Publié le 24 Juin 2014

L’écume des jours et la voie de la rampe ; deux voies de 400 mètres qui sur le papier semblent de difficulté similaire. TD+ et ED-, c’est blanc bonnet et bonnet blanc ! Quid de la plus technique alors ?? Une ED- spittée ou une TD+ sur pitons ?? Et oui, le débat sur les cot’ ne cesse de faire couler de l'encre … Mais il faut le reconnaître, c’est un débat aussi useless qu’un frisbee convertible en gamelle pour chien car celui-çi ne fait pas vraiment avancer le schmilblick !

Grand écart

L’écume des jours. Une première visite à l’époque sur le spigolo des tenailles avec « l’infini péril de la volupté » avait défrayé la chronique chambérienne au rayon éthique du tracé. Effectivement, ça paraissait un peu bizarre de proposer une telle combinaison suite à un fourvoyage. Mais ne jetons pas la pierre au maître (surtout que la team Chambéry comporte quelques belles boussoles ;) Celui-ci concédait bien volontiers s’être planté et être allé simplement au plus beau, pour se faire zizir. Alors pourquoi pas au final ??? Dans le Verdon, ceci est chose commune et certaines combinaisons deviennent même des classiques. Pour revenir sur cette voie un peu batarde, avec un cadre idyllique, un rocher de fou et une ambiance de malade, on était sur un solide diamant.

Grand écart
Grand écart
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Deux ans plus tard, Gaspard n’est toujours pas dans le 6c. Lucie et moi retournons donc seuls un chouïa à droite vers le grand doigt. Les fleurs tapissent encore la petite clairière au pied des tenailles, le pierrier est toujours aussi pénible mais a-t-on déjà vu un pierrier agréable ? Et Même si l’ambiance est moins prenante et les cotations un peu plus modestes, l’ensemble est presque aussi classieux et grimpant, à faire donc ! En plus avec le 4*4 de beau papa sur les chemins, c'est un vrai boulevard. Les gens y croient que t’es pompier ou sauveteur et s’excusent en te laissant passer. Il est vrai que tu n’es pas là pour y passer la nuit, tu dois sauver le monde bordel !

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Ouais, poussez-vous de la piste, je suis le boss !! Encore un putain de chat coincé sur un toit à sauver !!

La voie de la rampe. Un vieux projet, sans cesse retardé car on a toujours un peu la flemme de se lancer dans des voies comme ça. Yannick Seigneur y signa là un itinéraire à la logique implacable, comme souvent dans ce genre de voies. Avec une douzaine de clous au baudard, il fallait une belle dose d’audace pour forcer un passage dans ces murs délités bardés de surplombs. Assurément une superbe ouverture pour l’époque et qui reste aujourd’hui un joli morceau de varappe non aseptisée. Brevet Chartreuse fortement recommandé pour évoluer dans cet univers sans risquer la crise cardiaque !!

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Une météo injustement alarmiste ordonne un réveil douloureux. Dans le vague, je laisse la boussole suisse armée de son non-smartphone ignorer les indications on ne peut plus limpides du topo. Au bout 1h30, on finit quand même par buter au pied du chantier. Hum, un bon passage dans des couloirs à 45 en défend l’accès : quel plaisir de sentir l’adhérence de la speed cross en fin de vie ! Enfin, Nous voilà au pied de cette fameuse rampe. Monsieur Lestienne attaque. Anesthésié par le cagnard, je me laisse guider avec nonchalance. Pourtant, les nombreuses traversées et le rocher délicat devraient inviter à plus de concentration. A quelque chose comme R7 ou R8, je reprends les rennes de l’ascension. Hum, des pieds cartonesques, des pitons qui bougent, un 6c grimpant : me voilà réveillé … Le 7b suivant restera non libéré : petite tension avant d’artifer le toit, pendu à un piton la tête en bas. Pas vraiment envie de faire de l’agressive testing là !

Grand écart
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Hum après, y a la longueur qui fait un peu peur. Ça commence par un superbe éperon … herbeux à 60°. Ensuite, une dalle en 5 surexposée sur 15 mètres. Puis comme t’es malin, à l’attaque de la fissure, tu coinces ton 3 pour te protéger … Plus haut tu le regrettes, car tu l’aurais bien remis ce putain de 3 à la place de ces coins de bois que tu retires à la main ! Il commence à être loin ce dernier piton, non ??

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Pas de panique ! Au lieu de regarder bêtement ce point qui s’éloigne, il suffit simplement de grimper et un nouveau piton se rapproche ! CQFD ! (Ndlr : l’auteur décline toutes responsabilités quant à l’application systématique de la démarche.) R15, relai sur le pain sommital idéalement placé, il a dû en voir passer le bougre des cordées heureuses de retrouver la douceur de ce plateau.

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Blanc bonnet et bonnet blanc ! Non pas du tout, on m’aurait manti ?? (Désolé, je devais la placer celle-là.)

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #grimpe

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Publié le 13 Juin 2014

Et voilà, encore un pont qui vient clôturer ce mois de mai quasi off et pour le moins éclectique. Ce viaduc, nous le passerons à bicyclettes sur les routes du Ventoux avec Anne & Benjamin. Et oui, le géant de Provence occupe une place toute particulière dans le cœur des cyclistes. C’est une montagne mythique et les derniers kilomètres lunaires y sont pour beaucoup. C’est aussi et surtout le tour qui a forgé ce mythe … Les meilleurs coureurs s’y sont distingués comme récemment Froome en 2013. Mais ses pentes surchauffées, où comme le veut la légende l’oxygène est rare, ont aussi fait des ravages dans le peloton (ndlr : je veux bien croire qu’on manque d’air quand on tombe l’affaire en moins d’une heure). En 67, la disparition du malheureux Tom Simpson dont le cœur n’a pas supporté le surdosage en nitroglycérine a définitivement installé cette montagne au Panthéon du cyclisme. Bref, on est sur de l’incontournable, de l’esthétique, du dantesque !

Nous rejoignons donc jeudi vers midi, les très en forme tenanciers de passelegrandplateau ; plaque tournante grenobloise du matériel cycliste porn-vintage. Le trader David annonce un rapide 30 km pour cet après-midi, plus occupé à suivre le cours de l’action du frein à tambour de 175 sur eBay. Rapide casse-croute et on pose enfin les fesses sur les brooks. De chouettes paysages défilent puis les gorges de la Nesque nous amènent tranquillement à Sault mais au bout de tout de même 50 km et 900 m de D+.

Passe le Ventoux !

Putain, je viens de mettre la main sur le KG 381 Team de JaJa !

Passe le Ventoux !

De suite on tombe une petite bière. A la table d’à côté, contraste saisissant avec deux cyclistes sur-affutés ayant un taux de graisse inférieur à celui d’un poulet malgache. Café Badoit pour les uns, alors qu’on reprendrait bien un autre sérieux. Le leur, nous rappellent qu’on est pas venu ici pour jouer au ping-pong. On reste donc raisonnable mais on prend quand même notre bouteille de rouge pour le repas, faut pas pousser mémère dans les orties non plus.

Nous passons à l’installation du campement pour la soirée : Gaspard est aux anges (malgré une vulgaire T3 ultralight), les parents appréhendaient un peu, les voilà rassurés ! Benjamin, quant à lui, mont(r)e ostensiblement sa nouvelle tente : un bijou de haute couture homologué pour dormir sur la lune et signé Paco Rabanne. Ou pas. Il constate avec amertume qu’une couture de la belle MSR ne tombe pas comme il faudrait. Moche, dramatique même, il en fera des cauchemars toute la nuit. 

Passe le Ventoux !

D-day : petit-déj, démontage de la tente sous le regard dépité du fiston et nous voilà à pied d’œuvre. Les pourcentages modérés alliés à la fraicheur matinale font de ce début d’ascension une véritable promenade de santé. La cyclo en parallèle et des supporters survoltés rajoutent à la ferveur ambiante une atmosphère de fête. Dans ce chantier, avec une carriole, faut garder un peu de souffle pour répondre aux questions. Alors voici le top 3 des questions / remarques :

  1. Pouah, c’est bien lui (Gaspard) le plus heureux
  2. Ça doit être dur, non ?
  3. Beau gosse PouPou !
Passe le Ventoux !

Nous stoppons peu avant le chalet Reynard afin de recharger les batteries et prendre un petit café. Ça y est, il va y avoir du sport ! La forêt s’éclaircit, et le relai apparait … Cette perspective imprimée dans le subconscient de tout pédaleux qui se respecte me donne des frissons : ces 6 derniers km seront donc réalisés à bloc parce qu’à la pédale, on ne roule pas à l’économie. Le visage se ferme et le regard lui est braqué sur l’objectif final. Bizarrement, ça rigole un peu moins dans les pelotons, certains commencent à marcher à coté de leur monture : scénario absolument inenvisageable de mon côté. Tout le monde est dans le dur.

Passe le Ventoux !
Passe le Ventoux !
Passe le Ventoux !
Passe le Ventoux !

Pan ! Un dernier virage sur la droite à 27% avec une roue avant maîtrisée de justesse et nous voilà au sommet. Je rejoins Benji le paparazzi (les plus affutés auront reconnu la patte de l’artiste : -15 en désat et + 37 en clarté). Anne fait trois, Lucie quatre. S’en suit une descente vers le Chamonix du vélo : Malaucène ! 2683 âmes au compteur et quasiment autant de boutiques vélo.

Passe le Ventoux !
Passe le Ventoux !
Passe le Ventoux !

Pour la suite, le profil se calme et la promenade se fait plus contemplative : Vaison-la-Romaine, ses galeries d’art, son centre haut-perché puis Séguret … Nous abordons alors des vignobles célèbres à l’origine de nombreux mal de crânes : Gigondas, puis par un chemin à travers les dentelles de Montmirail, Baumes de Venise : Magnifique journée. Le lendemain, retour rapide à Venasque pour clôturer ce we de très haute qualité. Shahshahani décrétait que le ski de rando était le meilleur moyen pour arpenter la montagne l’hiver, c’est pas faux. Ben pour se balader, visiter une région, le vélo c’est pas mal du tout !  

Passe le Ventoux !
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Rédigé par Fabrice

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Publié le 5 Juin 2014

Couenne & moulinette … Un cocktail qui distille autant de saveurs qu’un steak de tofu aux brocolis … Pas très sexy, mais rien de mieux à se mettre sous la dent ce printemps, la faute à cette saloperie d’algodystrophie ... Le temps est pourtant venu de prendre de la hauteur, de ressortir la quincaillerie alors direction l’Espagne et en avant Guingamp ! D’emblée, nous prenons un but dans Carmina burana. Un beau but parking car Saint Guilhem le désert un jour férié, ça porte fichtrement mal son nom. Saperlipopette, nous nous enfilons donc les 500 derniers kilomètres pour rallier la majeurissime falaise de Montrebei, livre ouvert de 400 m sur les vastes prairies catalanes. Demain, Laure, Lucie, Sylvain et l’éclopé de service partirons pour une belle TD, le dièdre gris. Un bon gros Levy ou consorts en quelques sortes, rien de très compliqué sur le papier mais faut néanmoins tenir le rythme pour en voir le bout.

A peine la tente montée, Sylvain, aussi à l’aise avec une bière vide qu’avec une carte routière décrète le début de l’apéro qui coïncide également avec celui des moustiques … Plat de pasta et au dodo : overdose d’asphalte.

Reanudación

Requinqués par une bonne nuit, le sentier des gorges nous pose au pied de la paroi : bigrement raide et impressionnante. Par contre, une cordée d’Espagnols semble faire du sur place à R2 … ça m’hérisse le poil d’entrée de jeu. A mon approche, une fois n’est pas coutume, le leader, facile, passe le turbo et s’envole littéralement: un truc de fou. Sa seconde, dont c’est la première grande voie (sic!) douille un peu plus mais garde le moral. Elle me dit qu’elle fait plutôt du bloc. Moi, je lui réponds que Montrebei, c’est un peu plus haut que du bloc ! Francesca (nom d’emprunt) rie aux éclats avant de lâcher à son premier de cordée:

« Tira à muerta sur cette puta de corda !! »

Reanudación
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Esthétiquement parlant, le tracé de cette ligne frôle la perfection. Seule la traversée initiale au demeurant fort astucieuse vient briser l’élan de ce dièdre, qui sur 400 mètres et des brouettes permet de revisiter toutes les techniques et variations autour de la fissure dans du gros gros gaz. Chose rare mais pas vraiment un Levy pour le coup, quelque chose de plus rugueux : un bon pavé de Bergson sur la métaphysique tient. Nous sortons donc heureux, tout le monde a l’air en forme, j’avoue être rétamé. Une petite trempette dans la rivière vient chasser la fatigue et le sel sur la peau. Apéro !

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Pour le dernier jour dans le coin, voie courte de repos pour les uns et repos tout court pour bibi: bouquinage et siestage au pied de la falaise avant de partir pour les Terradets. Pan, encore une grosse face de 500 m. Vendu pour du ED, c’est une blague, un scandale, une arnaque, une … péninsule ! Non, juste une très belle TD+. Rien à signaler jusqu’à arriver au niveau d’un tas de plume défendu par un B52 somme toute impressionnant. Même si nous arrivons à contourner l’oisillon qui fait déjà sa taille, la longueur est réalisée en serrant les fesses mais en beau style. La suite de la journée n’est pas de tout repos, difficile de suivre le rythme imposé à savoir une longueur = une bière.

Reanudación

Ouais ben viens aux Terradets, pis t'auras plus trop peur des canaris !!!

Reanudación
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Encore un lever aux aurores, encore un beau voyage assez sérieux dans cette Roca Regina et une ambiance géniale dans le haut ! Direction à présent Vilanova pour une face qui fait vraiment envie mais but weather conditions. Retour en France via Saint Guilhem et retentage de cette carmina plutôt sévèrement burnée. Ce pilier est esthétique, c’est indéniable. La grimpe est atypique c’est indéniable mais quel putain de vent ! Content d’en finir. Le lendemain un sombre complot transforme une séance de couenne en visite de cave vers le pic Saint-Loup. Retour en douceur et découverte des tannins locaux. Hasta luego !

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Rédigé par Fabrice

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