / coinches qui permettent de meubler agréablement les emplois du temps de grimpeurs navrés par une météo capricieuse.
L'acitivité préférée de Gaspard !
Finalement, un test qui se révèle plutôt concluant même si c’est encore un peu tôt. Reste à passer à l’étape suivante ; la grande voie ;)
Une météo radieuse, une face plutôt en conditions, un partenaire motivé qui a du temps. Ni une ni deux, allons donc profiter d’un dernier créneau montagne avant l’astreinte pré-parentale !
Peu de choses en condis sur Cham, donc nous partons pour faire du réchauffé en face nord des courtes avec les suisses. Cette année, c’est très fin, presque une goulotte ou l’assurance d’avoir les mollets défoncés. Le passage de la rimaye nous fait de suite entrer dans le vif du sujet. Tu aimes la glace ? Allez viens aux courtes, tu vas en manger pendant 850 m …
Action !
Rien de très dur dans cette voie mais un ensemble fort soutenu qui n’incite pas à la rêverie. Alourdis de skis et trainant des enclumes aux pieds, nous gagnons de l’altitude bien lentement. Vague humiliation quand on sait que ce truc a été ouvert sans broche et avec un piolet droit. Avec mes nomics, je me sens un peu comme dans un péplum avec un ipod. Un anachronisme flagrant qui donne toute sa valeur à la première. Notre hommage aux anciens sera d’utiliser un câble aussi souple qu’une corde en chanvre et qui refuse catégoriquement de fonctionner avec un réverso : assurage à l’épaule de rigueur, Guillaume est ravi !
Re - action !
Label face nord incontestable !!
La cime est tout de même atteinte au bout de 7h30, soit 2321 coups de pioches et 2845 coups de crampons. Bref, on est claqué. L’absence totale de vent ordonne une pause répartitrice au sommet. Sommet qui gardera sa blancheur immaculée malgré son altitude élevée. En effet, point de sandwich hypracalorique dans la besace de Guillaume : ceci expliquant cela.
Les hommes sont fatigués : Guillaume ne regarde même pas l'APN, qu'il tient pourtant ;)
Une fuyante qui nous ramène mille mètres plus bas ...
Enfin la neige !!
Vient alors le moment tant rêvé et attendu : La descente ! Guillaume veut skier tout de suite mais je ne l’entends pas de cette oreille : j’aimerais bien ne plus voir les méchantes barres avant de chausser. C’est donc parti pour une séance de brasse coulée tellement relou que je fini par craquer et chausser les skis. Guillaume prétend que si je tombe la corde me retiendra. A moitié (r)assuré, je m’engage dans ce périlleux et détestable exercice qui est pour moi un véritable supplice.
L'envers du décor, aimable et paisible ...
La fin de la descente se passe sur une moquette tout à fait sympathique. Quel plaisir de se laisser glisser sans pression dans ce jardin d’altitude. Assurément une belle boucle et une grande journée ! On fait quoi l’année prochaine Guillaume ?
Voulant profiter des conditions de glace tout à fait exceptionnelles à basse altitude, nous partons avec Greg et Marco vers la Chartreuse (très) profonde pour visiter un canyon sauvage de 250 m en 4/5 selon le topo. Parfait pour une remise à niveau en tête. Mais à la lecture de la carte et plus particulièrement des courbes de niveau, on sent le truc plutôt plat de chez plat et court de chez court. Après quelques errances dans la forêt, on trouve le premier rappel …
Glace & Canyon, en même temps !!
Au final, seulement deux ressauts significatifs mais une longueur amusante avec un départ les pieds dans le Guiers. Ensuite, on tire un joli 50 mètres où nous jouerons un petit moment en faisant tourner le matos. Allez, quelques considérations matérialistes néanmoins fort utiles : les nomics vous font clairement entrer dans une autre dimension et les G14 en mono (contrairement aux darts), c’est vraiment de la grosse daube !!
Un beau ressaut au milieu de nul part ...
Dimanche, on tente un petit coup de poker dans prestige ice car la belle est rentrée en bonnes condis sur c2c. Montmin vers 9h. Check !! Trois traces de pas dans la neige fraiche, c’est bon signe. Arrivés au pied de la bête, confirmation : une seule cordée devant, c’est parti ! Greg attaque par un premier ressaut fort raide à froid puis c’est mon tour pour une longueur de transition en carton. En grand prince l’ami, me laisse la suivante. Tapis ! En théorie, c’est ma difficulté max mais ça a pas l’air mutant ce 5 …
Inratable ...
Une proie facile, exposée aux affres de la gravité ...
En effet la glace propose toujours cette dangereuse illusion d’optique qui vu d’en bas vous dit que c’est plat mais quelques minutes plus tard, le retour de bâton se fait en général sentir lorsque pendu à vos excroissances métalliques, vous constatez en regardant la toujours trop lointaine dernière broche que c’est bien vertical !
Ice climbing baby !!
Pendant que bibi est au relai au soleil, Greg se caille mais chut ;)
Toujours dans le vif du sujet ...
Pourtant, la glace sorbet, un petit rayon de soleil et quelques mots échangés avec Maitre Tardivel humaniseront une des plus belles longueurs que j’ai eu l’occasion de parcourir dans ma piètre et courte carrière de glaciériste. Néanmoins, la fête sera un peu gâchée par un premier rappel récalcitrant qui nous a bien fait croire que nous finirions la descente en hélico mais c’est sans compter la puissance et l’ingéniosité des protagonistes ;) Un petit passage à la maternité d’Annecy pour constater chez les uns, les changements en préparation chez les autres …
Après cette bonne journée de baston, place maintenant au ski plaisir. C’est parti pour les Bauges et la station de Seythenex afin de profiter d’un ratio D+/D- tout à fait intéressant (sauf peut être pour les collants pipettes) à savoir 1000 m de montée donne 2000 m de descente : dernière démarque, tout à 50 % !!
Une rude journée en perspective ...
Allez chauffe !!
Une fois n’est pas coutume, j’ammène (et je sors) l’APN (et pas des moindres, le 7d). A partir de maintenant, Lucie, je te conseille sincèrement de ne pas lire la suite, ni de regarder les photos
d’ailleurs. Vraiment une journée de rêve ! Les trois descentes seront avalées en mode grandes courbes et nous vérifierons un des préceptes de feu Marco Siffredi à savoir :
« Dans la poudreuse, on est tous champions du monde. »
JJ "Vallençant" exhibe une cagoule absolument 80's !!
C'est pas tout ça mais faut remonter : aujourd'hui Sisyphe assume sa condition avec plaisir ;)
Comme c'est mignon !!
Après une ultime remontée, on retire les peaux une bonne fois pour toutes avant de s’envoyer 1000 mètres de poudre parfaite : de la colombienne pure à 100%, vraiment une bande de junkys je vous le dis. Il est des journées rares comme celle-ci que même un Alzheimer aurait du mal à vous faire oublier. Vivement une bonne session de croûte pour remettre les pendules l’heure.
Ju raïde ...
Ce matin en prenant la route sous le mauvais, je me dis qu’on va finalement aller tâter du glaçon à la Grave pour une petite journée. Jérôme est pourtant motivé pour voir là haut ce que ça dit. Direction Chamrousse et le sorbier fondu. Pour commencer, nous profitons de la benne qui nous extrait sans efforts de la crasse.
Un coin sauvage de Belledonne, un de plus !
On pinaille pas mal à l’approche et vers 11h30, nous finissons enfin par trouver le bon couloir de descente non sans avoir essayé de trouer quelques corniches au passage. Après avoir raïdé ce
dernier en grosses (dément !), nous voilà au pied des hostilités. La voie n’est pas vraiment en conditions : pas un pet de glace, neige posée sur le rocher synonyme d’une bonne séance
de dry belledonnien. C’est nettement moins dévers qu’à l’usine mais y a pas les trous pour les pieds ;)
Bon an mal an, nous progressons mais les attentes aux relais sont vraiment longues, il doit faire moins 25°C dans ce frigo. Si Jérôme s’est mis un bon combat dans L1, j’aurai le mien dans L4.
Départ, premiers pas, une grosse envie de faire demi-tour et c’est parti pour le combat de l’année : neige inconsistante, rocher douteux : c’est le taquet complet, suis pas loin du vol
dans certains rétas vicieux mais bon, ça se protège relativement bien ce chantier …
Il est clair que dans ces conditions, la promenade prévue initialement se transforme en méchante baston car nous passons un temps infini dans ces longueurs. Pourtant pas moyen d’aller plus vite
car c’est tellement délicat qu’il faut blinder de protec’ sous peine de s’exposer à une longue et brutale sanction newtonienne.
Le dur est derrière nous ... On ressort l'apn ;)
Allez, une dernière pour la route ;)
La suite se calme enfin et dans une superbe ambiance sur fond de montagnes rosées, nous rejoignons l’arête facile et le sommet à la tombée de la nuit. Après une pause aux skis, nous filons vers la station à tâtons dans ce brouillard glacial. La quiche laissée dans la tuture a gelé. Bref, une bonne journée !
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