Publié le 28 Juin 2010

Un beau we s'annonce, une météo prometteuse qui contraste avec un mois de juin qui ressemblerait un peu trop à novembre. En déplacement sur Panam, je ne suis pas vraiment au courant des derniers plans. Malgré un retour en TGV en compagnie de David (qui m'apprend un sacré potin) je suis pris d'une nicoïte aiguie: que faire, grimper avec une côte en carton ou partir en altitude... sans dormir ou faire du vélo. Suis claqué, au dodo; demain est un autre jour...

L'envie d'aller en montagne prend le dessus même si les refuges sont blindés, synonyme d'un sac outrageusement lourd. Nous partons donc, Lucie et moi vers le refuge de la Pilatte pour La ligne de glace du coin: le mythique couloir Nord des Bans. L'approche est pénible avec ces sacs, surtout que Lucie amoindrie par un rhume me fait le cadeau de quelques kilos. 3h20 plus tard, nous posons les sacs sur la terrasse du refuge plein qui ne l'est plus depuis quelques heures... Et bim le bivouac porté pour rien: bitch!!! Un serieux pour se remettre d'une telle émotion et le reconfort de dormir dans un bon lit douillet (le thermarest ne passant pas l'agrément "montagne plaisir").

 

La nuit est fort courte mais réparatrice. 2h00, le réveil sonne... Je débranche le cerveau et à l'heure où certains se couchent, le réchaud ronronne doucement pour faire du thé à l'heure où certains prennent un dernier verre... Il fait bon dehors, presque trop chaud. La lune, qui joue à cache cache derrière les montagnes nous permet tout de même de voir notre chemin. Moments toujours aussi magiques des approches de nuit. Le calme avant l'action, le doute avant de passer la rimaye. Je commence à être sec, Lucie finit les derniers 50 m de trace guronsée par les corticoïdes ;)

 

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Lucie cherche la neige... Gaston n'aurait pas été content: un couloir se remonte au milieu!!


Nous sommes trois cordées prétendantes à ce couloir de grande classe. J'attaque par 100 mètres de neige, pour se mettre dans le bain et voici la glace, environ de 200 m. Presque sorbet! Un véritable régal. On taille donc corde tendue, le lever de soleil célèbrant nos premiers coups de pioches. Vraiment une belle ambiance dans ce couloir... A mi hauteur pourtant c'est le drame: Une brettelle de Ueli Steck s'est prise dans un mousqueton du porte matos, un instant d'inattention et voilà que deux camalots jaloux de mon super cadeau d'anniversaire décident de prendre le large en dévalant le couloir. Lucie dont la prestation est digne d'un goal de l'équipe de France, rate le colis (vanne gratuite, c'était mission impossible) qui termine sa course quelque part dans la montagne...

 

Deuxième Bitch!!!!!!!!!!!

 

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Une ascension scrutée par les ténors du glacier noir!

 

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... qui font moins les malins avec la Meije et les Ecrins!

 

Trois longueurs plus tard, nous retrouvons, le soleil après 2h30 d'effort. Une arête ludique, sauvage et aérienne à souhait nous mène au sommet: satisfaction d'avoir réalisé une belle course en parfaites conditions, s'adapter  et profiter de son environnement, un plaisir qui provoque une douce allégresse qui vient compenser un lever inhumain et un effort de bucheron.

 

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Grenoble attitude: fashion même si les mauvaises langues critiquent l'association audacieuse de couleurs ;)

 

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Un "paye ta gueulle" furieusement classique mais terriblement efficace ;)

 

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L'autre cordée du jour...

 

Il faut néanmois penser à descendre, la neige est encore bonne et sûre à cramponner, toujours une petite appréhension: pas le droit à l'erreur, c'est facile mais faut pas tomber. Les rappels nous déposent sur le glacier. Une petite pierre lancée à mach 12 me percute, ça pique: on se casse. Une belle ramasse plus tard et nous voilà à l'abris des affres du dégel. Nous sommes heureux, ça longtemps qu'on n'avait pas fait une belle course tous les deux! Une omelette pour fêter ça au soleil: la classe! Vers une heure nous quittons ces hauts lieux pour retrouver la cannicule de la vallée. La fin du plat est toujours aussi pénible, longue comme un jour sans pain. Même si la grimpe devient notre sport numéro 1, elle ne saurait remplacer la montagne, la vraie qui n'a pas son pareil pour remplir avec intensité nos we, avant de découvrir une prochaine passion??

 

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La voie du jour!

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

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