Publié le 19 Août 2016

Voilà, the beast a finalement rejoint sa chambre … Il faut dire que le carbone 3k n’aime pas trop l’humidité. Alors en attendant d’autres projets plus ou moins débiles, orientons-nous vers des vacances un chouïa moins exigeantes. Et oui, dans l’imaginaire collectif, une rando avec les ânes, c’est tranquillité assurée. La bête porte ton matos, les gosses et monterait même la tente … Une affaire !

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Mais tout projet impliquant un certain DavidJ ne saurait être trivial. Des mots clés comme : autonomie totale, hauts plateaux du Vercors auraient dû nous mettre la puce à l’oreille. Sans faire du Samivel, ce fut épique … Déjà, l’âne est par nature assez peu enclin à faire tout ce qu’on lui demande, il est souvent permis de se demander qui emmène qui. Et puis la logistique … Putain, matin et soir, c’est deux bonnes heures entre le montage/démontage du camp, les enfants, les soins aux bêtes … On est tout le temps en train de turbiner. Autant dire qu’après ça, la semaine lubéronnaise all inclusive fut appréciée à sa juste valeur. Pour équilibrer le tableau, nous avons tout de même profité de bivouacs magnifiques sur ces hauts plateaux et les enfants en ont bien profité je crois.

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Allez ciao, Cahouète, Nestor et Frimousse, place à la semaine grimpe avec Gégène, Guillaume & Thierry ! Et direction les dolos ! Putain les dolos !!! Lundi, c’est donc parti pour une grosse journée de bagnole ; ça fait une sacrée trotte quand même. Nous suivons la boussole au volant du Partner et au bout de 8h de route, on atterrit à Lourdes. Merde alors ;)

Blague à part (même si je n’ai encore pas compris toute la subtilité du contournement de Toulouse), la météo capricieuse nous a encore éloignée de cette tant convoitée Cima Grande : Pfff… Dans les dolos tu prends l’eau épisode #3 … Pas fâchés pour autant, nous trouvons rapidement quelques beaux projets dans ce massif des Pyrénées. Ici tout reste à faire !

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

A commencer par ce grand pic d’Espade ; cime de second plan certes, mais au caillou de tous les superlatifs. Nous voilà donc à jouer à Pokémon Go dans « les malheurs de Pikachu ». C’est plus des spits que nous trouverons sur place … Et un paquet ;) En mal de sensations et de fermeture de bras, c’est bien agréable ! Surtout dans la fissure d’el cap 6, qui demande un investissement personnel appuyé. A côté de nous, les cousins se régalent aussi dans « noir tango » mais à vrai dire, ce qui nous a le plus marqué, c’est le cadre : une ambiance minérale et des lacs à profusion, bref un univers mercantouro-corse enchanteur.

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Une bonne pioche donc alors que faire à présent ?? Avec Gégène, nous allons tenter la face nord du Vignemale tandis que les cousins et GM partirons du côté d’Ossau. Un monument des Pyrénées cette face nord ! La course d’alpinisme phare dans ce registre de difficulté (même si le taux d’utilisation des crampons est inférieur à 12%). On est motivé à bloc alors en avant Guingamp ! Fuck, ça commence bien, pas de place au refuge … Nous voilà chargés comme des ânes vers les Oulettes en mode montagne pas plaisir. Perdus au milieu d’un flot continu de touristes braillards, notre ermite national semble indisposé.

Soit, la montée en refuge est rectiligne, remontant un interminable vallon de type étançons et puis pan, on bute sur un ensemble aussi puissant qu’harmonieux : des à pics de 850 m taillés à la hache … Brrrr, c’est austère … Le bivy installé, nous tentons de déchiffrer l’itinéraire de gigantesque pilier calcaire : curiosité géologique car sous les Oulettes de Gaube, c’est bien du granit. Bon la science, ça nourrit pas son homme alors direction le refuge pour s’envoyer un superbe plat de lasagne. Il s’agirait de prendre des forces car demain, on va pas trier les lentilles !

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

4h : j’ai beau aller au Vignemale … J’ai mal. L’approche plutôt courte est rapidement avalée mais les deux cordées d’espagnols parties plus tôt pinaillent à la rimaye (sic !). Ceci nous vaut donc une bonne heure d’attente et il faut dire qu’elle ne fait pas rire cette rimaye. Les longueurs s’enchainent alors lentement mais surement, le genre de faux rythme ni assez lent pour te faire péter un câble mais qui te met quand même dans le flou. A chaque relai, mon esprit s’abandonne à des pensées négatives … « tiens une superbe plateforme pour bivouaquer, merde, j’ai pas pris le numéro du PG, putain sont-ils réellement dans le même espace spatio-temporel ? »

Car oui, nous tirons des longueurs dans cette course en 4+. D’une part, c’est vraiment pas évident de doubler et d’autre part, l’exposition de l’escalade et la qualité du caillou ne donne pas vraiment envie de filer à corde tendue. Gégène me remémore alors non sans ironie ma phrase lancée l’avant-veille ...

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Alléluias, un friend coincé et nous doublons, au bon moment, car l’ami espagnol ne tarde à contribuer de belle manière à l’érosion de la montagne. Stupeur et tremblement … Le cardio toujours dans le rouge, nous perdons encore un peu de temps vers la sortie et puis le terrain jusqu’alors fort raide se couche. Il est 17h30 : un ciel limpide est une vue à 360° sanctionnent la fin de cette belle grande course … Nous sommes bien contents de pouvoir relâcher la pression, cette petite garce qui te colle la boule au ventre mais maintient tes sens en éveil dans cet univers hostile. Et puis chacun à fait le job sans offloader de longueurs moisies à l’autre.

Mieux vaut une grande course qu’une grande voie moyenne !

Début d’une descente interminable ! Nous revoilà maintenant aux Oulettes au bout de 2h30, il va bientôt faire nuit. Gégène est déjà loin devant, encore un dernier regard vers le sommet pour moi tout seul et le vallon plonge tout doucement dans l’obscurité. Fin classique en mode radar/zombie/j’ai faim/j’ai mal aux pieds/j’arrête l’alpi. Punaise, ce retour te vieillit le cartilage d’une bonne dizaine d’années mais le bon plat de pâtes/chipos à l’arrivée efface tout ça comme par magie !

Vendredi est dédié à requinquer les machines ! Branlage de nouille et tentative d’organisation de fin de séjour. Finalement, après diverses tergiversations, nous irons visiter vers le Caroux avec les deux Guillaume. En nord, il y règne une presque fraicheur et cette Desmaison sans prétention est ma foi fort jolie. Une bonne journée philo/grimpe sans stress et conclue par une petite baignade dans les vasques : Frère Morelli se signe avant de sauter : engagement total ! Nous concluons de main de maître cette journée à la table d’un chef qui aurait fait 4ème aux championnats du monde de pâté croute. Plus tard dans le nuit, je constate qu’il est difficile de repasser de la hauteur du plafond du T4 à celle du partner, tel un guyanais randonnant dans un 6c, me voilà à souffler pour chercher de l’air … et une chute pour cette màj … Comme quoi, une grande voie moyenne, c’est bien aussi ;)

 

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Rédigé par Fabrice

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