Publié le 29 Juillet 2013

Six mois que l’animal n’avait pas renoué la corde avec son père et sa mère ... Hé oui, le grimpus fixus était en hibernation prolongée/forcée suite à une vilaine fracture de la patte. Condamné au repos forcé à Caen en testant les limites de « feu » hadopi, le voilà enfin de retour sur le caillou avec sa jambe de bois, me rejoignant momentanément au club pas très prisé des mecs qui seront jamais champion du monde de slackline.

En ces temps caniculaires, nous dirigeons naturellement nos organismes en ébullition vers une face nord, mais pas n’importe laquelle : celle du Granier, l’eigerwand local. Une paroi à la mauvaise réputation car la naissance de celle-ci en 1248 aurait fait passer de vie à trépas une sacrée flopée d’autochtones ...

… Depuis, quelques voies ont été tracées dans le ventre du monstre, mais les grimpeurs ne s’y sont jamais vraiment bousculé. Parmi toutes ces entreprises pour montagnards dépressifs, le pilier Nord-Ouest permet de goûter à l’ambiance des lieux en préservant notoirement son espérance de vie. Une voie qui depuis le rééquipement des relais pourrait presque être qualifiée d’escalade de bon père de famille. Enfin, le daron doit quand même être à l’aise avec un rocher chartreuse premier prix et la pose de protections semi-précaires … Le ton est donné, cette voie ne fait pas rire les mouettes !

Varappe cartusienne à la fraiche !
Varappe cartusienne à la fraiche !Varappe cartusienne à la fraiche !

L’approche raide et pénible nous force à traverser une grande pente bien typée terrain à chamois. Avec le fiston, on est a peu près autant à l’aise qu’un dahu qu’a pas compris pourquoi il avait une guibolle plus courte que l’autre. Nous nous équipons enfin sous l’évident dièdre d’accès en III : ça ne peut être que là ! Après un peu de « marche », un bon 5 nous amène dans les entrailles de la bête. On découvre le gaz d’un coup, un peu comme dans le Verdon mais la comparaison s’arrête là car on grimpe sur des œufs. Rajoutez à cela l’ambiance énorme au-dessus de ce surplomb et vous obtenez une cordée un chouïa crispée … La suite repart dans du vertical et le rocher s’améliore. R6, je reprends les deux racks de camalots au fiston qui essaye discrètement de continuer devant … Il a pas perdu les bonnes habitudes le bougre ;) Restent au programme deux belles fissouilles à sécuriser et une dernière longueur moins intéressante mais qui aboutit à la croix : superbe ! Bizarre d’ailleurs que cet édifice sommital n’ait pas été détruit lors de la tentative déséquipement, car il nuit à l’engagement de la face je trouve. Relai sur la croix donc, Sylvain est là avec la petite roulée qui va bien, nous prenons le temps …

Varappe cartusienne à la fraiche !
Varappe cartusienne à la fraiche !

Dredi, rebelote sur le calcaire chartreux mais les spits de 12 ont remplacé les coins de bois en carton et le bon rocher a remplacé le rocher … en carton. « Une seconde, la vie » : une voie du maître qu’il fallait aller chercher car cette facette Sud-Ouest de la dent de Crolles n’est pas vraiment sujette aux directissimes. Une putain de belle voie au final : rocher neuf, varié à souhait, équipement parfait. Superbe boulot Monsieur Mussato !

Varappe cartusienne à la fraiche !Varappe cartusienne à la fraiche !
Varappe cartusienne à la fraiche !

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 20 Juillet 2013

Une envie de dolomite, vite recadrée par une météo peu engageante. C’est donc sans plans ni grandes ambitions que le berling’ s’arrache de la chaleur chambérienne vers la Suisse et ses alpages bien mieux tondus que le jardin du manoir. Pit stop rösti / saucisses et nous filons illico grimper en face nord des gast’ pour une voie estampillée Rémy. J’espère que ça sera pas comme au foot ! Déjà qu’ils nous mettent la pipile à l’extérieur alors à domicile … GiedRé, notre supportrice aurait chanté :

 

« Rémy, Rémy, on t’en … !! »

 

Deux rééquipements dans le topo semblent calmer le jeu. Mais un rééquipement des Rémy’s Brothers, ça peut être subtil … L1 tout va bien, L2, ça commence à s’aérer (l’entrainement psychologique d’alcooltest est ici appréciable). Puis sous L4, c’est la claque : rien qu’à voir la tête du Gégène, je sais qu’il va falloir s’employer … Equipement à l’ancienne, fort loin mais une double fissure d’anthologie qui se termine sur un pilier plein gaz. Enjoy !!

Schweiz Extrem’
Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’

La voie du lendemain laisse un goût mitigé : peu d’ambiance, équipement aseptisé mais une envolée finale qui sauve les meubles. Après cette balade, direction l’envers du massif pour varapper dans l’aéroplane blindé. Je suis impressionné par ce court mur. Si les trois premiers points me semblent correctement espacés, une chute sous le quatrième et c’est presque le retour au sol (un petit peu de pression pour les suivants). Bref ça me rappelle trilio : obligatoire, dur et un chouïa expo, et de plus à la chauffe (Tu la sens la pression Guillaume ?)

Mais la magie opère : rocher de rêve et grimpe fabuleuse, je me mets dedans rapidement et grimpe à 100% (voir plus). Oubliée la peur du vol, la pression de la coche ou de l’échec, seul le mouvement compte, l’escalade m’absorbe alors totalement. Cette sensation est vraiment grisante. Rarement ressentie à un tel niveau, c’est l’opium du grimpeur : lorsqu’il devient animal, instinctif et sans émotion …

Désolé lecteur pour ce couplet qui t’aura rappelé à coup sûr certains touchages philosophico-lyriques de Sieur Dumarest ! Donc pas très long au final ce truc : cinq longueurs mais trois 7a, un 6c+ et un 6b sup. Bref une sorte de Zauberberg suisse avec un petit goût de wenden light. A visiter absolument donc.

Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’
Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’

Fin de la partie calcaire, direction la Suisse et le granit fauve du clocher du portalet. Cette Dibona Suisse est dans les cartons depuis quelques années. En plus, elle permet de scorer 63 points dans le Rébuff’ pour une journée fluide et parfaite. De retour à la voiture, une bonne bière à jeun et c’est le drame : les bières s’enchainent et on est rapidement rond comme des queues de pelle ;)

On amorce alors le retour vers Cham’. Une météo bien mais potentiellement électrique nous chasse vers les aiguilles rouges et le belvédère. Mais l’approche nous sera fatale car voulant optimiser sans faire le grand tour, nous errons à la recherche du fameux couloir dans des pentes herbeuses/foireuses à 60°, mon terrain de prédilection. Le but est déclaré, nous partons pour la tour des crochues, proche mais moche. Putain je crois que c’est pire que le Peney … la vue en plus !

Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’
Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’
Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’Schweiz Extrem’

Dernière soirée, sous l’orage, les tournedos sont avalés de justesse. GiedRé et son sens de la poésie, son optimisme, la pluie et c’est la triste attitude. La dynamique est cassée. Ce dernier jour de grimpe, nous le passerons au Brévent pour une voie qui est censée grimper un peu.

Nous aurons même l’honneur de parcourir la fin de Babylone avec Serge Casteran, un grimpeur pyrénéen peu connu mais diablement efficace. Affuté et affublé d’une casquette par pierre, Il se déplace sur le rocher avec une facilité déconcertante. Quand on connait quelques-unes de ses réalisations en solo on comprend mieux. Et ouais, pas besoin de lunettes blanches ou de goretex à 400 balles, même avec une polaire décath’ du rayon chasse, ils ont la classe ces guidos. Mais revenons à nos moutons : faut quand même avouer que c’est scandaleusement surcoté ce truc mais c’est joli. Du coup, on force pas trop et comme le cumulus au-dessus de nos têtes à tendance à noircir à vitesse grand v, on est content de sortir rapidement. Une semaine, ça passe vite, même s’il parait que c’est un peu long …

Schweiz Extrem’
Schweiz Extrem’

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 19 Juillet 2013

Après Vercors Retors, le rassemblement annuel des accros de la pédale boueuse se dirige vers la Chartreuse profonde. Le programme est petit mais costaud : 2 jours de vélo, 90 km et un petit 4000 de D+ reliant les capitales Savoyarde et Iséroise : simple, logique et efficace !

 

Samedi, direction Saint Cassin et le Corbelet. Après une bonne première rampe soutenue qui annonce la couleur et la découverte du VTT de Patoche (putain !), on se prend deux kilomètres complètement dégueulasses. Les pneus, à la manière d’une paire de peaux de phoque mouillées dans la poudre, essaient d’accumuler le maximum de boue : Chartreuse vicieuse … Heureusement, ce sera bien le seul et unique passage vraiment pénible. La traversée continue sous le mont Outheran puis via le col du Grapillon, point de départ d’une grosse descente comportant quelques petits traquenards, notamment une bien peu visible clôture en fil de fer …

Chartreuse plurielle

Pierre, devant, signale l’obstacle avec une discrétion qui en dit long sur ses ambitions professionnelles. Ça ne loupe pas et Olivier arrivant pleine balle, nous gratifie d’un superbe soleil annoncé par Météo « crash » France. Chartreuse piégeuse ! L’attentat passé, nous dévalons les vertes et grasses prairies en direction du col de Cluse. Il fait beau et comme la nature est bien faite, un troquet nous tend les bras : panaché, bière, Orangina et coca fraise (le coca fraise, y parait que c’est vachement bon) réhydratent la machine. Pourtant la journée n’est pas encore terminée : la Ruchère est en vue mais défendue par une méchante remontée …

 

Cette dernière grimpette termine et rétame proprement le bonhomme. Un enduro c’est bien en descente par contre en montée, c’est une vraie plaie. Je lutte pour tenir les 6/7 km/h, de quoi être radié à vie de la pédale 73. (Ndlr : je suis co-président alors je fais ce que je veux !). Enfin, dans un virage, la divine apparition dénommée « étape cartusienne » annonce la fin des hostilités. Dans la foulée, nous tombons quelques bières puis sans transition, un bon diot / polenta. Après plusieurs messages subliminaux et plutôt subtils pour des gens aussi lucides qu’un Gérard Depardieu au réveil, on nous paye le dijo ! Chartreuse liquoreuse !

Chartreuse plurielle
Chartreuse plurielleChartreuse plurielle

Dimanche, temps maussade et petit crachin breton : Chartreuse brumeuse … Les vieux démons du Vercors nous rattrapent mais le temps tient, bon an mal an et dans une belle ambiance. Un dernier portage nous pose au col d’Arpizon. On baisse la selle, on ressert les chaussures et on essaye de suivre Basto « MacAskill » : le vélo accélère prodigieusement et puis tout d’un coup, tout s’arrête … la tête dans un caillou mouillé : Putain de Chartreuse !!! Descente sur le couvent dans la brume. Un lieu résolument impressionnant qui ne saurait se résumer à l’excellente picole éponyme : Chartreuse mystérieuse ... Là, nous délaissons la grande Sure et ses pentes nuageuses pour la version classique par Saint Pierre de Chartreuse. La dernière grosse montée est bien ici, sous les pentes du roc d’Arguille, il faut serrer les dents et tenir bon. Plus loin, le soleil fait enfin une timide apparition au chalet d’Emeindras. Une petite sieste et Newton nous conduit au col de Vence avant d’aller chercher la superbe et technique descente du mont Rachais : Baasee !! On a la banane ... That’s all folks ! See you next year !!

Chartreuse plurielle

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Rédigé par Fabrice

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