Deux temps ...

Publié le 30 Novembre 2015

Pfiou, quatre ans et demi sans remettre les pieds dans le jardin de Gaston. En gros, une éternité depuis cette mythique « au-delà de la verticale ». Une grimpette qui rendait hommage au plus grec des marseillais. Une grimpette qui allait sans vergogne se frotter au ventre de la concave, putain, une grimpette où on avait la caisse … Ah, nostalgie quand tu nous tiens … Soit ! Mais il ne faudrait pas trop s’appesantir sur ces bons vieux souvenirs … Alors nous voilà de retour, ici et maintenant ! J’avais tout oublié : l’odeur du thym, l’ambiance unique des lieux et puis cette petite boule au ventre au moment de retrouver sa voiture (un peu comme quand Lucie prend le partner en fait) ... Pour l’occasion, on décale un peu à gauche pour parcourir porque te vas. La voie est moins impressionnante mais l’obligation certaine alliée à un style technique en font quand même une ED, certes courte, mais intense. Intense et surtout majeure : voilà pourquoi on est revenu !

Deux temps ...

Le lendemain est maussade, nous en profitons pour faire un petit tour dans la cité phocéenne, là où une sardine aurait bouché le port. Au vu de l’évolution du quartier, je pense que ça sera plutôt les bobos qui vont saturer les lieux : épiceries bio, galeries avec dégustation de pinard, restos BCBG; la V2 des docks est full option ! Le baromètre remontant, nous retournons sur le caillou. Comme Lucie a fait sa voie un peu dure, à mon tour de choisir un truc : direction la Candelle pour un beau voyage. On attaque le socle par les hommes volants. Un apéro plutôt corsé où la première fissure est négociée sans vraiment avoir gras de marge. La pluie de la veille élève sacrément le niveau : un putain de 5.12c avé des points tous les 15 mètres. Ensuite, c’est une belle ballade hormis un pas de bloc infâme. On remet ensuite les baskets et nous voilà maintenant dans le vif du sujet: la centrale ! Une voie historique ouverte par une cordée non moins historique : Rébuffat & Livanos.

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Deux idoles sépia et surtout deux grandes bouches largement capables de faire passer ces 150m de 6 pour un bigwall en 8b. Bon, ils ont quand même mis trois jours pour la sortir cette centrale. Et puis que du 6 mais il faut s’employer un minimum dans ces fissures pas suréquipées. Bref aucune tromperie sur la marchandise, c’est franchement superbe. Nous finissons cette petite paroi rouge seuls au sommet; forcément bien !

Deux temps ...

A présent, direction le Baou de Saint-Jannet. La bible du grimpeur calcaire (ndlr : le Mussato !) nous explique qu’un baou est en fait un tas de cailloux en provençal, donc à priori rien de bien folichon. Et c'est vrai qu’il n’a pas trop d’allure ce Baou. Si Picasso avait dessiné des montagnes, nul doute qu’elles auraient ressemblé à cette facette un peu biscornue avec une proue béante en forme de nez à l’envers à la place du front, des vires, des arbres : un joyeux bordel pourtant loin d’être facile ... Lorsqu’on quitte le chemin à la chapelle, le profil ne laisse aucun doute, les bras vont déguster. Pour couronner le tout, l’équipement est sportif, c’est pas du Rémy mais pas non plus du Fara. Du Béatrix en fait ; intelligent et obligatoire. Voilà pour les présentations. Pied de nez au Mussat', nous boudons la sélection du maître pour jardins secrets & histoire d'eau. Deux très belles voies ou plutôt deux superbes empilements de longueurs. Donc pas forcément le sentiment de parcourir une ligne mais avec ces lumières et cette vue sur la mer, on ne va pas faire les pénibles !

Deux temps ...

On termine ici cette petite semaine plus qu'agréable: fin de la partie grimpante. On range donc les baudards pour sortir le bob et la sacoche banane ... sans oublier Gaspard ! Direction l’Italie en mode pinpins pour une page de tourisme à la non originalité la plus totale ; le combo Cinque Terre, Florence, Sienne. Du classique efficace mais une transition pas toujours évidente à négocier.

Deux temps ...
Deux temps ...

11h00, piazza dei miracoli, Pise. Des bans de japonais se déplacent en suivant un poisson pilote flanqué d’un drapeau. Evitant au mieux les vendeurs de perches à Selfie, ils avancent vers leur but ultime, la photo devant la tour penché, un peu comme le saumon remontant sa rivière. Les prédateurs sont là, bien décidés à faire saigner les portes monnaies avec leurs attrapes touristes et autres chinoiseries. A signaler deux trois prix Nobel qui font la fameuse photo en trouvant le seul angle où la tour est droite ... Le reste de la ville est nettement plus intéressant avec des vrais gens dont l'occupation n'est pas exclusivement dédiée à extorquer le chaland. Florence sera quant à elle fidèle à sa réputation. On a pas eu le syndrome de Stendhal mais quand même, y a deux trois trucs qui claquent. Sienne nous a aussi beaucoup plu. La visite du Duomo ou une pause à la piazza del campo valent chacune leur pesant de cacahuètes. L'architecture, la complexité et le détail des monuments en général sont absolument sidérants. C'est vrai, l’Italie et la sobriété, ça fait deux voire trois, mais c’est beau, très beau en fait.

Deux temps ...

Rédigé par Fabrice

Publié dans #grimpe

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Pablo 05/12/2015 08:13

Chapeau l'artiste !

JB 02/12/2015 10:33

Nice !!!

fabrice 02/12/2015 10:49

La Pschitt arrive bientôt ;)

KonKav 01/12/2015 14:17

4 ans et demi sans Calanques... Mais vous avez hiberné ou bien ??!!

fabrice 02/12/2015 10:51

Pas vraiment non ;)