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Publié le 30 Novembre 2015

Pfiou, quatre ans et demi sans remettre les pieds dans le jardin de Gaston. En gros, une éternité depuis cette mythique « au-delà de la verticale ». Une grimpette qui rendait hommage au plus grec des marseillais. Une grimpette qui allait sans vergogne se frotter au ventre de la concave, putain, une grimpette où on avait la caisse … Ah, nostalgie quand tu nous tiens … Soit ! Mais il ne faudrait pas trop s’appesantir sur ces bons vieux souvenirs … Alors nous voilà de retour, ici et maintenant ! J’avais tout oublié : l’odeur du thym, l’ambiance unique des lieux et puis cette petite boule au ventre au moment de retrouver sa voiture (un peu comme quand Lucie prend le partner en fait) ... Pour l’occasion, on décale un peu à gauche pour parcourir porque te vas. La voie est moins impressionnante mais l’obligation certaine alliée à un style technique en font quand même une ED, certes courte, mais intense. Intense et surtout majeure : voilà pourquoi on est revenu !

Deux temps ...

Le lendemain est maussade, nous en profitons pour faire un petit tour dans la cité phocéenne, là où une sardine aurait bouché le port. Au vu de l’évolution du quartier, je pense que ça sera plutôt les bobos qui vont saturer les lieux : épiceries bio, galeries avec dégustation de pinard, restos BCBG; la V2 des docks est full option ! Le baromètre remontant, nous retournons sur le caillou. Comme Lucie a fait sa voie un peu dure, à mon tour de choisir un truc : direction la Candelle pour un beau voyage. On attaque le socle par les hommes volants. Un apéro plutôt corsé où la première fissure est négociée sans vraiment avoir gras de marge. La pluie de la veille élève sacrément le niveau : un putain de 5.12c avé des points tous les 15 mètres. Ensuite, c’est une belle ballade hormis un pas de bloc infâme. On remet ensuite les baskets et nous voilà maintenant dans le vif du sujet: la centrale ! Une voie historique ouverte par une cordée non moins historique : Rébuffat & Livanos.

Deux temps ...
Deux temps ...

Deux idoles sépia et surtout deux grandes bouches largement capables de faire passer ces 150m de 6 pour un bigwall en 8b. Bon, ils ont quand même mis trois jours pour la sortir cette centrale. Et puis que du 6 mais il faut s’employer un minimum dans ces fissures pas suréquipées. Bref aucune tromperie sur la marchandise, c’est franchement superbe. Nous finissons cette petite paroi rouge seuls au sommet; forcément bien !

Deux temps ...

A présent, direction le Baou de Saint-Jannet. La bible du grimpeur calcaire (ndlr : le Mussato !) nous explique qu’un baou est en fait un tas de cailloux en provençal, donc à priori rien de bien folichon. Et c'est vrai qu’il n’a pas trop d’allure ce Baou. Si Picasso avait dessiné des montagnes, nul doute qu’elles auraient ressemblé à cette facette un peu biscornue avec une proue béante en forme de nez à l’envers à la place du front, des vires, des arbres : un joyeux bordel pourtant loin d’être facile ... Lorsqu’on quitte le chemin à la chapelle, le profil ne laisse aucun doute, les bras vont déguster. Pour couronner le tout, l’équipement est sportif, c’est pas du Rémy mais pas non plus du Fara. Du Béatrix en fait ; intelligent et obligatoire. Voilà pour les présentations. Pied de nez au Mussat', nous boudons la sélection du maître pour jardins secrets & histoire d'eau. Deux très belles voies ou plutôt deux superbes empilements de longueurs. Donc pas forcément le sentiment de parcourir une ligne mais avec ces lumières et cette vue sur la mer, on ne va pas faire les pénibles !

Deux temps ...

On termine ici cette petite semaine plus qu'agréable: fin de la partie grimpante. On range donc les baudards pour sortir le bob et la sacoche banane ... sans oublier Gaspard ! Direction l’Italie en mode pinpins pour une page de tourisme à la non originalité la plus totale ; le combo Cinque Terre, Florence, Sienne. Du classique efficace mais une transition pas toujours évidente à négocier.

Deux temps ...
Deux temps ...

11h00, piazza dei miracoli, Pise. Des bans de japonais se déplacent en suivant un poisson pilote flanqué d’un drapeau. Evitant au mieux les vendeurs de perches à Selfie, ils avancent vers leur but ultime, la photo devant la tour penché, un peu comme le saumon remontant sa rivière. Les prédateurs sont là, bien décidés à faire saigner les portes monnaies avec leurs attrapes touristes et autres chinoiseries. A signaler deux trois prix Nobel qui font la fameuse photo en trouvant le seul angle où la tour est droite ... Le reste de la ville est nettement plus intéressant avec des vrais gens dont l'occupation n'est pas exclusivement dédiée à extorquer le chaland. Florence sera quant à elle fidèle à sa réputation. On a pas eu le syndrome de Stendhal mais quand même, y a deux trois trucs qui claquent. Sienne nous a aussi beaucoup plu. La visite du Duomo ou une pause à la piazza del campo valent chacune leur pesant de cacahuètes. L'architecture, la complexité et le détail des monuments en général sont absolument sidérants. C'est vrai, l’Italie et la sobriété, ça fait deux voire trois, mais c’est beau, très beau en fait.

Deux temps ...

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 17 Décembre 2014

Cette année, rien de cassé, on prend presque les mêmes et on recommence. Cette année donc, on retente le coup avec Sophie & Yoann : Sawadi(cap) la Thaïlande !! … Toujours quelques points flippants avec un enfant : un contexte géopolitique pas foufou, un palu assez méchant et nouveau en Asie. Et puis Daech qui voudrait faire mumuse avec des lance-roquettes sur les avions de ligne. Avec ton gamin, ce genre de risques à la marge ne reste pas tant que ça à la marge en fait. Inch Allah …

Effet Kiss Cool

Un paquet de temps aussi que l’on avait pas fait un grand voyage comme ça. Trois ans pour être précis. La Thaïlande donc; une destination clé en main de l’ancien testament que l'on pourrait aisément qualifier de voyage de branleur ! Point de big wall d’ampleur, de voies aventureuses nécessitant le double racks de c4. Un sac à pof, douze paires et en avant Guingamp. Ah, on me signale à l’oreillette qu’y a aussi Gaspard. Le voyage de branleur se transforme gentiment en simili expé dans la face nord du Jannu. A commencer par la logistique. Lors des transferts, c’est environ 40 kg de bordel qui meurtrissent mes petites épaules. Parmi cette montagne d'affaires, deux incontournables: tablette et tente deux secondes. La tablette te transforme un hyper actif en autiste sourd et muet, c'est somme toute agréable à l'apéro. La tente de son côté évite que ta progéniture ne se fasse dévorer par les moustiques.

Effet Kiss Cool

Et oui, jamais de temps mort, toujours un truc à faire. Mais surtout essayer de faire coïncider le pic de fuego avec la sieste de la crapule et/ou l’orage qui rafraîchit l’atmosphère. A ce jeu-là, on s’en tire plutôt bien avec une palanquée de 7a/7a+. Rien de transcendant mais des perfs honnêtes souvent premier essai, mis à part trophy hunter, ce piégeux 7a qui m’a demandé quelques TSAAA !!! Plus à l’aise en face nord, j’avoue avoir un vrai problème avec la chaleur : ça me pompe tout mon jus, tout comme ces enfoirés de moustiques ! C’est quand même beau de faire tout ça en famille mais soyons clairs, nous rentrerons complètement rétamés.

Effet Kiss Cool

Soyons honnête aussi (mais pas trop), ma première impression de Tonsaï fut plus que mitigée … Coin assez dégueulasse, vacarme incessant des long tail boats, voies patinées (Michel vient ici, y a du taf !) ... Et puis avec le temps, on finit par se concentrer sur les bons côtés. Tout ça pour dire qu’au bout de deux semaines, on sera un peu triste de partir. On aura vécu de bons moments sur cette plage, rencontré une tripotée de gens. Pour la bouffe, c’est l’effet inverse. Si les premiers plats étaient un régal, assez rapidement, la simple évocation de curry ou noodle te ferait presque regretter la saveur d'un bon macdal.

Effet Kiss Cool

Un autre aspect du voyage qui m’a stupéfié, c’est le comportement du pinpin à la mer, plus occupé à se filmer/photographier qu'à profiter de l’instant présent. Mais le summum du nombrilisme, c'est le mec à la gopro montée sur une perche qui marche sur la plage et qui dit à la gopro: "là, je marche sur la plage": Tristifiant ... Le soir au resto, c'est soirée facebook ... C'est le ponpon ... Putain, pauvres diables esclaves de leur avatar numérique ... Et nous dans tout ça ?? On reste des touristes aussi, avec un sac à pof certes mais des touristes quand même. Pourtant, on n'est clairement pas venu chercher le même truc... de l'authenticité, un peu plus de contact avec les locaux. Et ça, seul le temps le permet. Les thaïlandais sont très accueillants, souriants, particulièrement avec les enfants. Mais bon, tu tomberas toujours sur un mec qui essayera de t’entuber en faisant semblant de ne rien comprendre, c’est le jeu ma pauvre Lucette quand tu viens d’un pays où le PIB est quasi dix fois plus élevé.

Effet Kiss Cool

Au bout de dix jours sur place, nous avons bien écumé les sites baby friendly et il ne faudrait pas oublier le multipitch project : Heart of darkness. Dixit Arnaud Petit : « on ne va pas en Thaïlande pour faire de la grande voie ». Ben ça serait quand même bien dommage de rater celle-là ! Parait aussi que si tu trouves pas quelqu’un pour faire le rappel de Humanality, t’es un blaireau … En parlant de ça, s’agirait de trouver un grimpeux et même deux pour la faire notre petite GV !

Effet Kiss Cool
Effet Kiss Cool

Raphaël me pose un lapin car il a mal au bras. Les canadiens n’aiment pas le vide mais Théodore me dit qu’Antonio serait motivé. Je pars donc à dum’s kitchen, Martin me dit qu’Antonio nage de l’autre côté. L’autre côté c’est … Railay, Y a trois plages et 2000 bobys et je sais juste qu’Antonio a un chapeau. Sachant qu’il nage, ça me fait une putain de belle jambe !

Mais bon, l’œil affûté de la sentinelle fait mouche ! Pan, l’animal est appréhendé et rendez-vous est fixé au surlendemain. Ce grimpeur sur affûté me fait un peu peur lorsque après avoir bricolé pendant une demi au relais, le bougre se vache et se décorde, tout simplement. Complètement fluent et surtout complètement halluciné, je lui demande:

 

« What are you doing ???! »

Il me répond: « It’s my climbing teacher, Guillaume Pellissier who learned me the art of belay !»

 

Le lendemain, je suis terrassé par une gatro qui abattrait au minimum un cheval. Moment de solitude lorsque sans lentilles, de nuit, tu essayes de réparer cette chasse d'eau et que tout t’explose à la gueulle, que ça coule de partout et qu'il te reste trente secondes avant de tomber dans les pommes. Il est temps de passer à autres choses.

Effet Kiss Cool

La fin du séjour sera consacrée à la plongée. Ko phi phi n’est pas surfréquentée et le routard vente ses fonds marins. Pour nous, ce sera une totale découverte car nous sommes complètement néophyte dans l’activité. Élevé aux épisodes de la calypso et du seul bonnet rouge digne d’intérêt, j’ai nommé le génial commandant Cousteau (au passage inventeur du détendeur moderne), j’attendais avec impatience l’occasion de plonger à 200 m avec de l’hélium ou de nager avec des requins. On s'enflamme pas !

 

Un peu d’appréhension avant de se jeter à l'eau avec les quelques 20 kg de matos sur le dos. Briefing, exercices de sécu et c’est parti pour rejoindre le monde du silence. Une activité d’une zénitude totale … contemplative. La grande visibilité, la flotte à 30°C et surtout l’absence notoire de bestioles capables de te dézinguer font que tu nages assez détendu. Quelle sensation ! le balai multicolore de magnifiques poissons, les coraux et les requins ! Ouais okay, c'était des bébés requins en fait. Bref, un émerveillement qui m’a rappelé ma première intrusion en haute montagne.

Effet Kiss Cool
Effet Kiss Cool

Les vacances se terminent donc sur cette note salée et lumineuse. L’A380 met les gaz, Gaspard est aux anges. Nous amorçons un retour on ne peut plus long vers les brumeuses et froides contrées savoyardes … A noter que pour une fois, le crédit photo 100% bibi … Amazing !!!

… Bon ok faut aimer les bateaux ;)

Effet Kiss Cool

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 8 Juillet 2014

Quatre jours avec le suisse et un cahier des charges plutôt pas facile à gérer : une cheville en carton du côté de Chambé, un bras en mousse vers Annemasse et des ambitions alpestres malmenées par une météo à la con. Qu’est-ce qu’on fout alors, une belote ?? Nan, les deux chefs de projets en ont vu d’autres ! Réunion de crise : réactivité, synergie, bière et hop, en route vers le diois !

La matinale de France Inter est chargée de me tenir éveillé pendant que l’helvète roupille. Le flan médiatique autour de L’interview de Sarko m’horripile assez rapidement. Je constate alors qu’il me reste encore pas mal de chemin avant de devenir ceinture noir 4ème dan en mauvaise foi ...

Old school climbing !!
Old school climbing !!

Mais revenons à nos moutons : la paroi rouge d’Archiane, monument notoire de la grimpe old school. Tentée il y a déjà cinq ans, je restais sur un goût d’inachevé et même de pas commencé. En effet, suivant au pied de la lettre les indications du topo, je m’étais assez rapidement trouvé au pied de L0 par gravité, ratant le premier spit censé être invisible. L’occasion de signaler que le Duhaut est tout juste bon à démarrer un feu de cheminée … Et encore, il est tellement peu précis qu’il risquerait de foutre le feu à votre baraque ! Bref, le pierrier avalé, nous attaquons la vire où je passe un sale quart d’heure. Enfin la fissouille, j’attaque, petite fessée : le diesel met toujours un peu de temps à chauffer. La suite est démente et on se régale. Quel gaz, quel cadre, archiane est un must absolu. Summit, X-trem check, sieste …

Old school climbing !!
Old school climbing !!
Old school climbing !!

Une petite douche sur le parking et nous voilà bientôt confortablement attablés à un restaurant. Un contraste qui aurait surement plu au garde-barrière d’Argonay. Mais le lendemain, impossible de grimper pour ma pomme, trop mal au pied. J’assure donc le Suisse à Orpierre, terre de villégiature du Rolex climbing group. Bon, comme il fait moche celui-ci ne m’en tient pas trop rigueur. L’occasion aussi de flâner sur les départementales drômoises. Toujours Inter en fond sonore. Cohen se fait malmener par un gars. Un tueur, le genre de mec qui de décoche une première balle à 240 à l’heure, morceaux choisis :

 

« Soit je ne pas été clair soit vous ne m’avez pas écouté »

« Vous n’avez rien compris »

« J’aurais volontiers donné une réponse s’il y avait eu une question ! »

 

Jeu set et match. Cohen est complètement à la ramasse, on l’a connu plus affuté ! Mais qu’est ce t’as fait hier soir Patrick ? T’avais bu ??

On débarque à Sainte Baume (où ça ?!) à 17h58 dans le bar PMU du coin, un sérieux de 16 à la main, on est fin prêt pour le match. Début besogneux de l’équipe de France et rapidement un but allemand. Un but à la Dugarry. Le mec, on lui tire dessus, il regarde pas les cages mais te mets quand même une transversale rentrante : un vrai scandale ! Malgré de belles occases, l’équipe de France termine son mondial ce soir et ça, ça nous met le Greg de mauvaise humeur !!

Old school climbing !!

Sainte Baume donc. Et oui, le pic Bertagne justifie à lui seul ce petit crochet de 300 km, un truc qui sort complètement de nulle part, un peu comme si tu te disais, tiens j’irais bien chercher les croissants à Grenoble ce matin. Enfin, c’était sur la to-do list et j’avoue aimer découvrir de nouvelles parois. L1 met dans le bain, les pitonnages et dépitonnages ont un peu transformé le caillou comme dans serenity crack: un 6b qui masse à froid et qui demande un peu d’énervement car malcommode au possible. Le reste de la voie est austère mais classe avec de beaux passages à protéger. Chapeau aux ouvreurs pour un truc qui doit dater des années 40 !

Old school climbing !!
Old school climbing !!

Après cette parenthèse sudiste, retour dans le 38 et calage sous le Gerbier pour varapper Coran Alternatif. On croyait à une voie un peu plus reposante, ben c’est raté ! Tiens ça paye pas de mine sur le papier, mais une voie rugueuse qui envoie bien et sur des spits de 8 plus tous jeunes. Au retour, nous échangons avec un ancien :

 

"ça doit avancer tout seul des jambes comme ça ? qu'il me dit.
- non pas vraiment ...
- on échange ??
- pas sûr que vous y gagniez !"

Old school climbing !!

La grimpe à l’ancienne, c’est les avantages de l’alpi sans se lever à point d’heure. Cogiter dans les longueurs, gérer la sécurité … ou son absence. Bref, arriver au relai et se dire qu’il est des quarts d’heure plus intenses que d’autres !

Old school climbing !!
Old school climbing !!
Old school climbing !!

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 24 Juin 2014

L’écume des jours et la voie de la rampe ; deux voies de 400 mètres qui sur le papier semblent de difficulté similaire. TD+ et ED-, c’est blanc bonnet et bonnet blanc ! Quid de la plus technique alors ?? Une ED- spittée ou une TD+ sur pitons ?? Et oui, le débat sur les cot’ ne cesse de faire couler de l'encre … Mais il faut le reconnaître, c’est un débat aussi useless qu’un frisbee convertible en gamelle pour chien car celui-çi ne fait pas vraiment avancer le schmilblick !

Grand écart

L’écume des jours. Une première visite à l’époque sur le spigolo des tenailles avec « l’infini péril de la volupté » avait défrayé la chronique chambérienne au rayon éthique du tracé. Effectivement, ça paraissait un peu bizarre de proposer une telle combinaison suite à un fourvoyage. Mais ne jetons pas la pierre au maître (surtout que la team Chambéry comporte quelques belles boussoles ;) Celui-ci concédait bien volontiers s’être planté et être allé simplement au plus beau, pour se faire zizir. Alors pourquoi pas au final ??? Dans le Verdon, ceci est chose commune et certaines combinaisons deviennent même des classiques. Pour revenir sur cette voie un peu batarde, avec un cadre idyllique, un rocher de fou et une ambiance de malade, on était sur un solide diamant.

Grand écart
Grand écart
Grand écart

Deux ans plus tard, Gaspard n’est toujours pas dans le 6c. Lucie et moi retournons donc seuls un chouïa à droite vers le grand doigt. Les fleurs tapissent encore la petite clairière au pied des tenailles, le pierrier est toujours aussi pénible mais a-t-on déjà vu un pierrier agréable ? Et Même si l’ambiance est moins prenante et les cotations un peu plus modestes, l’ensemble est presque aussi classieux et grimpant, à faire donc ! En plus avec le 4*4 de beau papa sur les chemins, c'est un vrai boulevard. Les gens y croient que t’es pompier ou sauveteur et s’excusent en te laissant passer. Il est vrai que tu n’es pas là pour y passer la nuit, tu dois sauver le monde bordel !

Grand écart

Ouais, poussez-vous de la piste, je suis le boss !! Encore un putain de chat coincé sur un toit à sauver !!

La voie de la rampe. Un vieux projet, sans cesse retardé car on a toujours un peu la flemme de se lancer dans des voies comme ça. Yannick Seigneur y signa là un itinéraire à la logique implacable, comme souvent dans ce genre de voies. Avec une douzaine de clous au baudard, il fallait une belle dose d’audace pour forcer un passage dans ces murs délités bardés de surplombs. Assurément une superbe ouverture pour l’époque et qui reste aujourd’hui un joli morceau de varappe non aseptisée. Brevet Chartreuse fortement recommandé pour évoluer dans cet univers sans risquer la crise cardiaque !!

Grand écart

Une météo injustement alarmiste ordonne un réveil douloureux. Dans le vague, je laisse la boussole suisse armée de son non-smartphone ignorer les indications on ne peut plus limpides du topo. Au bout 1h30, on finit quand même par buter au pied du chantier. Hum, un bon passage dans des couloirs à 45 en défend l’accès : quel plaisir de sentir l’adhérence de la speed cross en fin de vie ! Enfin, Nous voilà au pied de cette fameuse rampe. Monsieur Lestienne attaque. Anesthésié par le cagnard, je me laisse guider avec nonchalance. Pourtant, les nombreuses traversées et le rocher délicat devraient inviter à plus de concentration. A quelque chose comme R7 ou R8, je reprends les rennes de l’ascension. Hum, des pieds cartonesques, des pitons qui bougent, un 6c grimpant : me voilà réveillé … Le 7b suivant restera non libéré : petite tension avant d’artifer le toit, pendu à un piton la tête en bas. Pas vraiment envie de faire de l’agressive testing là !

Grand écart
Grand écart

Hum après, y a la longueur qui fait un peu peur. Ça commence par un superbe éperon … herbeux à 60°. Ensuite, une dalle en 5 surexposée sur 15 mètres. Puis comme t’es malin, à l’attaque de la fissure, tu coinces ton 3 pour te protéger … Plus haut tu le regrettes, car tu l’aurais bien remis ce putain de 3 à la place de ces coins de bois que tu retires à la main ! Il commence à être loin ce dernier piton, non ??

Grand écart

Pas de panique ! Au lieu de regarder bêtement ce point qui s’éloigne, il suffit simplement de grimper et un nouveau piton se rapproche ! CQFD ! (Ndlr : l’auteur décline toutes responsabilités quant à l’application systématique de la démarche.) R15, relai sur le pain sommital idéalement placé, il a dû en voir passer le bougre des cordées heureuses de retrouver la douceur de ce plateau.

Grand écart

Blanc bonnet et bonnet blanc ! Non pas du tout, on m’aurait manti ?? (Désolé, je devais la placer celle-là.)

Grand écart

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 5 Juin 2014

Couenne & moulinette … Un cocktail qui distille autant de saveurs qu’un steak de tofu aux brocolis … Pas très sexy, mais rien de mieux à se mettre sous la dent ce printemps, la faute à cette saloperie d’algodystrophie ... Le temps est pourtant venu de prendre de la hauteur, de ressortir la quincaillerie alors direction l’Espagne et en avant Guingamp ! D’emblée, nous prenons un but dans Carmina burana. Un beau but parking car Saint Guilhem le désert un jour férié, ça porte fichtrement mal son nom. Saperlipopette, nous nous enfilons donc les 500 derniers kilomètres pour rallier la majeurissime falaise de Montrebei, livre ouvert de 400 m sur les vastes prairies catalanes. Demain, Laure, Lucie, Sylvain et l’éclopé de service partirons pour une belle TD, le dièdre gris. Un bon gros Levy ou consorts en quelques sortes, rien de très compliqué sur le papier mais faut néanmoins tenir le rythme pour en voir le bout.

A peine la tente montée, Sylvain, aussi à l’aise avec une bière vide qu’avec une carte routière décrète le début de l’apéro qui coïncide également avec celui des moustiques … Plat de pasta et au dodo : overdose d’asphalte.

Reanudación

Requinqués par une bonne nuit, le sentier des gorges nous pose au pied de la paroi : bigrement raide et impressionnante. Par contre, une cordée d’Espagnols semble faire du sur place à R2 … ça m’hérisse le poil d’entrée de jeu. A mon approche, une fois n’est pas coutume, le leader, facile, passe le turbo et s’envole littéralement: un truc de fou. Sa seconde, dont c’est la première grande voie (sic!) douille un peu plus mais garde le moral. Elle me dit qu’elle fait plutôt du bloc. Moi, je lui réponds que Montrebei, c’est un peu plus haut que du bloc ! Francesca (nom d’emprunt) rie aux éclats avant de lâcher à son premier de cordée:

« Tira à muerta sur cette puta de corda !! »

Reanudación
Reanudación

Esthétiquement parlant, le tracé de cette ligne frôle la perfection. Seule la traversée initiale au demeurant fort astucieuse vient briser l’élan de ce dièdre, qui sur 400 mètres et des brouettes permet de revisiter toutes les techniques et variations autour de la fissure dans du gros gros gaz. Chose rare mais pas vraiment un Levy pour le coup, quelque chose de plus rugueux : un bon pavé de Bergson sur la métaphysique tient. Nous sortons donc heureux, tout le monde a l’air en forme, j’avoue être rétamé. Une petite trempette dans la rivière vient chasser la fatigue et le sel sur la peau. Apéro !

Reanudación

Pour le dernier jour dans le coin, voie courte de repos pour les uns et repos tout court pour bibi: bouquinage et siestage au pied de la falaise avant de partir pour les Terradets. Pan, encore une grosse face de 500 m. Vendu pour du ED, c’est une blague, un scandale, une arnaque, une … péninsule ! Non, juste une très belle TD+. Rien à signaler jusqu’à arriver au niveau d’un tas de plume défendu par un B52 somme toute impressionnant. Même si nous arrivons à contourner l’oisillon qui fait déjà sa taille, la longueur est réalisée en serrant les fesses mais en beau style. La suite de la journée n’est pas de tout repos, difficile de suivre le rythme imposé à savoir une longueur = une bière.

Reanudación

Ouais ben viens aux Terradets, pis t'auras plus trop peur des canaris !!!

Reanudación
Reanudación

Encore un lever aux aurores, encore un beau voyage assez sérieux dans cette Roca Regina et une ambiance géniale dans le haut ! Direction à présent Vilanova pour une face qui fait vraiment envie mais but weather conditions. Retour en France via Saint Guilhem et retentage de cette carmina plutôt sévèrement burnée. Ce pilier est esthétique, c’est indéniable. La grimpe est atypique c’est indéniable mais quel putain de vent ! Content d’en finir. Le lendemain un sombre complot transforme une séance de couenne en visite de cave vers le pic Saint-Loup. Retour en douceur et découverte des tannins locaux. Hasta luego !

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 25 Septembre 2013

Mai 2008, au pied de série limitée, je redécouvre le Verdon et le cœur de cette mythique paroi des ducs uniquement fréquentée par une élite bodybuildée ne craignant que la cryptonite. Alix, punk de Vergons doit tracer sa route quelque part dans ces ventres sombres striés de colonnettes ... Et ouais, ici c’est pas le pays de la pose de pied chiadée, on est pas au sapey mon gars ! En parcourant le Arnaud Petit, on passe donc rapidement sur ce chef d’œuvre en se disant, « trop dur, oublie ! ». Et puis les copains y vont, démystifient le truc et en bons grimpeurs plein d’originalité que nous sommes, on décide d’emboiter le pas avec Guillaume & Clara. Allez, sur un malentendu ...

Septembre 2013. Nous voilà au pied de la bête en short et sans casque pour profiter de l’effet demi-cotation en plus. Le début se passe moyennement pour ma pomme avec deux longueurs en colo qui resteront aussi mystérieuses que les équations de mon ancien thésard : sensation amère d’avoir tapé un poil trop haut. Heureusement, un 6c+ absolument majeur me remet dans le bain. Un autre tout bidon nous fait croire qu’on a gras de marge et cahin caha, nous relayons à présent au pied du dernier des deux 7b …

Alix, au pays des merveilles
Alix, au pays des merveilles

En grand seigneur et surtout confiant de mon échec quasi certain, j’annonce le champagne en cas de coche ! Mais en bon Jean Claude Duss, je mouille la chemise en rallant à muerte sur chaque mouv’, à la manière d’une vielle carne qui refuse de rendre les armes ou tout simplement d’un Chris Sharma au charbon, c’est au choix ;) En transe, je viens alors m’échouer sur le superbe cade de R8, véritable havre d’horizontalité dans ce dévers de dingue. Les bras complètement dézingués par un surdosage en lactate, je suis maintenant redevable d’une putain de bouteille à bulles: propre !

Cependant, l’état des troupes laisse de plus en plus à désirer : les crampes arrivent sournoisement et frappent au hasard, un peu comme si t’avais un sport-élec en mode aléatoire sur les avants bras et les biceps. Les esprits aussi s’échauffent. Quelques noms d’oiseaux fusent. Bref une réalité un peu éloignée des majs à la Samivel aux sourires toujours bright. Oui c’est dur, oui, on rame et oui on se bat ma brave dame ! Keep cool and stay focused, il reste un ultime 7a verdonesque ultra technique et nos bras pourront enfin dire merde à la gravité. Fin de l’histoire vers 18h. Pas trop le temps d’en profiter car la nuit arrive vite à cette période : abseil down et retour sur le plancher des vaches. Pouah, voilà donc une voie sublime qui fait zizir à rayer de la to do list ! Bière clope, vite !

Alix, au pays des merveilles
Alix, au pays des merveilles
Alix, au pays des merveilles

Le lendemain, le corps pétri de crampes et de douleurs diverses, nous cherchons une voie de repos. Pas facile de choisir … Suite à un imbroglio topalistique, on se retrouve dans belle fille sure avec un changement de style total : après avoir fait les mickeys dans du « dur new school », retour au Verdon classique (rive) centre droite : une Rémy en fissure millésime 1980. Que dans le 6 mais ... Clara semble hermétique à cet art subtil aussi délicat que les pires blagues de Gégène. Le soir au bivouac, un Aurélien en confiance, fraichement auréolé de sa réussite au nose, tacle un Fix à la jambe encore fragile : merci pour cette franche rigolade !

Alix, au pays des merveilles

La renfougne en short et torse nu, c’est vraiment débile ...

La boussole sans frontières et la boussole du 04 (fraichement promue)

Dernier jour : la limite des possibilités humaines. Mouais, pas fou ce truc. La dernière longueur sauve les meubles mais c’est surtout ce putain de Verdon qui sauve les meubles : il est vraiment trop beau ! Au fait, qu’est-ce que ça dit l’immobilier à la Palud ?...

Alix, au pays des merveilles

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 21 Mai 2013

Reprise : un moment attendu et redouté par les grimpeurs. Attendu car le printemps se fait gentiment désirer et redouté car après six mois d’abstinence, la reprise risque de mettre une bonne fessée à nos égos, mais nous y voilà, enfin ... Dans les derniers relents alcoolisés d’une folle nuit, la 206 prend la direction de la Jonte pour la révision générale du début de saison. C’est sauvage, classieux, béton mais pas suréquipé le pays. On embraye donc difficilement mais nous passons au final trois belles journées de grimpe avec un peu de canoë et de marche, le tout dans la plus pure tradition montagne plaisir. Je retiendrais de ce coin le fabuleux secteur des vases : cirque aux formes improbables gardé par les vautours …

Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …
Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …
Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …
Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …

Back home, back office. L’occasion de retrouver le maintenant très rodé discourt d’Evelyne Dhéliat : pluie, pluie, froid : Fait chier ! Pourtant, le viaduc du 8 mai semble offrir une superbe opportunité de varapper au sec mais toujours dans le Sud pour d’autres gorges plus profondes, plus belles, plus grandes : celles du Verdon ! Organisé par la BBT©, sorte de multinationale de l’évènementiel basée essentiellement en Suisse, le weekend démarra le 8 au soir parce qu’en Suisse, on bosse le 8.

Mais l’occasion faisant le larron : Aurélien me propose ni plus ni moins que la première répétition intégrale de son bébé au Peney, véritable temple de la grimpe chambérienne. Pourtant y a pas de gorges au Peney. Et c’est pas le couple de corbeaux labélisé natura 2000 qui rivalisera une seule seconde avec les majestueux B52 de la Jonte. Pour la bonne caillasse, faudra également repasser. D’ailleurs, le rocher préparerait plutôt bien aux courses de l’Oisans sauvage ;) Mais en fin limier, Aurélien a su trouver une jolie ligne ma foi fort soutenue et bien équipée : du beau boulot ! L’occasion de rendre ici, un hommage appuyé au travail des ouvreurs, souvent acharné et passionné qui permet à la communauté de se régaler sans trop se fatiguer. (A noter que si tu lis cet hommage et que tu as ouvert la voie saix toy aux tours d’areu, cet hommage ne te concerne pas). Cela dit, ce n’est pas une raison pour mettre trois étoiles à poney club Monsieur Grange ;)

Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …Des gorges ; des vautours et de la bonne caillasse …

Le soir même, un suisse en forme nous cueille à Chambéry. Caressant des perspectives lumineuses faites de refuges bondées de suédoises prêtes à tout pour summiter l’aiguille du tour, notre ami est là pour préparer les prochaines échéances ! Après avoir masterisé le ski, il repart sur la grimpe afin de faire mentir à tout jamais son surnom peu vendeur de « sac de hissage ». Armés d’une solide liste pas trop dure mais pas trop facile non plus, la mythique cordée du half dome déroule trois superbes journées sur du caillou de rêve en parallèle de Lucie & Aurélien. A noter un gros coup de cœur pour « ça passe ou sarcasme ». Seule ombre au tableau, le défilé incessant de goldwing assez dégueux. Pour les non avertis, ce sont des motos grosses comme des Twingo avançant aussi vite que des vélos et qui font autant de bruits qu’un A380. Un petit désagrément qui ne changera pas ce constat: le Verdon, c’est la Mecque de la grimpe. Amen !

Putain la bécanne, notez le porte gobelets: superbe !

Putain la bécanne, notez le porte gobelets: superbe !

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #grimpe

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Publié le 9 Novembre 2012

Un vieux projet cet exo 7, je m’en faisais tout un film. Pourtant, rien d’extrême sur le papier, mais les voies des frères Rémy, faut vraiment s’en méfier et c’est pas Guillaume qui dira le contraire ;) Presles encore et toujours, mais une destination qui résout à merveille la quadrature du cercle : soleil, belles voies, pas trop loin avec un retour just in time pour récupérer chouin – chouin. Tant pis pour la bière chez Ezio Guillume & Fix !

 

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Un coin sauvage de Presles ...

 

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C'est le Verdon !!

 

Nous dénichons les rappels de télébus presque trop facilement … Un point potentiellement chronophage de moins. Showtime ! Le départ est pas terrible mais on était prévenu. Le milieu est majeur, ensuite ça s’essouffle un peu. Grimpe assez old school, avec de l’air entre les points, quelques protections à rajouter : un style que j’affectionne mais pas dans toutes les longueurs. Et oui, l’équipement des frères Rémy, certains sont fans, moi pas. Engager la viande, why not, s’exposer débilement à un retour sur vire, je vois pas trop l’intérêt. Voici ce qu'en disent les intéressés :

 

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 « T'es un peu taquet ? T'as un moral un peu limite ?? Ben mets toi au tricot, c'est plus sûr ... »

 

D'après une interview de promo grimpe ; "Nous avons une logique d'ouvreurs du bas. Nous avons le poids de la perceuse, nous cherchons l'itinéraire, donc les spits ne sont pas très rapprochés et pas forcément bien placés pour le libre. En 1981, mon frère Yves, la locomotive de la cordée, faisait du solo intégral dans du 7a." On comprend mieux pourquoi ils ont un peu du mal à voir les passages expos. Même Gégène s'est mis taquet ... en second ;)

 

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A ben non, il est en tête ! ...

 

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... oui mais c'était bien la seule ;)

 

Hier j’étais un peu déçu. Aujourd'hui, en écrivant ce cr, je la trouve quand même classe cette exo 7 ! Comme on dit, y a deux choses plus belles que le bonheur : l’idée qu’on s’en fait et … le souvenir qu’on en garde. Entre les deux : la vraie vie !

 

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Le grand beau selon météo france ...

 

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #grimpe

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Publié le 23 Septembre 2012

Ça partait pourtant mal avec de sombres histoires de plomberies. Après l’instant glamour et sa tristifiante mais néanmoins très calorique pizza merguez au carrouf de Meylan, on attaque enfin la route pour la Mecque de la grimpe : le verdoun’ !!

 

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Le soleil vient de se lever ... Gégène râle déjà !

 

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L1 lève les doutes: ce sera classe !

 

Attaque par tandem pour l’évidence, qui propose une sympathique escalade variée avec un 6c en fissure plutôt grimpant. Le reste, RAS, ça déroule au frais et c’est classe ! Petite douche et bière au berling’ et feu ensuite pour le teillon. Bien callé au parking, sous la face, on boit du rouge sans penser un instant au combat qui se déroulera demain, la faute à un nimp’ topo c2c. Finalement, c’est pas plus mal et après une bonne nuit, j’attaque L1 pas bien réveillé. Tout se met en place très rapidement, dès les premiers mètres …

 

… C’est engagé, raide, dur : un bon 45 minutes pour faire 35 mètres. Une rapidité de couenneu mais à ma décharge, ça protège pas tout les mètres, et le rocher est douteux. Gégène me fait alors rapidement comprendre que je vais rester devant : sans déconner ! (non, je ne compterai pas le 4 sup de transition de 15 mètres équipé sur spits).

 

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On fait pas les malins ...

 

Les longueurs qui suivent sont variées et peu équipées, le top mais c’est long ! 6 heures qu’on est là dedans ; commènce à sèntir la fatigue. Allez courage, encore un 6b et le dur sera derrière. Pourtant précautionneux, je sers un peu trop une prise de main qui explose sous la pression, putain, je sens plus ma force ! Retenu par un micro friend, je me prends un petit base sanctionné par le cri de poule habituel.

 

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Summit !! Putain, superbe relai en arrière plan ;)

 

Ça calme mais je suis satisfait de ma façon de grimper en TA : dès que je peux, je bétonne quitte à grimper un peu moins vite. Je repars donc et termine par une sortie en surplomb dangereuse. On aurait du regarder le topo à deux fois. Bleue et E3 en TA dans le mussat’, ça veut dire que ça ne fait pas rire. Veni vidi vici (mais pas randonni du tout ;)

 

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Y+Z; de l'ampleur et de la raideur !!

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Rédigé par Fabrice

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Publié le 10 Septembre 2012

Petite RTT avec Gaëtan, grimpeur de haut niveau. On se demande bien ce qu’il vient faire sur montagne plaisir ; temple du ED-. Pourtant, le garçon n’est pas en convalescence, ses deux bras ne sont pas cassés, il semble même plutôt affuté (je cite : « J’en avais assez de faire des grandes voies calcaire trop techniques, envie de faire quelque chose qui “déroule”. Pour ça, le granit c’est pas mal, les fissures, ce n’est pas trop compliqué… » en parlant du trésor de Romain au Grand cap' 8a+, s'il vous plait !). Bref, un univers sépare donc les deux grimpeurs … Ou alors, bibi aurait muté ??? Pas vraiment, non …

 

Comme toujours dans la vie, il va falloir faire des compromis. Quelques longueurs dans le 7 pour Gaëtan et quelques longueurs dans le 6 pour votre serviteur. Histoire de faire taire les mauvaises langues bien pendues en maintenant l’illusion d’une escalade réversible.

 

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La dalle vue de loin, on voit pas les prises, dedans c'est pareil ;)

 

En recherchant un projet, je me fais zizir, je tape un peu, voir beaucoup trop haut (un peu comme Gégène quoi). Le choix est finalement arrêté sur Australia à la tournette. Un choix à la non logique implacable peu avant le trip gréco-déversant, car la voie est typée dalle. Parfait donc pour ne pas travailler sa rési et également parfait pour ne pas travailler tout court.

 

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Approaching the famous slab ...

 

Mais il fallait bien rendre visite un jour à cette paroi mythique du casset. La marche d’approche c'est-à-dire les premières longueurs est très agréable (mise à part l1 qui pique un peu). Ensuite, on se retrouve au pied du mur. Annoncée 7a dans le piola, c’était prenable. Cotée à 7b dans le mussat, là ça devient de la science fiction :

 

« Monsieur Spock, envoyez Monsieur Claudon dans le 7b en dalle surengagée !! »

 

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Dément mais que ce que c'est dur !!

 

Personne n’y croit ! Effectivement, en voyant Gaëtan souffler un peu dans cette longueur, je vois s’envoler les derniers espoirs d’enchainement. Effectivement, c’était ABO. La suite est annoncée en 6c+ sur camptocamp. J’y vais un peu à reculons, je ne suis pas dans un grand jour. Y a pas à dire, on se sent vivre dans ce 6c+, ça engage. A tous les points, c’est le même refrain :

 

« Je vais aller voir … »

Deux mètres au dessus du point

« Tu veux pas y aller ?? »

Trois mètres au dessus

« Putain, ça engage !! »

Quatre mètres au dessus

« Putain, mais je vais mourir ! »

 

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Putain, moi aussi, je fais péter le t-shirt !!

 

Les deux dernières longueurs nous mènent pile au sommet. Les lumières changent, l’automne semble s’installer doucement sur l’Alpe.

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Rédigé par Fabrice

Publié dans #grimpe

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