L’hiver est glace …

Publié le 31 Janvier 2017

… l’été est feu, ici y a jamais de saison pour être mieux … J’ai pas choisi de vivre ici, entre la peur, la soumission ou l’abandon … Allez Jean-Jacques, envole-toi, tu nous saoules un peu là. On n'y comprend pas grand-chose à ta chanson et puis tu nous fais un peu mal aux oreilles aussi …

Putain, on capte pas grand-chose dans cette foutue vallée quand même … Et on se fait un peu chier JB, non ??
- Oui …
- Mets Inter, y a affaire sensible avec Fabrice Drouelle
- Super ! Mon émission préférée !
- !? …
- Non, je déconne
- On remettrait pas un coup le moteur ? ça caille
- Correct …

J’arrête; tu ne dois surement rien comprendre fidèle lecteur … Et c’est bien légitime …

Revenons donc quelques semaines plus tôt afin de planter le décor… Voilà, nous y sommes. Il fait un froid de canard et les balises nivôse font la gueule; des conditions idéales pour les glaciéristes ou encore les vendeurs de canons à neige. Et après une délicieuse remise en jambe au vallon du diable, il était ma foi grand temps d’aller taper un peu du raide …

L’hiver est glace …

La frête bis ! Histoire de terminer le job. Et surtout la flemme devant les quelques 600 mètres de Revernotte il faut l’avouer. Bref … Il y a déjà quatre ans, j’avais renoncé au pied du dernier cigare avec un vilain crochet à gauche. En effet, ce dernier m’avait semblé un peu trop aéré pour offrir une grimpe sûre, condition sine qua non pour ma pomme en glace. Cette fois-ci, le bougre est bien compact mais aussi bigrement raide voire légèrement déversant sur les premiers mètres. Qui plus est la glace est dure et le machin n’est pas tracé. Autant dire que le 4+ du topo passe aujourd’hui à un bon gros 5 des familles ! Au sommet, mes deux acolytes me rejoignent avec la banane: d’abord Marco qui signe son retour en terrain montagne après un exil belge et ensuite l’indéfectible JB toujours au taquet du glaçon. La suite ?

L’hiver est glace …

Au Fournel pardi ! Toujours de belles conditions dans cette vallée haut-alpine et surtout haut perchée. Direction le palais des glaces pour Delicados, un 5+ qui appartient à une liste que Fix m’avait griffonnée il y a quelques années. Liste qui recensait les 5/5+ pas trop vicieux pour réussir son entrée dans le monde de la glace raide sans forcément passer par la case hôpital.

L’hiver est glace …
L’hiver est glace …

Tiens, en chemin, nous constatons que le géant est connecté mais semble très raide vu d’ici. Peut-être pas forcément pour cette année, nous verrons bien. Concentrons-nous sur l’objectif du jour. Délicados donc : une toute belle ligne soutenue de 200 mètres conclue par un cigare fort joli. Avec ces bonnes conditions, je crois qu’on s’est vraiment tous régalé ! Le lendemain nous partons dans la Smorfia afin d’assurer un retour tôt à la maison. Bonne pioche; une cascade courte mais classe avec une glace finement sculptée, raide mais pas physique.

L’hiver est glace …
L’hiver est glace …
L’hiver est glace …
L’hiver est glace …

Quelques jours plus tard lors d’une veille conditions sur ice-fall, je constate que l’illustre Hugues Jaillet a trainé ses crabes au géant ! Et cerise sur le gâteau, un léger dièdre sur le flanc droit de la bête autoriserait même quelques écarts vandammesques de repos ! Une affaire ?!

Ni une ni deux, il n’en fallait pas plus pour nous motiver à retaper un Lautaret toujours en compagnie de GM et de Fix cette fois-ci. Ah ce géant des tempêtes … Vendu pour sa dernière longueur à «l’esthétisme exceptionnelle», cette King Line nous avait tapé dans l’œil depuis longtemps avec JB. Tôt sur le pont, nous voilà rapidement au pied de la bête avec une longueur d’approche qui grimpe un peu quand même.

L’hiver est glace …
L’hiver est glace …

Here we are ... Punaise, gorgeous ! La nature a fait les choses à merveille: ce colosse est idéalement assis au milieu d’une grande baume déversante. La glace a ceci de fabuleux qu’elle décuple formidablement les sensations, de telle sorte qu’une ligne de 30 mètres peut se suffire à elle-même et remplir le cœur d’un homme, bien plus qu’en rocher, je trouve. Le côté éphémère doit surement y être pour beaucoup …

Action ! Et première frappe dans le cône, un sombre craquement nous tire de cette torpeur contemplative ; ce colosse serait-il un colosse aux pieds d’argiles ? Soit, il chausse quand même du 54, donc ça devrait faire. Rapidement, le raide arrive … A gauche c’est légèrement cassant tandis qu’à droite, ça coule pas mal, (toute allusion politique serait totalement fortuite).

Etant un peu malade et un peu tout mou, ce long passage vertical me donne quand même du fil à retordre, surtout avec ce satané côté droit humide à souhait. Arrive enfin le petit bombé et ça va se coucher, la glace est excellente, une broche et pan ! Le réta. Me voilà sorti d’affaire. Superbe ! JB s’élance et plie à son tour la belle colonne: au top !

L’hiver est glace …

Tiens, niveaux perceptions, voici trois points de vue différents sur cette ascension :

1. La cascade vue par le lecteur: a) Cône qui ski b) Coup de cul de 5 m en 3+ c) Tous des mythos ces glaciéristes !                                                                                                          

2. La cascade vue par le mec lambda en tête: a) Cône qui bouge/craque b) Passage raide surlong de 40 m qui flingue les bras c) Relai - Putain, c’était extrême !!

3. La cascade vue par le fiston: a) Cf 1.a) – brochage inutile b) Cf 1.b) – brochage inutile c) Ok, next ?

Notre journée est donc finie … ou pas … Avec JB, nous constatons qu’il n’est pas forcément opportun de laisser GM s’encorder avec Fix tant leur programme pourrait coller à la perfection à un ancien slogan d’SFR :

On a fait Caligula ...
- Et c’est pas fini !
On a fait le monde des glaces
- Et c’est pas fini !
On a fait le géant des tempêtes …

Donc quelle agréable après-midi nous passerons dans l’octavia - se référer à l’introduction - Bref, on ne s'étendra pas plus sur la prestation boulimiquo-grimpante de nos camarades. Le running gag/fauchage étant clos jusqu’à la prochaine bière. Merde les gars, on s’est quand même fait du mouron ! Allez sans rancune, un petit Davidoff pour occuper le dernier jour et retour à la casa. Deux blitzkriegs et un dernier petit coup d’adrénaline avec Monsieur Pellissier du côté de Manigod …

 … L’hiver est glace ! Et y a aucune saison pour être mieux ;)

Rédigé par Fabrice

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