Publié le 16 Janvier 2013

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La fine équipe ... (et moi déjà cramé au bout d'un quart d'heure)

Dur de se motiver pour partir si loin et surtout si tôt, mais la glace raide m’intéresse de plus en plus. On prend donc les mêmes et on recommence pour l’Ubaye et ses lignes perdues. Approche tranquille malgré un sac qui doit titiller les 15 20 kg. Au bout d’une heure, nous nous délestons des affaires de bivouac dans une petite cabane rustique mais pleine de charme. Un thé plus tard, nous partons vers le fond du cirque. Beau temps, pas froid, bonne glace: c’est le top. Nous gravissons deux beaux 5+ et entamons la descente à ski.

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Bibi sur fond de grade 6 !

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Fix est content, il fait de la glace. Moi, je répète un morceau d'harmonica pour occuper la soirée ;)

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Comment ça, il a de la marge ?

A partir de maintenant, c’est nettement moins top. Au bout de quelques virages, Fix chute et se plaint tout de suite d’une grosse douleur à la jambe, nous suspectons rapidement une fracture du tibia péroné. Bilan : nuit moins trente minutes, le portable ne passe pas : la pression monte d’un cran ! Le premier réflex est de tenter de ramener Fix à la cabane où se trouvent les duvets, un poêle et la bouffe. J'essaye donc de construire un traineau avec les skis mais celui-ci n’est pas assez rigide. 30 minutes pour faire un mètre : une rapide extrapolation nous dit qu’on n'est pas sorti de l’auberge …

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Une belle vue mais on s'attarde pas trop de dessus ...

 

Décision est prise de remonter de quoi bivouaquer sous les cascades. Je suis concentré, à partir de maintenant, je ne dois pas me blesser car la situation passerait de délicate à franchement merdique. Heureusement, il ne fait pas trop froid et la cabane n’est pas trop loin. J’en profite pour commencer à redescendre du matos.

 

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" Et ça va faire mal ??? ......... Non "

 

Dopé à l’adrénaline (encore plus efficace que la cortisone), je rejoins Fix rapidement et installe le blessé avec le maximum de confort possible. Pendant cette petite heure, nous avons cogité chacun de notre coté à la même solution : descendre chercher les secours dans la vallée sans attendre. Ça me fait un peu chier de laisser l’animal tout seul mais il semble encore en bonne forme. Et de toute façon, passer la nuit ici ne servirait à rien, surtout que la neige est annoncée pour le lendemain. Il faut agir vite et à 20h, je suis reparti.

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Putain, j'ai la caisse !!

 

20h40, mon portable sonne, je reçois un texto : ça capte enfin ! Le pg de Jausiers nous envoie une équipe terrestre. Je les attends pendant une heure à la voiture, l’occasion de se refaire une idée du dernier album de muse : il est toujours aussi médiocre. A 22h, je remonte jusqu’à la cabane en quad à chenilles avec les deux secouristes.

23h, nous rejoignons Fix qui va bien. Il faut dire que l’habitué des faces nord a presque chaud avec ses deux duvets. Seul un renard, attiré par le sauc’ aurait troublé l’attente. Il aurait été repoussé à coups de fronde bricolée avec une sangle et un réverso : on ne plaisante pas avec le saucisson.

On met ensuite quasiment une heure à installer Fix dans le brancard. Je suis impressionné par le calme et l’efficacité des secouristes : chi va piano, va sano. Le retour est abo et bien bien piano : j’ai un sac blindé de matos, des skis et je traine un autre sac… La trace casse sous mes pieds, je commence à sentir mes limites physiques. Putain, le balisto de la journée aura tout donné !

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" Hé, les mecs du pg ! Allez voir au quad si j'y suis !! "

 

A 2h du mat, les pompiers récupèrent le paquet cadeau. Nous trions le matos et je prends la voiture pour Gap après avoir chaudement remercié les hommes en bleu. Ça fait 22h que je suis levé et le secours a duré 8h. C’est donc complètement rétamé que je m’endors sur le premier parking à Gap vers 3h du mat.

Dimanche, je retrouve l’animal à l’hosto avec la confirmation de notre diagnostic. Finalement, dans ce genre de situations, le plus dur est de ne pas s’enfermer dans des impasses. Il faut prendre les bonnes décisions et une fois que c’est le cas, on déroule, on est concentré et on y croit. Encore merci au PG de nous avoir tiré de ce mauvais pas. Sympa quand même cette journée en Ub’aïe ;)

 

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Bambou sticks home made !! Espérons que l'animal s'en resserve au plus vite !!

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

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Publié le 11 Janvier 2013

Après une petite séance de couenne à la cascade artificielle d’Aiguille et un entrainement « maison », j’ai la caisse. D’autant plus, qu’équipé de nomics dernier cri et crampons mono pointe, je me sens tel le japonais fraichement plumé par snell sport et toisant les grandes Jorasses avec autorité (avant de descendre faire le pinpin sur la mer de glace). Allons donc vérifier cet hypothétique état de forme sur le terrain …Vallon du diable 12h : 5 minutes de vélo, 1h de train, 1h30 de bagnole et 1h45 de marche plus tard, nous nous équipons (enfin !) sous de belles et raides draperies certes peu hautes mais bien raides d’un secteur intimiste et haut perché du vallon.

 

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Reprise !!

 

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Il est facile le garçon ...

 

Fix grimpe l’affaire tranquillement (en soufflant un peu quand même). M’a pas l’air si raide ce bordel. Putain broches en place, ça (doit) passe(r) ?! Ou pas … Le maitre de la glace est formel et calme de suite mes ardeurs accidentogènes :

 

yoda

 

« Encore de la technique et de l’assurance, il te manque … Là dedans tu n’iras pas, sauf si voler tu veux … »

 

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Putain le nouveau pantalon !!

 

Ok, je pars sagement en moule et effectivement, le cramage de bras corrèle à merveille la cotation. Pour une reprise, c’est une reprise violente, mais quelle belle ligne ! Toujours aussi magique le gaz en cascade. En bas, Vallençant eut parié que ça skie et au bout de 40 m on a l’impression d’être au milieu de la fiesta de los biceps. Une heure de sport plus tard; je peux enfin souffler et me pendre avec horreur dans un abalakov certes béton mais un abalokov quand même : on est à peu près autant serein qu'en faisant un rappel sur un géranium crevé.

 

geranium sortie hivernageAllez, respire un bon coup : ça tient !!

 

Ensuite Fix repart dans la voisine de gauche plus raide, plus délicate, plus dure pour s’offrir encore une très belle ligne et m’offrir par la même, 1h15 de touchage et d’évitements d’objets volants complètement identifiés. C’est donc congelé que je repars dans cet autre 5+ tout aussi dément. C’est quand même mal foutu le corps humain : je me prends onglées sur onglées alors que les avant bras doivent être au bas mot à 2 ou 300 °C. Je mesure le chemin qu’il me reste à parcourir avant de plier ça en tête :

 

Comme disait JP Raffarin : « la route est droite mais la pente est forte. »

 

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Dans la deuxième ligne ...

 

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... encore plus belle !!

 

La nuit nous cueille en bas du cône avec la neige. Rebelote pour la route, le train, puis le vélo. Grosse logistique donc mais maxi dure et micropure (& co) dans la popoche ;)

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

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