Articles avec #montagne tag

Publié le 4 Mai 2016

Alléluia ! Enfin, un truc sur MP, ceci après un silence radio quasi semestriel. Il est donc temps de résumer ce qui s’est passé … soit autant de trucs que dans la saison 5 de game of thrones, c’est-à-dire pas grand chose … Flashback sur le pourquoi du comment …

Ménage de printemps !!

L’hiver … L’hiveroutétai ! Putain, ça avait pourtant bien commencé. Décembre 2015, parking du Fournel … Certes l’ambiance était un chouïa bizarre. Ce truc blanc qui d’habitude sert à faire venir les parisiens à la montagne faisait grève. Remarque, on n’était pas trop emmerdé pour savoir si c’était raquettes ou skis ; une paire de tongs aurait largement fait le job. Un bon point. Le mauvais point, c’était le thermomètre qui avait vraiment du mal à passer dans le négatif. Et en cascade de glace c’est un problème important. Heureusement, y’a aussi le phénomène de stratification et le rayonnement vers la voûte céleste mais au pied de la cascade, le visuel n’était tout de même pas folichon. On avait un peu du mal à corréler la photo du topo avec la réalité de ce « monde des glaces » liposucé. M’enfin, on était allé voir. Et puis ça l’avait fait, avec en prime une belle colonne d’une trentaine de mètres négociée à la régulière, au plus raide. Le lendemain, on avait remis ça au grand Laus avec JB … Chauds pour le reste de la saison !

Et puis, c’était sans compter sur cet hiver bi-polaire qui soufflait le chaud et le froid. Avec ces gradients importants, les voyants sur ice-fall restaient désespérément au rouge … comme moi … Obligé de ressortir les skis et même une paire de baskets … El nino, los bastardos nous gratifiait de conditions particulièrement agréables pour jouer à la pétanque: les nomics avaient failli finir sur le bon coin !

Ménage de printemps !!

Failli car nous avions tenté un dernier va-tout dans le 05 avec Laurent et même Lucie ! Après un brassage antologico-punitif, nous nous échouions seuls sous la belle colonne de cristal salace. 350 m de D+ arrachés en 3 heures : de quoi faire péter un hi-score sur strava rubrique « arrête le sport ». Le cigare lui, avait été un joli combat de rue enlevé à la hussarde. Combat, où j’avais un peu trop donné de ma personne … Y a des jours comme ça : pan ! -20 points de confiance. Bref, Le lendemain nous tentions Cervières sur les bons conseils d’Hugues Jaillet alias guide05 sur C2C. Vue de loin, la base du tube nous apparut manquante. Nan en fait, y avait quand même une, certes mais aussi solide qu’un os de poulet. Autant dire que tu faisais pas le malin au pied. Quoiqu’il en fût, j’avais voulu le négocier en tête, il allait falloir faire péter le swing délicat, le swing petit chat pour ne pas trop titiller ce superbe glaçon. Après cette toute belle ligne, nous écumâmes le reste de ce spot lumineux jusqu’à l’ouverture de bras totale …

Ménage de printemps !!
Ménage de printemps !!

Printemps … Reprise de la grimpe ! Un petit réveil musculaire à Finale et nous voilà déjà en quête d’une destination pour la semaine GV. D’abord imaginée en Croatie, nous finirons en Ariège à Sinsat … Oui, l’Ariège c’est nettement moins loin pour une semaine. Donc le Quié. C’est vraiment une sacrée belle barre de calcaire mais une fenêtre de tir pas évidente, sauf pour les chasseurs qui semblent mieux lotis que les grimpeurs (ndlr ; faudra que la LPO m’explique 2/3 trucs là). Malgré cela, une destination qu’il me tardait de découvrir. Il est vrai que l’écumage assez intensif des 15 dernières années nous a fait découvrir pas mal de belles falaises, où l’on retourne toujours avec plaisir. Mais il est un plaisir encore meilleur, celui-ci de la découverte. Sur place, nous prenons la température (et surtout le vent) dans Lisa: bonne pioche c’est beau !

Le lendemain, David et Julie parcourront l’intégrale d’Anaïs tandis que Lucie, Gégène et votre serviteur jetterons notre dévolu sur la Pascal. Comme dirait Gégène, la Pascal pour les vacances de Pâques, ça claque. Voici une voie résolument vintage ! Et le vintage est à la mode, c’est un fait. Rien qu’à voir le nombre de sites de brocantes aux petits oignons, véritables pièges à bobos qui en ont ras le bol du catalogue Ikea. Au diable, le propret, ce qu’on veut, c’est de la patine, de belles veines sur le bois, des tâches, bref un truc avec une histoire remis au goût du jour. Pour la grimpe, c’est pareil, un petit lifting sur ces vieilles grands-mères (deux bon spits de 12 à chaque relai) et en avant Guingamp !!! Ouais en avant … au pied de la face, j'ai l'impression que Guingamp va faire mumuse avec le Real Madrid.

Ménage de printemps !!
Ménage de printemps !!

Le socle est pénible, accrobranche et dalles expos, et puis une longueur sale en 4+ pour salir les souliers. La suite est vraiment impressionnante. Au pied du mur, on se sent un peu écrasé par cette ligne évidente qui raye cette pelle en plein centre. Je tente le petit crachat pour nettoyer la gomme des katanas mais rien ne sort. Et me voilà sans transition dans du raide un peu expo : Un 6b pas trivial ! Sous le 6c, je suis donc un peu tendu et en plus Gégène ne fait pas attention, il met sa tête partout. Après avoir à moitié assommé l’animal avec un mawachiguéri sans même m’en rendre compte, je m’élève prudemment dans la mâchoire de pierre équipée de punaises douteuses. Avancer dans ce bousin demande du métier : lâcher ses munitions au bon moment, gérer les bras et surtout ne pas faire confiance à ces points cartonesques !

Donc une varappe exigeante où Il faut remettre en route l’Algo TA. Au début, on sort jamais la bonne taille et au bout de deux longueurs, on protège comme notre Gilbert national joue du piano ! C’est-à-dire qu’il reste encore des progrès à faire mais ça fonctionne. La suite se calme sur le papier mais invite à ne pas trop négliger son sujet quand même. Au bout de cinq heures et des brouettes, ma foi, on est content de relâcher la pression …

Ménage de printemps !!

Le lendemain est un day off négocié de main de maître. Les thermes et leurs eaux bienfaisantes nous permettent de détendre nos petits muscles meurtris avant un ultime corps à corps et surtout une ultime putain d’approche. Car avant de faire valoir son droit à grimper ces belles falaises, il faut s’envoyer une marche pas franchement discount. Voilà la dernière belle voie : les plaisirs de la pierre, ben voyons, c’est à la fin de la voie que je constaterai une tendance SM des ouvreurs. Faut dire qu’une paire de katanas pas trop faite a bien participé à cette impression sur cette dallouse de 300 mètres ...

Ménage de printemps !!

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0

Publié le 7 Décembre 2015

Début Novembre, un anticyclone est vaché sur les alpes depuis un mois, bien décidé à faire chanter du Joe Dassin à Evelyne Délia tous les jours. Le problème est qu’il est aussi bien décidé à plier les gaules la semaine prochaine … Dès lors, il serait navrant de louper ce créneau «grande course  mixte» ! L’automne étant clairement la saison pour ce type d’entreprises : approches pas trop galères, neige couic’ dans les faces mais revers de la médaille, des jours pas si longs et un éloignement plus marqué qu’à l’accoutumé. Cette année, c’est moins la folie mais quelques trucs sont plutôt bons, dont la Pschitt : une belle ligne perdue dans les cartons, tout au fond … Et pourquoi  ça ? Ben elle est aussi perdue tout au fond du glacier noir. Et dans ce massif des Ecrins, tout se mérite ; la carte bleue ne permet pas de se déplacer plus vite que Jornet. Il faut donc marcher longtemps, 5h en fait avant de s’envoyer 700 mètres de face (sans oublier une descente technique de 4h+3h). Bref, de la RTT qui compte double ! Et puis ici, pas de 4G, ni même une petite barre de réseau en cas de pépin …

Côté Pelvoux !!

L’occasion faisant le larron, DavidJ himself viendra compléter la cordée du Viso, c’est-à-dire JB et votre serviteur. D’un point de vue stratégie, nous optons pour une blitzkrieg light, c’est-à-dire avec nuit au Sélé, de peur de perdre complètement l’agrément montagne-plaisir. Alors en voiture Simone ! Un macdal plus tard et nous poussons la porte du refuge Cézanne pour une courte nuit. Vers 2h, le réveil nous tire de la couette où nous faisions un peu semblant de dormir. Il s’agirait de ne pas trop réfléchir à la suite qui s’annonce longue comme un jour sans pain … Et pourtant du pain, nous en avons sur la planche !

Rapidement, nous remontons la moraine ; dorsale abrupte conduisant aux balmes de François Blanc, là où une sente permet de prendre pied sur le glacier noir. Ambiance magique, il est cinq heures … Par ici, tout est noir, opaque, il n’y a pas de lune. Quelques volutes de neige bousculées par le vent donnent vie à ce décor figé : winter is coming … La nuit semble interminable tout comme cette putain d’approche … Enfin, c’est peut-être aussi parce que j’avance pas : fatigué, je me traine, l’impression de tirer une caravane. Pourtant à trois, le sac est quand même pas bien lourd et puis le seul truc qui me tire, c’est la corde ... Et dans le bon sens ! Délivrance, vers 7h, le petit jour coïncide avec notre arrivée au pied des hostilités, pour moi, alpiniste pantouflard, heu je veux dire chamoniard, le plus dur est fait. Nous nous octroyons alors une pause salvatrice à base de thé et diverses sucreries. La petite onglée réglementaire négociée, je règle les darts, range le rack de matos et attaque cette face nord de l’ailefroide …

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

… 10 ans ont passé depuis le groupe espoir ! Tous les jeunes padawan du caf Chambé ont pris leur envol (certains plus que d'autres). Bien avant que celui-ci ne sombre du côté obscur de la force en proposant notamment des sorties jeux de plateau ;) 10 piges donc, mais toujours un peu l’impression de repasser le permis avec David sur la corde ;) A vrai dire on est jamais à l’abri d’un bon gros fauchage du professeur. Mais revenons à nos moutons ; le début cruise grave, puis quelques passages réveillent gentiment un grimpeur dans le coltard : la petite chatière, ludique, un mur vertical en sucre (pas ludique) puis une longueur XXL franchement raide où j’épuise rapidement mon stock de vis. Belay ! Le représentant de l’ENSA jette un regard inquisiteur sur mon relai : un couplage monobroche/monik, du grand art… minimaliste. Trêve de considérations techniques, je repars et négocie le dernier passage tricky avant de faire monter le cardio dans les pentes de neige sommitales. Note, fidèle lecteur que cette goulotte est diablement belle et surtout variée ! Genre pas le rail monotone où tu enchaines machinalement les mêmes gestes.

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

Je prends mon temps pour grimper, protéger correctement et puis on a le temps bordel. A présent, la sortie est dans le viseur, défendue par une longueur déliquescente++. Se faire léger … Au bout de 50 mètres, je pose mon dernier relai sur du rocher bien chaud, le silence est absolu. Rapidement, le regard se perd dans le paysage … En face la barre des écrins défendue par son puissant pilier sud, à gauche en embuscade la Meije, toujours belle gosse, puis dans le désordre, Bans, Mont-blanc, Matterhorn, Agneaux et Viso. A chaque fois, c’est le même kiff, putain, on est à 3h de route de la maison et j’ai l’impression de regarder une autre planète. J’ai beau chercher, je vois pas ce qui arrive à la cheville d’un spectacle pareil. Rapidement mes deux acolytes me rejoignent, JB est aux anges, David me lâche un laconique :

T'as bien grimpé ... Mais on a perdu une heure !!!

Grand manitou es abalakov

Côté Pelvoux !!
Côté Pelvoux !!

Passés ces moments hors du temps, nous embrayons sur la descente qui sans être franchement pénible est un peu délicate : des rappels, de nombreux passages scabreux, des manips. Il faut rester efficace ! Et peu avant 18h, nous poussons la porte du Sélé, légèrement décalqués. Décalqués mais heureux. Nos maigres provisions sont alors rapidement dégommées et nous nous endormons comme des masses sous nos tas de couvertures. Samedi, la paisible descente sur Ailefroide est une formalité. Et à mesure que nous perdons de l’altitude, peu à peu, l’atmosphère se réchauffe, quel délice ! On croise même quelques personnes. Pourtant, le retour à la civilisation laisse un goût amer dans la bouche … La bière tant convoitée n'y changera rien …

Côté Pelvoux !!

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0

Publié le 15 Mars 2015

Ce weekend ; ciel bleu insolent sur l’alpe (bien !) … mais peu de retours de courses (pas bien !!). Une bouteille lancée à la mer sur une adresse aussi réactive que la hotline de la poste : gregoire.lestienne.at.gmail.com. Finalement une première touche puis un zeste d’obstination (genre pêche à la grenade), et voilà que le repos dominical s’oriente idéalement vers les entonnoirs glacés de Chamouni. Où quoi comment ?? Franchement, on n’en sait rien … Tiens, pourquoi pas la Ravanel-Frendo ? Nous voilà donc de bon matin sur le parking des Grands, pas très frais pas très pimpants, essuyant d’entrée de jeu un superbe but « vent ». Il est vrai qu’on ne s’attarde jamais assez sur cette putain de carte des vents : 100 km/h là-haut. Le lever à 5h n’aura servi à rien : fait chier !

 

Brocouilles, nous tentons notre chance à la benne après avoir finaudé en achetant le billet au Montenvers pour zapper les mille ans de queue (NDLR : ne jamais commencer sa négo par « Normalement »). Ici, c’est la fashion week avec du norrona, du haglöfs, du arc’teryx mais aussi du millet pour les plus modestes. Dans ce foutoir multicolore, on a croisé Dom, ce vieux guidos super sympa qui a encadré mes premiers coups de pioches au Caf d’Aix, il y a plus de dix ans. Marsigny nous a aussi broyé la main ; c’est complètement people la benne !

I’m lovin’it !

Un petit café 3G pour temporiser/organiser et nous voilà entrain de déniveler vers l’aiguille à une allure kilianesque. En y réfléchissant, je ne saurais dire si ce néologisme colle bien à la situation : la fusée catalane ayant eu quelques déboires dans cette face Nord ;) Après ces records de vitesse, place aux escargots de l’arête mais grâce à un truc magique appelé « crampons », nous sortons des embouteillages et mettons de suite nos spatules en direction des pointes Lachenal. Objectif : la goulotte chips & soda (attention énigme du père Fouras puissance 12). On s’équipe paisiblement car il fait plutôt bon au soleil. De la glace facile pour chauffer puis rapidement un passage qui mobilise toutes les ressources du Greg. Trois onglées plus tard, à mon tour : pan ! Un grand écart vandamesque et je m’extrais du passage avant d’aller tâter le crux: M5+ en vrai coincement de lame. Un truc nouveau en terrain non aseptisé : Dément !

I’m lovin’it !

A présent, nous descendons la vallée blanche et mettons le clignotant à droite vers Leschaux avec un plat monstre long avant le mythique refuge. Les grandes Jorasses sont là, omniprésentes et complètement indifférentes à notre progression. Quasi personne dans le coin, juste une tente sous la face qui donne la mesure des lieux. Ici, c’est pas les goulottes de Chamrousse mon gars ! Pas d’infos donc et le risque de but qui va avec mais du wilderness, du vrai. Nous visons l’évidente goulotte Nord-Ouest de la pointe de Frébouze. Aux jumelles, ça sent bon mis à part un petit verrou caillouteux. Atteindre le refuge est plutôt désagréable : échelles, pentes de glace en solo et neige expo. Encore un peu d’acrobaties pour atteindre la porte d’entrée. Ouf, la bière est plus que méritée !

I’m lovin’it !

Dès lors, il s’agit de recharger les batteries avec le rituel de la fonte de neige … ou pas ! Quelle tête n’ai-je pas faite lorsque Monsieur Lestienne me ramena mon réchaud, mon petit titane, décapité, gisant entre ses mains penaudes. Argh ! Du beau boulot mon garçon : nous voilà gros jean comme devant ! Il faut reconnaître que les ingénieurs MSR ont été légèrement optimistes niveau sections et on espère qu’ils ne s’amusent pas à dimensionner des avions le week-end. 

I’m lovin’it !

Allez champion, essaye donc de réparer tes conneries maintenant !!

Edgar Pasgropiron

Heureusement, deux acolytes sont également là et nous dépannent avantageusement. L’occasion de leurs refaire ici un petit big up et pas que pour ce coup de main. En effet, un des gars prévoit (et réussira) la FN des jojos demain en solo avec l’ambition d’ouvrir un truc. Cela nous laisse perplexe et/ou rêveur lorsque nous décollons à 6h du mat et que ce fou et/ou mutant dort comme un bienheureux.

I’m lovin’it !

De notre côté, on se concentre sur cette descente extrêmement désagréable avant de s’envoyer l’approche qui l’est tout autant, voire plus. Enfin la rimaye ! Putain, enfin … On s’équipe et c’est tipar pour de la bonne déroulante. Comme un vieux chacal, je laisse le guide tracer ce cône extrêmement chargé en prétextant à grands renforts de mauvaise foi, qu’il a plus la caisse. La suite ? Rien à signaler mais c’est beau, direct, classe, top.

I’m lovin’it !
I’m lovin’it !

Mais, ces 500 mètres nous paraissent foutrement plus long que ceux du débonnaire petit viking. Comme mon compagnon de bordée a un petit coup de mou, je plie la fin, car je me sens en plein forme. Il m’a juste fallu 5h pour me réveiller. 5h, c’est aussi le temps qu’il nous aura fallu pour partager cette belle varappe et poser nos fesses à califourchon sur cette arête baignée de soleil. Il manque plus que le café ! Les grandes Jorasses sont toujours là ; omnipotentes … Le calme est absolu, dieu que j’aime ces moments …

I’m lovin’it !

Il est temps de redescendre. Cette fois, pas la peine de gueuler le classique « corde !!!». Pas non plus d’imbroglios de nouilles au relais, on est vraiment plus que peinard. Les skis n’ont pas bougé et m’attendent pour le dernier crux de la journée : la descente ! Où j’ai encore pris le maxi tarif. Bien l’impression que sur les derniers mètres (et même les premiers après réflexion), Gaspard aurait mieux skié l’affaire. Bref, vers 19h, après deux heures à torturer mes quadris, nous voilà confortablement attablés, à déchirer un bon macdal ... après avoir croqué la vie à pleines dent !

I’m lovin’it !

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0

Publié le 19 Février 2015

La glace raide, une assuétude bien plus puissante que n’importe quelle autre activité verticale. Un peu comme mettre le nez dans Game of Thrones et se taper l’intégrale en un mois. Et pourquoi cela ? Primo : la structure, la raideur : envoûtantes. Secondo la période toujours trop courte, haletante. Le cocktail est bigrement addictif, tant et si bien qu’on devient rapidement insensible à des trucs comme se lever à 5h du mat ou se prendre des seaux de flotte à 0°C sur la courge. De vrais camés, hypnotisés par tous ces dards bien dodus ...

Et puis c’est pas le tout, mais tu t’es quand même tapé moultes séances ultra-chiantes de muscu/conti. Et même du dry à Saint-Sat bordel. Là pour le coup, c'est plus l’intégrale de plus belle la vie. Bref, tout ça pour dire qu’en février, le glaciériste, il est pas là pour acheter du terrain : money time oblige ! Alors JB, prends donc tes monics et fait chauffer le scénic: y a cascade là ! (Au fait, oublie pas le baudard et les crampons ;)

Ice fall connexion

Un énième lautaret plus tard et pan, direct dans Hiroshima. Un 5 de référence, un 5 qui a marqué l'histoire de la glace française. En plus cette année, pas vraiment en solde l'affaire, de quoi me faire regretter le pécher d'orgueil de la veille: "Pouah du 5, je peux bien reprendre un verre …". Ben tiens donc: structure fine et légère, brochages pas évidents, je décuve assez rapidement mais ne tarde pas à retrouver mes marques. A force de pratiquer, on commence à vraiment sentir la matière glace à travers nos pioches et nos crabes : la qualité d’un ancrage, l’évaluation de la solidité de cette broche à plus ou moins 75 grammes. Et puis on arrive aussi à mieux la lire, à deviner les crochetages, comme cette main qui vient chercher naturellement une prise. C’est tout un art mais c'est somme toute pas évident à expliquer.

Ice fall connexion
Ice fall connexion

Le lendemain, nous jetons notre dévolu sur une autre belle classique: la directe de l'arc de cercle à Fressinières. Assurément une belle ligne mais victime du peu de condis générales dans l’Alpe, ça bouchonne grave dans le crux. Au bout d’une heure trente, je ne tiens plus en place. Quand soudain, ma motivation est légèrement refroidie par ce jeune pyrénéen prenant un magnifique tir. Le voir pendu sur la corde sans bouger m’a glacé le sang. Heureusement, plus de peur que de mal. Petit rappel aussi, ce sport est dangereux, il faut quand même engager la viande même si la marge est sensée nous garder loin de cette zone accidentogène. Et c’est bien là la différence fondamentale avec la varappe spitée. Allez, à mon tour de me frotter à ce 5 humide à souhait. Summit et encore une chouette ligne. Ces bonnes conditions ne tardent pas à attirer l'animal ... qui possède un temps libre capable de faire passer l’espace sigma du CEA pour celui de Foxcom.

Ice fall connexion

Donc maître Francois-Xavier, par l'odeur de la bugne alléché nous tint à peu près ce langage. "Si votre paire de bras se rapporte à votre superbe gore-tex alors au grade 6 des viollins nous irons grimper !" Il n’en fallait pas plus pour nous corrompre … Banco ! Au pied de la bête, l’hésitation et l’excitation sont plus que palpables. Y va Y va pas ??… Putain, c’est un 6 sur le topo, un grade 6 ! Une barre mythique, comme à la perche !! Une barre qui permet vraiment de parler de glace raide. Si le fiston les enfile comme des perles. De mon côté, on est plus sur une approche Jean-Claude Dussienne de la chose : sur un malentendu, ça pourrait peut-être éventuellement marcher. Dans le doute, je le laisse donc y aller. Le truc est randonné en dix minutes (pour les non avertis, c’est rapide) et voilà que le coach descend en rappel: verdict : up to me ! Régalade totale même si c’est les soldes : que c’est bon d’être pendu sur les pioches, de claquer des écarts, de fermer le bras dans ce petit pas en dévers plein gaz. Encore un bon petit rail là ... Après l'effort, on reprend nos petites habitudes chez Marie Blachère avec le dégommage de duich' qui va bien. Au soleil, on prend du bon temps avant de rebasculer une dernière fois dans l'ombre ...

Ice fall connexion

Aujourd'hui lorsque nous traversons sous la face, le pas se fait rapide. Exposition maximale sous la vieille et grande mâchoire de Gramusat prête à perdre ses dents. A l'attaque, encore des pyrénéens ! Scandaleux ! La journée promet d'être longue ... mais sympa. Gramusat donc, un temple de la glace synonyme d'inaccessible pour le glaciériste lambda mais comme on a une F1 sur la corde, on se fait zizir. La voie c’est Blind Faith, on imagine qu’à l’ouverture, ils ont du se mettre bien les gars. Et puis petit détail today, c'est vendredi 13, chance ou pas, Fix manque de peu la correctionnelle: le meteor est atomisé par une chute de glace: enjoy !...

Ice fall connexion
Ice fall connexion

... Après l’artif, nous parcourons un grand mur plein gaz. Tout va bien, c'est majeur. Et à la faveur d'une erreur d'itinéraire de Mister Wagner himself, on repasse devant. Niveau ambiance, en face sud, tout s'effondre, au pied aussi, ça tombe. Des craquements sourds et lugubres qui serrent le ventre. Putain faudrait y mettre un bon coup de polident ! Dans ces moments-là, dire des conneries pour détendre l’atmosphère semble important ... Mais revenons à nos moutons, nous voilà maintenant au pied du dernier cigare. Pendu dans le ciel, on fait le tour du proprio sur les 40 mètres de sa structure: juste incroyable. Malgré l’euphorie, faudrait pas oublier que tu ne grimpes pas sur des spits de 12 et que faire de la merde dans cet univers peut te coûter cher, à toi ou à une autre cordée. Attention à l’overdose donc …

Abseil down, au passage, on torche rapidement la longueur ratée et on plie les gaules. Il est à noter que cette descente damoclèsienne t’offre une séance de musculation des fessiers complètement gratuite. Un dernier sprint sous la face et nous voilà sur la route, plus rien ne peut nous arriver à part une indigestion de bugnes. Putain dément les gars, merci ! Et merci aussi à Marie-Christine et Natacha pour l’accueil haut-alpin.

Ice fall connexion

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0

Publié le 22 Octobre 2014

En 2013, si la sortie annuelle avec Monsieur Bernaud avait été annulée pour cause de cheville en mousse, aux dernières nouvelles, Monsieur Morell ne m’aurait toujours pas donné d’excuses valables pour 2011 et 13. Ben ouais, ces dernières piges, plus de chance de chopper Ebola que de grimper avec le garde-barrière annécien : tout simplement inacceptable !

 

Mais 2014, octobre en fait, est à marquer d’une pierre blanche : alignement parfait de Mercure, Saturne et Jupiter ; Oh my God, c’est complètement amazing ! Bref, Pierre sera sur-encadré pour cette sortie: un vrai guide et … un faux guide, polonais ou tchécoslovaque, on ne sait pas trop. D’après les kandiratons, il boiterait dans Cham’ de bars en bars, soûlant tout le monde avec un enchaînement de quatre 5.2 quasi-mythique … Quasi-mythique !!

Sur un rail …

Mais revenons à nos moutons. Rappel du concept ; une belle arête automnale faisant bonne presse sur C2C. Et je dois dire que cette saison lumineuse rend ce genre de classiques particulièrement savoureuses. D’habitude sur-fréquentée, Il faudra juste accepter une attaque matinale et s’accommoder du début d’onglée qui va avec. Le reste n’est que luxe, calme et volupté … Ah oui, j’oubliais, direction la Suisse et les écandies !

 

Malins, nous effectuons la route la veille car si l’iso est fichtrement haut pour un 18 octobre, le dérèglement climatique n’a toujours aucun impact sur la durée des jours. Annecy nord, nous retrouvons un homme fatigué assailli de questions existentielles : ambiance France culture dans la 206 et … dans la tente. Nico s’allonge sur son divan Thermarest et continue à philosopher. Pierre est quant à lui aux prises avec des rêves bizarres à base d’attaques de chèvres. Une fois n’est pas coutume, je dors comme un loir. Un seul cauchemar vers 5h45 où je crois entendre un réveil. A ben non, merde, faut se bouger et sans regret, nous quittons ce squat labellisé Blair Witch. La marche d’approche est avalée au pas de course. Nous voilà à pied d’œuvre, sous la fissure d’attaque, plutôt frisquette : l’onglée est elle aussi validée. A partir de maintenant, si c’est pas l’orgie, je fais un putain de scandale ! Patience …

Sur un rail …
Sur un rail …

… Entre ombre et lumière, entre glacier et mélèzes, nous déambulons avec une nonchalance pleine d’à-propos. Un petit gendarme escaladé par ici, un topo mal lu et un pinacle snobé par là. De temps à autres, une petite claque dans une fissure ... Mouais, une bonne grosse torgnole en fait ! Puisqu’on veut faire les beaux gosses, on a gardé les grosses. Et le 5+ en grosses à Chamonix, attention lieu commun : c’est pas évident, tout comme jouer du violon avec des gants de boxe pour reprendre Coluche. Autre difficulté à signaler : le saut de l’ange. Il sera réalisé en beau style, sans trembler : pas dur, c’est sûr, mais sûr que si tu te plantes, ça tapera dur…

Sur un rail …
Sur un rail …

Rapidement nous voilà au sommet Sud. Les conditions quasi estivales invitent à une pause saucisson/tabac/bronzette : triptyque parfait. Il n’est que deux heures trente lorsque nous atteignons la brèche médiane marquant la fin de la première partie. La suite, certes moins sexy, nous tend les bras et comme on aime le travail bien fait, on s’y colle sans renâcler. Cela dit, une longueur terreuse au rocher chipseux me fait presque regretter ce choix : téléportation immédiate dans les pires contrées de l’Oisans sauvage. De retour sur le fil, encore quelques petits pas et nous voilà à contourner largement les gendarmes. Fin de la traversée sous la fenêtre d’arpette.

Sur un rail …
Sur un rail …
Sur un rail …

Cette intégrale représente déjà une belle entreprise, ludique mais surtout complète : toute la boite à outils de l’alpiniste est passée en revue : rasoir, fissures, renfougne, verrou, assurage à l’épaule, en mouvement et j’en passe ! Et pour terminer sur une allégorie digne du mec le plus aware qui soit: même si on est sur un rail, c’est vraiment varié : des hauts, des bas, des choix à faire, toujours, plusieurs variantes possibles … Putain, tu en veux encore ?? Allez va, c’est cadeau …

Sur un rail …

Le monde est composé de flèches et de molécules, et d’électricité, comme le Big Bang tu vois, et tout ça, ça forme, l’univers.

Jean Claude Van Damme

… Pouah, il est sidérant le garçon, pas facile d’enchainer sur les propos de ce cerveau d’exception. Mais voilà, c’est fini, coché, plié. On a fait le tour du cadran mais pas forcément celui de la question. Rendez-vous donc dans un an ou quatre ans ? Ça fera pas quinze ans c’est sûr, mais la valeur n’attend pas le nombre des années parait-il.

Sur un rail …

En alpinisme tout est affaire de montagnes quand elles sont belles, et de compagnons quand ils sont bons. Des deux éléments réunis naissent des moments de vie intenses entre l'art et l'ordinaire, entre le luxe et la variété.

Dominique Radigue

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0

Publié le 7 Octobre 2014

Aux dernières nouvelles, la gardienne de Leschaux flamberait dans Chamonix au volant d’un superbe Porsche Cayenne full options … Et oui ces derniers temps, réserver une couette au refuge est aussi simple que d’aller voir U2 en backstage. En temps normal, c’est nettement plus calme, on est plus sur du Patrick Juvet voire François Feldman en cas d’avis de tempête. Car en temps normal, cette montagne fait PEUR et rares sont les prétendants à la prestigieuse face nord. Mais à la faveur de conditions exceptionnelles, c'est l'hystérie là haut avec une centaine de personnes par jour les week-end ! Chacun y va de sa contribution : un speed climbing et une descente sous voile par ici, des torchages quasi presliens de la face par là ...

 

A force de voir passer des CR de jeunes effrontés qui ne respectent même pas cette vieille dame, tu aurais presque envie d’y aller dans cette face nord. Enfin bon, les grandes Jorasses, c’est pas pour tout de suite … C’est peut-être même pour jamais d’ailleurs … Ceci étant, Montagne Plaisir te propose de revenir dans la vraie vie, dans un monde où tu laisses passer les retraités à la poste, où tu marches pas en dehors des clous. Du bon vieux classique où tu te fais pipi dessus au pied des difficultés, où tu craches tes poumons à chaque coup de pioche. Bienvenue dans le monde merveilleux du normal climbing ©.

Chacun son Everest …

Pour l’occasion, nous ressortons des cartons un vieux projet pas trop long / pas trop dur : le macho direct au Tacul. Honorablement placé à la 63 ème place dans le Batoux et surtout à une toute petite heure de la benne, celui-ci est donné en 5 heures : au poil ! Enfin, les horaires de Batoux en mixte, faut s’en méfier largement autant que ceux de Rébuffat en rocher. Et puis en glanant des infos par ci par , deux longueurs semblent vraiment sortir du lot ... Cependant, Greg a des news rassurantes alors c’est tipar pour une blitzkrieg là-bas. Fix et JB iront quant à eux, trainer leurs pioches dans le cirque du Maudit.

Chacun son Everest …
Chacun son Everest …

L’approche en descente est menée au pas de course et nous voilà rapidement au pied des hostilités. Nous dénivelons alors un bon 400 mètres avant d’arriver à l’embranchement du direct. Au programme, un solide (pas tant en fait) grade 5, 4000 mètres au-dessus de Saint Malo. Avec mon acclimatation proche du japonais summitant l’aiguille du midi ça va pas être de la tarte …

Chacun son Everest …

Dans la colonne, le mauvais feeling se précise : ce mélange de neige/glace foireux demande un swing délicat et les broches posées semblent aussi peu fiables que le SAV d’alltriks … Tous les voyants passent gentiment à l’orange foncé, Bon dieu j’aime pas ça … Pour ne rien arranger, la mer de nuage nous enveloppe et l’ambiance devient glauque à souhait : Enjoy !

Néanmoins j’avance, certes lentement, mais j’avance. Il faut assurer chaque ancrage, rester calme, gérer le niveau de lactate dans les avants bras et brocher intelligent. Cerise sur le gâteau, un insidieux spindrift m’oblige à de nombreuses pauses : en gros c’est Bagdad ici, je me régale. Une bonne demi-heure de combat plus tard, je teste le dernier réta léger dévers et constate que les ancrages sont cette fois-ci bétons : Alléluia !

 

Chacun son Everest …

Blotti sous le surplomb, j’attends l’accalmie et ne tarde pas m’extraire de ce chantier : Re-Alléluia ! Après avoir bricolé un relai broches/nomics un tout petit peu moins Alléluia, la pression peut retomber. Le futur guide me rejoint et enquille la suite. Putain c’est long 800m ! Mortellement long … Oui mais la sortie se précise, enfin. Evoluant à côté d’une meringue glacée aux formes voluptueuses, nous atteignons l’arête faitière non sans une émotion particulière, celle des « belles courses ». Autour de nous, les nuages donnent une perspective incroyable au tableau et avec ces lumières automnales, y a pas à mégoter, c’est magique.

Chacun son Everest …
Chacun son Everest …

Comme la nature est bien faite, la VN du Tacul nous pose rapidement au bivi. WTF ?? Un bivi à deux pas d’un refuge où c’est la teuf ?? Faut dire que ça remonte quand même facile 30 mètres pour aller crécher aux Cosmiques. Et puis c’est sympa de temps en temps un bon bivouac, ça permet d’apprécier la couette, l’eau chaude et tous ces petits riens auxquels on a tendance à s’habituer un peu trop vite. Le repas dégommé, nous ne tardons pas à voir rappliquer les deux zozos après une possible first ascent au maudit. L’alti de JB annone un petit -8°C : buonanotte !

Le lendemain, au soleil, nous plions tranquillement les affaires avant la remontée la plus pénible de l’univers. Descente du Cham et pan : un bon bélouga supplément steak frites. Encore un truc qui contraste bien après le pâté William Saurin de la veille … Vraiment classe ce macho direct, vraiment classe … C’est pas les grandes vorasses mais bon ... A chacun son Everest !

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0

Publié le 19 Août 2014

C’est malheureusement le leitmotiv de la désormais classique semaine grimpante avec le Gégène. Mais bon, cet été, y a pas que dans les dolos où tu prends l’eau. Ça mouille un peu partout dans l’Alpe et tout le temps aussi : fait chier ! Les organismes sont donc en carence de vitamines D et de GV, déprime totale … De quoi tergiverser ferme : on part, on part pas ??

 

Pour ce deuxième opus, les radars météo semblent tout de même indiquer une fenêtre correcte loin au Sud dans le Mercantour, véritable arche de Noé des grimpeurs cet été. Première étape Verdonesque où nous retrouvons les Pellispitz en mode « pas Souveton ». Autrement dit, ça coche pas des masses ;) Mais bon, difficile de faire trois voies par jour quand ça grimpe à partir de 16h. On attaque donc par une belle voie typée années 80 : un poil patin, obligatoire avec des cot’ tassées. Ma, quel plaisir de retrouver ces immenses ventres bleus à gouttes d’eau !

 

Reprise de la vie au grand air également, l’occasion de revoir les automatismes : café (tacles du gégène) - remplissage de la douche (pan, tacle) - grimpe (ah tiens, on l’entend moins le garçon) - tatage de la douche bien chaude (gégène est content, mais tacle, quand même) - douche - repas (tacles appuyés) - dodo.

 

D’ailleurs, pour revenir à la douche, je pense qu’effectivement Jérémy, tu as raison. Et ça me fait un peu mal de le reconnaitre (mauvaise foi inside). Elle chauffe mieux dedans même par beau temps sans vent. En effet, derrière le vitrage à 45°, on perd quasi rien en rayonnement, par contre niveau convection, y pas match entre un habitacle à 50°C et un air extérieur à 35°C dans le meilleur des cas …

 

Ceci dit, le mercure est bien trop haut ici. Allons donc user nos Vibram sur le gneiss du Mercantour. Rien de majeurissime certes, mais un massif minéral attachant qui sent bon le sud. En voiture Simone ! Dans la playlist tout à fait éclectique du berling’ (qui va de Beethoven en passant par les cowboys fringants), nous tombons sur une interview du grand Jacques tout à fait exceptionnelle : une interview à l’ancienne où ça clope/picole dur, où ça parle de tout et de rien. Genre pas un truc à la Delahousse où le mec fait les questions et les réponses : insupportable ! Donc Brel qui parle de tout et de rien, c’est vraiment quelque chose : impossible d’en faire un quelconque résumé ici mais je vous invite fortement à l’écouter. Après ce moment de bonheur et aussi une dizaine d’albums, (putain mais qu’est-ce que c’est loin !), nous stoppons à Isola 2000, le bunker y est plutôt confort. Demain, nous visons «Le sommeil ou le rêve», assez bien vendue sur c2c.

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

A l’approche, gros plantage de col. Mea culpa ! S’en suit une longue marche afin de rejoindre le lac de Tavels puis l’attaque. Le temps est maussade, quelques gouttes qui n’empêchent nullement notre webmontagne national de faire trempette. Ah tiens, tu te dis, je vais enfin voir le petit Gummi … Allez va, c’est cadeau !!

Dans les dolos, tu prends l’eau !

… Et non ;) Par contre, Guillaume, tu n’échapperas pas au fauchage sur le futal de grimpe … Impossible de décrire cette couleur, ce bleu enfin si, c’est proche de ça :

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Pour revenir à la grimpe, pas trop d’ambiance mais deux très belles longueurs qui valent le détour (mais pas forcément celui qu’on a fait). L’affaire pliée, le prochain objectif n’est autre que le sommet phare du coin : la cougourde ! Guillaume & Clara convoitent la grande classique de cette belle montagne: l’éperon Demenge, tout comme deux cordées d’espagnols d’ailleurs. Et ceux-ci n’ont pas l’air d’avoir un poster du Steck dans leur chambre … De quoi potentiellement t’occuper une grosse journée, voire plus.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

Nous, c’est la voie des surplombs : quand tu regardes le truc de profil, tu te dis, je suis bien dans le Sud, ils ont réussi à trouver des surplombs là-dedans cette bande de marseillais. L’affaire est pourtant loin d’être triviale … Avec un tracé sommaire et un topo aussi laconique qu’inexact, je suis un peu dubitatif quant à la réussite de l’entreprise. Mais demain est un autre jour, passons à table : au menu, un sauté de veau remarquable. Ça fait vraiment plaisir de prendre la DP ici, les tenanciers du Soreiller feraient bien d’en prendre de la graine ! Eux qui proposent souvent des quantités proportionnelles à la marche d’approche pour la madier.

 

Au pied la face, un vent glacial nous cueille et déclenche un mal des rimayes. Mais comme y a pas de rimayes on s’y colle, enfin moi, car gégène, lui, a trouvé sa rimaye. Beaucoup, beaucoup de recherche d’itinéraire, on ne sait jamais vraiment où on est même si les vieux spits de Christina bornent notre progression sur la droite de la face. Des relais à construire ; pas toujours simples, des longueurs pas si faciles à négocier parfois proches du solo. On pousse un ouf de soulagement quand nous trouvons le passage clef balisé de vieux spits & pitons. Le soleil daigne enfin faire son boulot et la fin apparait facile et rapide.

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Le lendemain, sur les traces du mercan’tour 2007, nous rejoignons le petit cayre de la madone et son dièdre des parisiens. Sans doute chassés par le mauvais sur Cham, ils sont venus ici ouvrir cette belle petite ligne. Malgré un début très chartreuse et une fin kairneuse, les trois longueurs du dièdre sont superbes.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

Nos chemins se séparent sous la bonnette, de notre côté, direction le val Maira en Italie: gégène a dégotté deux voies qui sortent des sentiers battus. Pour commencer, Super Figari sur la Punta figari : une très belle escalade assez proche de mi piacce l’albicocca au grand bec d’étache avec une sortie sous les applaudissements SVP !

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Après, ça vend moins du rêve : suite à un bisou un peu violent avec le trottoir, le berling’ déplore la perte d’un pneu. Case garage. Lors de l’ouverture du coffre, la bouteille de pinard en équilibre instable tombe et se brise au sol. Toi, tu voudrais nettoyer le truc mais le garagiste te dit de toucher à rien, car il a l’impression que t’es bien parti pour faire pire ! S’en suit un jeu de piste pour trouver le decat’ et le topo, raté. On reprend la route brocouille pour atterrir dans un squat humide et venteux tard dans la soirée. Et puis on se réveille tôt pour éviter l’orage, c’est rude là. Malgré un petit cafouillage doublé d’un léger fourvoyage, le Rocca del Campanili clôtura en beauté ce trip. Une belle semaine au final, on a bien fait de se motiver, de tenter le truc.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

« Y a plein de gens, ils disent, dans cinq ans, je vais écrire un livre. Le temps passe, et ils ne le font pas …

… Tu sais pourquoi ???

Parce qu’ils font autre chose … »

 

Putain, sacré Jacques !

Dans les dolos, tu prends l’eau !

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0

Publié le 13 Mars 2014

Greg et la cascade de glace, c’est un peu comme Copé et Le Point ou encore Sarkozy et Buisson, y a un truc qui va pas, un truc qui manifestement coince. Quand j’apprends qu’il sera sur la corde pour parcourir cette nuit blanche. Je me dis :

 

1. C’est chouette, on va dire des conneries.

2. Et merde, y a 97% de chances de buter.

 

L’approche discount de la belle convient tout à fait à ma patte folle et peinards, nous nous équipons au soleil après pas loin de 25 minutes de ski sur le plat : Pfiou, X-trem ! Un grand rappel verdonesque se charge de nous remettre les idées en place avec la petite boule au ventre de circonstance. En descendant, Fix inspecte méticuleusement la structure. Nous sommes en fin de saison si tant est qu’il y ait eu un début, mais l’affaire semble prenable. L’animal attaque donc sans attendre puis relaye. Soudain l’effet « Greg » ou le deus ex machina du but entre en scène sans crier gare : ça commence par une violente odeur d’outre-tombe qui ne laisse rien présager de bon ... Greg me demande alors si j’en suis l’auteur mais non, je lui réponds que je suis quelqu’un de bien élevé. Comme l’éclair avant l’orage nous n’allons pas tarder à savoir ce qui se trame ... Bientôt, un improbable rideau d’eau vomi de nulle part s’abat sur nos têtes dépitées. La cascade est rapidement déclarée ingrimpable malgré quelques timides essais. Réunion de crise, l’helvète fait jouer le réseau chez l’EDF pour démasquer le coupable de cet attentat à la RTT. Il faut dire qu’ayant croisé auparavant trois bobys projetant d’ouvrir une vanne, nous avons quand même notre petite idée …

T'es pas bien là ??!

… Au bout de trente minutes, le robinet se ferme un peu et nous nous résignons à passer à l’action. Car vu ce qu’on s’était pris avec le fiston malgré un secours titanesque quasi héroïque, là c’est minimum vidéo gag’ si le pg vient à ramasser trois couillons pendus à 60 mètres de leurs skis ! Donc on y va, il faut sortir. Haut le(s) cœur(s) !!! Dans cet univers aquatique, mes gants casto dits de « performance » en toile légère donnent leur pleine mesure. Au bout d’environ 2,5 s, c’est la cata et je me prends des onglées de malade, la bonne vieille onglée qui te rappelle que malgré ton âge, tu es encore tout à fait capable de chialer. Pour ceux qui se demandent ce qu’on fout dans ce bousin, je tient a signalé que c’est quand même bien dément, limite l’orgie ;)

T'es pas bien là ??!
T'es pas bien là ??!

Autant dire que la sortie au soleil et les boum boum du weekend Black Crows font plus que zizir. Par gravité (d’ailleurs ça fait un putain de mal aux cuisses la gravité), nous gagnons Cham et ses touristes tous plus fashions les uns que les autres. Nous tombons le sérieux mais rapidement, Fix fait valoir ses obligations conjugales et ordonne le départ. Parti sur de bonnes bases pour être à l’heure à Gre et ayant perdu son petit look taliban, il rate néanmoins le trophée du gentleman d’or sur une bête histoire d’eau de toilette avariée. La saison est terminée je crois, on va sortir la vizirette aussi ...

T'es pas bien là ??!

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0

Publié le 4 Mars 2013

Quel est le point commun entre l’étape du tour et la Verge du démon ? A priori rien ne lie la plus impitoyable cyclo de tous les temps et le plus mythique des 5+ du vallon du diable. Pourtant, il existe bel et bien une connexion … la chambre à matos. Tu ne comprends toujours rien fidèle lecteur ? Je vais t’expliquer : la chambre à matos est un véritable laboratoire des techniques d’entrainement les plus poussées. Et oui, c’est souvent ici que j’ai transféré le rêve à la dure réalité, que j’ai préparé durant l’avant saison, les futures réalisations à grand renfort de David Guetta et de sueur. Je suis d’ailleurs à l’écriture de deux ouvrages majeurs qui vont révolutionner les méthodes d’entrainement classiques :

véloComprendre : comment faire mordre la poussière à Benjamin David et surtout terminer l’étape avant la nuit

 

cascadeOu comment terminer proprement un 5+ surtracé pour revoir en un seul morceau Gaspard

 

Pourtant cette année, c’est clairement une année pour le ski. Les orgies de skitour et autres meilleurs plans du monde sont souvent justifiés, mais cette année, j’ai décidé de me mettre à la glace raide, vous avez du mal à comprendre la logique ?? Moi aussi, mais j’avais envie de changer. Putain, ça fait vingt ans que je skie et je suis toujours pas foutu d’enquiller dix virages sans m’arrêter. Il est donc temps de voir si j’ai un peu de talent quelque part : alors au boulot !! Suspensions, tractions, yaniro, les bras ont fumé au cours de ces séances ingrates mais le résultat est là : la conti, graal du glaciériste semble au rendez-vous. Car si le mental est une condition sine qua non, la paire de bras qui va bien en est une autre. Cependant, j’ai toujours trouvé ce sport débile. Mais ça, c’était avant, à l’époque où je rampais dans des cascades plates, où je cassais des piles d’assiettes en remontant ces toboggans lisses et sans saveur …

Après plusieurs tests dans du moyen dur et un glacenost en client, il fallait terminer cette saison en beauté car je trouve que les oiseaux commencent à chanter un peu trop fort le matin … Cette verge du démon, j’avais peur d’y aller (même si elle figure dans la to do list), je voulais faire autre chose, un objectif inavoué en somme. Mais arrivés dans le vallon, mon excuse n’est pas formée. L’échappatoire du grand pardon n’existe plus et elle est là, je la vois, de profil, diablement verticale. Je suis autant attiré que repoussé par cette veuve noire qui m’ensorcelle … Fébrile, je m’en approche, le point de non-retour est dépassé …

5(+)

Au pied du mur, je ne fais pas le fier. En lutte avec mes démons intérieurs et mon légendaire mal des rimayes, je tente de garder mon calme.Pourtant, j’entends cette petite voix intérieure calme et douce qui me dit que ça va faire, cette petite voix qui me procure ce sentiment d’allégresse où je vais pouvoir me battre sans trembler …

Trêve de lyrisme, il est temps d’aller tâter ce dard : le passage a grandement simplifié la chose mais tout glaciériste qui me lira saura que ça fait toujours quelque chose de partir dans du 90°. Je me détends, je me relâche, je me fais plaiz’ ! J’arrive au relai comme si j’avais toujours fait ça mais conscient que l’escalator mis en place par mes prédécesseurs ne me donne pas le droit de revendiquer un vrai 5+ …

 

La Verge du Démon 043

Le corse au charbon ...

 

La Verge du Démon 065

Enjoy !!

 

L3 est une formalité. Deux rappels, et nous quittons l’ombre pour le soleil, les doutes et le froid pour le bonheur et la chaleur. C’est le printemps dans l’Alpe, alors on range les nomics ? Encore pas tout à fait Guillaume ;)

 

La Verge du Démon 068

Taupe !!

 

La Verge du Démon 071

3, 2, 1, Taclez donc moi ces trois têtes de bite ;) Au fait Thierry, quand c'est que tu fais péter les lunettes blanches ??

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0

Publié le 25 Février 2013

Après la nounou pour le Gü® , Mister Claudon expérimente un nouveau type de prestation : la femme de ménage pour Montagne Plaisir. Me voici donc muni de mes plus beaux chiffons et de ma bombe de Pliz pour venir dépoussiérer à coup de MAJ ze site oueb of the last 10 years pour tout montagnard engageur qui se respecte.

Pliz

C’est qu’il y a pas beaucoup de monde qui passe par ici….

 

L’engagement justement, autant le dire tout de suite, il y en aura peu voire walou dans cette MAJ.

L’équipe : Lucie, Bibi et Pierre

Le terrain de jeu : une hivernale en face Ouest du Granier

Les armes : skis, tires-cul, piolets, plusieurs kilos de quincaillerie (dont les ¾ resteront à quai …)

Après quelques centaines de mètres grapillées grâce aux remontées mécaniques de la petite station du Granier et au prix fort de 3,30 euros par personne (on détient maintenant 47% du capital de la station), nous voici donc à coller les peaux pour attaquer les 200 mètres qui nous séparent encore de l’attaque. Dur dur de s’orienter dans cette purée de pois, nous profitons des quelques trouées pour sortir le topo et envisager un itinéraire qui potentiellement et avec un peu de chance pourrait nous conduire vers notre objectif. Bref, le but n’est pas loin …

 

3

« ici le sémaphore de Guernesey, déclinez votre identité »

 

4

Divine apparition

 

Nous voici donc reboostés par cette percée de ciel bleu et, une fois délestés des skis, nous nous dirigeons cahin cahan vers notre objectif. Notre gourou du jour attaque la première longueur à base de petits ressauts en glace et d’une jolie pente de neige pour aller faire relais sur ……… rien ! Alors que le topo fait état de pins propices à la protection. Deux hypothèses envisageables : l’ONF a fait place nette ou alors les dits pins viennent d’être plantés.

5

« je continue de creuser, ce putain de pin doit être tanké plus en profondeur ! »

 

Mettant alors en application les précieuses connaissances acquises lors de ses années de jeune CAFiste (oui je sais ça fait un bail), Fabrice confectionne un relais sur corps mort aussi costaud que ……... bref aussi costaud quoi ! Arrive alors la longueur clé de cette jolie goulotte avec un passage dans une cheminée où ça renfougne à mort. Ancrages béton, pieds en opposition, ça passe, c’est pas donné mais que c’est joli !

 

6

The crux du jour, on en redemande !

 

La suite : un 2ème relais sur corps mort, une grande pente de neige qui nous amène jusqu’au plateau sommital où la vue est juste ……. bouchée. Encore que ces conditions laponesques contribuent au charme et à l’ambiance plutôt plaisante (faut dire que ça caille pas trop, on a du bol).

7

Alors ça ressemble à ça une hivernale au Granier ?

 

8

Riri, Fifi et Loulou

 

On redescend ensuite par les barres de Tancovaz, chaussage des skis, descente en mode sanglier dans les belles pentes croutées puis oh joie, des pistes damées ! Au final, une bien belle sortie, pas gagnée d’avance compte tenu de la visi proche du néant. Un petit arrière goût de frustration compte tenu de la courtitude de la chose : la machine a tout juste le temps de chauffer que c’est déjà fini …

Fabrice, je te rends les clés du royaume de Montagne Plaisir en espérant que tu sauras en (re)faire bon usage et pis tiens au passage je te passe mes chiffons et le Pliz. Hésite pas à bien frotter, le monde de la montagne attend tes MAJs croustillantes avec impatience !

A vous les studios…

Voir les commentaires

Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

Repost 0