Publié le 19 Août 2014

C’est malheureusement le leitmotiv de la désormais classique semaine grimpante avec le Gégène. Mais bon, cet été, y a pas que dans les dolos où tu prends l’eau. Ça mouille un peu partout dans l’Alpe et tout le temps aussi : fait chier ! Les organismes sont donc en carence de vitamines D et de GV, déprime totale … De quoi tergiverser ferme : on part, on part pas ??

 

Pour ce deuxième opus, les radars météo semblent tout de même indiquer une fenêtre correcte loin au Sud dans le Mercantour, véritable arche de Noé des grimpeurs cet été. Première étape Verdonesque où nous retrouvons les Pellispitz en mode « pas Souveton ». Autrement dit, ça coche pas des masses ;) Mais bon, difficile de faire trois voies par jour quand ça grimpe à partir de 16h. On attaque donc par une belle voie typée années 80 : un poil patin, obligatoire avec des cot’ tassées. Ma, quel plaisir de retrouver ces immenses ventres bleus à gouttes d’eau !

 

Reprise de la vie au grand air également, l’occasion de revoir les automatismes : café (tacles du gégène) - remplissage de la douche (pan, tacle) - grimpe (ah tiens, on l’entend moins le garçon) - tatage de la douche bien chaude (gégène est content, mais tacle, quand même) - douche - repas (tacles appuyés) - dodo.

 

D’ailleurs, pour revenir à la douche, je pense qu’effectivement Jérémy, tu as raison. Et ça me fait un peu mal de le reconnaitre (mauvaise foi inside). Elle chauffe mieux dedans même par beau temps sans vent. En effet, derrière le vitrage à 45°, on perd quasi rien en rayonnement, par contre niveau convection, y pas match entre un habitacle à 50°C et un air extérieur à 35°C dans le meilleur des cas …

 

Ceci dit, le mercure est bien trop haut ici. Allons donc user nos Vibram sur le gneiss du Mercantour. Rien de majeurissime certes, mais un massif minéral attachant qui sent bon le sud. En voiture Simone ! Dans la playlist tout à fait éclectique du berling’ (qui va de Beethoven en passant par les cowboys fringants), nous tombons sur une interview du grand Jacques tout à fait exceptionnelle : une interview à l’ancienne où ça clope/picole dur, où ça parle de tout et de rien. Genre pas un truc à la Delahousse où le mec fait les questions et les réponses : insupportable ! Donc Brel qui parle de tout et de rien, c’est vraiment quelque chose : impossible d’en faire un quelconque résumé ici mais je vous invite fortement à l’écouter. Après ce moment de bonheur et aussi une dizaine d’albums, (putain mais qu’est-ce que c’est loin !), nous stoppons à Isola 2000, le bunker y est plutôt confort. Demain, nous visons «Le sommeil ou le rêve», assez bien vendue sur c2c.

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

A l’approche, gros plantage de col. Mea culpa ! S’en suit une longue marche afin de rejoindre le lac de Tavels puis l’attaque. Le temps est maussade, quelques gouttes qui n’empêchent nullement notre webmontagne national de faire trempette. Ah tiens, tu te dis, je vais enfin voir le petit Gummi … Allez va, c’est cadeau !!

Dans les dolos, tu prends l’eau !

… Et non ;) Par contre, Guillaume, tu n’échapperas pas au fauchage sur le futal de grimpe … Impossible de décrire cette couleur, ce bleu enfin si, c’est proche de ça :

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Pour revenir à la grimpe, pas trop d’ambiance mais deux très belles longueurs qui valent le détour (mais pas forcément celui qu’on a fait). L’affaire pliée, le prochain objectif n’est autre que le sommet phare du coin : la cougourde ! Guillaume & Clara convoitent la grande classique de cette belle montagne: l’éperon Demenge, tout comme deux cordées d’espagnols d’ailleurs. Et ceux-ci n’ont pas l’air d’avoir un poster du Steck dans leur chambre … De quoi potentiellement t’occuper une grosse journée, voire plus.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

Nous, c’est la voie des surplombs : quand tu regardes le truc de profil, tu te dis, je suis bien dans le Sud, ils ont réussi à trouver des surplombs là-dedans cette bande de marseillais. L’affaire est pourtant loin d’être triviale … Avec un tracé sommaire et un topo aussi laconique qu’inexact, je suis un peu dubitatif quant à la réussite de l’entreprise. Mais demain est un autre jour, passons à table : au menu, un sauté de veau remarquable. Ça fait vraiment plaisir de prendre la DP ici, les tenanciers du Soreiller feraient bien d’en prendre de la graine ! Eux qui proposent souvent des quantités proportionnelles à la marche d’approche pour la madier.

 

Au pied la face, un vent glacial nous cueille et déclenche un mal des rimayes. Mais comme y a pas de rimayes on s’y colle, enfin moi, car gégène, lui, a trouvé sa rimaye. Beaucoup, beaucoup de recherche d’itinéraire, on ne sait jamais vraiment où on est même si les vieux spits de Christina bornent notre progression sur la droite de la face. Des relais à construire ; pas toujours simples, des longueurs pas si faciles à négocier parfois proches du solo. On pousse un ouf de soulagement quand nous trouvons le passage clef balisé de vieux spits & pitons. Le soleil daigne enfin faire son boulot et la fin apparait facile et rapide.

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Le lendemain, sur les traces du mercan’tour 2007, nous rejoignons le petit cayre de la madone et son dièdre des parisiens. Sans doute chassés par le mauvais sur Cham, ils sont venus ici ouvrir cette belle petite ligne. Malgré un début très chartreuse et une fin kairneuse, les trois longueurs du dièdre sont superbes.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

Nos chemins se séparent sous la bonnette, de notre côté, direction le val Maira en Italie: gégène a dégotté deux voies qui sortent des sentiers battus. Pour commencer, Super Figari sur la Punta figari : une très belle escalade assez proche de mi piacce l’albicocca au grand bec d’étache avec une sortie sous les applaudissements SVP !

Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !
Dans les dolos, tu prends l’eau !

Après, ça vend moins du rêve : suite à un bisou un peu violent avec le trottoir, le berling’ déplore la perte d’un pneu. Case garage. Lors de l’ouverture du coffre, la bouteille de pinard en équilibre instable tombe et se brise au sol. Toi, tu voudrais nettoyer le truc mais le garagiste te dit de toucher à rien, car il a l’impression que t’es bien parti pour faire pire ! S’en suit un jeu de piste pour trouver le decat’ et le topo, raté. On reprend la route brocouille pour atterrir dans un squat humide et venteux tard dans la soirée. Et puis on se réveille tôt pour éviter l’orage, c’est rude là. Malgré un petit cafouillage doublé d’un léger fourvoyage, le Rocca del Campanili clôtura en beauté ce trip. Une belle semaine au final, on a bien fait de se motiver, de tenter le truc.

Dans les dolos, tu prends l’eau !

« Y a plein de gens, ils disent, dans cinq ans, je vais écrire un livre. Le temps passe, et ils ne le font pas …

… Tu sais pourquoi ???

Parce qu’ils font autre chose … »

 

Putain, sacré Jacques !

Dans les dolos, tu prends l’eau !

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #montagne

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